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20/11/2010

La Zone Franche en Savoie: France où est ta parole?

Si aujourd'hui existent des tentations séparatistes en Savoie, portées principalement par la Ligue Savoisienne, c'est qu'il y a des raisons historiques à cela, et en particulier le non respect par la France des accords passés et des avantages concédés lors de l'Annexion en 1860.

Il n'est pas ininteressant de s'attarder sur l'un des aspects de cette "trahison", à savoir les zones franches.

Voici comment Le Dauphiné Libéré résumait la situation, dans un article paru le lundi 25 Octobre 2010. Avec quelque inexactitudes, communes aux articles de presse écrits à la va-vite par des journalistes pas toujours scrupuleux de l'authenticité historique

Article Zone Franche.JPG

 

Essayons ici d'aller plus loin dans l'explication et la justification des zones franches:

Longtemps constitué de terres morcelées et enclavées, le territoire genevois a une histoire très complexe. Si les accords de 1749 (Traité de Paris) et de 1754 (Traité de Turin) avaient déjà permis de simplifier et « rationaliser » le maillage par trop enchevêtré des terres genevoises, françaises et savoyardes, il vaut la peine de rappeler que des accords de libre passage de personnes et de biens figuraient encore auparavant dans les Franchises que l'évêque Adhémar Fabri avait octroyées à Genève en 1387.

Les Zones de 1815-1816

Parler des zones franches aujourd'hui nous renvoie à l'histoire des XIXe et XXe siècles, soit aux importantes négociations territoriales qui ont suivi la fin de l'Empire et du Département du Léman (1814) et au Congrès de Vienne (1815).

C'est en 1775 que les Gessiens obtinrent du roi Louis XVI le premier statut de zone franche leur permettant de commercialiser librement avec Genève, la Savoie et l'Etat de Berne. Remis en cause par la Révolution, ce statut fut supprimé en 1792. Six ans plus tard, en 1798, Genève est rattaché à la France, devenant le chef-lieu du département du Léman. Pas pour longtemps puisqu'à la fin de l'épopée Napoléonienne, la frontière est redessinée en 1815 lorsque Genève entre dans la Confédération. En effet, pour mener à bien son rattachement à la Confédération helvétique, la République de Genève doit devenir un Canton suisse politiquement ; obtenir un territoire plus étendu et d'un seul tenant (pour se prémunir d'une invasion française), et enfin être rattachée physiquement à la Suisse (Versoix est alors français). 

 

Plusieurs remaniements territoriaux sont proposés, dont l'un - défendu par Charles Pictet-de Rochemont au Congrès de Vienne - prévoit la création d'un territoire borné par les frontières physiques que sont les crêtes du Jura, du Vuache, du Salève et des Voirons. Mais ces projets n'emportent pas l'adhésion, car la France, la Sardaigne et surtout certains Genevois craignent un trop grand apport de catholiques dans la Genève réformée. 
 

Après de féroces négociations, des compromis sont trouvés qui offrent à la fois l'« arrondissement » du territoire genevois et le « reculement » de certaines douanes :

  • En 1815, lors du Traité de Paris, la France cède à la Confédération – contre l'abandon de droits sur Mulhouse – les communes du Pays de Gex nécessaires au désenclavement du Mandement, de la Campagne et de Genthod. De plus, « la ligne des douanes françaises » est reculée sur l'ouest du Jura, laissant en dehors le pays de Gex. C'est ainsi que Genève récupère six communes françaises (Versoix, Preny-Chambésy, Collex-Bossy, Grand-Saconnex, Meyrin et Vernier). Pour assurer son approvisionnement grâce à la libre importation des produits agricoles des régions voisines, Genève obtient aussi le rétablissement de la zone franche du Pays-de-Gex (392 km²).
     
  • En 1816, lors du Traité de Turin, le roi de Piémont-Sardaigne cède à la Confédération les communes permettant le désenclavement de Jussy, en échange de la commune de Saint-Julien. Là aussi, une zone franche est créée, comprenant St-Julien, le Salève et Annemasse. C'est la zone franche sarde (151 km²)

 

Les zones franches gessiennes et sardes garantissent la libre circulation des denrées et constituent en quelque sorte la « réserve agricole » de Genève.

