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06/05/2013

Pour les amoureux du Salève - Panorama grandiose

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Saleve.pps

10:05 Publié dans Haute-Savoie, Porte Sud de Genève - CCG, Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : le salève | | | Digg! Digg | | |  Facebook

26/04/2013

Les Chemins de Fer en Haute-Savoie

André Duval, ancien président de la CCG est opposé au tram de St Julien: il préconise plutôt une liaison ferroviaire entre la ligne SNCF actuelle entre St Julien et Annemasse et la gare de la Praille. Voici ci-dessous une étude sur les chemins de Fer de Haute-Savoie qui ne manque pas d'interet et qui peut enrichir le débat. 

 

Quelques réflexions autour du chemin de fer en Haute-Savoie

 

 Un peu d’histoire :

Les voies ferrées se sont fortement développées en Haute Savoie entre 1850 et 1905 : Culoz vers Geneve (1858) vers Thonon (1880), Aix-les-Bains vers Annecy (1866), vers La Roche (1883), vers Cluses (1890), vers le Fayet (1898) pour les voies normales et d’Annemasse à Samoëns (1892), Annecy à Albertville (1901), Annecy-Thônes (1898), Le Fayet Chamonix (1901) pour les voies métriques.

Après un arrêt jusqu’après la guerre de 1914,  de nombreux projets ont été envisagés dans les années 1920 : Seyssel-Annecy par Frangy, Saint-Julien –Annecy, Fillinges-Boëge et Habère-Poche, Thonon-Abondance et le Biot. Certains de ces projets ont eu des premières réalisations mais aucun n’a été au bout pour manque de finances et pour concurrence avec l’automobile.

Fernand David  va cependant à Paris chercher des crédits pour financer ces infrastructures qui exigeraient plus de 20 000 000 de francs de capitaux et n’obtient qu’un petit million.

Finalement les lignes à voies métriques soit ne sont pas réalisées soit sont abandonnées, la dernière celle de Samoëns en 1959. Il ne reste que la ligne  du Fayet à Chamonix, puis vers Martigny en Suisse.

Un exemple  en Suisse : le Canton des Grisons

Ce canton a connu le même développement des chemins de fer légèrement plus tardivement entre 1880 et 1913 mais uniquement à voies étroites ou métriques. Comme en beaucoup d’endroits en Suisse ce réseau s’est maintenu jusqu’à nos jours et irrigue l’ensemble du territoire avec 360 kilomètres de voies ferrées. Un dernier tunnel de 19km a été creusé et mis en fonctionnement en 1999. Il vient d’être reconnu au patrimoine mondial par l’Unesco. Les raisons de cette réussite : une présence touristique importante en hiver et en été, une homogénéité du réseau, un pays très montagneux, et une réglementation moins technocratique laissant plus de place à l’initiative individuelle. Il faut ajouter à ces raisons aussi une productivité qui n’a rien à envier aux grandes compagnies ferroviaires européennes.

Quelques statistiques 2011: L’entreprise a transporté  10 654 000 voyageurs ou 300 000 000 voyageurs*km, 813 000 tonnes de marchandises, 436 000 voitures pour un chiffre d’affaire de 320 000 000 CHF, les touristes comptent pour 60% des voyageurs mais 80% des recettes correspondantes. L’ensemble des recettes de la clientèle couvre 60% des charges de fonctionnement et 30% de celles d’investissement ce qui est remarquable pour un système de transport collectif.

 En France

Revenons d’abord à la Haute-Savoie qui a vu ses lignes à voies étroites abandonnées ou non réalisées. On peut dire que la seule ligne restante celle qui relie le Fayet à Chamonix et au Valais le doit à sa relation avec la Suisse. Elle connaît actuellement un regain d’intérêt avec aux heures de pointe une fréquence de passage de l’ordre de 20 minutes. Par ailleurs pour le réseau à voies normales les lignes ne sont qu’à voie simple et donc de capacité limitée. Peu de travaux ont été réalisés depuis l’électrification. Pour des raisons bien obscures des aménagements comme le shunt d’Etrembières  sont toujours en question sans début de réalisation. Peut-être que la décision du doublement de la voie Aix-les Bains Annecy a été prise.

 

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En jaune, le tracé du shunt d'Etrembieres qui permet un acces direct à la vallée de l'Arve

 

 

 

 

Une étude menée sous l’égide du ministère de l’environnement décrit une situation assez catastrophique des chemins de fer français.  Tous les investissements ont été consacrés depuis 20 ans au seul TGV, les lignes normales n’ont pas été entretenues et beaucoup en mauvais état obligent à des ralentissements anormaux.

