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01/04/2015

Histoire du Genevois-3ème partie - de la Révolution à l'Annexion

Dans l'épisode précédent, de la Réforme à la Révolution, nous avons laissé  notre territoire en 1798, au moment où les troupes françaises envahissaient Genève et que le Directoire faisait de cette ville le chef lieu du Département du Léman. A ce sujet, il me parait  intéressant de s'attarder brièvement sur l'attitude de la population, tant savoyarde que genevoise, envers cette présence française. Pour ce qui concerne la Savoie, il faut noter que c'est la communauté émigrée et principalement celle émigrée sur les bords de la Seine, qui était très favorable au rattachement de la Savoie à la France révolutionnaire et qui exerça une influence forte sur les populations en faveur de l'annexion. Quant à Genève, la population vécut mal cette "invasion" dont les conséquences économiques furent néfastes et après la défaite de Napoléon, la Rome Protestante s'empressera de chercher à se protéger des Français, ce qui conduira les Genevois à renoncer à leur indépendance pour se rattacher à la Suisse en 1815.

 

L'administration française du département du Léman

Apres le coup d'état du 18 brumaire, l'administration centrale des départements est réorganisée pour faire place à un préfet: Le département du Léman créé en 1798 (puis augmenté du Haut Faucigny et intégrant donc le massif du Mont-Blanc à partir de 1800) est divisé en 3 arrondissements: Genève, Bonneville et Thonon et est constitué comme ceci (carte ci dessous). On notera que le département du Léman incluait le Pays de Gex mais qu'Annecy qui avait souhaité faire partie de ce nouveau département restait, à son grand regret, dans le département du Mont-Blanc sous la tutelle de Chambéry.

 

Département du Leman.JPG

 Les frontières du Département du Léman : 1798 -1814

La Savoie et la France

Pour ce qui concerne la Savoie, il faut noter que c'est la communauté émigrée et principalement celle émigrée sur les bords de la Seine, qui était très favorable au rattachement de la Savoie à la France révolutionnaire et qui exerça une influence forte sur les populations en faveur de l'annexion.Toutefois, bien que la Terreur n'y fut pas aussi brutale que dans d'autres régions (on pense bien évidemment à la Bretagne et à la Vendée), la Révolution ne laissa pas de bons souvenirs en Savoie, pays profondément religieux. Les réquisitions tant matérielles qu'humaines avec des enrôlements de force dans l'armée révolutionnaire, la dévaluation de la monnaie et surtout les persécutions religieuses , tout cela fit naître une hostilité sourde et croissante envers les Français dans cette population de paysans. Rappelons que les exactions commises par les français, en particulier par le tristement célèbre Albitte conduisirent à des mouvements de rébellion à Thônes et Annecy, voire même de contre révolution. Les choses s'améliorèrent toutefois en 1801 quand la signature du Concordat permet le retour des prêtres dans leurs paroisses.

Rappelons que par le traité de Paris de 1796, avant-gout peu connu de 1860, le Roi de Sardaigne avait été contraint de céder la Savoie et Nice à la France. Si notre territoire était donc à priori ancré de façon pérenne à la France, ce n'est qu'avec le Consulat puis l'Empire que les deux départements savoisiens connurent une décennie de calme jusqu'en 1810, année à partir de laquelle la lourde charge fiscale et la conscription militaire ramenèrent le mécontentement. Au final, les réformes introduites par la France profitèrent essentiellement à la bourgeoisie, classe sociale au sein de laquelle l'idée française ira se renforçant jusqu'en 1860. Dans le même temps, malgré un lourd tribut humain payé à l'épopée Napoléonienne, nombreux étaient les soldats rescapés  (23000 soldats savoyards avaient servi dans l'armée française) qui étaient fiers d'y avoir participé, et qui rapportaient au pays une image exaltante de la "Grande Nation".

Genève et la France

Les conséquences de l’annexion de Genève à la France ont été désastreuses pour l’économie de la ville, qui traversa alors une période de profonde récession et de stagnation à cause de la guerre et du blocus continental qui ruinèrent industriels et banquiers. Mais le régime français apporte également de nombreuses nouveautés, qui seront conservées après l’indépendance et l’adhésion à la Confédération: notamment la séparation du civil et du religieux dans un nouveau code civil et une administration dirigée par un maire, deux adjoints et un conseil municipal.

A l'issue de l'épopée Napoléonienne, Genève, qui vient de retrouver son indépendance après sa libération par les Autrichiens le 31 décembre 1813, se rend compte que la période des cités états est révolue et qu'il lui faut s’allier à un Etat de plus grande taille. C'est l'origine de ses efforts pour rejoindre la Confédération Helvétique.

 

St Julien au début du XIXème Siècle

A titre anecdotique on signalera que Saint-Julien fut pour quelques mois débaptisée pour être renommée "Crez" (ou "Crêt"), un signe de plus de l'anticléricalisme primaire des révolutionnaires qui ne pouvaient accepter l'idée qu'une ville portât le nom d'un saint chrétien. Notre bonne ville dont le maire n'était autre qu'un certain Pierre Burnet retrouva cependant son nom le 4 janvier 1795 grace au représentant du peuple Gauthier qui ordonna à toutes les communes de reprendre leur ancien nom.

C'est le Préfet qui nomme le maire et le Conseil Municipal: le 8 avril 1801, et c'est Jacques Dunand qui est nommé maire de St Julien, qui est devenu chef lieu d'un canton de 24 communes. Le 14 septembre, le Conseil Municipal prend la décision de déplacer le cimetière qui est alors autour de l'église (sur le site de la Poste actuelle), vers l'emplacement actuel sur le Cret, grace au don du terrain par Prosper-Gaetan d'Allinges. Toutefois, par suite de l'opposition d'un citoyen, ce n'est qu'en 1806 qu'aura lieu la première inhumation dans le nouveau cimetière, que nous connaissons aujourd'hui.

En 1805, la commune de St Julien compte 803 habitants, dont seulement une vingtaine savent lire et écrire, et 7 auberges. L'évèque et prince de Genève, Mgr Joseph-Marie Paget décède à St Julien le 22 avril 1810. Le 14 mai 1811, le Conseil Municipal approuve une pétition des habitants de Cervonnex demandant à être rattachés à St Julien, et non plus à Feigères.

 La Chartreuse de Pomier et la Révolution

Si la Chartreuse avait bien survécu à l'occupation Bernoise, il n'en fut pas de même avec la République Française qui laissa commettre le sac de la Chartreuse de Pomier. Outre la destruction des splendides ouvrages de  sa magnifique et inestimable bibliothèque, la fièvre révolutionnaire laissera abattre les murs de celle-ci .. Avec cette destruction s'envolait une grande partie de l'histoire de notre territoire.

La fin de l'Empire

A partir de la Bérézina, la situation militaire de la France va devenir de plus en plus difficile. La France lève des impôts et lève des troupes, ce qui n'empêche pas l'Empereur de reculer sur tous les fronts. Le 31 décembre 1813, les troupes autrichiennes libèrent Genève et viennent le lendemain occuper St Julien qui compte alors 123 maisons. Le général Dessaix, originaire de Thonon, libérera St Julien après une longue et féroce bataille qui opposera le 1er mars 1814 les troupes françaises aux Autrichiens des bois d'Ogny à Archamps, en passant par Thairy. Victorieux, il se rendra à Carouge, d'ou il devra faire retraite le 23 mars après la perte de Lyon par le maréchal Augereau, provoquant sa poursuite par les Autrichiens qui pillèrent une nouvelle fois notre territoire. Mais c'est la fin: Les Alliés entrent dans Paris le 31 mars, et le 2 avril le Sénat proclame la déchéance de l'Empereur, qui abdique quatre jours plus tard à Fontainebleau. Le 29 avril 1814, Napoléon quitte Saint-Raphael pour l'exil sur l'île d'Elbe qui lui a été cédée en toute souveraineté.

 

Arrivee-Napoleon.jpg

Arrivée de Napoléon sur l'île d'Elbe

Mais Napoléon ne peut se satisfaire de ce petit royaume: Le 1er mars 1815, il débarque à Golfe Juan pour ce qui deviendra connu comme les cent jours, à l'issue desquels la défaite de Waterloo le 18 juin 1815, sonne le glas de ses espoirs. Le 22 juin, il abdique une seconde fois avant son exil définitif pour Sainte-Hélène en octobre, tandis que Louis XVIII retrouve son trône le 8 juillet. Cet épisode qui a anéanti la France l'obligera à signer le second traité de Paris du 20 novembre 1815. Mais cette fois ce ne sera plus Talleyrand qui sera le négociateur français, puisqu'il a été remplacé aux Affaires Etrangères en septembre 1815 sur injonction du Tsar Alexandre 1er.