La Grande Zone, dite Zone d'Annexion de 1860

En 1859, lors des accords secrets de Plombières, Cavour, Premier Ministre de Victor Emmanuel II, négocie avec Napoléon III l'aide des Français pour réaliser le rève de son roi: Fédérer les territoires qui constituent l'Italie. Dans cette optique, le roi de Piémont-Sardaigne a besoin de l'aide des troupes françaises pour bouter les Autrichiens hors de l'Italie du Nord. En contrepartie, Victor Emmanuel offre à Napoléon III la partie transalpine de son royaume: la Savoie. Le 24 mars 1860, le Traité de Turin officialise l'accord avant le vote de la population prévu pour avril. Le plébiscite étant une clause essentielle du traité d'annexion puisque l'article premier de ce traité stipulait que " cette réunion sera effectuée sans nulle contrainte de la volonté des populations".

Or, dans les territoires de la Savoie du Nord, Chablais Faucigny & Genevois, se développait un fort mouvement populaire avec des pétitions de notables , en faveur d'un rattachement à Genève.

Inquiet de ce mouvement, et suite à la délégation de Savoyards à Paris qui plaident auprès de l'Empereur contre le démantèlement de la Savoie, Napoléon III, pour emporter l'adhésion des savoyards du Nord au processus de rattachement à la France,  propose alors la création d'une grande zone franche (3122 km²), avec des privilèges douaniers et une neutralisation militaire en cas de guerre, s'étendant jusqu'aux Usses. C'est pourquoi, lors du fameux plébiscite des 22 & 23 avril 1860 (qui obtient une majorité de plus de 99% des voixpar lequel le peuple savoisien ratifia le traité du 24 mars et accepta son annexion à la France, les bulletins de vote distribués dans toute la Savoie du nord portaient la mention " OUI et ZONE" ( on dit d'ailleurs qu'il n'y avait pas de bulletins "NON" mais cela demeure un détail)

 

Voici comment les Savoisiens du Nord justifiaient la nécessité de cette zone: " Le besoin d'une zone indique que la population qui la réclame a tout son commerce avec le peuple voisin et fort peu avec ses propres nationaux. Elle prouve chez nous que nos intérêts industriels et commerciaux sont avec la Suisse et non avec la France." Tel était le cas en 1860, et, plus le temps passait, plus s'accroissait la naturelle symbiose économique et sociale entre Genève et la Savoie du nord dont elle était devenue la capitale au détriment d'Annecy.

D'autant plus que suite au décret impérial du 24 octobre 1860 qui , au lendemain de l'annexion, ordonnait la fermeture immédiate de toutes les universités établies en Savoie (et elles étaient nombreuses: théologie, droit, médecine, pharmacie), les Savoisiens du nord trouvaient à leur porte, à Genève, une formation universitaire ou technologique, ce qui ne  pouvait que déplaire à la République Française.

Contrairement aux zones de 1815 et de 1816 établies par décision internationale, celle de 1860 était une concession unilatérale accordée aux Savoyards. Paris put donc, tout aussi unilatéralement, supprimer cette dernière en 1919 à l'occasion du Traité de Versailles qui contenait, entre autres, un article stipulant que Suisse et France chercheraient à s'entendre sur un nouveau statut remplaçant le système de zones franches. Les négociations, difficiles, aboutirent à une convention supprimant les zones au profit d'un système d'échanges commerciaux entre les régions limitrophes. Convention ratifiée par les deux pays en 1922 mais annulée aussitôt par le peuple helvétique appelé à donner son avis (un exemple de la démocratie directe qui s'exprime par le référendum d'initiative populaire conduisant à la votation du 18 février 1923).

A la France qui rétablit le contrôle douanier à la frontière politique, spoliant ainsi 207 communes savoisiennes, Berne s'oppose. Le différend est alors porté devant la Cour permanente de justice internationale de La Haye. Neuf ans et un arrêt de 450 pages plus tard, la France est condamnée, le 7 juin 1932, à rétablir les zones prévues par les traités de 1815 et de 1816 ! Ce qui sera fait le 1er janvier 1934.

Conclusion
On voit donc bien  à la lecture de l'histoire que les Savoisiens du Nord ont de réelles raisons de contester la complète et totale mainmise de la France sur leur destinée.