Les TER en  charge des Régions ont une rentabilité très faible, seules 25% des charges sont couvertes par les recettes clients. Tout compté les recettes globales de la SNCF couvrent 50% des charges. La coordination entre TGV, TET, Trains intercités, TER est loin d’être optimale. Selon cette étude il faudrait décider d’un moratoire sur les nouvelles lignes TGV dont les rentabilités sont moindres que les premières réalisées, celles-ci  couvrant, il est vrai, la totalité de leurs charges de fonctionnement.

La productivité de la SNCF a pris un  certain retard par rapport aux chemins de fer allemands qui se sont ouverts plus largement à la concurrence. Ceux-ci ont aussi bénéficié d’une politique plus volontariste d’effacement de leurs dettes, alors qu’en  France on n’a utilisé qu’une manière déguisée de soustraire les dettes à l’exploitant en séparant SNCF et RFF.

La même étude constate que le chemin de fer est adapté à deux types de besoins : celui des liaisons entre grands centres de population, et celui des services de banlieues pour les pendulaires. En dehors de ces utilisations, l’automobile ou l’autobus du coté du transport de personnes ou le camion coté transport de marchandises par leur souplesse sont mieux adaptés, oubliant ici les problèmes environnementaux*. On le verra dans le chapitre suivant le moyen de transport efficace pour l’intérieur des zones denses semble être le tramway.

* Pour un voyage aller-retour à Lyon Perrache depuis Saint-Julien-en-Genevois un bus rempli à 60% a coûté 17,5 € par personne, le billet de train aurait coûté 55 €,  de plus l’horaire du bus était à la demande. Notons toutefois que nous n’avons pas évalué ce qu’aurait coûté le billet de groupe auprès de la SNCF.

Transport et Genève

Il est intéressant d’analyser maintenant le système de transport dans l’agglomération genevoise, il concerne de manière assez notable l’ensemble du département. Les mouvements pendulaires sont, du fait d’une séparation de plus en plus nette entre les emplois qui sont à Genève et les habitants en France, très lourds.

D’abord le train est utilisé pour deux directions, celle de Lausanne avec des fréquences de moins d’un quart d’heure aux heures de pointe et celle de Bellegarde avec une moindre fréquence de l’ordre de la demi-heure. Pour des distances respectives de 60km et 35 km les temps de parcours sont de 48 et 34mn ce qui est très satisfaisant.

Ensuite à l’intérieur de l’agglomération, ce sont les trams qui ont la meilleure rentabilité si on oublie les coûts d’infrastructure, la couverture des charges de fonctionnement par les recettes de transport est de l’ordre de 50%. Les vitesses commerciales sont en moyenne de 15kmh avec une ligne à 19kmh. Les trolleybus ont des résultats du même ordre 47% de taux de couverture, vitesses commerciales équivalentes entre 13 et 16kmh50. Enfin le troisième moyen, l’autobus, a des caractéristiques beaucoup plus dispersées. Les voies réservées en particulier devant les feux de circulation leur permettent des vitesses allant jusqu’à 25kmh, mais les taux de couverture des charges varient de 7% pour les lignes dites petites à 54% pour une grande ligne.

Quelques premières conclusions.

Les statistiques de l’INSEE donnent une bonne référence pour discuter de la place de chacun des moyens de transport sur le département et vers Genève en particulier. Ce qu’elles disent : en moyenne les Français habitent à 26-30km du lieu de travail et leurs trajets sont de l’ordre de 35minutes. Ainsi les frontaliers qui habitent à l’intérieur de ces 30km ne devraient pas mettre plus de temps pour aller travailler.

On a vu que le train offrait une solution admissible selon ce critère aux habitants de Bellegarde. Le tramway ne peut pas être pris en considération vu sa vitesse de service pour ces frontaliers, sinon partiellement en fin de trajet. La même conclusion peut être tirée en ce qui concerne le trolleybus. La voiture individuelle, si la route n’est pas encombrée par les pendulaires, et l’autobus s’il peut éviter les goulots d’étranglement grâce aux voies réservées, seraient sous ces conditions des solutions intéressantes. Mais la réservation sur longue distance en zone rurale est difficilement concevable. Donc dans beaucoup de cas le train reste la seule solution. C’est pourquoi pour l’entrée sud de Genève le barreau sud(liaison entre la voie Saint-Julien-Bossey et la gare de La Praille) est indispensable, le CEVA pouvant apporter la solution pour l’est de la Savoie du nord. Le tram de Saint-Julien  pour le territoire au delà de Saint-Julien  n’a que très peu d’intérêt, ne pouvant être qu’une partie du trajet parmi un minimum de trois et donc de durée supérieure à l’heure, la solution BHNS (bus à haut niveau de service) aurait été une solution  suffisante et plus sage, vu son intérêt limité,permettant au barreau sud de gagner plusieurs années.

