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26/09/2011

l'histoire et les perspectives d'avenir de la Savoie du Nord racontées par le Pr Paul Guichonnet

Samedi dernier, à l'occasion des journées du Patrimoine, l'assistance venue nombreuse à la salle municipale du Chable, s'est régalée de la conférence menée de main de maitre par Paul Guichonnet, historien émérite, qui à 91 ans, a su nous émerveiller de sa science historique et de ses dons de conteur, pour nous faire revivre l'histoire de notre territoire et nous proposer sa vision de l'avenir de la Savoie du nord.

J'ai essayé de résumer du mieux possible cette présentation afin d'en faire profiter le plus grand nombre, et je tiens à remercier la Salévienne, l'Académie du Faucigny et la Maison du Salève, co-organisateurs de cette conférence et de l'exposition temporaire qui se tient à la Maison du Salève sur les dessous de l'Annexion telles que vécues en Savoie du Nord (le Genevois, le Faucigny et le Chablais)

L'Arc Alpin qui va de Nice à l'Autriche s'étend sur 1200 kms de long sur 250 kms au point le plus large, et joue le rôle de séparation entre le sud de l'Europe, berceau de notre civilisation, et l'Europe du Nord, germanique, et industrielle. Mais celui-ci offre quelques passages de franchissements, dont la Maison de Savoie a toujours eu l'ambition d'en contrôler les accès (cols de Tende, du Cenis, du Petit St Bernard, du Grand St Bernard et du Simplon). Quant à Chambéry, première capitale de la Maison de Savoie, elle se trouvait au carrefour des 2 axes Sud-Nord (Nice-Genève) et Ouest-Est (Lyon-Turin).

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L'arc Alpin

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Les 2 axes Lyon-Turin (EO) & Chambéry-Genève (NS)

Si on estime l'origine de l'histoire de la Maison de Savoie autour de l'an 1000, en 1032 plus exactement  avec Humbert 1er aux Blanches Mains, rappelons que la Savoie du Nord n'a rejoint le bloc savoyard que plus de 300 ans après l'établissement de la Savoie puisque le Faucigny est devenu savoyard en 1355 alors que le Genevois ne devint possession savoyarde qu'en 1401, avec l'extinction de la lignée des Comtes de Genève et la cession du Comté à Amédée VIII de Savoie

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en rouge, les frontières de la Savoie vers l'An Mille

On ajoutera que l'identité savoyarde n'est ni géographique, comme peut l'être la Corse, ni linguistique, comme la Bretagne, puisque la Savoie parlait français depuis le Moyen Age grace au clergé. En réalité, l'îdentité savoyarde est de nature historique: le sentiment d'appartenir à une identité spécifique, qui ne conteste pas d'être aujourd'hui française, mais qui a la conscience d'avoir une histoire bien à elle, différente du reste de la nation française. Ce sentiment perdure aujourd'hui, même si 50% de la population vivant en Savoie aujourd'hui n'y est pas née.

NB: On notera que la Ligue Savoisienne n'est pas tout à fait sur la même longueur d'onde que le Pr Guichonnet, puisque celle-ci revendique haut et fort sa différence

Toutefois au sein de l'ensemble Savoie subsistent des identités régionales assez fortes, que ce soit dans la rivalité encore bien vivace entre la Savoie et la Haute Savoie, mais encore dans les jalousies qui perdurent dans le bassin Annécien envers les territoires Lémaniques septentrionnaux; et même au sein de la Savoie du Nord, on ne peut ignorer les différences entre le Chablais conservateur et féodal, et le Faucigny démocratique, tourné vers Genève.

Au XVème Siècle, Genève est l'une des villes les plus riches d'Europe, et il n'est pas étonnant qu'elle joue un rôle phare pour les territoires qui l'entourent. Mais la conversion de Genève au protestantisme va être une véritable rupture, réduisant ses liens avec les territoitres catholiques de la Savoie. De plus, la cession à la France du Pays de Gex, du Bugey et de la Bresse, au traité de Lyon en 1601,  puis la signature du Traité de Saint-Julien en 1603 concrétisent la fin des vues de la Maison de Savoie sur Genève, pour qui la menace principale devient désormais la France. Mais tout au long du XVIIème Siècle, l'hostilité restera forte entre la Savoie et la Rome protestante, suivie par un apaisement des relations au XVIIIème. Ce siècle verra d'ailleurs l'éclosion et l'essor économique de Genève, dans les métiers de la banque et de l'horlogerie. Genève étant l'un des principaux bénéficiaires de l'exode des Huguenots français après la Révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV.