 

Le Congrès de Vienne

Le Congrès de Vienne, si important pour l'avenir de notre territoire,  s'ouvre le 29 Mars 1815 et se termine le 12 aout 1815. Pendant sa tenue auront eu  lieu les 100 jours, période qui commence avec le retour de Napoleon de l'île d'Elbe, qui voit sa reprise du pouvoir le 20 mars, et se conclut par la défaite de Waterloo le 18 juin 1815 et son abdication définitive le 22 juin.

 

congres de vienne.png

Les plénipotentiaires au Congrès de Vienne

 

Ce Congrès aura 2 corollaires principaux pour la Savoie:
- Le traité de Paris du 20 novembre 1815
- Le traité de Turin du 16 mars 1816

 

Redécoupage du territoire - Genéve devient suisse

Après la défaite de Napoléon, Genève ne cherche pas à diriger l'intégralité du département du Léman mais au contraire veut s'en détacher. C'est ainsi que le Conseil Provisoire entame des négociations pour devenir suisse afin de se prémunir à l'avenir de la menace française tout en cherchant à agrandir son arrière pays. Les démarches de Mr Bastian à Zurich, avec l'appui des Autrichiens, pour demander l'annexion de la Savoie du Nord à la Confédération Helvétique avec Genève pour capitale n'aboutirent pas, suite au refus du Roi de Sardaigne Victor-Emmanuel 1er de se séparer de la Savoie. Ne prononça t-il pas à cette occasion la phrase restée célèbre " Nous ne sommes ni la Maison de Piémont, ni la Maison de Sardaigne, mais celle de Savoie", ce qui ne manque pas de sel quand on sait ce qu'il advint 45 ans plus tard.

Le négociateur genevois Charles Pictet de Rochemont souhaite établir les frontières sur les crêtes dominant le bassin genevois (Jura, Fort l'Ecluse, Vuache, Mont-Sion, Salève et Voirons) mais il sera désavoué par les dirigeants Genevois qui redoutent un afflux trop grand de catholiques. Genève rédigea alors une nouvelle constitution, votée par le peuple le 14 août 1814; et le 12 septembre 1814 la Diète ratifie l'adhésion de Genève à la Suisse sans que les contours du futur canton n'aient été clairement établis. Et c'est ainsi que le 19 mai 1815, le canton de Genève, allié historique des cantons de Fribourg et de Berne, entra dans la Confédération Helvétique et devint le 22ème canton suisse.

Grace au Traité de Paris du 20 novembre 1815, qui est plus sévère envers la France que le premier traité du 30 mai 1814, Genève obtient enfin la continuation géographique avec la Suisse puisque la France doit lui céder les communes de Collex-Bossy (avec Bellevue), Le Grand Saconnex, Meyrin, Pregny, Vernier et surtout Versoix, ce qui permet de relier le  canton de Genève à sa nouvelle patrie. D'autre part ce traité avalise la création de la zone franche du Pays de Gex.

Lors du traité de Turin du 16 mars 1816, le même Pictet obtint une nouvelle modification des frontières , permettant en particulier le désenclavement du mandement de Jussy; mais il dut renoncer au pied du Salève où Turin entendait conserver la route donnant accès au Chablais.  Il accepta aussi de rendre St-Julien qui était devenu genevois depuis le traité de Paris du 20 novembre 1815. En tout Genève obtenait 24 communes, dont Carouge, soit un territoire de 109 km² et une population de 12700 habitants;

Les communes de Savoie communément appelées "communes réunies" rattachées au canton de Genève  par le traité de Turin sont :

Collonge-Bellerive ; Corsier (y compris Anières) ; Hermance ; Veyrier ; Compesières (y compris Bardonnex et Plan-les-Ouates) qui s'agrandit de Troinex et Evordes ainsi que les hameaux de Perly-Certoux (détachés de Saint-Julien) ; Avusy-Laconnex ; Bernex (y compris Onex et Confignon) ; Aire-la-Ville ; Lancy ; Carouge ; Soral (détaché de Thairy) ; Choulex ; Meinier ; Chêne-Thônex (sauf les villages de Moillesulaz, Verna et Gaillard) ; Bel-Air détaché d'Ambilly fut rattaché à Vandoeuvres. Présinge ; Puplinge et Carra détachés de Ville-la-Grand formèrent la commune de Presinge. Soit 108.8 km² et 12 700 habitants. Tandis que la ville d'Annemasse est rattachée à la province du Faucigny

Par ailleurs, une seconde zone franche était créée, la zone sarde, couvrant un territoire de 190km²

 

Carte des zones franches 1815-1816.JPG

 en bleu, la zone franche du Pays de Gex, en rouge la zone franche sarde

 

Quelle nationalité pour St Julien?

Alors que Louis XVIII avait été remis une première fois sur le trône par les souverains alliés, il signa un premier traité à Paris le 30 mai 1814 qui faisait reprendre à la France ses frontières d'avant 1792. Cependant, si le Faucigny et le Chablais étaient rendus au duché de Savoie, St Julien resta français, alors que l'espace entre notre ville et l'Arve était lui rendu au Royaume de Sardaigne, nous coupant donc de Genève, redevenue indépendante (avant de devenir suisse). Situation fort préjudiciable pour les échanges commerciaux puisque nos paysans "français" de St-Julien devaient traverser le pays sarde pour livrer leurs produits à Genève. La carte ci-dessous illustre bien la problématique liée à ce découpage.

 

 

Partage 1er Traité de Paris.JPG

 

Carte du partage de la Savoie lors du Traité de Paris du 30 mai 1814
en rose, la partie restée française, en orange la partie restituée au royaume de Sardaigne

Une brigade de gendarmerie française vint s'établir à St Julien le 1er juillet 1814 et un nouveau Conseil Municipal fut nommé par le Préfet du Département du Mont-Blanc auquel notre ville avait de nouveau été rattaché. Le 23 avril 1815, ce même conseil prêtait de nouveau serment de fidélité à l'Empereur revenu de l’île d'Elbe.  Tandis que le général Pacthod refusa lui, de servir à nouveau l'empereur. le général Dessaix revenait à St Julien le 9 juin avant d'attaquer les possessions Piémontaises et  avant de conclure, au lendemain de la défaite de Waterloo, un accord avec le feld maréchal Autrichien qui venait d'occuper Genève.

Le 28 juin, les troupes autrichiennes occupèrent à nouveau St Julien, commettant toutes sortes d'exactions, jusqu'au 18 décembre 1815, date à laquelle St Julien fut remise à la République de Genève, suite à l'accord de Paris du 20 novembre décrétant la restitution du Genevois "français "de 1814 au roi de Sardaigne, à l'exception de St Julien cédée à Genève. Cette décision  générait de fait une enclave genevoise en territoire sarde et une situation ubuesque puisque entre St Julien et Genève, on était en territoire sarde. En effet dans l'attente de la négociation entre Genève et le Roi de Sardaigne pour la cession du territoire intermédiaire entre les deux villes, les formalités douanières de transit aux bureaux de douane de Plan les Ouates et de Carouge handicappaient les échanges entre les deux cités.

Aussi curieux et problématique que put être ce découpage géographique, cette situation semblait toutefois bien convenir à nos ancêtres, si l'on en croit les témoignages d'alors:

Extraits du rapport de Noble d'Yvernois au Conseil d'Etat de Genève sur la prise de possession de St Julien le 18 décembre 1815: "A un quart de lieue du bourg, nous fumes reçus par la Garde Nationale qui était venue en armes au devant de nous pour faire éclater sa joie d'être associée à la nation suisse et au canton de Genève. a notre arrivée, le maire et son conseil municipal vinrent exprimer les mêmes sentiments. Ils nous conduisirent à l'appartement du maire ou l'officier autrichien nous fit, au nom de son général remise de la commune....
Notre arrivée avait été annoncée au bruit des bottes ainsi qu'au son des cloches, et nous apprîmes que cette journée devait se terminer par un bal.
Tout autorise à croire que la joie dont nous avons été témoins est sincère... et que les habitants de cette commune se félicitent d'être associés à notre canton"

De son coté, le maire Boimond s'adressait à ses administrés en ces termes: "Livrons nous donc à la joie qu'un pareil événement doit faire naître dans les cœurs; respectons les opinions de ceux qui, par reconnaissance, conserveraient quelques souvenirs pour leurs anciens souverains; n'altérons pas le bonheur d'un si beau jour! Que toutes nos pensées soient pour la prospérité de notre nouvelle Patrie! Nous faisons maintenant partie de la famille de Guillaume Tell; montrons nous dignes d'être ses enfants."

