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07/05/2010

La Finance de marché: une arme de destruction massive

Avec les nouveaux soubresauts que connaissent de nouveau les bourses mondiales, et les risques grandissimes qui pèsent désormais sur les états (la Grèce aujourd'hui, l'Espagne demain?), nombre de gens sensés s'inquiètent sérieusement et pensent que le monde est devenu fou, et principalement ceux qui sont au coeur de son activité névralgique, à savoir les acteurs de la finance mondiale. Le sujet étant d'une complexité formidable, j'ai demandé à mon ami Eric Bertier, l'un des premiers "Golden Boys" dans les années 80, et qui connait parfaitement ce milieu, de nous faire part de son analyse sur ce qui se passe aujourd'hui; et cela fait froid dans le dos.... surtout venant d'un homme parfaitement au fait de ce qui se passe dans les salles de marché, et peu suspect de dérive anti-capitaliste ou ultra-gauchiste.

 

C'est  en lisant de tels articles, que les vrais défenseurs du Capitalisme, celui qui nous a permis d'atteindre ce niveau de vie exceptionnel, jamais atteint dans l'histoire de l'humanité, que ses vrais défenseurs donc, doivent trouver la force et le courage d'attaquer et de détruire sans pitié cette finance pervertie et dévoyée (quelques dizaines de milliers de personnes au total dans le monde) qui n'a rien à voir avec l'esprit d'entreprise et qui menace de tout faire sauter, si rien n'est fait pour la contrer au plus vite.

 

Je laisse donc la parole à Eric Bertier.

 

 

La Finance de marché : une arme de destruction massive

 

 

J’ai débuté ma vie professionnelle en 1980 à New York, au sein de la vénérable institution du nom de Morgan Guaranty Trust Company. A cette époque, la Finance regroupait les opérations de trésorerie, le marché des changes et des taux d’intérêts, les marchés d’actions et  la « banque d’investissement » dont la fonction la plus prestigieuse, les fusions/acquisitions, consistait à conseiller et accompagner les grandes entreprises internationales dans leurs projets de développement.

La finance était avant tout une activité au service des clients industriels et commerciaux  et sa créativité était mise au service de la croissance économique.

 

Les banques américaines étaient encore sous le joug de la loi « Glass Steagall » de 1933, séparant hermétiquement les activités de banque de dépôt et de banque d’affaire, pour éviter la contagion désastreuse de la crise de 1929.

 

Les produits dérivés existaient essentiellement aux Etats-Unis, et la majorité d’entre eux avait un sous-jacent dans l’univers des matières premières. Il s’agissait de permettre aux producteurs et aux acheteurs de couvrir leurs risques respectifs sur un marché organisé, standardisé et règlementé. L’année 1977 avait vu la naissance du contrat à terme (futures) sur l’obligation du Trésor Américain à 30 ans, suivie par l’introduction au début des années 80 des contrats sur devises et finalement sur la plupart des principaux instruments financiers; mais dans l’ensemble, le but poursuivi était avant tout le transfert des risques entre émetteurs et investisseurs, et l’ajout d’une grande flexibilité dans la gestion d’un portefeuille.

 

La spéculation a toujours eu cours, en tout cas depuis qu’il existe des marchés qui concentrent les intérêts divergents de leurs participants. Elle a une fonction essentielle, qui consiste à s’interposer temporairement entre acheteurs et vendeurs de « couverture » (hedgers, de l’anglais to hedge, protéger, couvrir un risque) pour assurer la liquidité et la profondeur des marchés. C'est-à-dire permettre aux acteurs principaux (par ex.producteurs, émetteurs) de trouver un prix et une quantité suffisante à tout moment, y compris en l’absence de contrepartie (par ex.acheteurs, investisseurs).

 

WS01.jpgCe qui a fondamentalement changé ces dernières années, c’est le pouvoir destructeur de cette spéculation par le biais des produits dérivés, d’une complexité toujours croissante, et toujours plus éloignés de l’instrument sous-jacent qu’ils sont censés représenter. Ainsi, les tristement célèbres CDO (Collateralised Debt Obligations)  sont infiniment plus dangereux et difficiles à évaluer que les emprunts hypothécaires classiques dont ils dérivent.

