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26/04/2013

Les Chemins de Fer en Haute-Savoie

André Duval, ancien président de la CCG est opposé au tram de St Julien: il préconise plutôt une liaison ferroviaire entre la ligne SNCF actuelle entre St Julien et Annemasse et la gare de la Praille. Voici ci-dessous une étude sur les chemins de Fer de Haute-Savoie qui ne manque pas d'interet et qui peut enrichir le débat. 

 

Quelques réflexions autour du chemin de fer en Haute-Savoie

 

 Un peu d’histoire :

Les voies ferrées se sont fortement développées en Haute Savoie entre 1850 et 1905 : Culoz vers Geneve (1858) vers Thonon (1880), Aix-les-Bains vers Annecy (1866), vers La Roche (1883), vers Cluses (1890), vers le Fayet (1898) pour les voies normales et d’Annemasse à Samoëns (1892), Annecy à Albertville (1901), Annecy-Thônes (1898), Le Fayet Chamonix (1901) pour les voies métriques.

Après un arrêt jusqu’après la guerre de 1914,  de nombreux projets ont été envisagés dans les années 1920 : Seyssel-Annecy par Frangy, Saint-Julien –Annecy, Fillinges-Boëge et Habère-Poche, Thonon-Abondance et le Biot. Certains de ces projets ont eu des premières réalisations mais aucun n’a été au bout pour manque de finances et pour concurrence avec l’automobile.

Fernand David  va cependant à Paris chercher des crédits pour financer ces infrastructures qui exigeraient plus de 20 000 000 de francs de capitaux et n’obtient qu’un petit million.

Finalement les lignes à voies métriques soit ne sont pas réalisées soit sont abandonnées, la dernière celle de Samoëns en 1959. Il ne reste que la ligne  du Fayet à Chamonix, puis vers Martigny en Suisse.

Un exemple  en Suisse : le Canton des Grisons

Ce canton a connu le même développement des chemins de fer légèrement plus tardivement entre 1880 et 1913 mais uniquement à voies étroites ou métriques. Comme en beaucoup d’endroits en Suisse ce réseau s’est maintenu jusqu’à nos jours et irrigue l’ensemble du territoire avec 360 kilomètres de voies ferrées. Un dernier tunnel de 19km a été creusé et mis en fonctionnement en 1999. Il vient d’être reconnu au patrimoine mondial par l’Unesco. Les raisons de cette réussite : une présence touristique importante en hiver et en été, une homogénéité du réseau, un pays très montagneux, et une réglementation moins technocratique laissant plus de place à l’initiative individuelle. Il faut ajouter à ces raisons aussi une productivité qui n’a rien à envier aux grandes compagnies ferroviaires européennes.

Quelques statistiques 2011: L’entreprise a transporté  10 654 000 voyageurs ou 300 000 000 voyageurs*km, 813 000 tonnes de marchandises, 436 000 voitures pour un chiffre d’affaire de 320 000 000 CHF, les touristes comptent pour 60% des voyageurs mais 80% des recettes correspondantes. L’ensemble des recettes de la clientèle couvre 60% des charges de fonctionnement et 30% de celles d’investissement ce qui est remarquable pour un système de transport collectif.

 En France

Revenons d’abord à la Haute-Savoie qui a vu ses lignes à voies étroites abandonnées ou non réalisées. On peut dire que la seule ligne restante celle qui relie le Fayet à Chamonix et au Valais le doit à sa relation avec la Suisse. Elle connaît actuellement un regain d’intérêt avec aux heures de pointe une fréquence de passage de l’ordre de 20 minutes. Par ailleurs pour le réseau à voies normales les lignes ne sont qu’à voie simple et donc de capacité limitée. Peu de travaux ont été réalisés depuis l’électrification. Pour des raisons bien obscures des aménagements comme le shunt d’Etrembières  sont toujours en question sans début de réalisation. Peut-être que la décision du doublement de la voie Aix-les Bains Annecy a été prise.

 

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En jaune, le tracé du shunt d'Etrembieres qui permet un acces direct à la vallée de l'Arve

 

 

 

 

Une étude menée sous l’égide du ministère de l’environnement décrit une situation assez catastrophique des chemins de fer français.  Tous les investissements ont été consacrés depuis 20 ans au seul TGV, les lignes normales n’ont pas été entretenues et beaucoup en mauvais état obligent à des ralentissements anormaux.

Les TER en  charge des Régions ont une rentabilité très faible, seules 25% des charges sont couvertes par les recettes clients. Tout compté les recettes globales de la SNCF couvrent 50% des charges. La coordination entre TGV, TET, Trains intercités, TER est loin d’être optimale. Selon cette étude il faudrait décider d’un moratoire sur les nouvelles lignes TGV dont les rentabilités sont moindres que les premières réalisées, celles-ci  couvrant, il est vrai, la totalité de leurs charges de fonctionnement.

La productivité de la SNCF a pris un  certain retard par rapport aux chemins de fer allemands qui se sont ouverts plus largement à la concurrence. Ceux-ci ont aussi bénéficié d’une politique plus volontariste d’effacement de leurs dettes, alors qu’en  France on n’a utilisé qu’une manière déguisée de soustraire les dettes à l’exploitant en séparant SNCF et RFF.

La même étude constate que le chemin de fer est adapté à deux types de besoins : celui des liaisons entre grands centres de population, et celui des services de banlieues pour les pendulaires. En dehors de ces utilisations, l’automobile ou l’autobus du coté du transport de personnes ou le camion coté transport de marchandises par leur souplesse sont mieux adaptés, oubliant ici les problèmes environnementaux*. On le verra dans le chapitre suivant le moyen de transport efficace pour l’intérieur des zones denses semble être le tramway.

* Pour un voyage aller-retour à Lyon Perrache depuis Saint-Julien-en-Genevois un bus rempli à 60% a coûté 17,5 € par personne, le billet de train aurait coûté 55 €,  de plus l’horaire du bus était à la demande. Notons toutefois que nous n’avons pas évalué ce qu’aurait coûté le billet de groupe auprès de la SNCF.

Transport et Genève

Il est intéressant d’analyser maintenant le système de transport dans l’agglomération genevoise, il concerne de manière assez notable l’ensemble du département. Les mouvements pendulaires sont, du fait d’une séparation de plus en plus nette entre les emplois qui sont à Genève et les habitants en France, très lourds.

D’abord le train est utilisé pour deux directions, celle de Lausanne avec des fréquences de moins d’un quart d’heure aux heures de pointe et celle de Bellegarde avec une moindre fréquence de l’ordre de la demi-heure. Pour des distances respectives de 60km et 35 km les temps de parcours sont de 48 et 34mn ce qui est très satisfaisant.

Ensuite à l’intérieur de l’agglomération, ce sont les trams qui ont la meilleure rentabilité si on oublie les coûts d’infrastructure, la couverture des charges de fonctionnement par les recettes de transport est de l’ordre de 50%. Les vitesses commerciales sont en moyenne de 15kmh avec une ligne à 19kmh. Les trolleybus ont des résultats du même ordre 47% de taux de couverture, vitesses commerciales équivalentes entre 13 et 16kmh50. Enfin le troisième moyen, l’autobus, a des caractéristiques beaucoup plus dispersées. Les voies réservées en particulier devant les feux de circulation leur permettent des vitesses allant jusqu’à 25kmh, mais les taux de couverture des charges varient de 7% pour les lignes dites petites à 54% pour une grande ligne.

