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29/03/2012

Quel nom pour notre agglomération? A vous de choisir!....

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Comme 915 000 habitants du bassin de Genève, vous vivez au quotidien l'agglomération franco-valdo-genevoise, pour le travail, les études, les loisirs, etc. Vous résidez alors sur un territoire particulier, transfrontalier et l'un des plus dynamiques en Europe sur le plan économique, humain et culturel.


Mais savez-vous lui donner un nom ?

 
208 communes et des partenaires franco-suisses autour de Genève se structurent depuis 2005 pour organiser les relations transfrontalières de cette agglomération qualifiée par les partenaires du Projet de « franco-valdo-genevois ». Pour vous, elle existe, tous les jours.


Elle vous rassemble, elle doit donc vous ressembler.

Aujourd'hui, vous avez la possibilité de faire un acte important, fondateur et unique : donner un nom à votre agglomération !


Pour être acteur de votre territoire, rendez-vous sur www.choisirnotrenom.com du 24 mars au 1er mai et votez pour l'une des 3 appellations qui vous sont proposées pour identifier notre bassin de vie.

GRAND GENEVE

GENEVAGGLO

LE GENEVOIS

 

Vous avez la parole, prenez la!

Pierre Brunet
Conseiller Municipal de St Julien
Un Genevois de coeur

26/09/2011

l'histoire et les perspectives d'avenir de la Savoie du Nord racontées par le Pr Paul Guichonnet

Samedi dernier, à l'occasion des journées du Patrimoine, l'assistance venue nombreuse à la salle municipale du Chable, s'est régalée de la conférence menée de main de maitre par Paul Guichonnet, historien émérite, qui à 91 ans, a su nous émerveiller de sa science historique et de ses dons de conteur, pour nous faire revivre l'histoire de notre territoire et nous proposer sa vision de l'avenir de la Savoie du nord.

J'ai essayé de résumer du mieux possible cette présentation afin d'en faire profiter le plus grand nombre, et je tiens à remercier la Salévienne, l'Académie du Faucigny et la Maison du Salève, co-organisateurs de cette conférence et de l'exposition temporaire qui se tient à la Maison du Salève sur les dessous de l'Annexion telles que vécues en Savoie du Nord (le Genevois, le Faucigny et le Chablais)

L'Arc Alpin qui va de Nice à l'Autriche s'étend sur 1200 kms de long sur 250 kms au point le plus large, et joue le rôle de séparation entre le sud de l'Europe, berceau de notre civilisation, et l'Europe du Nord, germanique, et industrielle. Mais celui-ci offre quelques passages de franchissements, dont la Maison de Savoie a toujours eu l'ambition d'en contrôler les accès (cols de Tende, du Cenis, du Petit St Bernard, du Grand St Bernard et du Simplon). Quant à Chambéry, première capitale de la Maison de Savoie, elle se trouvait au carrefour des 2 axes Sud-Nord (Nice-Genève) et Ouest-Est (Lyon-Turin).

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L'arc Alpin

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Les 2 axes Lyon-Turin (EO) & Chambéry-Genève (NS)

Si on estime l'origine de l'histoire de la Maison de Savoie autour de l'an 1000, en 1032 plus exactement  avec Humbert 1er aux Blanches Mains, rappelons que la Savoie du Nord n'a rejoint le bloc savoyard que plus de 300 ans après l'établissement de la Savoie puisque le Faucigny est devenu savoyard en 1355 alors que le Genevois ne devint possession savoyarde qu'en 1401, avec l'extinction de la lignée des Comtes de Genève et la cession du Comté à Amédée VIII de Savoie

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en rouge, les frontières de la Savoie vers l'An Mille

On ajoutera que l'identité savoyarde n'est ni géographique, comme peut l'être la Corse, ni linguistique, comme la Bretagne, puisque la Savoie parlait français depuis le Moyen Age grace au clergé. En réalité, l'îdentité savoyarde est de nature historique: le sentiment d'appartenir à une identité spécifique, qui ne conteste pas d'être aujourd'hui française, mais qui a la conscience d'avoir une histoire bien à elle, différente du reste de la nation française. Ce sentiment perdure aujourd'hui, même si 50% de la population vivant en Savoie aujourd'hui n'y est pas née.