Cette réputation de Genève comme l'une des capitales de la finance européenne se traduit avec la nomination du genevois  Necker comme ministre des finances de Louis XVI. A cette époque Genève est donc une ville prospère de 30000 habitants qui rayonne bien au dela de sa région géographique.

En 1792; la France envahit la Savoie et crée un nouveau département, qui prend le nom de département du Mont-Blanc avec comme capitale Chambéry.

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Le département du Mont-Blanc de 1792 à 1798

Mais en 1798, Genève est à son tour conquise par les armées de la République, ce qui entraine la constitution d'un nouveau département français, le département du Léman dont Genève devient la capitale et qui peu ou prou correspond aux limites territoriales de la savoie du Nord. A noter qu'Annecy reste au sein du département du Mont-Blanc dont Chambéry continue à être la capitale.

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Le département du Léman de 1798 à 1814

L'arrivée de Napoléon au pouvoir n'est pas une bonne chose pour Genève puisque non seulement celui-ci déteste cette cette ville, mais en outre l'instauration du blocus continental ruine la ville. Cette attitude est bien différente de celle de la bourgeoisie de la Savoie du Nord qui se complait avec le système libéral qui prévaut à Genève, par opposition à la domination centralisée qu'exercent aussi bien la Maison de Savoie que la République Jacobine française.

Le 30 décembre 1813, Genève est libérée du joug français par les troupes autrichiennes, et elle reprend son indépendance; mais afin de se préserver d'une future menace française, Genève décide de rejoindre la Confédération Helvétique. A cette occasion, et afin de permettre une continuité géographique avec la Suisse, des échanges de communes ont lieu: c'est ainsi que Versoix, commune française depuis le traité de Lyon en 1601, devient suisse.

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La zone de neutralisation

Une occasion est manquée en 1815 pour une partie de la Savoie du Nord de rejoindre Genève au sein de la Suisse quand le négociateur genevois au Congrès de ViennePictet de Rochemont, prône l'établissement des frontières naturelles au Fort L'Ecluse, Mont-Sion et Salève. Il est en effet déjugé par ses pairs Genevois et Bernois qui refusent de voir trop de communes catholiques rejoindre le nouveau canton protestant de Genève.

 

Un autre exemple du destin différent de la Savoie du nord du reste de l'entité savoyarde se manifeste lorsque , à la demande de la Maison de Savoie, le Congrès de Vienne octroie au territoire de la Savoie du Nord  une clause de neutralisation en cas de conflit; les troupes Savoyardes devant se retirer pour faire place aux troupes suisses qui pourront alors neutraliser le territoire occupé. Cette clause vise bien évidemment la France qui est percue alors comme le principal danger; dans l'esprit, elle doit permettre de faciliter la défense de ce territoire ,excentré de Turin.

En 1859, alors que les rumeurs de rattachement de la Savoie à la France prennent de plus en plus d'ampleur, une pétition de 14000 signatures voit le jour dans 60 communes du Faucigny et du Genevois pour demander leur rattachement à la Suisse plutôt qu'à la France. En effet, ces bourgeois démocrates, amis de Cavour, sont hostiles à Napoléon III qu'ils voient comme un dictateur.D'autre part, ils sont conscients que leur destin économique est intimement lié à celui de Genève.

NB: C'est l'époque où Joseph-Léandre BARD proclame à Bonneville:

" Si Genève est française, il faut être français,
  Si Genève est suisse, il faut être suisse,
  Si Genève est cosaque, il faut être cosaque"

En revanche le clergé est,lui, favorable au rattachement à la France qu'il voit comme l'amie du pape par opposition au laic Cavour; le clergé  organise donc une contre pétition qui aura un certain succes dans le Chablais catholique.

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Les communes qui pétitionnent pour le rattachement à la Suisse

 

Nb: on remarque le faible nombre de communes pétitionistes dans les montagnes du Chablais, là où l'influence du clergé catholique est la plus forte.

Malgré sa promesse faite à Dufour de céder la Savoie du Nord à la Suisse, Napoléon III, fortement influencé par son ministre des Affaires Etrangères Thouvenel, se rend aux arguments de la députation Savoyarde des 41 qui monte à Paris pour plaider contre le démantellement de la Savoie au début de  1860. Notons que sur ces 41; seuls 6 étaient originaires de la Savoie du Nord et qu'une des conditions qu'ils mirent à leur participation, lors de leur montée dans le train à Culoz, fut d'obtenir la création de 2 départements distincts.