Mais cette parenthèse heureuse allait être victime de considérations géo-politiques car Genève, comme elle l'a fait avec la France un an plus tôt, souhaite "arrondir" sa frontière et donner à son territoire une meilleure cohérence géographique. C'est l'épisode dit des "communes réunies".

 

 

communes reunies.JPG

 

Source DHS - Genève
 (cliquez sur l'image pour une lecture plus confortable)

Ainsi, le traité de Turin du 16 mars 1816 entre le roi de Sardaigne et la Suisse rétablit la frontière à St Julien qui redevient sarde tandis que toute la partie sarde entre St Julien et Genève, y compris Perly et Certoux, devient suisse; en contrepartie de quoi, Lathoy est détaché de la commune de Compesières pour être rattaché à St Julien. La ratification du traité eut lieu le 23 septembre 1816 et c'est le 23 octobre au matin que les Sardes reprirent possession de St Julien qui devint ainsi le chef lieu de la province de Carouge, Carouge étant désormais devenu suisse. In fine, Genève venait d'acquérir un tiers de population catholique; quant à notre ville, elle n'était restée suisse que 10 mois.

Par lettre du 20 octobre au Conseil d'Etat de Genève, le maire de St Julien Jean-Louis Boimond exprimait sa reconnaissance, celle de ses adjoints et des habitants, pour la douceur et la sollicitude paternelle avec lesquelles ils ont été administrés sous les lois du canton.

 

Les clauses essentielles du Traité de Turin

Outre la description exacte de la définition des frontières entre la Savoie et la Suisse, et la création de la zone franche sarde, le traité de Turin comporte un article d'une importance capitale:
"les puissances reconnaissent et garantissent également la neutralité des parties de la Savoie désignées par l'acte du Congrès de Vienne du 29 mars 1815, et par le traité de ce jour, comme devant jouir de la neutralité de la Suisse de la même manière que si elles appartenaient à celle-ci".

Il faut ajouter que l'article 2 du Traité d'Annexion de Turin de 1860 confirmait cette neutralité helvétique pour notre territoire: "Il est également entendu que S.M le Roi de Sardaigne ne peut transférer les parties neutralisées de la Savoie qu'aux conditions auxquelles il les possède lui même et qu'il appartiendra à S.M l'Empereur des français de s'entendre à ce sujet, tant avec les puissances représentées au Congres de Vienne qu'avec la Confédération Helvétique et de leur donner les garanties qui résultent des stipulations rappelées dans le présent article"

Cela signifiait que tout en restant propriété du Roi de Sardaigne, la zone neutralisée pouvait être occupée par la Suisse et bénéficier de sa neutralité en cas de conflit. Cela épargnait ainsi à la Maison de Savoie de fortifier la frontière dans une région qui restait de toutes façons trop facile à forcer et difficile à défendre pour des troupes situées au delà des Alpes.

Pour comprendre comment était compris cet accord, il suffit de lire ce qu'écrivait Joseph Jacquier-Chatrier, à l'origine de l'idée de la grande Zone, et l'un des plus fervents partisans , avec le député de Saint-Julien, Hyppolite Pissard, du rattachement  à la France: "Quoiqu'il arrive, n'oublions pas que notre patrie de Savoie a, comme la Suisse, le droit d'être à l'abri de toute guerre, et usons de notre droit"

Zone de neutralité telle que négociée lors du traité de Turin en 1816

 Carte de neutralité.JPG

 

On comprend à quels malheurs notre territoire aurait été soustrait si ces dispositions avaient été respectées après l'Annexion de la Savoie par la France en 1860.

Les Zones franches (voir article connexe sur ce blog en cliquant ici)

Pour mener à bien son rattachement à la Confédération helvétique, la République de Genève doit devenir un Canton suisse politiquement ; obtenir un territoire plus étendu et d'un seul tenant (pour se prémunir d'une invasion française), et enfin être rattachée physiquement à la Suisse (Versoix est alors français). 

Plusieurs remaniements territoriaux sont proposés, dont l'un - défendu par Charles Pictet-de Rochemont au Congrès de Vienne - prévoit la création d'un territoire borné par les frontières physiques que sont les crêtes du Jura, du Vuache, du Salève et des Voirons. Mais ces projets n'emportent pas l'adhésion, car certains Genevois craignent un trop grand apport de catholiques dans la Genève réformée.
Après de féroces négociations, des compromis sont trouvés qui offrent à la fois l'« arrondissement » du territoire genevois et le « reculement » de certaines douanes :

  • En 1815, lors du Traité de Paris, la France cède à la Confédération – contre l'abandon de droits sur Mulhouse – les communes du Pays de Gex nécessaires au désenclavement du Mandement, de la Campagne et de Genthod. De plus, « la ligne des douanes françaises » est reculée sur l'ouest du Jura, laissant en dehors le pays de Gex.
  • En 1816, lors du Traité de Turin, le roi de Sardaigne cède à la Confédération les communes permettant le désenclavement de Jussy, en échange de la commune de Saint-Julien. Là aussi, une zone franche est créée, comprenant St-Julien et le pied du Salève.
    Les zones franches gessiennes et sardes garantissent la libre circulation des denrées et constituent en quelque sorte la « réserve agricole » de Genève.

zones_franches 1815.jpg

                            1 Zone du Pays de Gex - 1815
                            2 Zone Sarde - 1816
                            3 Zone Sarde de Saint-Gingolph - 1829
                            4 Grande Zone - 1860

 

Carte Zones franches.JPG

Carte des zones franches 

Retour au royaume de Sardaigne et instauration du Buon Governo

C'est le duc de Genevois qui devient roi de Sardaigne après l'abdication en sa faveur de son frère Victor Emmanuel Il  en 1821. Il prend le nom de Charles Félix (sa statue trône encore au cœur de Bonneville) et régnera 10 ans . C'est le retour à la monarchie absolue, avec les traditions d'avant la Révolution. Ce régime très conservateur est mal perçu par la population , et par dérision on nomme cette époque "le buon governo". En 1831, Charles Albert devient roi de Sardaigne et continue à équiper et développer les infrastructures savoyardes. C'est à lui qu'on doit le fameux pont suspendu de la Caille inauguré en juillet 1839 devant une foule de plus de 10000 personnes.

A cette époque la province du  Genevois est constituée de 7 mandements pour une population de 80786 individus en 1826 (6735 hb à Annecy).

Annecy (26 communes dont St-Julien)
Albens, Duingt, Faverges, Rumilly, Thônes, Thorens pour un total de 87 communes.

NB: La Roche fait désormais partie du Faucigny tandis que la province de Carouge est supprimée en 1838 et que St-Julien réintègre la province du Genevois. Notons qu'en 1851, le Conseil Communal de St-Julien tentera en vain de favoriser la création d'une nouvelle province pour se séparer d'Annecy .

Les ambitions italiennes du Royaume de Piémont-Sardaigne

Il y a bien longtemps que les rois de Sardaigne ont compris que face à la puissance de la France, il n'y avait pas d'avenir d'expansion pour eux à l`ouest des Alpes.C'est pourquoi, tout naturellement leurs ambitions de conquêtes vont se focaliser sur le versant oriental des Alpes, ou se trouve déjà et depuis longtemps leur capitale, Turin. Ces ambitions sont cependant limitées par la domination autrichienne sur la Lombardie; il s'agit donc de trouver un allié pour repousser les Autrichiens. En effet la première tentative de chasser les Autrichiens de Lombardie s'était soldée par un échec en 1848, défaite qui avait conduit Charles-Albert le père de Victor Emmanuel II à abdiquer. en faveur de son fils. Le nouveau roi est donc conscient qu'il ne pourra atteindre son objectif tout seul et qu'il lui faut trouver des alliés pour bouter les Autrichiens hors du nord de l'Italie.C'est ainsi que Victor Emmanuel II et son premier ministre Cavour, vont se tourner vers la France, à qui ils vont proposer un deal qui peut se résumer ainsi: Aidez nous à chasser les Autrichiens de Lombardie et de Vénétie, et en récompense, nous vous céderons la Savoie.

Les négociations franco-sardes

C'est à Plombières, station thermale où l'empereur français prenait les eaux qu'eurent lieu le 21 juillet 1859 les négociations secrètes entre Napoléon III et Cavour et que fut scellé l'avenir de la Savoie. Cavour s'était assuré les bonnes grâces de la France et de l'Angleterre en ayant accepté de venir combattre à leurs cotés lors de la guerre de Crimée en 1855, y envoyant un corps expéditionnaire de 15000 hommes.Un accord est donc conclu entre les 2 hommes. L'armée française se joindra à l'armée sarde pour chasser les Autrichiens du nord de l'italie et en contrepartie, le Royaume de Sardaigne cèdera à la France le comté de Nice et le duché de Savoie.