 

Avec les Credit Default Swaps (CDS) dont la dernière victime collatérale est la Grèce, on arrive à un niveau encore supérieur qui nous permet d’assimiler ces instruments à des armes de destruction massive.

Comme souvent, l’idée de départ est bonne et apporte un progrès dans le monde de la finance. Il s’agit de dissocier le risque de crédit associé à un émetteur  de la dette elle-même.

 

Ainsi, un investisseur soucieux du risque de faillite d’une institution peut aller acheter une « assurance faillite » à une banque d’affaire ou une compagnie d’assurance. Cette assurance, le CDS évoqué ci dessus, permettra (je simplifie) à l’investisseur qui le possède d’échanger son obligation en défaut de paiement contre le paiement du nominal de celle-ci.

Si l’assureur, autrement dit le vendeur du CDS, intervient sur de très nombreux dossiers, il diversifiera suffisamment ses risques pour supporter les –théoriquement-rares faillites ou restructurations grâce aux primes encaissées. Jusqu’ici ça ressemble à une banale assurance accident, l’automobile étant remplacée par une dette.

 

im sdm.jpgCe qui complique singulièrement le phénomène, c’est l’intervention de spéculateurs puissants (particulièrement les Hedge Funds non règlementés) dans ce marché, en dévoyant le but recherché, le transfert du risque, pour enregistrer des gains gigantesques et sans aucune contrepartie économique si ce n’est l’enrichissement de clients déjà très fortunés. Comme toujours, les départements de trading pour compte propre des principales banques suivent et amplifient le mouvement.

Les CDS étant échangés de gré à gré, et non pas sur une bourse règlementée, rien n’encadre leur vente et surtout rien n’oblige l’acheteur du CDS  à détenir la dette correspondante en portefeuille. Comme il n’y a aucune chambre de compensation qui enregistre et contrôle les transactions, on ne sait pas combien de CDS sont détenus par les spéculateurs ou investisseurs.

 

Supposons qu’une institution émette 100 millions d’euros d’obligations. Il est tout à fait possible que le CDS correspondant à cet émetteur soit échangé sur le marché pour une valeur faciale totale  de 1 milliards. Comme le spéculateur peut revendre le CDS acheté sans attendre l’échéance, le « trading » est totalement séparé de la dette sous jacente.

Poussons plus loin le raisonnement : Plusieurs fonds spéculatifs décident d’acheter massivement le CDS associé à un pays. Bien qu’il n’y ait pas de risque de faillite imminent le prix du CDS va monter fortement. Comme son prix représente au départ quelques points de pourcentage du nominal, avec quelques millions de dollars on joue déjà sur un nominal de centaines de millions.(Je rappelle ici que de nombreux hedge funds gèrent des dizaines de milliards de dollars).

La hausse du CDS alimente des rumeurs de dégradation du risque du pays, les agences de notation baissent (au plus mauvais moment comme en 2008) la note d’évaluation du risque, les taux de refinancement s’envolent,  et la panique s’installe, précipitant en quelques semaines la banqueroute qui n’avait au départ rien d’inéluctable.

 

Comme il n’y a pas de relation directe entre la vente de l’assurance et l’objet assuré, les banques et compagnies d’assurances qui ont vendu le CDS subiront des pertes colossales en cas de défaut avéré. En effet elles devront payer la différence entre le nominal de la dette assurée et le taux de récupération.

Prenons un exemple chiffré : la communauté bancaire et les assurances vendent (sans se concerter évidemment) à des spéculateurs les CDS correspondant à 1000 milliards de dollars de nominal sur la dette souveraine de la Grèce.(soit plus de 3 fois son montant réel).

Devant la hausse des taux, la baisse des recettes et l’impossibilité de repousser plus longtemps les échéances, le pays annonce la cessation du paiement des intérêts sur un total de 300 milliards de dollars de dette. Après renégociation, le taux de récupération final est évalué à 50%.

Les spéculateurs recevront immédiatement 500 milliards (1000 milliards de nominal assuré X 50%) et la communauté banques/assurances perdra cette somme moins la prime encaissée au départ. Inutile d’évoquer les conséquences désastreuses de cet exemple de spéculation : nous vivons aujourd’hui avec stupéfaction le déroulement de ce scénario cauchemardesque.