 

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Un tracé ferroviaire(en rouge) proposé pour relier la ligne SNCF du Salève à la gare de la Praille

 

On pourrait rêver que les projets envisagés dans les années 1920 soient tous réalisés et que la Haute-Savoie bénéficie d’un réseau complet de trains du type de celui des Grisons.  Il apporterait des solutions à beaucoup de problèmes pour les pendulaires vers Annecy et Genève, pour les accès aux stations de ski ….Son coût réduit, infrastructure et matériels roulants, par rapport à un réseau à voies  normales est un grand avantage.

André Duval
mars 2013

Je me suis permis, pour une meilleure compréhension et visualisation de ce que propose Andé Duval d'inclure 2 cartes qui illustrent ce qu'il en est du shunt d'etrembières, qui permet d'éviter l'arret en gare d'Annemasse pour aller vers la vallée de l'Arve, et aussi d'un tracé possible(approximatif) reliant la ligne SNCF St Julien-Annemasse à la gare de la Praille (avec connexion au CEVA).

Si la proposition d'André offre une bonne réponse aux problèmes de transport du territoire sud de Genève, elle me parait être entachée de 2 faiblesses.

Au jour d'aujourd'hui, le projet de tram vers St Julien semble être acté par Genève et la Confédération qui est prête à en prendre 40% à sa charge. Proposer cette nouvelle option risquerait à mon sens de menacer la probabilité de voir le tram se réaliser sans aucune garantie que ce projet ne soit approuvé, car on sait à quel point les genevois n'aiment pas voir leur campagne dénaturée.

D'autre part, s'il n'existait pas une voie directe Bellegarde - Genève, une telle proposition prendrait tout son sens, mais du fait qu'elle existe, je ne pense pas que les Genevois soient favorables, pour les mêmes raisons environnementales, à un nouveau tracé dans la campagne qui ne serait utile qu'aux frontaliers français.

Ce qui ne veut pas dire qu'une telle solution ne s'impose pas à la fin du XXIème Siècle, car évidemment elle a du sens. Selon la bonne règle du "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", je considère que notre intéret à court terme est de soutenir le projet du tram. Quiand nous l'aurons, on pourra voir......

12/03/2013

Y a t-il trop de communes en France?

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion de discuter longuement avec André Duval, sur l'opportunité, voire la nécessité impérieuse de réduire le nombre de nos communes en France. J'ai alors trouvé en André un farouche opposant à une telle réforme, ce qui n'a pas manqué de me surprendre quand on sait qu'André Duval a été successivement(et non à la fois*) maire de Chenex et Président de la Communauté de Communes du Genevois. C'est pourquoi j'ai souhaité lui donner la possibilité d'exprimer ici son opinion iconoclaste, mais qui ne manque pas d'interet.

 

Les communes françaises

Sont elles trop nombreuses ?

 

Depuis plusieurs dizaines d’années il est question de faire disparaître notre riche réseau de communes. Les raisons invoquées ne reposent jamais sur des études précises ou des analyses approfondies, mais sont bien souvent éloignées du sujet, ou superficielles, ou fondées sur des comparaisons partielles. Nous allons essayer d’en faire le tour pour les débusquer et montrer que, comme la population le ressent, ces collectivités sont celles qui donnent le mieux le sens de la démocratie.

 

Commençons par l’argument que l’on entend souvent et qui est le plus facile à démonter : le mille-feuille de nos administrations. Si nous nous en tenons aux collectivités locales le nombre de niveaux est partout à peu près le même. En Allemagne  nous trouvons en allant de bas en haut les communes, les arrondissements (Kreiss), les régions (les Länder), l’Etat fédéral. Mais, bien souvent, les villages d’origine ont conservé quelques pouvoirs avec une assemblée élue.  Dans le canton de Vaud qui est très comparable à notre Haute-Savoie en nombre d’habitants et en superficie, nous avons les communes, les districts, les cantons puis la confédération. Les communes y disposent de six à sept formes de collaboration, les équivalents de nos EPCI. Alors pourquoi ce sentiment en France ? A cause de la centralisation administrative.