Victor Emmanuel, roi de Sardaigne ayant voulu que le rattachement de la Savoie à la France ne se fasse pas contre l'assentiment des populations concernées, il y a donc lieu d'organiser un vote pour confirmer le rattachement à la Grande Nation, et bien évidemment, l'Empereur des Français souhaite que le plébiscite suscite l'enthousiasme. Aussi Napoléon III, conscient de cette opposition qui nait en Savoie du Nord envoie le sénateur Laity avec les pleins pouvoirs pour faire que l'annexion et le résultat du Plébiscite soient un succès. C'est lui qui met en place le système de la Grande Zone, encore appelée Zone d'Annexion, qui permettra de faire accepter par les savoyards du nord le rattachement à la France. C'est ainsi que dans les arrondissements les plus critiques de Thonon, Bonneville et saint-Julien, on dénombrera 47076 bulletins OUI et ZONE, pour seulement 232 bulletins OUI et 131 bulletins NON.

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La Grande Zone, dite Zone d'Annexion

Cette Grande zone subsistera jusqu'en 1914, au grand désespoir d'Annecy qui se sent pénalisé par les faveurs douanières octroyées à la Zone et dont le chef lieu du département ne bénéficie pas. On notera aussi qu'un grand nombre de grands projets d'avant guerre ont été financés par des capitaux genevois, particulièrement dans le domaine touristique (hotels & infrastructures). Quant aux Genevois, ils boivent du vin d'Ayze ou consomment du blé des Bornes; Une réelle osmose existe entre Genève et les territoires français de la zone: l'argent suisse y circule librement avec, à cette époque, un taux de change de 102CHF pour 100FF.

En 1914,une véritable rupture se produit, liée au fait que la Suisse alémanique est pro allemande et que cela ne passe pas au sein d'une population savoyarde patriote vis à vis de la France. A partir de ce moment là, l'économie de la Savoie du nord s'intègre de plus en plus à l'économie française en se détachant de l'économie genevoise, et donc suisse.

En 1918, au sortir de la guerre, la Suisse veut intégrer la Société des Nations (SDN) et faire reconnaitre sa neutralité. Pour ce faire, elle est prête à faire des concessions à la France, afin d'obtenir son soutien. Dans l'article 45B du traité de Versailles, il est ainsi décidé de supprimer la zone de neutralisation, puis en 1921 la France décide de mettre un terme aux zones franches, ce qui est accepté par le gouvernement Suisse.

Toutefois en 1923, un coup de tonnerre se produit avec l'occupation de la Ruhr par la France; cette action offusque les Suisses allemands, avec pour conséquence l'apparition d'une votation populaire qui revient sur l'accord sur la suppression des zones franches. Et lorsque Poincarré décide unilatéralement de supprimer les zones, une grande animosité monte entre les deux pays, ce qui conduira la Suisse à porter son différend avec la France devant la Cour Internationale de La Haye. En 1932, la Cour Internationale décide alors que la Grande Zone, qui avait été concédée par la France à un de ses désormais propres territoires peut être abolie, considérant que c'est une affaire interne française; en revanche, la Cour Internationale statue que la petite Zone, dite zone Sarde, dont l'existence découlait d'un traité international (le Congrès de Vienne), celle-ci doit être rétablie. C'est ainsi qu'au 1er janvier 1934 la petite zone est rétablie dans ses frontières de 1815.

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La 2ème Guerre mondiale contribue à l'éloignement entre Genève, neutre, et la Savoie du Nord. Jusque dans les années 1970, la Savoie est unie et française, mais un changement important arrive avec les lois de décentralisation et la création de la région Rhône Alpes. En 1983, le Président du Conseil Régional prend le pas sur le préfet; l'aménagement du territoire devient une priorité, avec de nombreuses responsabilités déléguées aux échelons départementaux. Un esorit nouveau souffle sur notre territoire; c'est l'époque de la négociation des fonds frontaliers qui ne concernent que la Savoie du nord. Genève qui a retrouvé un rôle mondial a besoin de main d'oeuvre: elle devient l'une des villes les plus cosmopolites d'Europe, où 40% de ses résidents ne sont pas suisses.