NB: On notera que la Ligue Savoisienne n'est pas tout à fait sur la même longueur d'onde que le Pr Guichonnet, puisque celle-ci revendique haut et fort sa différence

Toutefois au sein de l'ensemble Savoie subsistent des identités régionales assez fortes, que ce soit dans la rivalité encore bien vivace entre la Savoie et la Haute Savoie, mais encore dans les jalousies qui perdurent dans le bassin Annécien envers les territoires Lémaniques septentrionnaux; et même au sein de la Savoie du Nord, on ne peut ignorer les différences entre le Chablais conservateur et féodal, et le Faucigny démocratique, tourné vers Genève.

Au XVème Siècle, Genève est l'une des villes les plus riches d'Europe, et il n'est pas étonnant qu'elle joue un rôle phare pour les territoires qui l'entourent. Mais la conversion de Genève au protestantisme va être une véritable rupture, réduisant ses liens avec les territoitres catholiques de la Savoie. De plus, la cession à la France du Pays de Gex, du Bugey et de la Bresse, au traité de Lyon en 1601,  puis la signature du Traité de Saint-Julien en 1603 concrétisent la fin des vues de la Maison de Savoie sur Genève, pour qui la menace principale devient désormais la France. Mais tout au long du XVIIème Siècle, l'hostilité restera forte entre la Savoie et la Rome protestante, suivie par un apaisement des relations au XVIIIème. Ce siècle verra d'ailleurs l'éclosion et l'essor économique de Genève, dans les métiers de la banque et de l'horlogerie. Genève étant l'un des principaux bénéficiaires de l'exode des Huguenots français après la Révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV.

Cette réputation de Genève comme l'une des capitales de la finance européenne se traduit avec la nomination du genevois  Necker comme ministre des finances de Louis XVI. A cette époque Genève est donc une ville prospère de 30000 habitants qui rayonne bien au dela de sa région géographique.

En 1792; la France envahit la Savoie et crée un nouveau département, qui prend le nom de département du Mont-Blanc avec comme capitale Chambéry.

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Le département du Mont-Blanc de 1792 à 1798

Mais en 1798, Genève est à son tour conquise par les armées de la République, ce qui entraine la constitution d'un nouveau département français, le département du Léman dont Genève devient la capitale et qui peu ou prou correspond aux limites territoriales de la savoie du Nord. A noter qu'Annecy reste au sein du département du Mont-Blanc dont Chambéry continue à être la capitale.

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Le département du Léman de 1798 à 1814

L'arrivée de Napoléon au pouvoir n'est pas une bonne chose pour Genève puisque non seulement celui-ci déteste cette cette ville, mais en outre l'instauration du blocus continental ruine la ville. Cette attitude est bien différente de celle de la bourgeoisie de la Savoie du Nord qui se complait avec le système libéral qui prévaut à Genève, par opposition à la domination centralisée qu'exercent aussi bien la Maison de Savoie que la République Jacobine française.

Le 30 décembre 1813, Genève est libérée du joug français par les troupes autrichiennes, et elle reprend son indépendance; mais afin de se préserver d'une future menace française, Genève décide de rejoindre la Confédération Helvétique. A cette occasion, et afin de permettre une continuité géographique avec la Suisse, des échanges de communes ont lieu: c'est ainsi que Versoix, commune française depuis le traité de Lyon en 1601, devient suisse.

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La zone de neutralisation

Une occasion est manquée en 1815 pour une partie de la Savoie du Nord de rejoindre Genève au sein de la Suisse quand le négociateur genevois au Congrès de ViennePictet de Rochemont, prône l'établissement des frontières naturelles au Fort L'Ecluse, Mont-Sion et Salève. Il est en effet déjugé par ses pairs Genevois et Bernois qui refusent de voir trop de communes catholiques rejoindre le nouveau canton protestant de Genève.

 

Un autre exemple du destin différent de la Savoie du nord du reste de l'entité savoyarde se manifeste lorsque , à la demande de la Maison de Savoie, le Congrès de Vienne octroie au territoire de la Savoie du Nord  une clause de neutralisation en cas de conflit; les troupes Savoyardes devant se retirer pour faire place aux troupes suisses qui pourront alors neutraliser le territoire occupé. Cette clause vise bien évidemment la France qui est percue alors comme le principal danger; dans l'esprit, elle doit permettre de faciliter la défense de ce territoire ,excentré de Turin.