 

Img Bourse.jpgLe fond du problème c’est la transformation de la finance d’un outil facilitant le développement économique, en un moyen d’enrichissement rapide avec un effet de levier jamais atteint auparavant.

Les banques ont compris que les opérations pour compte propre rapportent immensément plus que le financement de l’économie. Les traders peuvent amasser des milliards (Wall Street a payé 120 milliards de bonus aux traders pour l’année 2009 soit l’équivalent de l’aide mondiale au développement ou 40% de la dette grecque !), et les patrons surpayés de ces mêmes banques peuvent rivaliser avec leurs concurrents internationaux. Pour atteindre cet objectif, à l’instar des banques islandaises, ils gonflent leur bilan et deviennent ‘too big to fail’. Quand Fortis a été sauvée par les gouvernements belges et néerlandais, son bilan représentait 900 milliards d’euros soit 3,5 fois le PNB de la Belgique !

 

Comme dans le film d’Oliver Stone ‘Wall Street’, c’est uniquement l’appât du gain (Greed) qui gouverne cette industrie. Toutes les recherches, tous les systèmes experts et toutes les énergies sont orientés vers cette recherche frénétique du gain a tout prix, quel que soit le risque encouru. Même les jeunes diplômés des écoles scientifiques se tournent vers le trading car inventer des nouvelles machines et construire des ponts ne pourra jamais leur rapporter autant qu’un bonus chez Goldman Sachs.

 

Clinton et Bush, sous la pression des grands établissements bancaires ont fait voler en éclat la règlementation de 1933 et libéré lesimg SDM2.jpg contraintes de levier qui pesaient sur les banques de dépôt aux Etats Unis.

Le pire, c’est qu’après le gigantesque fiasco de 2008, tout juste sorties de la perfusion des gouvernements, les grandes banques sont retombées dans la spéculation la plus effrénée, tirant profit de taux d’intérêt proches de zéro.

Quand aux fonds spéculatifs, déçus par leur contre performance de 2008, ils ont cherché leur revanche en s’attaquant aux dettes souveraines avec l’effet de levier immense apporté par les CDS et autres montages complexes ; ils parient sur la chute ou la disparition de l’euro et espèrent des gains astronomiques sans se poser la moindre question sur les conséquences économiques et les réactions en chaine provoquées par  leurs attaques.

A  la fin, dans un monde globalisé et totalement interdépendant, il n’est même pas sûr qu’ils puissent tirer parti de leur spéculation mortifère.

 

Il faut le dire ; la finance devrait être avant tout au service des acteurs économiques et ne devrait jamais pouvoir mettre la planète en danger comme en 2008 avec les subprimes, et maintenant, en pariant sur l’effondrement d’un continent. Mais comme il n’y a aucune chance que les intéressés changent de comportement d’eux-mêmes, la solution passe par une réflexion et une action réglementaire de  tous les grands états réunis et solidaires devant le danger mortel qui les guette.

 

Eric Bertier

27/04/2010

Le bonheur, c'est simple comme une conférence de la Salèvienne

Vendredi soir, 23 avril 2010, à Feigères, à l'initiative du maire, Pierre Curtenaz, qui souhaitait organiser un évènement à l'occasion de l'anniversaire des  150 ans du rattachement de la Savoie à la France, s'est tenue une conférence sur l'histoire de notre territoire du Genevois à travers les siècles.

150ans2010.jpg

La parole était à Claude Mégevand et Claude Barbier qui nous ont brillamment fait voyager dans le temps, et qui nous ont expliqué, de manière aussi claire que possible, comment ce Genevois qui nous est cher était passé de mains en mains jusqu'à être français aujourd'hui, après plusieurs occasions manquées de faire destin commun avec Genève.

Voici un résumé aussi précis que possible des points évoqués par les orateurs:

A l'origine, le territoire du Genevois fait partie du pays des Allobroges. Puis, à l'époque romaine, il est partie intégrante de la province de Vienne qui, comme son nom l'indique, a pour capitale  la ville du bord du Rhône, au sud de Lyon (Lugdunum).