Le déroulé des opérations

La guerre avec l'Autriche reprend dès 1859 et les franco-sardes remportent plusieurs victoires (Magenta, Solférino...) qui  conduisent les Autrichiens à signer la paix de Villafranca. Cependant, s'ils perdent la Lombardie, les Autrichiens conservent la Vénétie et Napoléon III (qui s'est satisfait de cette paix (probablement effrayé à l'idée que les Prussiens ne viennent aider les Autrichiens) n'a donc pas rempli son engagement, ce qui ne lui donne donc pas droit à sa récompense.

Vive déception en Italie: Cavour démissionne le 19 juillet 1859 et quitte la Présidence du Conseil  (à laquelle il reviendra le 21 janvier 1860).

Finalement, après quelques péripéties, les négociations pour la cession de la Savoie reprennent. 

Il faut noter qu'à l'époque le mécontentement en Savoie envers l'Administration Piémontaise était fort, tant à cause des lourds impôts qui accablaient le pays qu'à cause de l'agitation du clergé qui était très défavorable à sa politique libérale et qui était grandement hostile à Cavour. De plus en Savoie du nord, l'établissement d'une ligne de douane en 1816 avait causé un préjudice considérable à toute cette région (hors la petite zone franche) , la plongeant dans la misère en lui fermant les débouchés vers Genève.

La promesse de l'empereur

Napoleon III qui, rappelons le avait vécu enfant en Suisse et parlait dit-on avec un fort accent Bernois, fait alors en février 1860 la promesse secrète aux Suisses de leur céder la Savoie du nord, à savoir le Chablais, le Faucigny et le territoire du Genevois au nord des Usses. Cet accord était à ce point entériné que le gouvernement suisse se demandait si ce nouveau territoire devait être rattaché au canton de Genève ou devenir un nouveau canton à part entière; de son coté le gouvernement français avait déjà décidé de ne faire qu'un seul département de la Savoie et du surplus provenant des territoires "haut-savoyards".

Signalons que cette décision allait plutôt dans le sens de ce que souhaitaient les populations de notre territoire qui souhaitaient lier leur destin à celui de leur "capitale économique" et qui peut se résumer par cette phrase restée célèbre de Joseph-Léandre Bard , l'un des leaders partisan de l'annexion de la Savoie du Nord à la Suisse: ...".si Genève est française, il faut être français; si Genève est suisse, il faut être suisse, si Genève est cosaque, il faut être cosaque."

Ce mouvement était puissant puisque, malgré les efforts du clergé qui était en faveur du rattachement à la France, protectrice du Pape, une pétition rassemblant plus de 14000 voix (soit 14000 familles puisque seuls les hommes chefs de famille votaient) demanda le rattachement du Chablais, du Faucigny et du nord du Genevois à la Suisse, et particulièrement à Genève. Ce chiffre est particulièrement significatif si on considère la population de l'époque:

Genève: 98357 hb
Annemasse: 2811 hb
Thonon les Bains: 6268 hb
St Julien en Genevois: 1432 hb
Bonneville: 2114 hb
La Roche sur Foron: 3377 hb
Sallanches: 2032 hb

Cette pétition rassembla exactement 13651 signatures dans 60 communes du Faucigny, 23 du Chablais et 13 dans les environs de St Julien en Genevois

Le destin contrarié de la Savoie du Nord

Cependant le secret de la négociation entre Napoléon et Cavour transpira et cet accord suscita une opposition forte de plusieurs parties. Annecy voyait d'un mauvais œil le fait d'être rabaissé au niveau d'une sous préfecture alors que Chambéry craignait de perdre sa Cour d'Appel. Un mouvement se développa alors pour lutter contre le démembrement de la Savoie et une délégation fut envoyée à Paris rencontrer Napoléon.qui leur donna audience le 21 mars 1860.et qui trouva là l'occasion de revenir sur sa promesse faite à Dufour.

Pour obtenir l'adhésion de la Savoie du Nord et finaliser l'affaire, il fut alors proposé aux populations de ces territoires l'édification d'une grande zone franche qui leur garantirait la facilité de commerce avec Genève. Le traité de cession de la Savoie ayant été signé le 24 mars 1860, M. De Thouvenel, le ministre des affaires Etrangères fit connaitre officiellement la volonté de la France d'accorder cette zone franche (avec le même régime économique que la zone du Pays de Gex) un mois avant la date du vote du plébiscite fixé à la date des 22& 23 avril 1860 dans le but évident de gagner les voix de cette région frontalière.

On notera que bien que le vote n'ait pas encore eu lieu, l'administration de la Savoie avait déja été confiée à la France. C'est ainsi que le sénateur Laity, envoyé officiel de l'empereur vint sillonner notre région pour donner les assurances les plus formelles au nom de la France. Il fut alors créé un bulletin de vote "OUI & ZONE" qui serait déclaré comme un vote affirmatif.

Au vu du résultat des votes de la province d'Annecy, on comprend à quel point l'instauration de la zone franche fut déterminante dans le vote d'adhésion de nos ancêtres.

 

Vote 1860.JPG

 Détail des votes de la province d'Annecy lors du Plébiscite des 22-23 avril 1860

NB: les 11263 votes "OUI & ZONE" du Genevois provenaient en majeure partie des communes situées au nord des Usses. Dans les 29 communes qui composaient le mandement de Saint-Julien, on compta seulement 2 bulletins "OUI" pour 4754 bulletins "OUI & ZONE".

Le vote unanime des populations de la Savoie du nord lié à l'instauration de la Grande Zone permettait ainsi à Napoléon III de se désengager honorablement de sa promesse antérieure faite aux Suisses. On comprend que la création de cette zone fut créée de la manière la plus régulière et la plus légitime et que sa suppression ne puisse se faire qu'avec le consentement préalable des deux parties.

La Savoie se donne à la France

A la suite du résultat favorable du plébiscite,  la Savoie devient officiellement française le 14 juin 1860, abandonnée par son souverain après plus de 800 ans d'indépendance sous la férule d'une dynastie, la Maison de Savoie,  qui tire son nom de ce territoire.Cet abandon donna lieu d'ailleurs à une rumeur comme quoi Victor Emmanuel II qui abandonnait la terre de ses ancêtres ne pouvait être le véritable descendant de la Maison de Savoie, et qu'il n'était en fait qu'un usurpateur(le fils de la nourrice) qu'on aurait substitué dans son berceau au véritable fils de Charles-Albert qui aurait péri bébé dans un incendie.

Sources & bibliographie
www.lasalevienne.org

L'histoire du Département de la Haute-Savoie: A. Folliet - C. Duval - M. Bruchet
Atlas historique du Pays de Genève: Claude Barbier  - Pierre-François Schwarz
Atlas historique de la Savoie 1792-1914 - Romain Maréchal & Yannick Milleret
Histoire de l'Annexion de la Savoie à la France -  Paul Guichonnet
La Savoie une destinée française - Michel Amoudry
Saint-Julien en Genevois - Abel Jacquet
Histoire de Saint-Julien - César Duval
Le Genevois - Marie Thérèse Hermann

Articles connexes d’intérêt:

L'histoire et les perspectives d'avenir de la Savoie du Nord racontées par le Pr Paul Guichonnet - Soleil sur Saint-Julien

La Savoie de 1814 à 1860 - Joseph Tardy

La neutralité de la Savoie du Nord Revue des Armées

La neutralité de la Savoie du Nord et les zones franches par Daniel Bourgeois

Pictet de Rochemont  - le Benon de la Salévienne Page 18

Il y a 150 ans que la Savoie est devenue française - Bibliothèque de Lyon

L'annexion de la Savoie vue de l'étranger

25/03/2015

Analyse et commentaires sur le 1er tour des élections départementales dans le canton de St-Julien-en-Genevois

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 Virginie Duby-Muller & Christian Monteil célèbrent leur excellent résultat du 1er tour

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Résultats du 1er tour - Canton élargi de St-Julien-en-Genevois

Cliquez sur le tableau pour un meilleur confort de lecture

Comme l'indique le tableau ci-dessus, le meilleur binôme a (presque) gagné; il faudra encore attendre le résultat de dimanche prochain pour sabrer le champagne mais il n'y a pas grand suspense.

J'en suis ravi pour notre canton et je me réjouirai profondément pour notre département si Christian Monteil est reconduit dans ses fonctions de Président du Conseil Général de la Haute-Savoie début avril.

Quelques jours après le scrutin, une fois l'émotion passée et les passions retombées, quels enseignements peut-on tirer des résultats de ce scrutin. Puisque ce blog traite de St-Julien, je me suis focalisé sur les résultats du canton originel formé des 17 communes qui constituent la CCG.