 

Comment expliquer la centralisation  administrative ? Dans un pays qui en est dépourvu, tous les problèmes de la vie courante peuvent être traités par un service communal, car même si les institutions de niveau supérieur assument une responsabilité sur le sujet concerné, celles-ci vont la déléguer à l’entité inférieure, l’Etat à la région, la région au département, le département à la commune, avec  des règles intégrant leurs politiques. En France cette délégation n’existe pas et chaque institution voudra intervenir jusqu’au citoyen, souvent sous forme d’une territorialisation de services ad hoc, ainsi en est-il des services sociaux du département « cantonalisés », mais aussi des sous-préfectures et des préfectures. Le citoyen français devra alors pour résoudre son problème s’adresser aux institutions de chaque niveau. Par exemple s’agissant de problème de garde d’enfants, il devra s’adresser aux Allocations Familiales, institution dépendant de l’Etat, aux services territorialisés de la petite enfance dépendant du département, puis au relais assistante maternelle dépendant de la communauté de communes. Il est clair que dans ce cas l’administré a de bonnes raisons d’être exaspéré devant une telle désorganisation. Par ailleurs ce système est très cher pour la collectivité avant d’être très coûteux en temps et déplacement pour l’utilisateur. Dans une organisation vraiment décentralisée, grâce au principe de délégation, la personne intéressée n’aurait eu à se rendre qu’à un seul endroit pour trouver la solution à son problème, le plus souvent un service de sa commune ou de sa communauté de communes. Elle ne se serait pas aperçue de l’existence d’un soi-disant mille-feuille.

 

Le deuxième argument très journalistique : le nombre de communes en France serait exagérément grand par rapport à celui des autres pays européens. Faisons la comparaison avec des territoires qui nous sont proches. L’Allemagne a effectivement beaucoup moins de communes que la France, 12 227 contre environ 36 000. Plusieurs observations : le territoire germanique est plus petit que la France de l’ordre de 30 %. Ensuite, par le fait d’une plus grande densité démographique, le nombre d’agglomérations y est forcément plus réduit par le phénomène d’agrégation. Néanmoins, 57 % des communes allemandes ont moins de 2 000 habitants  et 22 % ont moins de 500 habitants. Enfin ce nombre de communes n’est pas très également réparti. Observant l’Etat de Rhénanie Palatinat qui jouxte la France et qui s’en rapproche par sa géographie relativement plus rurale, pour 4 millions d’habitants le nombre de ses communes s’élève à 2 306 dont 1 610 ont moins de 1 000 habitants. Pour ce land le rapport du nombre de communes au nombre d’habitants est plus ou moins équivalent à celui de notre pays. Continuons cette comparaison avec un canton suisse, celui de Vaud, qui est proche par le nombre d’habitants, 697 802 et par la superficie 3 212 km², du département de la Haute-Savoie, respectivement 740 000 habitants et 4 234 km². Le nombre de communes y est de 375 dont 18 ont moins de 100 habitants, 186 moins de 500, 265 moins de 1 000, alors que celui du département cité est de 294 communes. Nous pouvons continuer avec le pays d’Aoste qui nous reste proche par l’histoire, cette région autonome de 120 000 habitants et 3 263 km² a 72 communes dont 28 ont moins de 500 habitants et 44 moins de 1000. Avec ces données on peut voir que l’argument du nombre excessif de communes dépend du mode de comparaison que l’on adopte.

 

Troisième argument : toutes ces communes sont trop coûteuses. Alors faisons des analyses statistiques, et qu’en tirons-nous ? Deux observations majeures : en France les charges de fonctionnement par habitant comme les charges de personnel croissent avec le nombre d’habitants, les investissements par habitant sont plus stables (1). Cela veut dire que les fusions de communes sont sources de coûts supplémentaires et non d’économies. On peut argumenter sur le fait que les services sont plus importants dans une ville plus grande, mais avec l’intercommunalité cet effet a tendance à disparaître puisque ces services sont de plus en plus pris en charge par la communauté de communes. Et dans tous les cas et à moins d’avis contraire des populations concernées, celles-ci préfèrent garder leurs communes au risque de bénéficier de moins de services, plutôt que subir la centralisation et des coûts plus élevés. Il est intéressant de revenir au cas allemand ; comme les statistiques sont données par land, on peut faire une comparaison et il en ressort que le coût par habitant, pour la somme des dépenses par les länder et les communes, est inférieur en général dans les régions où il y a plus de communes, ce qui est le cas pour l’exemple de la Rhénanie Palatinat où la dépense par habitant est de 4590 € alors que la moyenne est de 5062 €. Pour être encore moins discutable les coûts de fonctionnement des communes seules sont aussi moindres que la moyenne. Cet argument est donc injustifié là aussi.