Quelques premières conclusions.

Les statistiques de l’INSEE donnent une bonne référence pour discuter de la place de chacun des moyens de transport sur le département et vers Genève en particulier. Ce qu’elles disent : en moyenne les Français habitent à 26-30km du lieu de travail et leurs trajets sont de l’ordre de 35minutes. Ainsi les frontaliers qui habitent à l’intérieur de ces 30km ne devraient pas mettre plus de temps pour aller travailler.

On a vu que le train offrait une solution admissible selon ce critère aux habitants de Bellegarde. Le tramway ne peut pas être pris en considération vu sa vitesse de service pour ces frontaliers, sinon partiellement en fin de trajet. La même conclusion peut être tirée en ce qui concerne le trolleybus. La voiture individuelle, si la route n’est pas encombrée par les pendulaires, et l’autobus s’il peut éviter les goulots d’étranglement grâce aux voies réservées, seraient sous ces conditions des solutions intéressantes. Mais la réservation sur longue distance en zone rurale est difficilement concevable. Donc dans beaucoup de cas le train reste la seule solution. C’est pourquoi pour l’entrée sud de Genève le barreau sud(liaison entre la voie Saint-Julien-Bossey et la gare de La Praille) est indispensable, le CEVA pouvant apporter la solution pour l’est de la Savoie du nord. Le tram de Saint-Julien  pour le territoire au delà de Saint-Julien  n’a que très peu d’intérêt, ne pouvant être qu’une partie du trajet parmi un minimum de trois et donc de durée supérieure à l’heure, la solution BHNS (bus à haut niveau de service) aurait été une solution  suffisante et plus sage, vu son intérêt limité,permettant au barreau sud de gagner plusieurs années.

 

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Un tracé ferroviaire(en rouge) proposé pour relier la ligne SNCF du Salève à la gare de la Praille

 

On pourrait rêver que les projets envisagés dans les années 1920 soient tous réalisés et que la Haute-Savoie bénéficie d’un réseau complet de trains du type de celui des Grisons.  Il apporterait des solutions à beaucoup de problèmes pour les pendulaires vers Annecy et Genève, pour les accès aux stations de ski ….Son coût réduit, infrastructure et matériels roulants, par rapport à un réseau à voies  normales est un grand avantage.

André Duval
mars 2013

Je me suis permis, pour une meilleure compréhension et visualisation de ce que propose Andé Duval d'inclure 2 cartes qui illustrent ce qu'il en est du shunt d'etrembières, qui permet d'éviter l'arret en gare d'Annemasse pour aller vers la vallée de l'Arve, et aussi d'un tracé possible(approximatif) reliant la ligne SNCF St Julien-Annemasse à la gare de la Praille (avec connexion au CEVA).

Si la proposition d'André offre une bonne réponse aux problèmes de transport du territoire sud de Genève, elle me parait être entachée de 2 faiblesses.

Au jour d'aujourd'hui, le projet de tram vers St Julien semble être acté par Genève et la Confédération qui est prête à en prendre 40% à sa charge. Proposer cette nouvelle option risquerait à mon sens de menacer la probabilité de voir le tram se réaliser sans aucune garantie que ce projet ne soit approuvé, car on sait à quel point les genevois n'aiment pas voir leur campagne dénaturée.

D'autre part, s'il n'existait pas une voie directe Bellegarde - Genève, une telle proposition prendrait tout son sens, mais du fait qu'elle existe, je ne pense pas que les Genevois soient favorables, pour les mêmes raisons environnementales, à un nouveau tracé dans la campagne qui ne serait utile qu'aux frontaliers français.

Ce qui ne veut pas dire qu'une telle solution ne s'impose pas à la fin du XXIème Siècle, car évidemment elle a du sens. Selon la bonne règle du "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", je considère que notre intéret à court terme est de soutenir le projet du tram. Quiand nous l'aurons, on pourra voir......

08/04/2013

Histoire du Genevois - des Allobroges à la Réforme

Avec cet article commence la grande saga de notre territoire du Genevois, qui va nous faire traverser les siècles tout en se focalisant sur notre ville de Saint-Julien-en-Genevois. Le déroulé de cette histoire  va nous faire découvrir ce qu'il est advenu pendant plus de 2000 ans sur ces terres, autrefois patrie de nos ancètres, les Allobroges.

Les Allobroges et la conquète romaine

C'est au IIème Siècle Av JC que l'on parle pour la première fois du peuple Allobroge qui occupait notre territoire, lors de la traversée des Alpes par Hannibal. Les Allobroges furent longtemps des rebelles à l'autorité romaine et la conquête du territoire des Allobroges par les Romains se fit en plusieurs étapes entre -122 et -60 avant JC.

 

Carte Allobroges.JPG

Le territoire de Allobroges

La victoire romaine du proconsul Fabius Maximus, en -121, permit aux Romains la conquête du pays des Allobroges, et son incorporation à la province romaine de la Narbonnaise. Le succès du consul Fabius Maximus lui vaudra alors le surnom de « Allobrogicus »

Après la victoire de Fabius Maximus, les Allobroges furent désormais soumis aux Romains, et leur territoire forma le premier noyau de la Province transalpine. Les Romains écrasant le pays de lourds impôts, et leurs délégations à Rome étant infructueuses, en -62/-61, les Allobroges se révoltèrent dans l'avant-pays viennois et reprirent les armes mais ils furent à nouveau battus près de Valence . La conquête des terres allobroges par Rome fait de Genève une ville romaine qui, peu avant l'an 280 sera érigée en évéché, centre d'un vaste diocèse.

C'est Jules César qui parle le premier de Genève et du Genevois dans son récit de la Guerre des Gaules, quand il explique comment il est venu ici pour arréter les Helvètes, qui avaient décidé de quitter leurs terres au nord du lac Léman pour se rendre et s'installer en Saintonge, près de l'Océan Atlantique. A l'époque deux passages étaient possibles pour un tel voyage, l'un à travers le Jura et l'autre à travers le Rhône. C'est ainsi que Jules César fit abattre le pont qui enjambait le Rhône à Genève et qu'il installa des barricades pour protéger le passage connu aujourd'hui sous le nom de Fort l'Ecluse.

Victorieux  près de la Saone, César renvoie les Helvètes dans leur pays et exige des Allobroges de leur fournir du blé puisque ceux-là avaient tout brulé avant de partir pour rendre leur migration sans retour. Il ordonne aussi aux Helvètes de reconstruire leurs villes et leurs bourgs pour se prémunir d'une invasion des Germains sur un territoire fertile mais déserté.

Les Burgondes

En 443, le peuple Burgonde vient s'installer au bord du Lac Leman, en Sapaudie (le pays des sapins), et fonde le premier royaume de Bourgogne, avec pendant 30 ans, Genève comme capitale de leur royaume. Ses souverains les plus glorieux, Gondebaud et son fils Sigismond, gouvernent alors un territoire qui s'étend de Langres à Marseille et du Rhin à la Loire, et dont Lyon est devenue la capitale.