Christian Monteil & Virginie Duby-Muller (UMP)

On ne pouvait rêver mieux comme binôme pour notre canton; avec à la fois l'expérience des responsabilités ( Député + Président du Conseil Général) et de vraies qualités humaines et d'investissement dans la vie des habitants. Tous ces atouts ont permis à ce binôme de terrasser le Conseiller Général sortant, de surcroît maire de la ville chef lieu du nouveau canton. Une belle réussite même si on notera que le maire de St-Julien a réussi à remporter la première place (de 45 voix seulement) dans sa ville.

Je suis particulièrement content pour Christian Monteil, un homme que j'apprécie pour son empathie et son sens du collectif ( probablement une réminiscence de ses années de rugby); lors de cette campagne, il a été la victime d'attaques indignes et malfaisantes dont je suis sûr qu'il a été blessé. Mais malgré tout, il a su garder son sang froid et sa bonhomie légendaire. Tout en l'admirant pour sa constance et son abnégation, je vous invite à prendre conscience de la violence qui sévit dans le monde de la politique : il faut une vraie carapace pour y faire face.

Je voudrais saluer ici  l'audace et le courage de Virginie Duby-Muller qui , malgré les mises en garde et avertissements reçus de son propre camp, est allée au bout de ses convictions et a rallié M. Monteil pour constituer ce binôme de qualité et gagner le plus grand canton du département. Une fois de plus, elle a prouvé que c'est une femme de cœur  qui est loyale à ses convictions et à ses valeurs, quoiqu'il puisse lui en coûter. Elle mérite notre admiration et j'espère de tout cœur qu'elle sera notre député pour de très longues années. Je considère qu'elle a joué un rôle essentiel dans la victoire du binôme car elle a mieux qu'épaulé Christian Monteil. Elle l'a soutenu lors des attaques nauséabondes dont il a été victime et elle lui a apporté sa réputation de travailleuse infatigable pour laquelle elle est unanimement reconnue et appréciée dans l'est du nouveau canton. 

Le score global de 42,74% réalisé par le binôme lors de ce premier tour doit beaucoup au résultat des cantons de Seyssel et Frangy où le score du binôme UMP-DVD est proche de 50% (49.33%). La victoire y est nette grâce à la notoriété et à la compétence de M. Monteil qui ont été reconnues et validées sur son territoire d'origine. Quant au score réalisé sur le seul canton de St-Julien (38.63%), il s'apparente au score global réalisé par les 2 candidats de la droite en 2011 (25.02+12.25=37.27%).

Nicolas Bailly & Magalie Luho (FN)

La campagne menée par M. Bailly et Mme Luho n'a été en réalité que la traduction locale d'une campagne nationale menée par Marine Le Pen. Sans réelles propositions locales pour notre canton, ils ont obtenu 20,14 % des voix contre seulement 12.65%  obtenu par le candidat frontiste en 2011. Une belle progression donc, en ligne avec la situation de leur parti au plan national. Cela  prouve à quel point le Front National est désormais ancré dans les villages de France. Le score du binôme frontiste est en effet spectaculaire dans l'espace rural de notre canton, d'autant plus que ce binôme souffrait d'un manque criant de notoriété. Leur campagne discrète a été de bonne tenue, ce qui est tout à leur honneur.Malgré cela, je ne les vois pas créer la surprise au second tour et ce serait un bon résultat pour eux s'ils frôlaient les 25-30%.

Le tableau ci-dessous met en évidence la progression significative du Front National dans chacune de nos communes.

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PS: Je fais amende honorable pour avoir sous estimé la candidature du binôme frontiste. En effet dans un précédent article, j'avais écrit à tort que les 2 principaux candidats étaient les binômes menés par MM. Monteil et Vielliard. Les électeurs m'ont donné tort: il est vrai que je pensais que M. Vielliard aurait fait un score plus élevé, et surtout beaucoup plus proche de celui du binôme de tête.

Thierry Merle (PS) & Christine Gauthier 

Le score décevant de ce binôme, 17,4% peut s'expliquer par plusieurs raisons :

Il est bien connu que notre territoire n'est guère favorable aux idées de gauche, mais cette situation de départ a été renforcée par les deux phénomènes suivants:

Le désamour dont pâtit le Parti Socialiste au niveau national a incontestablement joué un rôle prépondérant dans le faible score du binôme conduit par Thierry Merle.

Le manque de notoriété des deux candidats a incontestablement joué en leur défaveur car ceux qui connaissent les deux personnes du binôme sont quasi unanimes à vanter les qualités humaines des deux personnalités candidates. Ils ont mené une campagne sympathique, proche des gens, qui leur a valu un bon accueil, même au sein des camps de leurs adversaires.

Voila comment on en arrive à ce résultat incontestablement en dessous du potentiel de la gauche dans notre canton. Cependant le score n'est pas si mauvais grâce à l'unité des forces de gauche, ce qui n'avait pas été le cas en 2011 avec 3 candidats (PS, PC & EELV) qui se présentaient divisés au suffrage des électeurs. Rappelons que cette division avait conduit la représentante du PS à ne faire que 10.46% des voix sur le canton alors qu'à l'époque son parti tenait la mairie de St-Julien-en-Genevois.

Antoine Vielliard (Modem) & Mylène Duclos

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Le maire de St-Julien devait faire face à un adversaire dont il connaissait la qualité et qui était favori de par son expérience, sa notoriété et sa réputation. Incontestablement, et non sans raison, il en avait peur. Face à cette situation qu'il a estimé trop défavorable pour lui, Antoine Vielliard a choisi une campagne négative décriant son adversaire principal plutôt que de mettre en avant ses propres propositions. Indubitablement cette stratégie n'a pas payé; pire, elle a catalysé sur lui une détestation qui selon moi n'existait pas à ce niveau dans la population avant le début de la campagne électorale. A mon sens , il a perdu non seulement son siège, mais il a gravement entaché son image, ce qui pourrait lui nuire à l'avenir.

S'il a tenu sa ville, y réalisant 30,37% des voix contre 28,78% en 2011, il y a cependant perdu 16 points  en un an puisqu'il avait obtenu 46% des voix au premier tour des municipales. Est ce le signe d'une sanction de sa gestion de la ville? un certain nombre d'éléments permettent d'abonder dans ce sens, même si il faut relativiser cette sanction du fait que la sociologie des votants aux cantonales est assez différente de celle des municipales. Un avertissement sans frais donc pour notre maire qui sera cependant sous surveillance dans les mois qui viennent, compte tenu des divisions qui commencent à percer dans son propre camp et au sein de son équipe municipale.

On peut cependant voir à quel point son job de conseiller général a été sanctionné à la lecture de ses résultats dans les bourgs et villages du seul canton de St-Julien dont il était pourtant le Conseiller Général sortant. Ainsi en 2011 il a réalisé 16,19% des voix pour 7 candidats présents contre seulement 19,69% 3 ans plus tard alors qu'il est le Conseiller Général sortant et qu'il n'y a que 4 candidats. Un tel score est incontestablement un désaveu sans discussion de sa politique et de ses nouvelles promesses. Pour info, en 2011, le Conseiller Général sortant Georges Etallaz avait lui réalisé 25.02% face à 6 adversaires et non pas 3 et alors qu'il avait à affronter un candidat issu des rangs de son camp (qui réalisa 12.25%)

La bonne nouvelle pour les habitants de St-Julien est que, débarrassé de ses responsabilités départementales, il pourra mieux se consacrer à la gestion de sa ville. J'attends aussi de lui qu'il change de comportement et qu'il devienne plus positif au lieu de se cantonner dans l'attaque de ses opposants. Peut-être finalement que cet échec lui sera profitable, qui sait?

Pour ma part, si je l'ai critiqué de façon aussi virulente lors de cette campagne, c'est que j'ai été offusqué de son comportement vis à vis de M. Monteil. Maintenant que le rideau est tiré, j'espère que la convivialité et les relations respectueuses pourront se réinstaller. A la différence de ceux qui critiquent depuis leur canapé ou des frustrés agressifs et couards qui déversent leur bile sur le clavier de leur ordinateur sans avoir le courage de s'exposer à la vindicte publique, je respecte l'engagement de M. Vielliard et son exposition aux critiques, puisqu'il prend des décisions. De plus, je crois qu'il a sincèrement le souci de la chose publique. Cependant au vu des dernières élections à St-Julien, je ne souhaite qu'une chose: qu'il cesse de perdre ses valeurs quand les élections approchent et que sa carrière politique est en jeu. La fin ne justifie pas tous les moyens et c'est particulièrement vrai lors des élections locales. En politique, il y a des hauts et des bas; cela ne mérite pas de trahir ses propres valeurs de tolérance et d'humanisme. Comme je l'ai souvent dit ou écrit, la politique n'est pas la guerre!....