En 1859, alors que les rumeurs de rattachement de la Savoie à la France prennent de plus en plus d'ampleur, une pétition de 14000 signatures voit le jour dans 60 communes du Faucigny et du Genevois pour demander leur rattachement à la Suisse plutôt qu'à la France. En effet, ces bourgeois démocrates, amis de Cavour, sont hostiles à Napoléon III qu'ils voient comme un dictateur.D'autre part, ils sont conscients que leur destin économique est intimement lié à celui de Genève.

NB: C'est l'époque où Joseph-Léandre BARD proclame à Bonneville:

" Si Genève est française, il faut être français,
  Si Genève est suisse, il faut être suisse,
  Si Genève est cosaque, il faut être cosaque"

En revanche le clergé est,lui, favorable au rattachement à la France qu'il voit comme l'amie du pape par opposition au laic Cavour; le clergé  organise donc une contre pétition qui aura un certain succes dans le Chablais catholique.

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Les communes qui pétitionnent pour le rattachement à la Suisse

 

Nb: on remarque le faible nombre de communes pétitionistes dans les montagnes du Chablais, là où l'influence du clergé catholique est la plus forte.

Malgré sa promesse faite à Dufour de céder la Savoie du Nord à la Suisse, Napoléon III, fortement influencé par son ministre des Affaires Etrangères Thouvenel, se rend aux arguments de la députation Savoyarde des 41 qui monte à Paris pour plaider contre le démantellement de la Savoie au début de  1860. Notons que sur ces 41; seuls 6 étaient originaires de la Savoie du Nord et qu'une des conditions qu'ils mirent à leur participation, lors de leur montée dans le train à Culoz, fut d'obtenir la création de 2 départements distincts.

Victor Emmanuel, roi de Sardaigne ayant voulu que le rattachement de la Savoie à la France ne se fasse pas contre l'assentiment des populations concernées, il y a donc lieu d'organiser un vote pour confirmer le rattachement à la Grande Nation, et bien évidemment, l'Empereur des Français souhaite que le plébiscite suscite l'enthousiasme. Aussi Napoléon III, conscient de cette opposition qui nait en Savoie du Nord envoie le sénateur Laity avec les pleins pouvoirs pour faire que l'annexion et le résultat du Plébiscite soient un succès. C'est lui qui met en place le système de la Grande Zone, encore appelée Zone d'Annexion, qui permettra de faire accepter par les savoyards du nord le rattachement à la France. C'est ainsi que dans les arrondissements les plus critiques de Thonon, Bonneville et saint-Julien, on dénombrera 47076 bulletins OUI et ZONE, pour seulement 232 bulletins OUI et 131 bulletins NON.

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La Grande Zone, dite Zone d'Annexion

Cette Grande zone subsistera jusqu'en 1914, au grand désespoir d'Annecy qui se sent pénalisé par les faveurs douanières octroyées à la Zone et dont le chef lieu du département ne bénéficie pas. On notera aussi qu'un grand nombre de grands projets d'avant guerre ont été financés par des capitaux genevois, particulièrement dans le domaine touristique (hotels & infrastructures). Quant aux Genevois, ils boivent du vin d'Ayze ou consomment du blé des Bornes; Une réelle osmose existe entre Genève et les territoires français de la zone: l'argent suisse y circule librement avec, à cette époque, un taux de change de 102CHF pour 100FF.

En 1914,une véritable rupture se produit, liée au fait que la Suisse alémanique est pro allemande et que cela ne passe pas au sein d'une population savoyarde patriote vis à vis de la France. A partir de ce moment là, l'économie de la Savoie du nord s'intègre de plus en plus à l'économie française en se détachant de l'économie genevoise, et donc suisse.

En 1918, au sortir de la guerre, la Suisse veut intégrer la Société des Nations (SDN) et faire reconnaitre sa neutralité. Pour ce faire, elle est prête à faire des concessions à la France, afin d'obtenir son soutien. Dans l'article 45B du traité de Versailles, il est ainsi décidé de supprimer la zone de neutralisation, puis en 1921 la France décide de mettre un terme aux zones franches, ce qui est accepté par le gouvernement Suisse.