On notera qu'à l'époque des Romains, les provinces étaient séparées en plus petites entités, les pagus,  et qu'à la frontière de ces pagus, on retrouvait les fanums, sorte de fortifications qui gardaient le passage; c'est d'ailleurs un fanum qui a été mis à jour lors des travaux de construction de l'autoroute Liane à Présilly, ce qui semble indiquer que la frontière de notre pagus se trouvait au Mont-Sion.

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En 470, Genève devient une capitale Burgonde et fait partie du royaume de Bourgogne qui, à cette époque intègre Lyon, et descend presque jusqu'à Marseille.

Royaume de Bourgogne.JPG

A cette époque, aux territoires politiques, se superposent les territoires religieux ; le diocèse de Genève correspond alors peu ou prou à la Sabaudia , ancêtre du nom Savoie.

En résumé, on peut dire qu'au cours du premier millénaire, Feigères et Genève font partie du même pays.

Carte Savoie.JPG

blason Comté de Geneve.JPGDepuis l'an mil environ,  notre territoire du Genevois est sous la juridiction du comte de Genève. Survient alors un évènement décisif pour la destinée de notre territoire: Lors du traité de Seyssel, en 1124, Aimon, comte de Genève, reconnaît la souveraineté de l'évêque Humbert sur la ville de Genève. Cette décision devait sceller la séparation de nos destinées avec Genève ; séparation qui sera confirmée en 1219, par le traité de Desingy.

A partir du milieu du 13e Siècle, le Duc de Savoie gagne de l'influence dans notre territoire, pour finalement prendre pied à Genève en 1287.

Il faut imaginer la carte vers 1340, et comme on le voit, c'est assez compliqué:

 

ETTA%2~1.JPG

Le Chablais, ainsi qu'une partie du canton de Vaud est sous la juridiction des Ducs de Savoie (en rouge).
Le Faucigny, lui est sous la juridiction du Dauphiné (en bleu).
Le reste de la Haute-Savoie actuelle, y compris le Genevois, est dirigée par le Comte de Genève (en vert).
Enfin, Genève est sous la direction de l'évêque.

En 1387, le prince-évêque de Genève, Adhémar Fabri, qui est d'ailleurs originaire de La Roche sur Foron, accorde les franchises aux bourgeois de Genève, ce qui correspond à une véritable émancipation de la ville.

Quant à nous, ce n'est qu'en 1401, que nous devenons "savoyards", quand le comté de Genève, sans héritier, est vendu à la Maison de Savoie.

En 1536, les bourgeois de Genève, se convertissent au protestantisme et chassent l'évêque. Dès lors,  Genève assume pleinement son statut de ville libre de tout joug, pour devenir une république mais aussi pour endosser le rôle de la Rome Protestante, attirant en son sein une foule de protestants, essentiellement français et italiens, persécutés dans leur pays.

Dans cette période troublée de guerres de religion, le baillage de Ternier, dont nous faisons partie, est occupé pendant une trentaine d'années par les Bernois. De façon anecdotique, c'est de là que provient l'expression "raide comme la justice de Berne"

Fort Ste Catherine.jpg

Dans les années 1560, le territoire repasse sous l"autorité de la Savoie, et le Duc de Savoie construit un Fort à Songy (photo ci-dessus); le lieu-dit s'appelle encore comme cela aujourd'hui. L'édification du Fort Sainte-Catherine est faite dans le but d'attaquer et de conquérir Genève. Dans les années 1598, le Duc de Savoie, sous la houlette de Saint-François de Sales entreprend de reconvertir les populations au catholicisme. Quelques temples comme celui de Viry sont retransformés en églises, d'autres comme ceux de Neydens, Valleiry et Bossey perdureront jusqu'au XVIIIe siècle. En 1601, Henri IV, allié de facto de Genève, attaque le Duc de Savoie et détruit le fort, pierre à pierre. Enfin survient la dernière tentative des Savoyards de s'emparer de Genève avec la fameuse « Cagade » de l'Escalade qui se conclue  par l'humiliation des savoyards et qui débouche sur le traité de Saint-Julien en 1603 qui met fin à l'hostilité entre la Savoie et Genève.

NB: il est intéressant de noter que lors de l'Escalade, nombre des habitants de notre territoire, ont en fait défendu ... Genève. Eh oui, car déjà à l'époque, ils en avaient fait leur capitale économique puisque c'est avec Genève qu'ils commerçaient.