 

28/11/2014

Genève fête le bicentenaire de son rattachement a la Suisse et nous fait découvrir l'histoire de notre territoire

À l'occasion des fêtes commémoratives du bicentenaire de l'entrée de Genève dans la Confédération Helvètique  et des événements qui y ont conduit entre le 31 décembre 1813 (restauration de la République de Genève) et le 19 mai 1815 (signature officiellede l'entrée de Genève dans la Confédération), une association, GE200.CH a mis en place un site www.ge200.ch que je recommande à tous les amoureux de l'histoire de notre territoire transfrontalier.

Particulièrement intéressante est la partie intitulée "Genève à la carte" qui permet de visualiser plus de 400 ans d'histoire à travers une série de cartes toutes plus intéressantes les unes que les autres.

la courte vidéo ci-dessous vous permettra de découvrir l'essentiel des services proposés et vous donnera je l'espère l'envie et la curiosité d'en savoir plus en vous rendant sur le site www.ge200.ch

 

17/11/2014

Réforme territoriale - Une bonne idée mal exécutée.

Que faut-il penser de la réforme territoriale que le gouvernement nous concocte. Comme je le dis souvent, le diable se cache dans les détails et ce qui se prépare est une cacophonie dont on n'a pas fini d'entendre parler avec le foutoir que cette réforme mal ficelée va engendrer.

Première tare de cette réforme, elle est imposée depuis Paris, alors que si on parle de décentralisation véritable et sincère la réforme devrait venir du bas et non pas être imposée brutalement par le haut.

Deuxième tare , une fois de plus on met la charrue avant les boeufs en décrétant d'abord les limites territoriales des nouvelles régions avant d'en fixer même les compétences.

Troisième interrogation: Cette réforme nous fera t-elle faire des économies? Je demande à voir, et je suis même convaincu du contraire

Quatrième problème! le risque est grand de voir remplacer les élus départementaux proches du terrain et de leurs électeurs, par des politiciens de métier élus sur une liste de parti. Un pas de plus vers la technocratie représentative dont les Français se méfient de plus en plus.

Faut-il alors engager une réforme territoriale? A cette question, je réponds oui, mais je ne la ferais pas du tout comme cela.
Le but de toute réforme est de rendre la France plus compétitive, mieux administrée et plus efficace, et que le coût du mille feuilles administratif soit le plus faible possible.

Rappelons qu'aujourd'hui la France compte:

36680 communes
2145 intercommunalités ( 1 metropole + 15 communautés urbaines + 222 communautés d'agglo + 4 syndicats d'agglo + 1903 communautés de communes) au 1/1/2014
4032 cantons (dont 34 pour la Haute-Savoie)
101 département (95 en métropole)
22 régions

En comparaison, rappelons que l'Allemagne compte 12200 communes, L'Italie 8100 et l'Espagne 8100 communes

A lire ces chiffres, et en comparant le nombre de nos communes à ceux des autres pays européens, on se rend bien compte que la priorité des priorités est de s'attaquer aux communes avant toute autre chose.
On pourrait facilement décréter que chaque commune dont la population est inférieure à un certain seuil se verrait dans l'obligation de fusionner avec une ou plusieurs communes limitrophes afin d'atteindre le seuil critique fixé par l'Etat.
A cet égard, il me paraitrait raisonnable d'envisager ce seuil à 2000 hb.


Par ce biais, on réduirait drastiquement le nombre des communes de notre pays, leur permettant par ailleurs de fonctionner plus efficacement grace à des moyens plus importants, tant financiers qu'humains.

Quant aux intercommunalités, il me parait là aussi nécessaire d'en fixer une double limite minimale, à savoir la superficie et la taille de la population.
A titre d'exemple, on pourrait prendre comme base de discussion une superficie minimale de 300 ha et une population de 30000 hb.

La réforme cantonale prévue doit réduire les cantons de moitié; ainsi en Haute Savoie, le nombre des cantons sera de 17 avec 2 élus (un homme et une femme) pour les représenter contre 34 Conseillers Généraux pour 34 cantons actuellement.


Il parait ici opportun de se demander si l'existence des cantons se justifie encore. On pourrait ainsi remplacer la représentation cantonale (le Conseiller Général) par une représentation issue de l'intercommunalité. Ainsi sur la CCG, plutôt que d'avoir comme actuellement un Président de l'Intercommunalité et un Conseiller Général, on pourrait envisager que le Président de l'intercommunalité fasse office de Conseiller Général. Cela me parraitrait beaucoup plus logique, plus efficace et plus économique.Celui-ci serait le représentant de l'intercommunalité au département.

En revanche, je ne suis pas favorable à la suppression du Département. En tant que Saint-Juliennois Haut savoyard, c'est la Haute Savoie qui représente le mieux ce qu'est mon identité, mieux que ne le sera jamais la région Rhône Alpes ou pire la région Rhône-Alpes Auvergne. Je suis donc farouchement opposé à la dispartion du département. Le faire disparaitre aurait des conséquences encore plus graves que ne le fut la transformation du septennat en quinquennat.

Cela étant dit, avant d'aller plus loin dans l'établissement de la réforme, il convient avant tout de déterminer les compétences de chaque entité et de lui procurer les moyens financiers pour qu'elle puisse s'attacher à répondre au mieux à ses obligations. C'est alors que l'on pourra fixer la taille de chaque région qui, selon moi doit comporter une population minimum que j'estime à 2M d'habitants.

On ne manquera d'ailleurs pas de s'interroger sur la politique de ce gouvernement qui nous explique qu'il veut faire des régions des entités fortes sur le modèle allemand avec une puissance démograpghique et économique conséquente et qui conserve cependant la Corse ( 250000 hb) comme région indépendante alors qu'il pourrait faire sens de la rattacher à la région PACA. Un exemple typique de double langage et d'incohérence.

Quant à la méthode, l'Etat devrait fixer le nombre maximum de régions et les limites minimales et maximales qu'il souhaite imposer en termes de superficié et de population. Si l'on accepte la base de 14 régions, avec pour chaque entité une superficie, une population et un PIB minimum, on pourrait alors fixer les règles du jeu et laisser les départements et régions négocier entre eux.

Ensuite, laissons aux départements le choix de se rattacher à telle ou telle région selon son choix, ses interets, son histoire et ses affinités. Ce devrait être la responsabilité des Présidents de Conseil Général de faire des propositions dans ce sens à l'Etat afin que celui ci valide en dernier ressort les choix faits par la province. Dans la méthode proposée par le gouvernement socialiste, il semble qu'une fois de plus l'Etat parisien et jacobin ne considère pas les provinciaux assez compétents pour être dignes de s'organiser par eux mêmes. Quelle insulte à notre intelligence!...

Enfin, pour représenter les départements auprès des régions, je pense que l'idée envisagée par le gouvernement précédent d'un conseiller territorial siègeant à la fois au département et à la région est la meilleure. On pourrait ainsi avoir des représentants d'intercommunalités, élus lors des élections municipales, élus par leurs pairs pour représenter l'intercommunalité auprès du département. Au sein de cette assemblée du Département, une petite poignée serait à son tour élue par ses pairs pour représenter le département au sein du Conseil Régional. Et bien évidemment le nombre d'élus de chaque département à la Région serait proportionnel à la population de chaque département par rapport à la population totale de la Région.

Sans vouloir rentrer plus dans les détails voici les grandes lignes de la réforme territoriale que je recommande et auxquelles je souscrirais pleinement.

Avant de parler dans un article prochain de notre cas précis en Haute Savoie, vos commentaires sont les bienvenus.....

26/04/2013

Les Chemins de Fer en Haute-Savoie

André Duval, ancien président de la CCG est opposé au tram de St Julien: il préconise plutôt une liaison ferroviaire entre la ligne SNCF actuelle entre St Julien et Annemasse et la gare de la Praille. Voici ci-dessous une étude sur les chemins de Fer de Haute-Savoie qui ne manque pas d'interet et qui peut enrichir le débat. 

 

Quelques réflexions autour du chemin de fer en Haute-Savoie

 

 Un peu d’histoire :

Les voies ferrées se sont fortement développées en Haute Savoie entre 1850 et 1905 : Culoz vers Geneve (1858) vers Thonon (1880), Aix-les-Bains vers Annecy (1866), vers La Roche (1883), vers Cluses (1890), vers le Fayet (1898) pour les voies normales et d’Annemasse à Samoëns (1892), Annecy à Albertville (1901), Annecy-Thônes (1898), Le Fayet Chamonix (1901) pour les voies métriques.