Toutefois en 1923, un coup de tonnerre se produit avec l'occupation de la Ruhr par la France; cette action offusque les Suisses allemands, avec pour conséquence l'apparition d'une votation populaire qui revient sur l'accord sur la suppression des zones franches. Et lorsque Poincarré décide unilatéralement de supprimer les zones, une grande animosité monte entre les deux pays, ce qui conduira la Suisse à porter son différend avec la France devant la Cour Internationale de La Haye. En 1932, la Cour Internationale décide alors que la Grande Zone, qui avait été concédée par la France à un de ses désormais propres territoires peut être abolie, considérant que c'est une affaire interne française; en revanche, la Cour Internationale statue que la petite Zone, dite zone Sarde, dont l'existence découlait d'un traité international (le Congrès de Vienne), celle-ci doit être rétablie. C'est ainsi qu'au 1er janvier 1934 la petite zone est rétablie dans ses frontières de 1815.

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La 2ème Guerre mondiale contribue à l'éloignement entre Genève, neutre, et la Savoie du Nord. Jusque dans les années 1970, la Savoie est unie et française, mais un changement important arrive avec les lois de décentralisation et la création de la région Rhône Alpes. En 1983, le Président du Conseil Régional prend le pas sur le préfet; l'aménagement du territoire devient une priorité, avec de nombreuses responsabilités déléguées aux échelons départementaux. Un esorit nouveau souffle sur notre territoire; c'est l'époque de la négociation des fonds frontaliers qui ne concernent que la Savoie du nord. Genève qui a retrouvé un rôle mondial a besoin de main d'oeuvre: elle devient l'une des villes les plus cosmopolites d'Europe, où 40% de ses résidents ne sont pas suisses.

Dans le même temps se développe le phénomène des travailleurs frontaliers qui pasent de quelques centaines en 1962 à 92000 en 2010 (13000 issus du Pays de Gex et 79000 de Haute Savoie) qui travaillent pour leur écrasante majorité dans le Canton de Genève. Frontaliers qui paient leus impôts prélevés à la source dans le Canton de Genève, soit un montant évalué à 700M CHF. Depuis 1973, le Canton reverse une partie de ces sommes encaissées aux communes qui hébergent les frontaliers, ce sont les fameux fonds frontaliers dont 60% revient aux communes et 40% au département. En 2010, ces fonds frontaliers se sont élevés à 152 M€, dont la majorité va aux communes les plus proches de Genève. Ainsi, on dénombre 8000 frontaliers à Annemasse contre 3000 à Annecy et quelques centaines dans tout le département de la Savoie.

Cette activité trans-frontalière se traduit par 500000 franchissements quotidiens de la frontière dont l'essentiel est fait en transport privé, puisqu'on estime à 10% seulement la part du Transport en Commun dans cette migration quotidienne. Cela génère de nombreux problèmes d'environnement et de qualité de vie, et ce n'est que récemment que Genève a pris la mesure de son implication nécessaire dans la vie de son agglomération trans-frontalière.

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Le périmètre du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois

C'est ainsi qu'est né le Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois (photo ci-dessus) et que de grands projets ont été élaborés comme le CEVA (photo ci-dessous), le Tram de St Julien etc....

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Le tracé du CEVA (Cornavin - Eaux Vives - Annemasse)

Mais il reste encore beaucoup à faire pour mieux harmoniser la ville centre et sa banlieue périphérique française. Ces actions ne se faisant pas sans interférences de la part d'Annecy qui ne voit pas d'un très bon oeil la Savoie lémanique reprendre son indépendance, au moment où, en accord avec Chambéry, elle recherche à faire émerger un territoire des Pays de savoie (Université de Savoie, Comité Mont-Blanc).

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La Savoie du Nord - trait d'union entre Rhône-Alpes et la Suisse

 

De par sa position géographique, il parait évident que la Savoie du Nord a désormais un rôle important à jouer entre la région Rhône-Alpes et la Suisse, et plus particulièrement la Suisse Romande. 

Pour conclure, et en ce qui me concerne, je crois fermement, comme le Pr Guichonet, que sans tourner le dos à notre région Rhône Alpes, nous avons un grand rôle à jouer comme le lien entre celle-ci et Genève. Cependant, le caractère international de Genève nous confère une singularité exceptionnelle que pour ma part, je souhaite voir se développer. Je suis persuadé que Genève de par sa position géographique et son cosmopolitanisme, peut devenir le havre d'accueil des grandes entreprises non Européennes, et particulièrement Chinoises, qui souhaitent établir une base en Europe. En ce sens, la Savoie du nord offre à Genève l'espace qu'elle n'a pas, ainsi qu'une ouverture sur l'Europe puisque notre territoire est dans l'UE, alors que Genève n'en fait pas partie.