Dans le même temps se développe le phénomène des travailleurs frontaliers qui pasent de quelques centaines en 1962 à 92000 en 2010 (13000 issus du Pays de Gex et 79000 de Haute Savoie) qui travaillent pour leur écrasante majorité dans le Canton de Genève. Frontaliers qui paient leus impôts prélevés à la source dans le Canton de Genève, soit un montant évalué à 700M CHF. Depuis 1973, le Canton reverse une partie de ces sommes encaissées aux communes qui hébergent les frontaliers, ce sont les fameux fonds frontaliers dont 60% revient aux communes et 40% au département. En 2010, ces fonds frontaliers se sont élevés à 152 M€, dont la majorité va aux communes les plus proches de Genève. Ainsi, on dénombre 8000 frontaliers à Annemasse contre 3000 à Annecy et quelques centaines dans tout le département de la Savoie.

Cette activité trans-frontalière se traduit par 500000 franchissements quotidiens de la frontière dont l'essentiel est fait en transport privé, puisqu'on estime à 10% seulement la part du Transport en Commun dans cette migration quotidienne. Cela génère de nombreux problèmes d'environnement et de qualité de vie, et ce n'est que récemment que Genève a pris la mesure de son implication nécessaire dans la vie de son agglomération trans-frontalière.

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Le périmètre du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois

C'est ainsi qu'est né le Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois (photo ci-dessus) et que de grands projets ont été élaborés comme le CEVA (photo ci-dessous), le Tram de St Julien etc....

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Le tracé du CEVA (Cornavin - Eaux Vives - Annemasse)

Mais il reste encore beaucoup à faire pour mieux harmoniser la ville centre et sa banlieue périphérique française. Ces actions ne se faisant pas sans interférences de la part d'Annecy qui ne voit pas d'un très bon oeil la Savoie lémanique reprendre son indépendance, au moment où, en accord avec Chambéry, elle recherche à faire émerger un territoire des Pays de savoie (Université de Savoie, Comité Mont-Blanc).

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La Savoie du Nord - trait d'union entre Rhône-Alpes et la Suisse

 

De par sa position géographique, il parait évident que la Savoie du Nord a désormais un rôle important à jouer entre la région Rhône-Alpes et la Suisse, et plus particulièrement la Suisse Romande. 

Pour conclure, et en ce qui me concerne, je crois fermement, comme le Pr Guichonet, que sans tourner le dos à notre région Rhône Alpes, nous avons un grand rôle à jouer comme le lien entre celle-ci et Genève. Cependant, le caractère international de Genève nous confère une singularité exceptionnelle que pour ma part, je souhaite voir se développer. Je suis persuadé que Genève de par sa position géographique et son cosmopolitanisme, peut devenir le havre d'accueil des grandes entreprises non Européennes, et particulièrement Chinoises, qui souhaitent établir une base en Europe. En ce sens, la Savoie du nord offre à Genève l'espace qu'elle n'a pas, ainsi qu'une ouverture sur l'Europe puisque notre territoire est dans l'UE, alors que Genève n'en fait pas partie.

La Savoie du Nord peut aussi jouer le rôle majeur dans l'internationalisation souhaitée de la région Rhône-Alpes et devenir la porte d'entrée commerciale et culturelle de l'Orient en Europe, comme  Kobe ou Nagasaki au Japon, et Shanghai en Chine, le furent dans le passé envers l'Occident. C'est à mon avis là que se jouera nore avenir, qui est grand, si nous savons nous y prendre.

28/11/2010

Dates Clés de notre territoire genevois pour mieux comprendre la situation actuelle

58 av JC : Jules César arrête les Hélvètes à Genève

443: installation des Burgondes qui font de Genève leur capitale.

534: Genève est incluse dans le royaume des Francs.

1032: Genève et sa région reviennent par héritage au Saint-Empire Romain Germanique, ce qui explique la présence de l'aigle sur les armoiries de la ville.

1034: L'évèque de Genève reçoit de l'empereur le tître de prince et le pouvoir temporel sur la cité, ce qui suscitera un affrontement durable avec le Comte de Genève qui est le suzerain d'un territoire allant des portes d'Aix les Bains aux portes de Genève et dont la résidence principal est Annecy.

1124: Traité de Seyssel - L'empereur confirme les droits de l'évèque sur la Cité de Genève, au détriment du Comte de Genève qui renonce à ses droits sur la Cité.
1219: Traité de Desingy - Confirmation des accords de Seyssel
Ces deux traités peuvent être conidérés comme la base de la rupture entre Genève et la Savoie du Nord. 