Et cela n'est pas terminé: avec les efforts déployés en France et dans le reste des Pays de Savoie pour torpiller les efforts d'accord et de maîtrise coordonnée de l'avenir des territoires entre Genève, la Savoie du Nord et le Pays de Gex au sein du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois. Ce qui s'est récemment traduit à l'Assemblée Nationale par l'hostilité envers la constitution d'un pôle Métropolitain transfrontalier regroupant Genève et l'ARC.

 

Remerciements à la Ville de Genève (archives), la Salèvienne, Jean de Pingon, et autres écrivains de l'histoire de la Savoie et des zones, dont je me suis inspiré pour la rédaction de cet article.

Pierre Brunet

Délimitation des zones franches :

Illustration

  1. Zone du Pays de Gex, 1815.
  2. Zone sarde, 1816.
  3. Zone sarde, 1829.
  4. Grande Zone française dite de l'Annexion, 1860-1923.

Les zones 1, 2 et 3 ont été rétablies en 1934.

17/06/2010

Ligue Savoisienne 2- Mondial de Foot 3

A la demande d'un des visiteurs du blog, voici le compte rendu fait par le Président de la Ligue Savoisienne  des journées d'action de la Ligue des 12 et 13 juin.

On notera la petite déception du président qui regrette la faible participation de la jeunesse!... Effet Coupe du Monde?

Bonjour!
Nos actions du week-end dernier se sont bien passées.
Plus de 3000 tracts ont été distribués à Aix, et 1600 à Chambéry.
Les festivités d'Aix, dont le message était évidemment pro-"rattachement", avaient un contenu politique très léger, mais portaient haut les couleurs de la Savoie.
Le chant des Allobroges a retenti bien plus souvent que la Marseillaise.
Le récit historique mis en scène l'après-midi au théâtre de verdure était plutôt nuancé,
malheureusement il finissait par une grotesque "nouvelle signature" de l'annexion avec la participation du prince Victor-Emmanuel de Savoie.
La Compagnie de Savoie (une sorte de Rotary savoisien), présente en force, est apparue comme l'organisateur principal de la journée.
Notre ancien adhérent Pierre-Louis Balthazard (de Cusy) a été présenté comme l'un des principaux dignitaires de la Compagnie.
La Brigade de Savoie a participé sans sourciller à l'ensemble du spectacle.
Nos tracts ont été bien reçus car ils donnaient au public des informations largement inconnues.
Lundi à Chambéry, nos jeunes, épaulés par quelques "vieux savoisiens" ont bravé la pluie et distribué presque tous leurs tracts.
Thomas Chevallay a mis les rieurs de son côté en apostrophant le "troupeau" des invités qui allaient au banquet de Gaymard.


On peut seulement regretter la faiblesse de notre mobilisation.
Plus nombreux, nous aurions pu carrément détourner le déroulement des festivités...
Le mois de juin est traditionnellement peu propice aux rassemblements.
Pourtant nous avions prévenu tous les adhérents par INFO internet et par courrier postal.
Plus de 120 jeunes s'étaient inscrits sur Facebook, ils n'étaient que 10 à Chambéry.
Grande différence entre le monde virtuel et le monde réel (à part pour les "apéros"...)


Où se cachent tous ceux qui déplorent que la Ligue ne fasse pas assez d'actions?


Le reste des tracts est disponible à Ugine pour distribution au cours des fêtes prévues par vos communes,
ou dans les boîtes à lettres.


Peut-être aussi faut-il tout arrêter pendant le déroulement de la Coupe du monde de football?


Savoisiennement,
Patrice Abeille.

Ne vous découragez pas Président, le mouvement qui porte la Savoie vers plus d'autonomie par rapport à l'Etat jacobin et centralisateur est en marche....

10:02 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ligue savoisienne, aix, chambéry, coupe du monde | | | Digg! Digg | | |  Facebook

12/06/2010

150 ans de Savoie Française

Il y a 150 ans jour pour jour, le 12 juin 1860, le territoire de la Savoie et du comté de Nice étaient remis à la France, à la suite du plébiscite d'avril 1860. A cette occasion, à 12:00, toutes les cloches de France vont carilloner pour célébrer l'évènement.

Dans les Pays de Savoie, ce sentiment de réjouissance n'est pas partagé par tout le monde, et nombreux sont ceux qui aimeraient faire mieux reconnaître l'identité savoyarde quand d'autres, comme la Ligue Savoisienne, ont carrément la nostalgie d'une souveraineté perdue.