La Savoie du Nord peut aussi jouer le rôle majeur dans l'internationalisation souhaitée de la région Rhône-Alpes et devenir la porte d'entrée commerciale et culturelle de l'Orient en Europe, comme  Kobe ou Nagasaki au Japon, et Shanghai en Chine, le furent dans le passé envers l'Occident. C'est à mon avis là que se jouera nore avenir, qui est grand, si nous savons nous y prendre.

28/04/2011

Le volet 2 du Projet d'Agglo en question - La France se rebiffe

En 2007, était signé en fanfare le Projet d'Agglo Franco-Valdo Genevois dont le but avoué était de conduire et d'organiser la croissance démographique et économique du bassin Lémanique afin de parvenir à un développement harmonieux et équilibré de notre territoire des 2 cotés de la frontière. 5 ans plus tard, au moment de signer le 2ème volet de ce projet trans frontalier, force est de constater que de ce coté-ci de la frontière, de plus en plus d'élus s'expriment haut et fort pour critiquer le fait que Genève ne respecte pas ses engagements, et tout particulièrement en ce qui concerne la construction de logements.

Coté français, on exprime donc son mécontement vis à vis de Genève, comme l'indiquent ces 2 interviews de nos élus : Bernard Gaud, Président de la Communauté de Communes du genevois et Antoine Vieilliard, Conseiller Général du canton de St Julien.

 

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10/05/2010

Compte rendu du Petit Déjeuner de la MED du 5 mai 2010

«Quelle est la réalité identitaire du

 projet d’agglomération franco-valdo-genevois ?»

 

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Tel était le thème du débat que nous offrait la MED ce mercredi 5 mai autour d'un café-croissants dans l'amphithéatre de la CCG à Archamps. Les 2 conférenciers étaient Guillaume MATHELIER, maire d'Ambilly et enseignant à HEG Genève, et Grégory TESNIER, journaliste économique et chargé de cours à HEG Genève.

Au cours de leur présentation, ils nous ont expliqué en quoi consistait l'identité, une question interessante et d'actualité au regard du grand débat sur l'identité nationale qui a tenu la France en émoi. Pour ma part, j'ai retenu que cette identité se forgeait dans un ensemble de traits d'appartenance qui pouvaient être aussi divers qu'une couleur, un monument, une langue, une histoire commune, des interets communs. J'ai aussi compris qu'il fallait distinguer les 2 aspects froid & chaud comme composantes de l'identité:

- le froid est la raison qui pousse un individu ou un groupe d'individus à s'attribuer une identité en fonction d'aspects objectifs (communauté d'interets économiques, histoire partagée...)
- le chaud quant à lui, est le domaine de la passion qui nous pousse à s'identifier à une entité sur la base de pulsions ou d'émotions: c'est par exemple la France Black-Blanc-Beur de 1998 au soir de la victoire lors de la Coupe du Monde de Foot.....

L'identité de chacun est diverse par le fait que plusieurs identités "secondaires" se combinent pour déterminer notre propre identité globale. J'ai aussi retenu que cette identité est dynamique et changeante: elle répond aux évènements, et évolue au fil de l'évolution des raisons objectives et de la transformation de nos émotions.

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Se pose alors la question, thème de la conférence: y a-t-il une identité franco-valdo-genevoise? A cette question, nos deux conférenciers ont répondu tout de go, et sans ambages, par la négative. Le sentiment d'appartenance à une même communauté identitaire des 2 cotés de la frontière, pour le moment, n'existe pas; ceci se manifeste par l'ignorance respective de ce qui est important chez notre voisin (quel savoyard pourrait sans coup férir associer la couleur grenat au Servette de Genève, ou nommer spontanément un leader politique genevois? et inversement, combien de genevois savent que le club de foot ETG va jouer en Ligue 2 la saison prochaine, ou qui est le président de la Région Rhône-Alpes?)