23 mai 1387: Franchises de l'évèque Adhémar Fabri qui confirment les pouvoirs des bourgeois de la ville, constitués en Conseil Général.

1401: Le comté de Genève est vendu au Comte de Savoie Amédée VIII. Notre territoire fait désormais partie de la Savoie qui devient maître du Léman, à l'exception de la ville de Genève et des quelques enclaves que la Cité possède dans les terres de Savoie (Neydens, .....)

1416: Les Comtes de Savoie obtiennent de l'Empereur le tître du Duc.

1419: La Maison de Savoie annexe le Piémont.

1534: Sous la pression des Bourgeois de la ville, l'évèque doit quitter Genève

21 mai 1536: Genève se déclare République autonome, mettant une fin définitive aux pouvoirs de l'évèque, et adopte la réforme  - les liens avec le Saint-Empire se distendent.
Pour repousser les prétentions du Duc de Savoie, Genève s'allie à Berne. Les Bernois envahissent notre territoire: ils détruisent les chateaux des Ducs de Savoie et font régner l'ordre avec une administration "aussi raide que la justice de Berne".

1559: Fondation de l'Académie de Genève par Jean Calvin.

1563: Les Ducs de Savoie transfèrent leur capitale de Chambéry à Turin.

1589: Construction du Fort Sainte-Catherine à Songy par le Duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er qui ambitionne de conquérir Genève et d'en faire sa capitale.

1600: Destruction du Fort Sainte-Catherine par les Genevois grace à l'aide d'Henri IV, roi de France qui, au cours de sa campagne contre le Duc de Savoie, a séjourné 3 jours à l'Eluiset où il y a reçu Théodore de Bèze.

1601: Victorieuse, la France contraint le Duc de Savoie à lui  céder le Pays de Gex au grand dam de Genève qui avait des visées sur ce territoire limitrophe, et qui voit la France s'installer à ses portes, et notamment au bord du lac, à Versoix.

12 décembre 1602: L'Escalade - Dernière tentative du Duc de Savoie de s'emparer de Genève. Parmi les défenseurs de la ville, on compte de nombreux Savoyards qui travaillent à Genève et qui prennent position contre leur duc, dont la célèbre mère Guillaume, originaire de Cruseilles qui "sauve" la ville.

21 juillet 1603: Traité de Saint-Julien - Signé par Charles-Emmanuel 1er de Savoie et Genève, il établit une paix durable entre Genève et la Maison de Savoie.

1720: Le Duc de Savoie Victor-Amédée II prend le tître de roi de Piémont-Sardaigne

1754: Etablissement de la frontière officielle entre Genève et la Savoie. A cette occasion, plusieurs petites enclaves qui appartenaient alors à Genève, comme Neydens, Valleiry et Bossey, sont échangées et deviennent savoyardes

1792: Invasion de la Savoie et de notre territoire par les troupes de la République Française.

15 avril 1798: Invasion de Genève par les troupes du Directoire - Création du Département du Léman qui réunit, pour la première fois depuis plus de mille ans, Genève et les territoires voisins du Pays de Gex et de la Savoie du Nord dans un même département, dont Genève est le chef-lieu.

31 décembre 1813: Fin de l'épopée napoléonienne - Restauration de la République de Genève, et de son indépendance, grace aux troupes autrichiennes qui viennent de libèrer Genève du joug français.

1er juin 1814: Les troupes suisses débarquent à Genève
12 septembre 1814: La Diète admet Genève, qui en a fait la demande (pour se protéger de la France), comme membre de la Confédération Hélvètique.

1815-1816: Plusieurs Traités (Vienne, Paris, Turin) redéfinissent les frontières entre Genève, la Savoie et la France. Notre territoire du Genevois est restitué à la Maison de Savoie. Le Pays de Gex reste Français. Le Genevois Savoyard  qui souhaite son rattachement à Genève essuie un refus de la Rome Protestante qui se méfie de ce territoire catholique.
19 mai 1815: La République de Genève devient le 22ème canton de la Confédération Hélvètique.
20 novembre 1815: Traité de Paris: Cession de sept communes françaises du pays de Gex, afin de relier géographiquement Genève à la Suisse, et instauration de la zone franche du Pays de Gex.
16 mars 1816: Traité de Turin - Cession à Genève de 25 communes sardes (dont Carouge) et instauration d'une seconde zone franche, dite zone sarde, pour préserver le commerce du territoire savoyard avec Genève.
NB: Lors de ces deux traités est instituée une grande zone de neutralité, voulue par le Roi de Piémont-Sardaigne, validée et garantie par les grandes puissances Européennes, qui permet la neutralisation d'une grande partie de la Savoie en cas de guerre.