 

Alors que reste-t-il pour vouloir faire disparaître ce réseau de lieux de démocratie très vivante ? Deux expériences récentes : l’une dans le cadre d’une discussion à l’intérieur d’un parti, l’autre à Genève. La première dans une réunion à Paris où de nombreux participants disaient qu’il fallait en finir avec ce grand nombre de communes ; quand il leur est demandé de donner leurs arguments, un juriste de renom répond : ces maires ruraux jouent un rôle trop important dans les élections sénatoriales, en en diminuant le nombre cet effet s’amenuiserait.

La même question est posée à un membre de la Constituante genevoise, en cours de réflexion actuellement, qui voulait demander la réduction du nombre de communes à Genève : ces maires des petites communes jouent un rôle trop important du fait de leur nombre, répond-il. En réalité ceci démontre que la réduction du nombre de communes n’est pas demandée par les intéressés eux-mêmes qui se plaindraient du peu de services offerts par leur commune, mais par les urbains jaloux de la démocratie mieux vécue dans les petites communes.  

 

Après avoir démonté les faux arguments de ceux qui veulent éliminer les petites communes, il nous reste à expliciter pourquoi elles devraient subsister. Il faut alors revenir aux principes de la démocratie et en particulier à celui de la subsidiarité qui veut que chaque responsabilité soit assumée au plus près de la population concernée. Ainsi en France la commune assume la responsabilité de ses écoles primaire et maternelle, de la cantine et de son service de garderie, de son aménagement grâce au PLU, de son réseau de distribution de l’eau potable, de son réseau de routes et chemins, de l’animation de sa propre population, et pour ce faire,

d’équipements locaux tels que salle communale, terrains de sport, etc. Mais plus important encore, elle est la réalisation de la vie démocratique vécue au plus près.

 

Revenons à la règle avant d’en déduire les avantages. Tocqueville écrit : « De là cette maxime que l’individu est le meilleur comme le seul juge de son intérêt particulier et que la société n’a le droit de diriger ses actions que quand elle se sent lésée par son fait, ou lorsqu’elle a besoin de son concours…. La commune prise en masse et par rapport au gouvernement central n’est qu’un individu comme un autre, auquel s’applique la théorie que je viens d’indiquer ».

 

Pour les avantages citons le philosophe humaniste Yves Simon, appuyé par un autre philosophe humaniste ayant participé à la rédaction des droits de l’homme après la deuxième guerre mondiale, Jacques Maritain : «… savoir que toute fonction qui peut être assumée par l’inférieur, doit être exercée par l’inférieur, à peine de dommage pour l’ensemble tout entier. Car il y a plus de perfection dans un ensemble dont toutes les parties sont pleines de vie et d’initiative que dans un ensemble dont les parties ne sont que des instruments traversés par l’initiative des organes supérieurs de la communauté ». Dans le même sens Tocqueville écrit : « Or ôtez la force et l’indépendance de la commune, vous n’y trouverez jamais que des administrés et point de citoyens ». Il dit à un autre endroit : « Les institutions communales sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la science ; elles la mettent à la portée du peuple. …. Sans institutions communales (libres) une nation peut se donner un gouvernement libre, mais elle n’a pas l’esprit de liberté. » Donc nous pouvons facilement admettre que l’exercice de l’autonomie communale est propre à former les citoyens à la liberté, à l’initiative, à la création. Par opposition la centralisation administrative « n’est propre qu’à énerver les peuples qui s’y soumettent, par ce qu’elle tend sans cesse à diminuer parmi eux l’esprit de cité ».

 

On doit ajouter au nombre des avantages à l’application du principe de subsidiarité tel que défini ci-dessus, l’efficacité. Il n’y a aucune économie d’échelle à vouloir gérer par une même administration des objets différents et distants. Les économies d’échelle n’existent qu’à la condition de rassembler en un seul élément plusieurs éléments dispersés. Dans l’autre cas le phénomène d’entropie intervient, comme il le fait dans toute administration qui grossit. Plus elle est importante plus elle se perd dans son organisation propre, plus elle doit passer de son temps à se coordonner, à se gérer. Nous avons là au moins une partie d’explication au coût croissant par habitant du personnel lorsque le nombre d’habitants d’une commune croît, ce que l’on a observé plus haut en France et en Allemagne.