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Se pose alors la question suivante: pourquoi n'y a t-il pas d'identité commune alors que tant de choses nous rapprochent, comme la lecture de l'histoire le démontre (voir l'article sur ce blog de l'histoire de notre territoire du genevois français). A ce sujet, on ne peut que louer l'initiative des deux communes de Veyrier et du Pas de l'Echelle qui pendant quinze jours se sont attachées à célébrer leur histoire commune et à rétablir le lien de leurs deux populations, séparées par une frontière récente instaurée par les soubresauts de l'histoire au XIXè Siècle.

A mon sens, s'il y a absence d'identité commune, c'est que l'histoire politique nous a séparés et a concourru à nous faire oublier notre identité commune. En effet la France, une fois la Savoie rattachée par le traité d'Annexion, n'a eu de cesse que de tout faire pour distendre les liens économiques et affectifs qui nous liaient à notre "capitale économique". L'exemple le plus criant de cette action étant la suppression unilatérale par l'Etat Français de la zone franche qui nous avait été pourtant octroyée par traité au moment du rattachement à la France en 1860. De plus, la France, comme elle l'a toujours fait au cours des siècles, a su éradiquer de notre mémoire notre histoire "savoyarde" et nous faire oublier les liens ancestraux qui nous liaient avec notre grande voisine; avec comme point d'orgue, en 1859, les nombreuses pétitions qui furent signées dans le Genevois et le Faucigny demandant leur rattachement au canton de Genève plutôt qu'à la France.(relire l'article du blog intitulé "le bonheur c'est simple comme une conférence de la Salèvienne").

Or, il n'est pas mentir que dire que Genève s'est toujours méfié de la France et de son ambition hégémonique (rappelons que les troupes de la République ont envahi et annexé Genève de 1793 à 1813), poussant les Genevois à rejoindre la Confédération pour se protéger de ce voisin trop envahissant. Les liens se sont donc distendus au fur et à mesure que la Haute Savoie du Nord, oubliant ses racines, devenait de plus en plus française; jusqu'à créer une véritable incompréhension entre deux populations qui pendant des millénaires avaient eu une destinée commune.

Mais comme on le dit souvent, l'histoire ne se répète pas, elle bégaye; et c'est la raison pour laquelle, au sein d'une Europe pacifiée, la tentation du Genevois et du Faucigny haut-savoyard d'unir leur destinée à celle de la ville phare de notre bassin de vie renait. Dans le même temps, les Genevois, bien que farouchement accrochés à la Suisse, se rendent bien compte qu'ils ont souvent plus à partager avec leurs voisins "français" qu'avec leurs compatriotes Suisse-Allemands. D'où cette nouvelle tentative de rapprochement au sein du Projet d'Agglo.

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Cependant, si nous souhaitons que ce Projet vive et qu'il prospère, il me parait essentiel que nos élus locaux sachent organiser la "résistance" vis à vis des dirigeants de la nation française pour permettre à notre singularité d'éclore et de fleurir. Il n'est pas question pour nous de devenir Suisses, ni pour les Genevois de devenir Français; il suffit que nous prenions tous conscience, des 2 cotés de la frontière, que nous sommes avant tout des Genevois, compris au sens de la région transfrontalière qui entoure Genève, et dont les limites géographiques sont peu ou prou les mêmes que celles que le Projet d'Agglo recouvre.

Pour revenir au sujet de la conférence, c'est de symboles qu'a besoin l'identité pour se forger. A ce titre, je serais heureux que l'ETG puisse faire une belle carrière dans le championnat de France de Foot, et que, ayant son stade à Genève, l'équipe puisse susciter chez nos voisins Genevois un réel enthousiasme qui fédère un peu plus notre territoire vers un objectif et un rayonnement communs. De la même façon, je souhaite vivement le succès et le rayonnement du VITAM'PARC qui est pour moi la quintessence de ce nouveau départ: un projet suisse installé sur territoire français, portant un concept original et novateur, à travers une architecture remarquable et remarquée. Souhaitons qu'en son sein, nos deux populations puissent apprendre à mieux se (re)connaître et à fraterniser en s'amusant ensemble.

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Alors vive le Projet d'Agglo et vive l'entente genevoise des 2 cotés de la frontière; et donnons le plus vite possible tort à nos deux conférenciers en leur prouvant que l'identité du projet d'Agglo existe et qu'avec le temps, elle sera de plus en plus vivace grace aux efforts conjoints de nos élus et à l'enthousiasme de la population.