NB: Les vestiges burgondes retrouvés à St-Julien, tels ce cimetière découvert dans la Grande Rue en 1874, puis les ossements trouvés au Puy Saint Martin dans les années 1970, confirment l'existence d'une bourgade sur ce site dès cette époque. Il est toutefois probable que la localité fondée par les Burgonndes fut entièrement détruite lors des convulsions du Moyen age et disparut sans laisser de traces.

 

Histoire Genevois-Bourgogne.JPG

Mais l'existence de ce royaume fut éphémère à cause des visées franques de Clovis et de ses fils qui l'attaquent sans cesse et qui y mettent fin en 534. Le royaume Burgonde, qui conserve son individualité, est alors intégré aux royaumes merovingiens. Le royaume de Bourgogne cesse d'apparaître en tant qu’entité géopolitique avec les Carolingiens.

En 739, Charles Martel établit définitivement, son autorité sur la Bourgogne et la Provence dont l'administration est confiée à des comtes qui représentent le roi dans leurs comtés (pagi), ceux-ci  correspondant le plus souvent aux diocèses épiscopaux. Une aristocratie puissante se constitue, à l'image d'Abbon qui posédait des territoires considérables s'étendant du maconnais à la provence.

Après la conquête du royaume lombard (774), la Bourgogne devint un nœud central du pouvoir carolingien, puisqu’elle assurait la jonction des possessions franques et italiennes de l’empire; la route du Mont-Cenis est développée pour des raisons stratégiques et militaires, alors que le trafic commercial utilise principalement la route du Grand Saint-Bernard.

Carte Francs.JPG

L'empire Franc sous Charlemagne

allobroges,Helvètes, Jules César,GenèveAprès la mort de Charlemagne et de son fils, Louis Le Pieux, le traité de Verdun de 843 signé entre les 3 fils de Louis Le Pieux déchire à jamais l'unité du vieil empire de leur grand-père. La Bourgogne est scindée en 2, donnant naissance, à l’ouest de la Saône, à une Bourgogne française (ou Bourgogne franque) qui appartient au royaume de Charles le Chauve, et à l’est de cette même rivière, à une Bourgogne impériale, qui revient à Lothaire, l'ainé, qui se pare du titre d'empereur; quant à l'est de l'empire, il revient à Louis Le Germanique.

Rem. On notera que les frontères linguistiques de la Suisse entre l'allemand et le français qui trouvent leurs origines avec les territoires des Alamans et des Helvètes, correspondent peu ou prou aux limites définies par cette scission.

 

Carte Traité de Verdun.JPG

 

En 855, par le traité de Prum, Lothaire partage son empire entre ses trois fils: à Lothaire II le nord, à Charles la Bourgogne et la Provence, tandis que Louis reçoit l'Italie et le titre d'Empereur.

Malheureusement, les héritiers de Lothaire disparaitront les uns après les autres sans laisser de descendants, et chacun des oncles et des frères tentera de dépouiller son parent. C'est d'abord la mort de Charles de Provence qui permet à ses deux oncles de mettre la main sur son royaume. Alors que les Normands ravagent le nord et que les  Sarrasins menacent le midi, partout règne l'anarchie; le trône des Francs se soutient à grand peine. A la mort de leur neveu Lothaire II, les deux frères Charles le Chauve et Louis le Germanique s'accaparent le royaume de leur neveu, au détriment de leur autre neveu l'empereur Louis II, qui aurait dû hériter des biens de son frère. 

Carte Traité de Meersen.JPG

Les 2 oncles s'accaparent le royaume de leurs neveux: Charles décédé en 863, puis Lothaire II qui meurt en 869

Malgré ses protestations, Louis II, le frère de Lothaire II ne peut récupérer l'héritage de son frère, et il meurt lui aussi en 875, bientôt suivi dans la tombe par ses oncles, Louis II le Germanique le 28 aout 876, puis Charles II le Chauve le 8 octobre 877.

La mort soudaine de Louis II le Bègue en 879, donne le signal du démantellement des territoires qu'avaient conquis son père Charles le Chauve. Son fils Carloman II reçoit l'Aquitaine et la Bourgogne, alors que le frère de ce dernier, Louis III hérite du reste du royaume.

 Carte 880.JPG

allobroges,Helvètes, Jules César,Genève,Gondebaud,Charlemagne,A la mort des 2 frères, Louis III en 882 , puis Carloman en 884, Charles III le Gros descendant de Louis II le Germanique va, suite à la mort précédente de son frère Louis III le jeune en 882 , reconstituer une grande partie de l'empire de Charlemagne, à l'exception de la Provence et de la Bourgogne cisjurane qui appartiennent au comte Boson depuis le 15/10/879.

 

Après que l'empereur Charles le Gros eut été déposé en novembre 887 et fut mort le 13 janvier 888, les nobles et les principaux membres du clergé de Haute-Bourgogne se réunirent à Saint-Maurice et, en janvier 888, proclamèrent Rodolphe pour roi. Au printemps 888, il est couronné roi de Bourgogne, mais en proie à l'hostilité d'Arnulf, fils et héritier de Charles le Gros, il doit se contenter de  la Bourgoogne Transjurane, qui devient ainsi un nouveau royaume. A sa mort ,  en 912, son fils Rodolphe II lui succéde mais , affaibli par ses campagnes italiennes, il doit se mettre sous la protection de la royauté Ottonienne. C'est ainsi qu'à la mort de Rodolphe II en 937, Otton Ier envahit la Bourgogne pour ensuite rétablir Conrad, le fils de Rodolphe, sur le trône en 942; il lui permet même de remettre la main sur la Bourgogne Bosonide (cisjurane).

 

Carte Burgundy.JPG

 Le royaume de Bourgogne

Après 942, les Rodolphiens se trouvèrent à la tête d’un royaume de près de 200 000 km2: l'essentiel du domaine royal s'étendait autour de Vienne et dans la Bourgogne transjurane, avec des espaces plus périphériques comme la vallée d'Aoste ou le Valentinois. Au nord et au sud, le royaume rodolphien avait vu se développer les principautés du comté de Bourgogne (future Franche-Comté) et du comté de Provence.

NB: Tout au long du Xe siècle, les honneurs comtaux demeurèrent viagers, ce qui explique que les historiens ne parviennent pas à identifier la moindre dynastie comtale, en dehors des principautés des comtés de Provence et de Bourgogne. Cela signifie que les titres de comtes n'étaient pas liés à un territoire géographique. Parallèlement, à compter du milieu du Xe siècle, le rôle traditionnel des pouvoirs ecclésiastiques s’accrut encore, lorsque la monarchie concéda massivement les pouvoirs publics aux évêques et abbés.

Le pouvoir impérial

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Otton Ier, fondateur du Saint-Empire

Dans la seconde moitié du Xe siècle, par une série d'alliances croisées, (Otton Ier épouse la fille de Rodolphe II en 951 et donne sa nièce au fils du roi), la monarchie impériale ottonienne accrut sa tutelle sur la royauté rodolphienne et .se placa  en protecteur du royaume de Bourgogne, en s’attachant particulièrement à entretenir le culte de saint Maurice. A tel point qu'en 1016, Rodolphe III, fils et héritier de Conrad, promit à l’empereur de gouverner selon ses conseils et de lui laisser sa succession s’il devait mourir sans laisser un fils légitime.