Extraits du Journal de 20 heures de TF1.

 

12:00 Publié dans Histoire, Politique Française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : savoie, ligue savoisienne | | | Digg! Digg | | |  Facebook

08/06/2010

Communiqué de la Ligue Savoisienne

La Ligue savoisienne organise une manifestation le dimanche 13 juin à Aix les Bains.


Le 14 juin 1860 les derniers représentants de Victor Emmanuel, duc de Savoie, remettaient notre pays aux préfets nommés par Napoléon III,
par une brève cérémonie au château de Chambéry. Le temps était exécrable et il n'y eut pas de réjouissance populaire.
La question de Savoie était momentanément, et pour longtemps, refermée.

Pour l'anniversaire du 14 juin, qui tombe un lundi, Hervé Gaymard organise au château un banquet d'élus, d'historiens et de collégiens triés sur le volet.
En soirée, un spectacle son et lumière.
Les Savoisiens ne sont pas invités...

Un groupe dynamique de jeunes savoisiens, très présents sur internet (Facebook, etc.) distribuera des tracts dès 13 heures en partant de la Place du Château. Si vous êtes libres ce lundi 14 juin, vous pouvez les aider. Ils se retrouveront Place du Château à 20 heures pour une soirée festive en opposition avec l'officialité qui occupera l'intérieur du château.


Dimanche 13 juin, la ville d'Aix les Bains prétend fêter le rattachement en grand tralala, avec défilés, musiques, plaque commémorative et reconstitution en costumes d'époque.
Nous vous invitons à un rassemblement savoisien à Aix les Bains pour faire contrepoids à cette fête officielle:


Dimanche 13 juin
dès 9h30 devant l'hôtel de ville d'Aix (place Maurice Mollard) puis rue de Genève
à 11h30 Parc floral des Thermes: inauguration d'une plaque commémorative
après-midi, Parc floral des Thermes: reconstitution historique.

Ci dessous le tract qui sera distribué à l'occasion

Ligue Savoisienne tract13juin.pdf

Blason Savoisien.JPG

 

10:12 Publié dans Haute-Savoie, Politique Française | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ligue savoisienne, rattachement | | | Digg! Digg | | |  Facebook

22/04/2010

il y a 150 ans, la Savoie devenait française

blason savoie.jpg

Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à Chambéry, pour célébrer les 150 ans du rattachement de la Savoie à la France.

 

Le 22 avril 1860, les Savoyards votaient à plus de 99% pour rejoindre la France après l'accord passé entre Napoléon III, empereur des Français, et Victor Emmanuel II roi de Piémont-Sardaigne lors du traité de Turin le 24 mars de la même année.

150 ans après, le résultat de ce plebiscite fait encore débat, du fait même de son score suspect; il est vrai que si, comme on le dit, les bulletins "NON" n'étaient pas présents dans de nombreux bureaux de vote, on comprend mieux l'ampleur de l'enthousiasme des pauvres ramoneurs savoyards à rejoindre le puissant voisin français dont ils parlaient déjà la langue.

On pourrait épîloguer longtemps sur la validité de ce scrutin, et bien malin qui pourrait dire qui a raison des sympathisants de la Ligue Savoisienne (voir leur communiqué) ou de l'Etat Français.

Ligue 100422.JPG

Pour faire contrepoids aux arguments de la Ligue Savoisienne, Je recommande d'ailleurs de visiter le site web consacré aux 150 ans de vie commune entre la Savoie et la France, site créé sous l'égide du Conseil Général, qui donne beaucoup d'informations et qui plaira certainement aux curieux et aux passionnés d'histoire sur ce que fut notre histoire depuis le partage de notre destinée commune.

150 ans communs.JPG

Il me parait de toute façon difficile de revenir en arrière. En revanche, ce qui me parait légitime est que les habitants de cette région se battent pour que les dispositions qui leur ont été accordées par le traité soient respectées, tout comme les Alsaciens ou les Bretons ont pu garder quelques particularités héritées de l'Histoire. Un traité doit être respecté, or il apparait que dans le cas qui nous interesse, c'est loin d'être le cas. C'est d'autant plus regrettable que cela aurait permis à notre territoire d'éviter la saignée des guerres, puisqu'un paragraphe du traité stipule qu'en cas de guerre, le nord de la savoie devait être neutralisé par les Suisses. Bien entendu cette clause ne fut jamais appliquée et c'est pourquoi on peut voir autant de noms au fronton de nos monuments aux morts. Sans compter les avantages fiscaux qui avaient été concédés à notre territoire, grace à l'installation d'une zone franche à la frontière du canton de Genève, qui peu à peu est tombée en désuétude, et ses avantages avec....