1829: Création d'une nouvelle zone franche autour de Saint-Gingolph.

1848: Nouvelle Constitution Hèlvétique qui renforce le pouvoir fédéral et crée un territoire douanier unique pour toute la Suisse.

1852: Cavour devient Premier Ministre de Victor Emmanuel II et gouverne le Royaume de Piémont-Sardaigne

Juillet 1858: Accords secrets de Plombières entre Napoléon III et Cavour qui prévoient l'abandon de la Savoie à la France en échange d'une aide des Français à Victor Emmanuel II pour bouter les Autrichiens hors d'Italie.

Juin 1859: Batailles sanglantes de  Magenta et Solferino entre la France et l'Autriche - Cette boucherie décidera Henri Dunant à faire quelque chose pour les malheureux blessés.

Juillet 1859: Paix de Villafranca et démission de Cavour, remplacé par Rattazzi qui est favorable au maintien de la Savoie et de Nice au sein du royaume sarde.

Janvier 1860: Cavour revient aux affaires
Février 1860: Un fort mouvement populaire se développe dans le Chablais, le Faucigny et le nord du Genevois avec plus de 14000 signatures  pour demander le rattachement à la Suisse, et particulièrement à Genève.
20 mars 1860: Députation savoyarde à Paris pour demander, fort opportunément, à Napoléon III de ne pas accepter le démantèlement de la Savoie.
24 mars 1860: Signature du Traité de Turin qui prévoit le rattachement de la Savoie à la France sous réserve d'une consultation des populations. C'est le Plébiscite qui propose l'aggrandissement de la zone franche, dite Grande Zone, jusqu'aux Usses pour appaiser les habitants de la Savoie du Nord qui souhaitaient, eux, un rattachement à Genève.
22-23 avril 1860: Plébiscite (votation du peuple) en faveur du rattachement à la France avec l'établissement de la Grande Zone ( Vote OUI et ZONE)
14 juin 1860: La France prend officiellement possession de la Savoie

27 août - 5 septembre 1860: Voyage officiel de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie en Savoie.

1863: Fondation de la Croix Rouge à Genève

1870- Défaite de la France face à la Prusse - Exil de Napoléon III - Nouvelle pétition dans 54 communes de  Savoie du Nord pour demander le rattachement à la Suisse.

1914-1918: 1ère Guerre Mondiale - Notre territoire paie un lourd tribut à sa nouvelle patrie, tandis que Genève et la Suisse restent neutres.

1919: Traité de Versailles: Remise en cause par la France de la Grande Zone et de la neutralité de la Savoie du Nord (qui sera finalement abandonnée en 1928, sans consultation des populations)

28 avril 1919: Choix de Genève comme Siège de la Société des Nations voulue par le Président Américain Woodrow Wilson

1921: Accord entre les gouvernnements Suisses et français sur la zone franche
1922: Votation populaire en Suisse qui refuse cet accord.
10 octobre 1923: Suppression unilatérale par la France de la Grande Zone - Fort mécontentement à Genève et dans le genevois français

1932: Inauguration du Téléphérique du Salève

1er janvier 1934: Restauration de la zone franche  - Suite au recours de Genève devant les instances internationales, la France est contrainte de restaurer la zone le 1er janvier 1934, mais dans ses limites de la petite zone sarde de 1816.

1939-1945: 2nde Guerre Mondiale - Notre territoire fait partie de la zone libre jusqu'en 1942 . Saint- Julien sera libéré le 16 août 1944, après l'incendie de Valleiry par les Allemands en retraite. 

1945: Désignation de Genève comme le Siège Européen de l'ONU.

1984: l'Union Européenne accorde l'exonération des droits de douane sur les produits d'origine Suisse.

5 décembre 2007: Signature du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois

2010: Constitution de l'ARC

 

Un grand merci à Claude MEGEVAND, président de la Salèvienne, aux travaux duquel je dois un grand nombre des informations publiées ci-dessus et qui a su me donner goût à l'histoire de notre territoire.