Dans ce contexte de  tutelle impériale, les évêques du royaume rodolphien délaissèrent le palais royal pour se placer directement sous l’autorité impériale des Ottoniens. Après l’an mil,  les prélats s'émancipent du roi et gèrent leur diocèse en toute indépendance. Ils prennent aussi le chemin de la Germanie, comme le firent les archevêques de Lyon et de la Tarentaise ainsi que les évêques de Genêve et de Lausanne en 1007, lorsqu’ils allèrent assister au concile de Francfort.

En 1032, le roi de Bourgogne Rodolphe III mourut en laissant sa couronne à Conrad le Salique, qui est empereur depuis 1027. Celui-ci se heurta toutefois à la résistance d’une grande partie de l’aristocratie. Refusant de se soumettre à la poigne germanique, une partie de l’aristocratie bourguignonne, au premier rang de laquelle se tenait le comte Gérold de Genève, fit appel au comte Eudes II de Blois , fils d’une sœur du roi Rodolphe III pour contester l'héritage impérial Principal partisan de l’empereur, le comte Humbert  prit la tête des troupes réunies par le pouvoir impérial. En 1034, tandis que Conrad s’avançait par le Nord, le comte Humbert entrait en Bourgogne par la vallée d’Aoste et le col du Grand-Saint-Bernard. Les deux armées firent leur jonction à Genève. Le succès de Conrad était total : Eudes II de Blois avait été définitivement vaincu et l’ensemble de l’aristocratie bourguignonne avait été contrainte à se soumettre. Le royaume de Bourgogne, bien qu'affaibli, était ainsi devenu partie intégrante de l’empire,

allobroges,Helvètes, Jules César,Genève,Gondebaud,Charlemagne,NB: Le Saint-Empire Romain Germanique auquel appartient désormais notre territoire courra de 962 (Othon Ier) à 1806 quand François II qui a pris le titre d'empereur en 1797, sera contraint par Napoléon d'abdiquer le 6 aout  1806. marquant ainsi la fin d'un empire qui dura plus de 800 ans.

 

 

La scission entre Genève et le Comté de Genève

Blason Comté de Genève.JPGComme on vient de le voir, le comte de Genève Gerold II quiBlason Geneve.jpg conteste le legs de la Bourgogne à Conrad, et revendique ses droits sur la ville de Genève,  a été défait par l'empereur. Celui-ci confie alors les destinés temporelles de la ville à l'évêque qui règne deja sur le diocèse (Un très grand territoire qui comprend la Savoie, la Haute Savoie, le Pays de Gex et la Riviera Vaudoise comme indiqué sur la carte ci-dessous). C'est ainsi que le comte de Genève Gérold perd sa domination sur la ville ou Conrad est intronisé par l'évêque le 1er aout 1034. À cette époque Genève est une bourgade de 1100 Hb dont les armes comprennent l'aigle impériale pour l'empereur et les clés de St. Pierre pour l'évêque.

Carte Diocese Geneve.JPG

Carte géographique du diocèse de Geneve 

NB: le comte Humbert, dont le frère est évèque de Belley, et fidèle lieutenant de Conrad le Saique conquiert la Tarentaise et la Maurienne; en 1033, il fondera  avec la bénédiction de l'empereur la Maison de Savoie, qui pendant près de 4 siècles s'opposera aux comtes de Genève avant de devenir maitre de leur territoire et qui régnera sur la Savoie jusqu'en 1860.

Le Comté de Genève 

A cette époque, le Comté de Genève était constitué de fiefs détenus par des seigneurs vassaux ( Viry, Ternier...), fiefs appartenant au Comte proprement dit. Tois types de subdivisions formaient le comté:

- Le mandement seigneurial, ou le seigneur nommait un de ses vassaux pour administrer son territoire, sous l'autorité du comte

- Le mandement mixte, ou c'etait une direction partagée entre le comte et un seigneur¨

- Le mandement comtal, que représentait la chatellenie de Ternier, ou un agent du comte, le chatelain, était chargé de la gestion.

Dans le Genevois, l'une des plus grandes familles du bailliage de Ternier, auquel appartient St Julien, est la famille de Ternier, qui sera l'un des plus fidèles alliés du Comte de Genève puis du Comte de Savoie par la suite.

Quant à St-Julien, son nom n'apparait pour la première fois qu'en 1272. Posterla ou Postella, du nom d'une grande famille italienne du Milanais installée à Genève qui aurait pu avoir des propriétés sur l'emplacement,  semble être  le nom de la localité ou a été construite la ville. Ce n'est qu'au 13ème siécle que la bourgade prit son nom quand la construction d'un chateau seigneurial à Saint-Julien donna naissance à une nouvelle activité. Les fréquents séjours qu'y faisaient les comtes de Genève et leur entourage, y rendit indispensable l'établissement d'une hostellerie qui se placa sous le vocable de Saint-Julien, patron des voyageurs. Cette enseigne baptisa la petite agglomération qui vint se former à l'abri du chateau et qui fut érigée en paroisse à la fin du 13ème siècle.

Les luttes entre le comte et l'Evèque de Genève

Suite à la scission entre Genève et le comté qui porte son nom, s'ensuivront près de 200 ans de lutte pour le contrôle de la ville entre le comte et l'évêque de Genève, entrecoupés d'accords:

En 1124 le traité de Seyssel signé entre l'évéque Humbert de Grammont et Aymon comte de Genéve, fera reconnaitre l'évèque comme étant le supérieur du comte qui "prête foi et hommage à l'évèque Humbert et déclare ne reconnaitre , sauf l'emperereur, aucun autre seigneur préférablement à lui" et lui "restitue sans contestation toute la ville de Genève". En contrepartie de quoi, l'évèque a remis au comte son ancien fief, tel qu'il peut être possédé par un laic.

Un siécle plus tard, le traité de Desingy de 1219 fixe une nouvelle et dernière fois la paix entre le comte de Genève Guillaume et l'évêque de Genève Aymon en imposant au Comte de Genève de résider à Annecy et en constatant que "le comte Guillaume fait hommage-lige à l'évèque et lui jure fidélité; l'évèque de son coté l'investit du fief du comté au moyen de l'anneau. Ainsi devenus amis, ils livrent à l'oubli leurs offenses et plaintes réciproques"

NB: Entre temps, en 1170, la chartreuse de Pomier, qui jouera un rôle prépondérant sur notre territoire pendant 600 ans, a été fondée au Mont-Sion, à 4 lieues au sud de la ville de Genève. Ses droits lui furent accordés par l'évèque de Genève, Ardutius de Faucigny et par son successeur Nanthelme et ses chanoines, imité en 1179 par Guillaume Ier, comte de Genève.

Les rivalités entre comtes de Savoie et comtes de Genève

Qulques années après le Traité de Desingy, c'est le conflit avec les comtes de Savoie qui va empoisonner la vie des comtes de Genève. En 1250, le comte de Savoie s'empare du chateau de Boug de Four, sis à Genève, propriété du comte de Genève Guillaume Ier. Celui-ci, pour garantir sa dette envers le comte de Savoie, doit mettre en gage un certain nombre de ses chateaux et propriétes. permettant ainsi à la Maison de Savoie de se substituer à celle de Genève dans la cité épiscopale.