21/04/2010

Le CEVA est en route

CEVA, premier maillon du futur RER de Genève, a désormais surmonté tous les obstacles administratifs qui faisaient obstacle à sa réalisation, et le premier coup de pioche devrait pouvoir être donné dès la fin de l'année, pour une ouverture prévue en 2015.

Plus qu'un nouveau moyen de transport, c'est un équipement structurant pour l'ensemble de la région lémanique qui s'accompagnera du remodelage de nombreux quartiers et qui va révolutionner la vie des habitants de la région d'Annemasse et au delà.

Toutefois, si la plupart des gens de la région en ont entendu parler, je ne suis pas sûr que tout le monde connaisse le détail du tracé et en quoi CEVA est un élément primordial du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois.  C'est pourquoi j'ai voulu proposer aux visiteurs de ce blog la présentation, courte mais très bien faite, du projet.

En visionnant la vidéo ci-dessous, on a une bien meilleure idée de ce que l'avenir nous promet: 

En résumé, si c'est la région d'Annemasse qui sera le principal bénéficaire de CEVA, la réalisation de CEVA impactera favorablement la vie quotidienne des habitants de l'ensemble de la région, rendant Genève plus accessible à tout son bassin de vie.

En ce qui concerne le territoire du Genevois, les bénéfices espérés sont les suivants:

- une réduction du trafic à la douane de Bardonnex
- une connexion à CEVA à Bachet de Pesay permettant de relier à la fois Annemasse et la gare de Genève-Cornavin

Espérons que les problèmes techniques ne viendront pas freiner les travaux et que le calendrier de mise en service puisse être respecté pour le bénéfice de tous les Genevois et de leurs voisins et amis Français.

 

10/04/2010

Comment le PACA de Saint-Julien - Plaine de l'Aire façonne t-il notre avenir?

Le PACA (Périmètre d'Aménagement Coordonné d'Agglomération) St Julien - Plaine de l'Aire représente en quelque sorte le schéma directeur du développement de notre territoire pour les 20 ans à venir. S'intégrant dans l'ensemble plus vaste qu'est le Projet d'Agglo Franco-Valdo Genevois, il fait le lien entre le SCOT coté français et le Plan Directeur Cantonal de Genève coté suisse. C'est là, qu'à l'échelle trans frontalière se décident les grands enjeux pour notre avenir et ceux de nos enfants.

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A titre d'exemple, on peut citer quelques exemples concrets de ce que le PACA doit décider:

Périmètres d'urbanisation (activités et logements) des 2 cotés de la frontière.
Solutions de mobilité: tram, lignes de bus trans frontalières, bus express sur autoroutes, pistes cyclables....
Emplacements des parkings P+R: Bardonnex, Perly, Plan les Ouates?.....
Urbanisation du pole gare de Saint-Julien en Genevois
Préservation écologique de la plaine de l'Aire et aménagement des bords de l'Aire.
Plan de lutte contre les inondations
etc.....

On voit donc bien l'importance de ce document et des conséquences qu'il aura pour notre avenir.

Ce n'est pas facile à réaliser, tant sont opposés les vues des écologistes malthusiens et les partisans du développement économique à tout crin. C'est pourquoi, il me parait juste de dire que les premières ébauches qui nous ont été soumises lors des tables rondes du 31/3/2009 me semblent être de bonnes bases de travail et que l'esprit dans lequel ce PACA se présente relève d'une bonne compréhension des interets et aspirations des deux cotés de la frontière. Il doit tenir compte de l'interet général de la population et des aspirations de chacun des 2 pays frontaliers. C'est comme cela qu'il s'imposera à tous et qu'il débouchera sur des réalisations concrêtes et pertinentes pour le mieux vivre de nos concitoyens sur ce territoire magnifique que nous partageons.

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L'ennemi étant l'ennemi du bien, je mets en garde ceux qui en mettant la barre beaucoup trop haut ne feraient que créer l'immobilisme. Il faut au contraire faire preuve de pragmatisme et tenter des solutions aux problèmes que nous vivons au quotidien, quitte à ajuster le cap de façon empirique.

J'engage tous les citoyens du canton à s'interesser à ce PACA et à donner leur avis afin qu'une minorité agissante ne confisque pas les débats et que la majorité silencieuse, ne se laisse pas priver de ce qu'elle a à dire.

Pierre Brunet
Conseiller Municipal de Saint-Julien