 

Ainsi il apparaît clairement que la volonté de réduire le nombre de communes non seulement ne repose sur aucun argument valable mais en plus va à l’encontre de l’intérêt général : esprit de citoyenneté, efficacité. Nous avons fait appel au principe de subsidiarité, nous ne le récusons pas concernant les communautés de communes, il y a effectivement des responsabilités qui doivent être assumées à cette échelle et la décentralisation administrative devrait conduire à lui donner encore plus d’importance. Pour revenir à l’Allemagne les dépenses communales, qui peuvent correspondre à celles des communes augmentées de celles des communautés de communes françaises, sont très nettement supérieures à celles enregistrées en France, alors que la dépense cumulée de tous les échelons y est presque inférieure. La raison en est évidemment l’absence de centralisation administrative, comme le pays s’en félicite.

 

André Duval

 

Quelques annexes pour étayer l'argumentation d'André

 

Exemples pour comparaison

 

 

andré duval,communes,intercommunalité,ccg,ifrap,mots croisés



 

Duval article.JPG


 

Duval article2.JPG


Il n'est pas anodin de noter qu'hier soir, invitée de l'émission Mots Croisés sur France 2, Agnes Verdier-Molinié de l'IFRAP ( Institut Français pour la Recherche sur  les Administrations Publiques) reprenait les thèmes d'André Duval en indiquant que les différentes strates de l'Administration Publique étaient incapables de déléguer une compétence au niveau inférieur sans continuer à se méler de la gestion de celle-ci, créant par là même les doublons et les surcouts, sans parler de l'inefficacité, qu'André Duval dénonce dans son texte.

 


Si le texte d'André ne me fait pas changer d'avis sur la nécessité de fusionner les toutes petites communes (moins de 500 habitants), je reconnais qu'il y a beaucoup de vrai dans ce qu'il écrit, et en particulier sur les méfaits de la centralisation administrative.Toute nouvelle réforme devrait en tenir compte. Quant à la démocratie, il est clair qu'aujourd'hui le transfert des compétences de la commune à l'intercommunalité, dont les élus ne sont pas directement élus par le peuple, constitue une régression.


C'est pourquoi, si je considère qu'il est normal de donner les compétences techniques telles que  Eau, Assainissement ou Déchets à la Communauté de Communes, je suis farouchement opposé au transfert de la compétence Petite Enfance de la commune à l'intercommunalité.  Toute compétence qui s'occupe de l'humain doit rester au plus près de la population.


C'est pour cette raison que je m'opposerai à ce transfert de compétence qui est programmé pour cette année dans notre canton .

 


* Rappelons qu'une fois élu à la Présidence de la CCG, André Duval décida de démissionner de son poste de maire de Chenex, fonction qu'il reprit après avoir abandonné la présidence de la Communauté de Communes du Genevois.

20/02/2013

Le Genevois Français doit-il rougir du Pays de Gex?

Centre Commercial FREY - St Genis.JPG

Publiée jeudi 31 janvier 2013 dans Le Dauphiné Libéré, ci dessus est la photo du futur Cente Commercial que la société FREY prévoit d'inaugurer à St Genis-Pouilly en 2016: Un investissement de 100 Millions d'euros qui va créer 500 emplois, sans parler de la richesse induite qui sera générée par l'implantation d'un tel vaisseau au sein de la commune frontalière du Pays de Gex, qui, rappelons le, compte moins d'habitants que St Julien-en-Genevois.

Ce développement chez nos voisins du Pays de Gex me conforte dans l'idée que notre commune de St Julien manque d'ambition. Je l'avais déjà évoqué lors d'un précédent Conseil Municipal, et je ne peux que constater que nous passons à coté d'opportunités qui seraient je le crois bénéfiques au développement économique de notre commune et à l'emploi.

13/02/2013

Excellente nouvelle : Une nouvelle ligne de bus pour le Genevois Français

Ligne M-1.JPG

Dès le lundi 18 février, la ligne M reliera Archamps à St Julien, améliorant la desserte vers Genève et St Julien depuis Archamps et Archamps Technopole. Une très bonne nouvelle pour les personnes travaillant sur la Tehnopole et pour ceux qui souhaitent se raccorder au réseau genevois à Croix de Rozon.

Ligne M-2.JPG

Ci-dessous les horaires de la ligne M: en cliquant sur l'image, vous pourrez lire ou imprimer les horaires des bus tout au long de la semaine (sauf dimanche).

Ligne M-3.JPG

03/02/2013

La Galerie commerciale d'Archamps Technopole prend un nouveau départ

Galerie Archamps.JPG

Comme l'indique l'article ci dessus paru dans Le Messager du jeudi 24 janvier 2013, on peut espérer voir la galerie commerciale d'Archamps Technopole jouer enfin un rôle moteur dans l'attractivité commerciale et de loisirs de notre canton.