En réaction à cette influence grandissante et menacante de la Maison de Savoie, le comte et l'évéque de Genève s'allient et, avec l'appui du Dauphiné, mèneront une série de 4 guerres féodales entre 1282 et 1327 contre les comtes de Savoie.

A l'issue de la première guerre conclue en 1287 par le Traité d'Annemasse, le comte de Savoie Amédée V est totalement maitre de la cité épiscopale. Cela n'empeche pas le comte de Genève Amédée II de faire une attaque surprise sur Genève en 1291, qui échouera  face à la résistance des citoyens aidés dans leur combat par le comte de Savoie. Le traité d'Aix du 10 décembre 1291 confirme celui d'Annemasse et le comte de Genève prète à nouvau hommage au comte de Savoie. En 1304, Amédée II renouvelle ses alliances avec l'évèque Aymon du Quart et fait construire le chateau de Gaillard. Mais en 1307, le comte de Savoie Amé le Grand  tente de s'emparer de Genève provoquant une nouvelle alliance entre le comte de Genève , l'évèque et le dauphin pour défendre la ville, qui débouche le 23/10/1308 sur un traité de paix entre Guillaume III comte de Genève et Amé le Grand, comte de Savoie.

Malgré la paix de 1308, à partir de 1314 il y aura plusieurs tentatives par Amé puis Édouard de Savoie de s'emparer de Genève jusqu'en 1329. Ce qui explique la construction en juillet 1318 du château de la Bastie Melliers  par Girard de Ternier, vassal des comtes de Genève, pour protéger la ville. La bataille de Varay ou se distinguent le comte Amédée III de Genève et Girard au coté du Dauphin met fin en 1325 au conflit entre Edouard de Savoie et le Dauphin Guigues.  En 1329 Édouard meurt, et son successeur Aymon le Pacifique fait la paix avec le Comte de Genevois Amédée III de Genève et s'attache ses services. S'ensuit une période d'entente et de paix qui sera bénéfique à notre territoire.

A cette époque, le comte de Genevois séjournait souvent en son chateau de St-Julien, et il entretenait un chatelain dans son chateau de Ternier. A la mort d'Aymon, Amédée III de Genève qui était lié à la famille de Savoie par sa mère, devient l'un des tuteur du jeune comte Amédée VI de Savoie, connu plus tard sous le nom de "comte Vert".

La carte ci-dessous indique les forces en présence autour de notre ville en 1340:

La Maison de Savoie (possessions en rouge sur la carte) entoure notre territoire: Outre la Savoie, en 1340, elle est présente en Bresse, dans le Bugey, une partie du Canton de Vaud et le Chablais. Bientôt, elle mettra la main sur le Faucigny, encerclant de fait le comté de Genevois.

Le Faucigny, (en bleu) dont plusieurs princes ont été évèque de Genève, a appartenu à la Maison de Savoie qui l'a donné en dot au Dauphin lors de son mariage à la fille de Pierre II de Savoie en 1253 ; il est donc sous la juridiction du Dauphiné en 1340. Après l'achat du Dauphiné par la France en 1349, il devient français, avant de redevenir propriété de la Maison de Savoie par le traité de Paris en 1355, ce qui permet de relier le comté de Savoie au Chablais.

Le Comté de Genevois (en vert) est indépendant en 1340. Il deviendra propriété de la Maison de Savoie en 1401 lorsqu'Odon de Villars, l'héritier des comtes de Genève le cèdera à Amédée VIII de Savoie.

La ville de Genève, sous l'autorité de l'évèque, parvient, elle, à sauvegarder son indépendance. Elle obtiendra même une véritable émancipation quand l'évèque Adhémar Fabri accordera ses franchises aux bourgeois de Genéve, en 1387.

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Le morcellement des territoires vers 1340 - En vert le Comté de Genève

Quant à notre ville de St Julien, outre les chateaux de Ternier qui existent depuis le XIème Siècle, un certain nombre d'éléments nous prouvent que le château de St. Julien, propriètè du comte de Genevois, est antérieur à 1335 et que dans le même temps la famille de Ternier a fait construire le chateau de Bursins au lieu dit connu aujourd'hui sous le nom de "Cret Millet". C'est dans ce chateau que la famille de Ternier établira sa résidence, en partage avec le chateau du Chatelard situé sur la commune de Feigères et qui sera détruit en 1590.


Le Comté de Genevois devient propriété de la Maison de Savoie

Le dernier comte de Genève, Robert de Genève, anti pape à Avignon sous le nom de Clement VII étant mort sans enfant, ainsi que son hèritier Humbert de Villars, c'est le 5 août 1401 par vente d'Odon de Villars à Amédée VIII de Savoie que  le comté de Genevois devient propriété de la Maison de Savoie. Peu de temps après, par la grace de l'Emperereur, Amédée VIII devient duc en 1416.

  

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Carte des Etats de Savoie circa 1427

NB: On notera que le fier Girard de Ternier qui avait racheté le mandement de Ternier à Robert de Genève en 1394 servit loyalement son nouveau maitre Amédée VIII, qui le 31 mai 1409 le nomma dans l'Ordre du Collier de Savoye. Girard  décédera en 1418, non sans avoir préalablement organisé le cérémonial grandiose de ses funérailles et nommé comme héritier son neveu Richard de Montchenu.

allobroges,helvètes,jules césar,genève,gondebaud,charlemagneAmédée VIII se retira en ermitage à Ripaille et passa la main à son fils Louis de Savoie. S'il donna en apanage le comté de Genevois à son fils cadet Philippe (la branche qui sera bientôt connue sous le nom de Savoie-Nemours), il faut noter que les bailliages de Ternier et de Gaillard qui faisaient frontière avec Genève, furent distraits du comté et restèrent propriété du Duc. En 1482, le chatelain François Bon d'Allinges fit faire des réparations importantes au chateau de Ternier, dépenses qui furent payées par la Chambre des comptes de Savoie. On notera aussi que la Maison de Savoie avait pris l'habitude de faire nommer les évèques de Genève en son sein, y compris Philippe de Savoie qui n'avait que 7 ans lorsqu'il fut nommé évèque à la fin du XVème Siècle. Cela eut pour conséquence d'irriter la population genevoise qui rechercha l'alliance des cantons suisses de Berne et de Fribourg.

S'ensuivit la "guerre des harengs" en 1519 qui vit le Duc de Savoie Charles III entrer dans Genève avec une armée de 8000 hommes qui traita la ville en pays conquis. L'arrivée d'une armée de Fribourg ramena le Duc à plus de modération avant que la peste qui sévissait en ville ne le chasse de Genève. Mais il n'avait pas renoncé à s'emparer de la ville.

Le 6 mai 1523, Charles III de Savoie accompagné de sa nouvelle èpouse Béatrix de Portugal qu'il vient présenter en grandes pompes à Genève, fait son entrée à St. Julien avec plus de 1000 gentilshommes en grand apparat. Ils séjournent avec leur cour au Chateau de St Julien.