Un autre point que l'on peut déplorer est l'éradication par l'Etat Français de l'enseignement de l'Histoire de notre territoire. Nulle trace dans l'Education Nationale de ce que fut l'histoire de nos ancètres, donc la notre ... N'est-il pas regrettable que nos enfants ne sachent pour la plupart pas ce qu'était le Saint Empire Romain Germanique alors que le Duché de Savoie y fut rattaché pendant près de 1000 ans.

Si la France régicide s'est débarrassée de son roi, les savoyards peuvent eux regretter que c'est leur roi qui les a abandonnés, puisque c'estchateau chambery.jpg en fait à cela que concourt le traité de Turin. Rappelons qu'à l'origine, c'est Chambéry qui était la capitale des Ducs de Savoie; on peut d'ailleurs y voir les vestiges du palais des Ducs de Savoie. Mais en 1563 eut lieu le transfert de la capitale de Chambéry à Turin, ce transfert étant la conséquence de la réalisation par le Duché de Savoie de la vulnérabilité de sa capitale suite à l'occupation de Chambéry par François 1er; à partir de là , l'interet des dirigeants de la Savoie se porta plus du coté transalpin que vers l'Ouest des Alpes. Ce désinteret s'accrut avec l'obtention de la Sardaigne et culmina par le choix d'abandonner la Savoie cisalpine aux Français contre leur engagement à aider le Duc de Savoie, Roi de Piémont-Sardaigne, à vaincre les Autrichiens afin qu'il puisse fédérer l'Italie.

abbaye hautecombe.jpgD'autre vestiges subsistent de notre histoire savoisienne, comme l'Abbaye de Hautecombe, au bord du lac du Bourget: Du XIIe siècle au XVe siècle, elle fut la nécropole des Comtes de Savoie ainsi que des princes et princesses de cette dynastie. Au cours des siècles suivants, d'autres princes et princesses de Savoie, ainsi que de certains souverains de la dynastie (ducs de Savoie puis rois de Sardaigne) choisirent d'être enterrés dans l'abbaye d'Hautecombe à l'image du fondateur de celle-ci, Amédée III. Le dernier roi d'Italie, Humbert II de Savoie (1904-1983), est enterré à Hautecombe

 

Pour être honnête, de nombreux efforts furent consentis par la France dans les premières années du rattachement pour s'attirer les bonnes graces des Savoyards avec l'édification de routes et de batiments publics. Peut-être que si l'Empereur et l'Impératrice Eugénie, qui avait une affection certaine pour notre région, avaient régné plus longtemps, les choses eurent été différenttes, mais, bien vite, après 1870,  les dirigeants de la République Française cessèrent de s'interesser à cette nouvelle province.

Il n'est bien sûr pas question pour la Savoie de quitter la France, mais il me parait souhaitable et légitime que nous puissions vivre au sein de la République avec la connaissance et la fierté de notre histoire singulière; nous n'avons pas à en rougir, bien au contraire. Il est nécessaire que nos enfants connaissent les liens privilégiés qui nous unissent à nos cousins piémontais de l'autre coté des Alpes, et que Paris et Rome reconnaissent cette relation fraternelle, et ne s'opposent pas aux projets communs issus de cette relation particulière.

Enfin, on peut se demander si la création d'une entité Savoie, au sein de la région Rhône-Alpes, serait un premier pas vers une reconnaissance de notre singularité: cela mérite débat. En tout cas, la formation d'une telle entité, prenant en compte les réalités de  l'Histoire, devrait alors remettre au premier plan la relation privilégiée avec Genève, qui pourrait en quelque sorte jouer le rôle de notre "capitale internationale".  Un exemple tout simple de ce que j'avance serait que notre région obtienne l'autorisation pour le club de football ETG de jouer ses matches à Genève, sans que cela ne soulève d'opposition hostile dans les cercles parisiens.