Après la fermeture du bowling de St Julien, nul doute que l'annonce de l'ouverture de 18 pistes de bowling à Archamps réjouira les nombreux amateurs de ce sport. De plus, la complémentarité d'un tel équipement avec le Multiplex Cinéma Gaumont n'est pas à prouver. Une telle attractivité pourrait aussi contribuer à faire les beaux jours des restaurants du rez de chaussée de la galerie.

Pour ma part, je regrette cependant l'absence d'un commerce de destination "locomotive" qui aurait exercé un fort pouvoir d'attraction sur la zone de chalandise de la Technopole, et donc favorisé la réussite des commerces et loisirs installés sur le site.

Bonne chance à ce projet qui va dans le bons sens!....

10:42 Publié dans Loisirs, Porte Sud de Genève - CCG | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : archamps technopole, bowling, cinéma gaumont | | | Digg! Digg | | |  Facebook

25/10/2012

Le Centre d'Immunologie Pierre Fabre se développe à St Julien

Notre territoire devient un acteur majeur de l'industrie des bio technologies. Outre le Bio-Park d'Archamps qui monte en puissance, rappelons qu'à St Julien en Genevois, le Centre d'Immunologie Pierre Fabre a trouvé un terrain d'accueil très favorable, propice à son développement, comme le montre l'article du Dauphiné Libéré ci dessous.

Labo Pierre Fabre.JPG

13:41 Publié dans Economie, Porte Sud de Genève - CCG, Saint-Julien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pierre fabre, st julien, bio park | | | Digg! Digg | | |  Facebook

20/09/2012

Conférence : A qui profite Le Grand Genève

Saluons l'initiative de La Tribune de Genève qui organisait hier soir à l'espace Louis Simon de Gaillard une conférence publique sur le Grand Genève, afin de comparer les vues françaises et suisses sur ce grand projet transfrontalier appelé à mettre de l'ordre dans le développement de notre bassin de vie.

6 conférenciers étaient appelés à exprimer leur point de vue face aux questions de l'animateur Mr Pierre Ruetschi, rédacteur de La Tribune de Genève.

 

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Coté français

Mr Bernard Gaud, Président de la CCG et Président en exercice de l'ARC
Mr Christian Dupessey, Maire d'Annemasse et Conseiller Régional de Rhône-Alpes
Mr Antoine Vielliard, Conseiller Général de Haute Savoie et conseiller municipal à St Julien en genevois

Coté suisse

Mr David Hiler, Conseiller d'Etat (Vert)
Mr Eric Stauffer, Député et Conseiller Administratif d'Onex (MCG)
Mr Daniel Rosselat, Syndic de Nyon

David Hiler a rappelé en préambule que Genève avait connu une croissance très, voire trop, forte ces dernières anées avec 30000 emplois créés entre 2005 & 2008. Cette croissance incontrôlée est à l'origine de nombre des problèmes qui touchent le territoire du Grand Genève, d'autant plus que, David Hiler ne l'a pas caché,  Genève n'a pas, et de loin, tenu ses engagements en matière de construction de logements (2500 par an avaient été envisagés pour Genève au moment de la signature du premier Projet d'Agglo). Ce laxisme genevois a été rendu possible par le filet de sauvetage que représente la France voisine qui elle a construit les logements dont Genève manque de plus en plus cruellement. A tel point que Bernard Gaud l'a rappelé, 2/3 des nouveaux logements crées dans la première couronne en France sont achetés par des Suisses. Le président de la CCG a aussi affirmé que la France construisait mieux désormais, en limitant le mitage de son territoire.

L'attractivité de Genève a attiré une nouvelle population venant d'Europe, qui est venue, au grand dam de Mr Staufer, se substituer à la population frontalière " de souche", faisant grimper les traversées de la frontière à 550000 passages/jour, pour une population frontalière travaillant à Genève de 90000 frontaliers, dont 25000 de nationalité suisse qui se sont installés en France voisine dans les 10 dernières années. David Hiler prévient cependant qu'il faut s'attendre à un fort ralentissement de la croissance dans les années qui viennent, en partie à cause de la crise mais surtout tant l'accroissement du coût de la vie a rendu Genève désormais moins attractive pour les multinationales.

C'est d'ailleurs un point sur lequel il y a eu unanimité: la croissance des dernières années a été trop forte, entrainant un changement trop rapide dans le mode de vie des habitants. Mr xxx a d'ailleurs signalé que le Canton de Vaud avait refusé l'installation de nouvelles entreprises "exterieures" sur son territoire afin de "protéger" les entreprises locales et de ne pas handicaper leur développement à l'avenir. Dans le même temps, le district de Nyon a construit 7500 logements depuis 10 ans, alors que Genève a été suffisamment " maligne" pour préserver sa campagne, grace à sa législation. Le résultat: une augmentation de 6% des emplois pour seulement 2.5% de logements.