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L'évolution des Etats de Savoie du XIIIème au XVIème siècle


Genève et la Réforme 

A cette époque, une sourde lutte d'influence oppose à Genève les mamelus, partisans du Duc et les Eidgnots, ses ennemis, qui finissent par l'emporter en signant une alliance avec Fribourg et Berne en 1526. Le 21/2/1528 a lieu une proclamation par le premier syndic Besancon, qui condamne à mort  44 familles de mamelus qui, proscrits, se refugieront en émigrant pour la plupart à St-Julien. S'ensuit la création de la confrérie des gentilhommes de la cuiller dont l'objectif est de reconquèrir Genève.

Le 2/1/1529 a lieu l'assassinat de François de Montchenu-Ternier, seigneur de Ponverre et capitaine de ces gentilhommes, au moment ou il traverse la ville. Après de nouveaux troubles, le 19/10/1530 est signé l'Arrêt de St-Julien qui établit la paix entre la Savoie d'un coté , Genève et les cantons suisses de Berne et Fribourg de l'autre. De 1532 à 1535, la Réforme se développe à Genève, combattue par Fribourg la catholique mais encouragée par Berne. Le 27/8/1535 est proclamée l'interdiction du culte catholique à Genève qui provoque l'exode des religieuses de Ste Claire. 

L'invasion Bernoise

Le 16 janvier 1536, Berne déclare la guerre au Duc de Savoie qui est lui même sous la menace du roi de France François 1er. Les troupes Bernoises commandées par Hans Franz Naegeli, après avoir conquis les Pays de Vaud,  arrivent à Genève le 2/2/1536 et le 5 février à St-Julien, avant de pousser jusqu'au fort l'écluse. La République de Berne établit Simon Foerber comme bailli de Ternier, et ordonne qu'en tous lieux les actes publics se fassent en langue romande, interdisant aux prêtres de se méler de tout office notarial.

Le 24 février, les troupes françaises entrent dans Chambéry et s'emparent de la Savoie. Le Duc de Savoie n'a plus de terres, confisquées à l'ouest par la France et à l'est par Berne. Quant à notre territoire, il va subir pendant plus de 20 ans la dure loi des Bernois qui fera naitre l'expression qui a survécu jusqu'à ce jour " raide comme la justice de Berne".

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Carte géographique des religions en Savoie du nord au XVI ème Siècle


Conclusion

On notera donc que pendant toute cette époque qui dure plus de 1500 ans , depuis les Allobroges jusqu'à la Réforme, les destins de nos deux contrées Genève et Genevois sont intimement liés, même si des facteurs exogènes tels que la Maison de Savoie ou la fracture religieuse ont contribué à nous éloigner l'un de l'autre.

Sources:
www.sabaudia.org
César Duval : Ternier et Saint-Julien
Abel Jacquet: Saint-Julien-en-Genevois
Jean de Pingon: Savoie française - Histoire d'un pays annexé
Collectif: La Savoie en dates et en cartes
Collectif: Crises et révolutions à Genève - 1526 - 1544 

27/03/2013

Histoire et patrimoine - l'histoire du Genevois

Je suis persuadé que pour savoir où l'on va, il est essentiel de savoir d'où l'on vient. Plus de 30000 personnes vivent dans le canton de St Julien, mais bien peu connaissent l'histoire mouvementée de notre territoire et de notre relation avec Genève. Quant aux Genevois, de la même façon, bien peu nombreux sont ceux qui connaissent l'histoire de la "France Voisine" comme ils nous appellent.

C'est pourquoi au moment où on parle du Grand Genève et de la place que doit y jouer  notre territoire, il m'a paru opportun de mettre à la portée de tous un historique succint du Genevois, qui permette à tout un chacun de mieux comprendre les relations complexes que ce territoire qu'on appelle aujourd'hui le Genevois français a entretenu avec Genève, la Savoie et la France tout au long de ces 2000 dernières années. Je me focaliserai bien entendu sur notre bonne ville de Saint-Julien qui a joué un rôle central dans cette histoire.

J'espère que mes fidèles lecteurs y trouveront plaisir et que mon travail leur donnera l'envie d'en savoir plus, en se plongeant dans les livres et sur les sites web qui m'ont permis d'écrire cette histoire abrégée et que je me propose de conter en 4 chapitres

- le Genevois des Allobroges à la Réforme

- Le Genevois de la Réforme à la Révolution Française

- Le Genevois de la Révolution à l'Annexion

- Le Genevois de 1860 à nos jours

Rendez Vous dans les prochaines semaines pour découvrir une histoire passionnante, celle de notre terre et de notre espace de vie .

12:15 Publié dans Genève, Genevois Savoyard, Histoire, Saint-Julien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, st julien, le genevois, genève | | | Digg! Digg | | |  Facebook

25/03/2013

Le Carnaval de St Julien - Une fête populaire tres réussie

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En route pour le défilé à travers la Grande Rue

Samedi soir, la MJC de St Julien, accompagnée de plusieurs associations dont le Comité des Festivités et la FCPE, avait mis en scène le désormais traditionnel carnaval de St Julien.

 

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Apres une après midi de  jeux à l'Arande, le défilé s'est mis en route vers la mairie, puis de là s'est rendu à la place du Marché où le bonhomme hiver fut brulé.

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Une fête sans prétention très réussie avec de très nombreux enfants déguisés dont les sourires illuminés faisaient plaisir à voir.

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Le Bonhomme Hiver est en feu

Félicitations aux organisateurs et en particulier au chef d'orchestre, le directeur de la MJC Philippe Dufrene, pour avoir mené à bien ce beau projet qui contribue à animer notre ville et à nous donner l'occasion de nous retrouver, petits et grands St Juliennois autour d'un bon moment de convivialité.

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Philippe Dufrene, tout illuminé

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22/03/2013

Résultat du Conseil Municipal de St Julien: Minorité 1 - Majorité 0

Hier soir, lors du Conseil Municipal de St Julien-en-Genevois, la municipalité en place et tout particulièrement le maire Jean-Michel Thénard ont fait preuve de leur manque de sérénité, pour ne pas dire plus.

Lors de la dernière commission Finances, les élus majoritaires avaient fait part de leur volonté d'augmenter les impôts de 2%, augmentation qui était donc au programme des délibérations du Conseil Municipal de ce 21/3/2013.  Cette initiative m'avait d'ailleurs interpellé et j'avais même demandé avec humour à l'Adjoint aux finances si la Municipalité actuelle souhaitait perdre les élections municipales de 2014, tant chacun sait qu'il est inopportun, voire suicidaire, d'augmenter les impôts en période électorale.

A cela il me fut répondu que justement, la municipalité ne souhaitait pas faire ce genre de calcul, ni faire de démagogie mais qu'en tant qu'élus ils entendaient assumer leurs responsabilités sérieusement pour le bien de la ville; L'Adjoint aux Finances ajouta qu'en son âme et conscience une telle augmentation était justifiée compte tenu des projets importants que l'équipe en place avait pour la ville.

Funeste naiveté, car Antoine Vielliard, en bon politicien qu'il est, ne l'entendit pas de cette oreille et vit immédiatement le bénéfice électoral qu'il pouvait tirer de cette initiative hasardeuse. Après nous avoir consultés sur notre position vis à vis de cette augmentation d'impôts et vérifié qu'il y avait au sein de la Minorité un consensus à priori pour s'y opposer, il déclencha l'attaque sous forme d'une pétition qu'il lanca, non sans avoir rameuté la presse pour donner plus d'écho à son opposition absolue à une telle hausse. C'est ainsi que fort opportunèment Carole Varnier du Faucigny, le journal sarcastique local qui se régale de ces joutes croustillantes, était présente hier soir au Conseil.