Après un arrêt jusqu’après la guerre de 1914,  de nombreux projets ont été envisagés dans les années 1920 : Seyssel-Annecy par Frangy, Saint-Julien –Annecy, Fillinges-Boëge et Habère-Poche, Thonon-Abondance et le Biot. Certains de ces projets ont eu des premières réalisations mais aucun n’a été au bout pour manque de finances et pour concurrence avec l’automobile.

Fernand David  va cependant à Paris chercher des crédits pour financer ces infrastructures qui exigeraient plus de 20 000 000 de francs de capitaux et n’obtient qu’un petit million.

Finalement les lignes à voies métriques soit ne sont pas réalisées soit sont abandonnées, la dernière celle de Samoëns en 1959. Il ne reste que la ligne  du Fayet à Chamonix, puis vers Martigny en Suisse.

Un exemple  en Suisse : le Canton des Grisons

Ce canton a connu le même développement des chemins de fer légèrement plus tardivement entre 1880 et 1913 mais uniquement à voies étroites ou métriques. Comme en beaucoup d’endroits en Suisse ce réseau s’est maintenu jusqu’à nos jours et irrigue l’ensemble du territoire avec 360 kilomètres de voies ferrées. Un dernier tunnel de 19km a été creusé et mis en fonctionnement en 1999. Il vient d’être reconnu au patrimoine mondial par l’Unesco. Les raisons de cette réussite : une présence touristique importante en hiver et en été, une homogénéité du réseau, un pays très montagneux, et une réglementation moins technocratique laissant plus de place à l’initiative individuelle. Il faut ajouter à ces raisons aussi une productivité qui n’a rien à envier aux grandes compagnies ferroviaires européennes.

Quelques statistiques 2011: L’entreprise a transporté  10 654 000 voyageurs ou 300 000 000 voyageurs*km, 813 000 tonnes de marchandises, 436 000 voitures pour un chiffre d’affaire de 320 000 000 CHF, les touristes comptent pour 60% des voyageurs mais 80% des recettes correspondantes. L’ensemble des recettes de la clientèle couvre 60% des charges de fonctionnement et 30% de celles d’investissement ce qui est remarquable pour un système de transport collectif.

 En France

Revenons d’abord à la Haute-Savoie qui a vu ses lignes à voies étroites abandonnées ou non réalisées. On peut dire que la seule ligne restante celle qui relie le Fayet à Chamonix et au Valais le doit à sa relation avec la Suisse. Elle connaît actuellement un regain d’intérêt avec aux heures de pointe une fréquence de passage de l’ordre de 20 minutes. Par ailleurs pour le réseau à voies normales les lignes ne sont qu’à voie simple et donc de capacité limitée. Peu de travaux ont été réalisés depuis l’électrification. Pour des raisons bien obscures des aménagements comme le shunt d’Etrembières  sont toujours en question sans début de réalisation. Peut-être que la décision du doublement de la voie Aix-les Bains Annecy a été prise.

 

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En jaune, le tracé du shunt d'Etrembieres qui permet un acces direct à la vallée de l'Arve

 

 

 

 

Une étude menée sous l’égide du ministère de l’environnement décrit une situation assez catastrophique des chemins de fer français.  Tous les investissements ont été consacrés depuis 20 ans au seul TGV, les lignes normales n’ont pas été entretenues et beaucoup en mauvais état obligent à des ralentissements anormaux.

Les TER en  charge des Régions ont une rentabilité très faible, seules 25% des charges sont couvertes par les recettes clients. Tout compté les recettes globales de la SNCF couvrent 50% des charges. La coordination entre TGV, TET, Trains intercités, TER est loin d’être optimale. Selon cette étude il faudrait décider d’un moratoire sur les nouvelles lignes TGV dont les rentabilités sont moindres que les premières réalisées, celles-ci  couvrant, il est vrai, la totalité de leurs charges de fonctionnement.

La productivité de la SNCF a pris un  certain retard par rapport aux chemins de fer allemands qui se sont ouverts plus largement à la concurrence. Ceux-ci ont aussi bénéficié d’une politique plus volontariste d’effacement de leurs dettes, alors qu’en  France on n’a utilisé qu’une manière déguisée de soustraire les dettes à l’exploitant en séparant SNCF et RFF.

La même étude constate que le chemin de fer est adapté à deux types de besoins : celui des liaisons entre grands centres de population, et celui des services de banlieues pour les pendulaires. En dehors de ces utilisations, l’automobile ou l’autobus du coté du transport de personnes ou le camion coté transport de marchandises par leur souplesse sont mieux adaptés, oubliant ici les problèmes environnementaux*. On le verra dans le chapitre suivant le moyen de transport efficace pour l’intérieur des zones denses semble être le tramway.

* Pour un voyage aller-retour à Lyon Perrache depuis Saint-Julien-en-Genevois un bus rempli à 60% a coûté 17,5 € par personne, le billet de train aurait coûté 55 €,  de plus l’horaire du bus était à la demande. Notons toutefois que nous n’avons pas évalué ce qu’aurait coûté le billet de groupe auprès de la SNCF.

Transport et Genève

Il est intéressant d’analyser maintenant le système de transport dans l’agglomération genevoise, il concerne de manière assez notable l’ensemble du département. Les mouvements pendulaires sont, du fait d’une séparation de plus en plus nette entre les emplois qui sont à Genève et les habitants en France, très lourds.

D’abord le train est utilisé pour deux directions, celle de Lausanne avec des fréquences de moins d’un quart d’heure aux heures de pointe et celle de Bellegarde avec une moindre fréquence de l’ordre de la demi-heure. Pour des distances respectives de 60km et 35 km les temps de parcours sont de 48 et 34mn ce qui est très satisfaisant.

Ensuite à l’intérieur de l’agglomération, ce sont les trams qui ont la meilleure rentabilité si on oublie les coûts d’infrastructure, la couverture des charges de fonctionnement par les recettes de transport est de l’ordre de 50%. Les vitesses commerciales sont en moyenne de 15kmh avec une ligne à 19kmh. Les trolleybus ont des résultats du même ordre 47% de taux de couverture, vitesses commerciales équivalentes entre 13 et 16kmh50. Enfin le troisième moyen, l’autobus, a des caractéristiques beaucoup plus dispersées. Les voies réservées en particulier devant les feux de circulation leur permettent des vitesses allant jusqu’à 25kmh, mais les taux de couverture des charges varient de 7% pour les lignes dites petites à 54% pour une grande ligne.

Quelques premières conclusions.

Les statistiques de l’INSEE donnent une bonne référence pour discuter de la place de chacun des moyens de transport sur le département et vers Genève en particulier. Ce qu’elles disent : en moyenne les Français habitent à 26-30km du lieu de travail et leurs trajets sont de l’ordre de 35minutes. Ainsi les frontaliers qui habitent à l’intérieur de ces 30km ne devraient pas mettre plus de temps pour aller travailler.

On a vu que le train offrait une solution admissible selon ce critère aux habitants de Bellegarde. Le tramway ne peut pas être pris en considération vu sa vitesse de service pour ces frontaliers, sinon partiellement en fin de trajet. La même conclusion peut être tirée en ce qui concerne le trolleybus. La voiture individuelle, si la route n’est pas encombrée par les pendulaires, et l’autobus s’il peut éviter les goulots d’étranglement grâce aux voies réservées, seraient sous ces conditions des solutions intéressantes. Mais la réservation sur longue distance en zone rurale est difficilement concevable. Donc dans beaucoup de cas le train reste la seule solution. C’est pourquoi pour l’entrée sud de Genève le barreau sud(liaison entre la voie Saint-Julien-Bossey et la gare de La Praille) est indispensable, le CEVA pouvant apporter la solution pour l’est de la Savoie du nord. Le tram de Saint-Julien  pour le territoire au delà de Saint-Julien  n’a que très peu d’intérêt, ne pouvant être qu’une partie du trajet parmi un minimum de trois et donc de durée supérieure à l’heure, la solution BHNS (bus à haut niveau de service) aurait été une solution  suffisante et plus sage, vu son intérêt limité,permettant au barreau sud de gagner plusieurs années.

 

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Un tracé ferroviaire(en rouge) proposé pour relier la ligne SNCF du Salève à la gare de la Praille

 

On pourrait rêver que les projets envisagés dans les années 1920 soient tous réalisés et que la Haute-Savoie bénéficie d’un réseau complet de trains du type de celui des Grisons.  Il apporterait des solutions à beaucoup de problèmes pour les pendulaires vers Annecy et Genève, pour les accès aux stations de ski ….Son coût réduit, infrastructure et matériels roulants, par rapport à un réseau à voies  normales est un grand avantage.