Tout le monde s'accorde à reconnaitre que la pénurie de logements à Genève est à l'origine des principaux probèmes de notre territoire: l'absence de logements à Genève oblige les résidents genevois à s'installer en France voisine, ce qui, combiné avec leur fort pouvoir d'achat exacerbé par un taux de change anormalement favorable, a généré une hausse intolérable des prix de l'immobilier dans le Genevois français , le Pays de Gex ou le Chablais, forçant les résidents de la première couronne qui ne travaillent pas en Suisse, soit à aller travailler à Genève, soit à émigrer vers la deuxième ou troisième couronne, créant par la même des problèmes de circulation de plus en plus sévères.

S'il y a accord sur le diagnostic, on ne peut s'empècher de constater que les solutions proposées ne sont pas foison. Dans cette optique, on peut noter la proposition de Mr Etienne Blanc, député maire de Divonne qui rappelle que 400 000 fançais traversent chaque jour les diverses frontières européennes de notre pays pour travailler hors de France, alors que seulement 10 000 étrangers font le chemin inverse. Pour pallier ce problème spécifiquement français dans notre région, il préconise l'instauration d'une zone franche d'activités de 40 km² autour de l'aéroport de Genève, avec un droit fiscal et social spécifique, mais sur le territoire français. Idée qui suscite une grande méfiance en France, et même en Haute-Savoie,  dès que l'on s'éloigne du territoire du Grand Genève.

Pour David Hiler, le manque de solutions provient en partie d'une forte opposition des habitants envers la construction de nouveaux logements, tandis qu'Antoine Vielliard fait remarquer que nous sommes probablement la seule agglo au monde qui met sa périphérie au dela d'une ceinture verte qu'est la campagne genevoise; ceinture verte qui devient chaque jour un peu plus asphyxiée par les voitures qui la traversent pour relier les "banlieues françaises" à la ville centre.

Face à ce problème de mobilité croissant, chacun s'accorde à privilégier les transports en commun, avec cependant des désaccords sensibles:

David Hiler trouve ridicule de prolonger les trams vers les banlieues périphériques françaises, leur préférant largement le train, comme cela se fait avec le canton de Vaud. C'est pourquoi s'il est un farouche partisan du CEVA, il est beaucoup plus réservé sur les projets de tram vers St Julien ou St Genis-Pouilly. Eric Staufer villipende quant à lui le maire d'Annemasse qui a supprimé le parking autour de la gare d'Annemasse, ce à quoi Mr Dupessey répond que les parkings se feront plus loin (Reignier, La Roche.....) puisque le CEVA irriguera non seulement Annemasse mais toute la Haute-Savoie. Quant à Antoine Vielliard, il fait remarquer que l'étalement urbain couvre près de 100 kms autour de Genève, alors que l'un des problèmes cruciaux est lié au financement des infrastructures, sachant que le 1% patronal qui finance de nombreux transports en France défavorise la région frontalière puisque les entreprises suisses qui emploient des frontaliers en sont exonérées. Il demande ainsi que les frais de fonctionnement des transports transfrontaliers soient financés à hauteur de ce qu'est la ponction fiscale: soit 80% pour Genève et 20% pour la France.

La parole ayant été donnée au public, j'en ai profité pour proposer à nos amis suisses de plancher sur un projet qui m'est cher: la crétion d'une gare de pré-embarquement pour l'aéroport à Bardonnex, avec un service de bus express sur l'autoroute pour relier la gare de préembarquement à l'aéroport. Je peux dire avec fierté que cette idée a suscité un vif interet tant chez Mr Hiler que Mr Staufer, et j'espère qu'à partir de là, on pourra mener les études en vue d'avancer sur un projet hautement symbolique en terme d'aménagement trans-frontalier de notre territoire. Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce projet que j'ai imaginé il y a déja 3 ans, je vous invite à cliquer sur le lien ci-après: une gare de préembarquement à Bardonnex

Pour conclure, je ne peux que me féliciter de cette initiative de La Tribune de Genève, qui au vu de la nombreuse assistance présente (pres de 400 personnes) a montré que le sujet interessait grandement la population du Grand Genève, puisque tel est désormais le nom de notre bassin de vie. D'autre part, il est essentiel de tisser des liens trans frontaliers et de se parler entre Français et Suisses pour trouver des solutions gagnant-gagnant plutôt que de monter les populations les unes contre les autres de part et d'autre de cette frontière qui depuis 15 ans fond comme neige au soleil.