Mais à notre grande surprise, la mère de toutes les batailles n'eut pas lieu, puisque l'un des combattants, le maire en l'occurrence, renonça à se battre et esquiva la joute promise, en retirant la délibération de l'ordre du jour.

Dès le début de séance, après avoir villipendé les méthodes abjectes de certains, sans les nommer, qui utilisent blogs et presse pour distiller des contre vérités et faire de la politique politicienne, le maire nous annonca que dans un esprit de pacification et d'apaisement, il avait décidé de retirer cette proposition au dernier moment et qu'il n'y aurait donc pas d'augmentation des taux d'imposition sur la feuille d'impots que les Saint-Juliennois recevront fin 2013. Ouf! Comme en 1938 à Munich, nous venions d'échaper à la guerre.

Cet épisode tragi-comique appelle plusieurs commentaires de ma part.

Si la situation l'exigeait vraiment, je trouve bien peu courageux de la part du maire de retirer une délibération qui devait bénéficier aux St Juliennois. Il a reculé non pas devant des milliers de gens dans la rue, mais devant une pétition qui hier soir à 20:00 n'avait recueilli que 120 signatures. Une telle reculade montre qu'il est désormais sur la défensive et Il ne sort pas grandi d'une telle attitude de renoncement. Ne choisit-on pas nos élus par rapport à des convictions et à une force de caractere pour les mener à bien. Si sa proposition était légitime, il se devait de la défendre, sans craindre le débat! Mais l'était-elle vraiment? Au vu des événements, on pourra désormais en douter.

Je trouve de la même facon que la Majorité a fait preuve d'un grand amateurisme en se risquant à proposer une hausse d'impots sans justification incontestable. Ils ont sous estimé l'Opposition en croyant que nous laisserions faire sans broncher; ils se sont trompés et ils se sont fait contrer.

Pour ma part, tout en étant farouchement opposé à cette hausse d'impôts malvenue, je n'ai pas signé la pétition que mon co-listier Antoine Vielliard a lancé et je tiens à m'en expliquer ici.

D'une part parce qu'il l'a lancée sans me consulter, et que je trouve la méthode quelque peu cavalière. En effet, si Antoine m'a bien consulté, ainsi que les autres membres de l'Opposition sur notre position par rappot à cette augmentation d'impôts, c'est tout seul, et de son propre chef qu'il a pris l'initiative de lancer cette pétition, d'abord sur son blog portevoix, puis en version papier; c'est ainsi que j'ai découvert dans ma boite à lettres hier à 14:00 le Bulletin Municipal de mars et la pétition. Amusante coincidence!...

D'autre part, parce que j'estimais que c'est au sein du Conseil Municipal que devait se régler ce problème et que j'attendais les explications de la Majorité avant de me prononcer, et le cas échéant signer alors une pétition. Je souhaitais en outre que fut mise en évidence la difference de méthode entre une Municipalité et des élus socialistes qui augmente les impots et celle de l'Opposition qui privilégie, et de loin, une maitrise accrue des dépenses pour éviter d'avoir recours trop facilement à la vache à lait qu'est à leurs yeux le contribuable. C'est d'ailleurs ce que j'ai dit hier soir.

Comment peut on accepter une hausse d'impôts alors que les recettes du budget 2013 sont systématiquement sous évaluées, mais que les dépenses ne sont pas bridées pour autant (+8% d'accroissement de frais de personnel prévus au budget 2013). En symbole de mon opposition à cette gestion, j'ai d'ailleurs décidé de systématiquement voter contre toute nouvelle création de poste à pourvoir par un fonctionnaire, me réservant la possibilité d'approuver ou de m'abstenir sur une création de poste réservé à un contractuel, ce qui n'engage pas de façon irrémédiable les dépenses futures de la commune.

Non il ne faut pas augmenter les impots maintenant: la proposition de la Majorité aurait créé  un accroissement de recettes de 100 000 €, ce qui est négligeable  par rapport a un budget de fonctionnement de 19 000 000 €,  mais le message envoyé aux plus modestes d'entre nous aurait été calamiteux, les poussant un peu plus, s'il en est besoin, vers les extrêmes. En ces temps de vache maigre, chacun doit y mettre du sien. Une  augmentation de l'impôt  ne doit venir qu'en dernière extremité ou pour faire face à un projet très important et prioritaire qui la justifie. Hier soir, je n'ai pas entendu un tel discours.

Au final, la raison a prévalu, et c'est tant mieux, même si je regrette la méthode employèe pour y arriver. La politique municipale, ce n'est pas la guerre! L'Opposition doit respecter la Majorité et vice versa. C'est l'interet général qui doit primer. Hier soir, j'ai eu le sentiment que celui-ci était pris en otage au profit de raisons et stratègies avant tout électorales. Je ne crois pas que les Saint-Juliennois y aient gagné au change, car si l'Opposition a incontestablement gagné le match aller grace à un but personnel d'Antoine Vielliard, il faudra attendre le résultat final en 2014 pour connaitre le vrai vainqueur de cet affrontement stèrile mais médiatisé.

Entre temps, la Presse en aura fait ses choux gras, et le dialogue entre la Majorité et l'Opposition se sera détérioré, avec pour corollaire un repli sur soi de la Majorité qui sent bien que sa position est affaiblie. Elle trouvera dans cet épisode une justification supplémentaire pour nous tenir à l'écart de ses réflexions et travaux sur la construction de l'avenir de notre commune. Et, au final, de par notre exclusion des projets à venir, c'est Saint-Julien qui en patira, car nous ne pourrons pas exprimer notre point de vue et contribuer à l'amélioration du fonctionnement et des aménagements futurs de la ville.

Pierre Brunet
Conseiller Municipal de Saint-Julien-en-Genevois
Conseiller Communautaire de la CCG

Les Jeudis du Patrimoine - c'est l'affaire de tous à 16:00 Espace Jules Ferry

Journée du Patrimoine mars.JPG

20/03/2013

Journée Naionae du Souvenir à St Julien

saint-julien,hotel de ville

Hier soir les drapeaux étaient de sortie sur la place de la mairie, et les représentants de l'Êtat avaient mis leurs plus beaux habits pour célébrer la Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc;

Il ne sert cependant à rien de pavoiser si l'on n'est pas capable de présenter correctement le batiment principal de la ville, théatre de toutes les réjouissances et de tous les honneurs républicains.

Quelle pitoyable image donne en effet notre ville à ses administrés quand au fronton de la mairie manquent depuis plusieurs mois 2 lettres  à l'inscription "Hotel de Ville"

saint-julien,hotel de ville


Un exemple significatif du laisser aller de cette municipalité qui reflète bien le peu d'importance qu'elle attache à la préservation et à l'entretien  des batiments publics et qui permet de comprendre pourquoi notre ville est aussi mal entretenue.

Mais l'exemple venant dit-on d'en haut, faut-il s'en étonner?