André Duval
mars 2013

Je me suis permis, pour une meilleure compréhension et visualisation de ce que propose Andé Duval d'inclure 2 cartes qui illustrent ce qu'il en est du shunt d'etrembières, qui permet d'éviter l'arret en gare d'Annemasse pour aller vers la vallée de l'Arve, et aussi d'un tracé possible(approximatif) reliant la ligne SNCF St Julien-Annemasse à la gare de la Praille (avec connexion au CEVA).

Si la proposition d'André offre une bonne réponse aux problèmes de transport du territoire sud de Genève, elle me parait être entachée de 2 faiblesses.

Au jour d'aujourd'hui, le projet de tram vers St Julien semble être acté par Genève et la Confédération qui est prête à en prendre 40% à sa charge. Proposer cette nouvelle option risquerait à mon sens de menacer la probabilité de voir le tram se réaliser sans aucune garantie que ce projet ne soit approuvé, car on sait à quel point les genevois n'aiment pas voir leur campagne dénaturée.

D'autre part, s'il n'existait pas une voie directe Bellegarde - Genève, une telle proposition prendrait tout son sens, mais du fait qu'elle existe, je ne pense pas que les Genevois soient favorables, pour les mêmes raisons environnementales, à un nouveau tracé dans la campagne qui ne serait utile qu'aux frontaliers français.

Ce qui ne veut pas dire qu'une telle solution ne s'impose pas à la fin du XXIème Siècle, car évidemment elle a du sens. Selon la bonne règle du "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", je considère que notre intéret à court terme est de soutenir le projet du tram. Quiand nous l'aurons, on pourra voir......

14/05/2012

Lake Geneva Region : the ideal location in Europe to tackle the European market

As the map herebelow clearly shows, the Lake Geneva Region is at the geographic center of the major European markets. An ideal location indeed to conquer the affluent markets all around, not to mention the fabulous natural environment of the Lake of Geneva, beautifully nested between the Alps and the Jura mountains.

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Even though a small territory in size, it offers a richness of wonders rarely seen anywhere else in the world, both in terms of touristic and economic appeal.

The Swiss economy is known for having excellent performance levels. Highly specialised enterprises with first rate qualifications, international groups, very liberal politics, a stable purchasing power (notably due to rates of inflation that are among the lowest in the world) and capital at relatively low cost all guarantee companies a fair level of prosperity.

Western Switzerland offers, in addition to a favourable general context, considerable advantages in matters of law, taxes, communication, know-how and mentality of the manpower.

The fact that Switzerland is not part of the European Union is by no means a concern since numerous treaties and bilateral agreements have been signed with the members of the European Union or with other countries in the world. Besides, there is always the possibility to stradle the border with a foot in each territory.

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Moreover, Lake Geneva Region gathers the presence and know-how of world-renowned actors active in such fields as:

  • banking 
  • finance
  • chemistry
  • medicine
  • pharmaceuticals
  • biotechnology
  • food
  • telecommunications
  • technologies in general
  • industrial equipment
  • micro- and nanotechnologies
  • watch-making
     
 

The particular stability of the country and the welcome conditions reserved for enterprises have naturally incited many multinational companies to establish themselves in Western Switzerland once they have analysed the alternatives. Some of the major groups of the world have been active here for years and this trend is increasing with European enterprises that choose, in 57 % of the cases, to relocate their headquarters in Switzerland.

Currently, they have all chosen Western Switzerland for access to world markets, services, products and knowledge of proximity that foster their activities. In this open, liberal and competitive quality environment, Lake Geneva Region welcomes several company headquarters such as:

  • Alcan
  • Alcoa Europe
  • Cartier
  • Celgene
  • Cemex
  • Ciba
  • Cisco
  • Du Pont de Nemours
  • EBay International
  • Givaudan
  • Logitech
  • Lonza
  • Merisant
  • Michelin
  • Nestlé
  • Novartis
  • Owen Illinois
  • Philip Morris
  • Procter & Gamble
  • Merck Serono
  • Rolex
  • Sunstar
  • Tetra Laval International
  • Tupperware
  • UPS Supply Chain Solutions, and many more.... 

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Besides, as another evidence of its attractivity, Lake Geneva Region accommodates numerous international and non-governmental organisations whose mission resides in designing the future of humanity. In addition to the United Nations, the region has the biggest organisations related to:

The contributions of international organisations are important. Among the major advantages one can name:

  • infrastructures
  • international presence
  • stability and security
  • information (statistics, analysis, etc.)
  • scientific and industrial return, technological gains (access to particular components, for example, training of researchers)
  • cultural diversity
 

For instance, the investment per inhabitant in telecommunications equipment is the highest in the world.
In spite of a complex topography, connections by rail, road and air are among the most developed in the world (71,277 km of roads, 5,100 km of railways, 1,640 km of motorways, 180 km of tramways and 65 km of waterways).

Motorway and railroad systems cross the swiss cantons, as well as nearby French departements and allow rapid access to the international airports of Geneva and Lyon, as well as to nearby European airports. The big hubs of the continent can thus be reached rapidly. Moreover, the region also has about ten airports that can accommodate business jets and private aeroplanes.

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Lake Geneva Region is linked to the European network of high-speed trains (TGV, ICE, Cisalpino, Thalys, etc.), enabling numerous connections with surrounding countries:

  • France
  • Germany
  • Italy
  • Belgium
  • Denmark
  • Luxembourg
  • The Netherlands
  • Austria
  • Spain
  • The Czech Republic
  • Hungary

In the region the trains are reputed for their punctuality and link all the Swiss cities on journeys that last, on average, less than two hours, while Paris is a mere 3 hours ride from Geneva.

A particularity of Western Switzerland and the country are the free ports (17 entities spread all over Switzerland). Situated near the major highways and borders, these logistic centres are kept for goods that transit through Switzerland and do not need to comply with the free zone’s entrance and exit formalities.

The Swiss Post offers one of the densest and most efficient European networks.

Another key element of the region's attractivity lies with its excellent offer of private and international schools.

Lake Geneva Region is a privileged location for all those who wish to receive a first class education. The region indeed accommodates the biggest concentration of private schools in the world, reflecting the multicultural and multilingual context that characterises it. Thus, in Geneva alone there are 1.37 international schools for 100,000 inhabitants, ahead of Brussels (1.10) or Singapore (0.21).

These institutes dispense special schooling or complete education up to university levels in most languages. Some of them are world renowned for the exclusive education they dispense in general culture, the hotel business or in yet other fields.

Furthermore, certain private schools are reserved for children of expatriates who can profit from their short or medium-term mandates to offer their children a good education, adapted to the exams they will have to pass in their home country. In an international comparison, the schooling of most of these establishments offers an unmatched quality-price ratio (e.g. schooling expenses of 15,061 US$ in the English primary schools).

 

And yet, all this is even reinforced by the outstanding natural beauty of the region, with such world renowned spots as:

* Geneva's lake
* Mont-Blanc, Europe's highest mountain.
* Chamonix, world capital of alpinism
* Annecy and its lake of pure water
* The Lavaux area, named at the UNESCO World Heritage
* and so much more.....  

A point worth to be pinpointed by non European companies eager to set up European headquarters: In Lake Geneva Region, you can benefit from the better of 2 worlds:

Attractiveness of a Swiss business friendly environment coupled with back office location in France's close territories, that offer access to the huge European market; as well as some specific advantages on the French side such as Research Tax Credit which favors installation of companies which devote large amounts to research, especially valid for high  business.

I have travelled the world over, and lived many years in Asia; Yet I can tell you, ther is no other place in the world like our Lake Geneva Region. It's definitely worth your visit, as a business man, or as a  tourist. That is why I hope I will have convinced you of the interest to look favourably at our region as the next place you want to be. For those interested, you can reach me by mail to get some key addresses for further investment information

Saleve Mont-Blanc.JPG

Lavaux soleil couchant OK.JPG

 

03/01/2011

Bonne et Heureuse Année

photo Alpes Voeux 2011.JPG

 

En 2011, n'hésitez pas à nous rendre visite! Un spectacle comme celui là ne s'oublie pas.

18:39 Publié dans Haute-Savoie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : meilleurs voeux, mont-blanc, haute-savoie | | | Digg! Digg | | |  Facebook

13/05/2010

Découvrez le canyoning avec cette video réalisée sur le canyon de Balme, en Haute-Savoie

Merci à Nunayak Rafting pour ces magnifiques images qui parlent d'elles même sur ce qu'est le canyoning.

00:15 Publié dans Haute-Savoie, Loisirs, Sport, Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canyoning, haute-savoie, fun, thrill, exciting, sports extremes | | | Digg! Digg | | |  Facebook