 

saint-julien,hotel de ville,propreté

 

12:55 Publié dans Saint-Julien, Vie Municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saint-julien, hotel de ville, propreté | | | Digg! Digg | | |  Facebook

09/03/2013

La vie à St Julien vue par Le Figaro

Voici un article paru dans Le Figaro du 6 mars 2003. Un témoignage interessant qui dévoile comment un journaliste "parisien" voit notre ville. Même si tout n'est pas rose dans ce qu'elle décrit, on ne peut s'empécher de penser que de tels articles concourrent à convaincre encore plus de jeunes français à venir tenter leur chance dans notre territoire. Ce qui ne va pas aider à apaiser la pression immobilière ni à résoudre les problèmes de circulation qui nous pourissent la vie.

La Suisse, paradis de l’emploi des jeunes frontaliers

Plus de 50.000 jeunes Français traversent la frontière pour profiter des hauts salaires suisses tout en s’acquittant de loyers plus modérés en France. Témoignages.

 

Ils font l’aller-retour tous les jours, sans regarder en arrière. Sophie habite en Haute-Savoie à Saint-Julien-en-Genevois mais travaille à Genève .Pour parcourir les 8 kilomètres qui séparent les deux villes, elle met parfois une heure voire deux à cause des embouteillages. Tous les matins, une armée de pare-chocs français se rue vers la Suisse .Chaque année, ils sont toujours plus nombreux à construire leur vie professionnelle au-delà de la frontière. Fin 2012, la moitié des 264.000 étrangers travaillant en Suisse est française. Parmi eux, 50.200 jeunes de 20 à 29 ans.

Trajets quotidiens pour salaire de rêve

Depuis le balcon de leur appartement à Saint-Julien, Sophie et son compagnon ont vue sur Genève. Travaillant à seulement quelques kilomètres l’un de l’autre, leurs salaires font le grand écart. Si tous les deux sont ostéopathes, Sophie gagne 5500 euros nets par mois quand son ami n’en touche que 2000 en France. Situation qu’elle qualifie de «complètement incohérente, hallucinante». Lassé, son copain a voulu se faire lui aussi sa place au soleil: il a été embauché en Suisse et commence la semaine prochaine.

A Saint-Julien, un tiers des habitants s’exporte au pays du chocolat et trouve ça «bizarre de travailler en France». Bonnes paies d’un côté et loyers moins chers de l’autre, le pouvoir d’achat n’en est que meilleur. Les jeunes ont vu leurs parents à l’oeuvre durant des années et suivent le mouvement une fois sur le marché de l’emploi. «Une fois le diplôme en poche, on cherche directement en Suisse», confie Matthias. Chaque jour, cet ingénieur en aménagement du territoire prend sa voiture puis deux trains pour arriver au travail. Un trajet largement rentabilisé: à poste et horaires équivalents, il empoche 1500 euros de plus que dans l’Hexagone. Si bien qu’il a déjà acheté son propre appartement en France à seulement 26 ans. «Je rembourse 850 euros mensuels, détaille-t-il. Avec un salaire français, je n’aurais jamais pu être propriétaire si vite».

L’assurance santé, «spéciale frontalier», ne leur coûte qu’une centaine d’euros par mois. Pour le moment. En 2014, le régime pourrait changer et la couverture maladie s’élever à 8% de leurs revenus dorés, ce qui reviendrait à 440 euros mensuels pour Sophie. La jeune femme a déjà étudié le problème. «Au pire, on se fait domicilier en Suisse. Le coup de l’installation fictive, c’est très simple». Tranquille.

«Les Suisses ne veulent pas se salir les mains»

Mais de l’autre côté de la frontière, les Français n’ont pas la cote. Même s’il ne s’élève qu’à 5%, le taux de chômage genevois est le plus mauvais du pays. «Les Suisses pensent qu’on ne fait que leur voler leurs emplois et boucher leurs routes, raconte Matthias. On est leurs immigrés: les responsables de tous les maux».

Aucun scrupule pour ces jeunes Français qui estiment être de la main d’oeuvre bon marché et volontaire. «Les Français font les boulots que les Suisses ne veulent pas faire comme secrétaire ou caissier» continue Matthias. Il y a quelques années, Sophie était serveuse dans un bar suisse, payée 17 euros de l’heure. près de deux fois le Smic horaire français. «Ici, c’est très mal payé! atteste pourtant Sophie. Personne ne voudrait le faire». Son employeur actuel est venu recruter jusque dans son école à Lyon .Il voulait des jeunes prêts à travailler soirs et weekends, pas comme les jeunes Suisses «trop attachés à leur confort».

Même son de cloche chez Frédéric* ,un ancien employé du Golf Club de Genève, qui dénonce même une stratification des postes par nationnalité. «Les locaux ne veulent pas se salir les mains. Ils occupent les hauts postes, les Français ont les intermédiaires: serveurs, barmans, maîtres hôteliers. Et dans l’ombre, à la plonge ou au ménage, ce sont les Portugais, les Espagnols. Sur les chantiers, les Albanais et Kosovars». Il faut tenir la pression: en Suisse, une «incompatibilité d’humeur» avec le patron peut valoir un licenciement .Mais tout justifie un tel salaire, qui leur permet de construire ensuite des villas de rêve dans leur pays natal. «C’est simple: tous ceux qui veulent être proprio vont en Suisse», conclut Frédéric.

Effet boomerang: les Suisses s’installent en France

L’opportunisme marche dans les deux sens. Les Français bénéficient des salaires opulents et les Suisses de la France à prix cassés. «Sur les parkings des supermarchés et centres commerciaux, il y a plein de plaques d’immitriculation suisses», a observé Matthias. En plus des courses alimentaires, certains viennent carrément s’installer en France ,où les loyers sont 30 à 40% inférieurs qu’à Genève d’après Matthias.

Résultat, la pression immobilière traverse elle aussi la frontière. Saint-Julien a beau être une ville dortoir sans un seul bar, Sophie et son copain paient 850 euros par mois pour 35 mètres carrés. Ils n’envisagent pourtant pas de s’installer en Suisse, où «il n’y a rien en dessous de 1600 euros». Elle se demande juste «comment font les jeunes Français qui habitent et travaillent ici». Frédéric pourrait lui répondre aisèment: il vit toujours chez ses parents .

Lucille QUILLET

Cet article n'est pas loin de la réalité que nous vivons au quotidien. Je ne peux cependant m'empécher de penser que la façon dont la journaliste dépeint notre ville, "ville dortoir sans un seul bar" donne du crédit à mon intervention en Conseil Municipal où j'avais osé dire que st Julien était une ville morte. Ce qui m'avait valu des cris d'orfraie de la part des adjoints de la culture et de la vie locale, m'interpellant que je n'avais pas le droit de dire une chose pareille. Je n'ai jamais sous estimé les efforts faits par la Municipalité, et surtout les Associations, pour dynamiser la ville, mais à l'évidence, il faudra en faire plus, ou différemment pour éviter de voir notre ville traitée ainsi. Comme quoi il serait temps que les élus de la majorité voient les choses comme elles sont vécues par les habitants et non pas en fonction de leurs propres perceptions.

17:50 Publié dans Genevois Savoyard, Saint-Julien, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vivre à st julien, paradis frontalier | | | Digg! Digg | | |  Facebook