C'est en 1754 que s'établit la frontière officielle entre Genève et la Savoie. A cette occasion, plusieurs petites enclaves qui appartenaient alors à Genève, comme Neydens, Valleiry et Bossey, sont échangées et deviennent savoyardes.

Au moment de la Révolution Française, les troupes de la République envahissent notre territoire, et c'est donc sous la férule de la France que Genève et la Savoie du Nord sont réunie dans le département du Léman de 1798 à 1813, dont Genève est la préfecture.

A la fin de l'épopée Napoléonienne, nouveau remaniement des frontières, avec entre 1813-1814, le rattachement de Saint-Julien à Genève: Personne ne s'en souvient car cela ne dura que 6 mois. En 1814, Genève décide son rattachement à la Suisse. Puis en 1815, le Congres de Vienne viendra concrétiser les frontières actuelles de Genève mais, en même temps, il décide l'instauration d'une zone franche autour de Genève. Les limites de cette zone franche, appelée la petite zone ou zone Sarde par opposition à la Grande Zone de 1860, furent officialisées en 1828. Cette zone obtenait des avantages de commerce avec Genève mais aussi une certaine autonomie vis à vis de son souverain, la Maison de Savoie.

Victor Emmanuel II.jpgAprès le retour de la Savoie au Royaume de Piemont, la période du « Buon governo » voit une période où les savoyardscavour.jpg perçoivent mal le pouvoir des piémontais et le mécontentement est important. Charles-Albert, le roi de Piémont-Sardaigne met en place en 1848 le « Statuto », une monarchie constitutionnelle qui donne beaucoup plus de libertés au peuple, ce qui se traduit par le développement de journaux de tendances différentes. Mais c'est aussi l'époque où la Maison de Savoie tourne de plus en plus ses regards vers l'Italie, et en 1858, Victor Emmanuel II, le nouveau roi de Piémont-Sardaigne, représenté par son Premier Ministre Cavour, signe avec Napoléon III  le traité secret de Plombières par lequel il s'engage à céder la Savoie  et le comté de Nice à l'Empereur, en échange de son aide militaire à bouter les Autrichiens hors de Vénétie et de Lombardie. Malgré la victoire sur les Autrichiens, « les buts de la guerre n'ont pas été atteint » car la Vénétie n'a pas été libérée ; Cavour démissionne et Napoléon III renonce momentanément à la Savoie.

Napoleon III.jpgLes clauses du traité de Plombières s'étant répandues dans l'opinion, un fort mouvement populaire s'élève en Faucigny, Chablais et dans le nord du Genevois, avec des pétitions en grand nombre, demandant le rattachement de notre territoire à la Suisse. Il semble d'ailleurs que Napoléon III qui avait vécu en Suisse (on dit qu'il parlait le français avec un fort accent suisse-allemand et qu'il possédait un passeport suisse) avait plus ou moins promis son accord sur le fait de céder la Savoie du Nord à la Suisse. Il profitera cependant d'une délégation de députés savoyards venue fort opportunément à Paris s'opposer au démantèlement de la Savoie, pour revenir sur sa promesse. En janvier 1860, Cavour, revenu aux affaires après une absence de plusieurs mois, relance la machine et tout s'emballe début 1860 avec le Traité de Turin signé le 24 mars 1860 et le plébiscite (votation du peuple) organisé les 22 & 23 avril 1860.

Conscient des réticences d'une grande partie de la population au rattachement, et sur proposition de savoyards adeptes de l'annexion à la France, Napoléon III propose qu'en Savoie du Nord, on puisse voter, « OUI et ZONE ».  La petite zone est alors élargie jusqu'aux Usses (Pont de la Caille) et comprend désormais tout le Faucigny et le Chablais. On l'appellera « la Grande Zone » ou la « Zone d'Annexion ».

On ne polémiquera pas sur les résultats, 99.8% de Oui, ni sur l'absence de bulletins de vote Non. Avec le recul, il semble acquis que nos ancêtres aient été assez d'accord pour ce rattachement, encouragé à l'époque par le clergé savoyard (qui détestait Cavour), mais à la condition expresse de garder les avantages liés à la zone. Ce que voulaient avant tout les Savoyards du Nord, c'était le maintien du libre commerce avec Genève leur capitale économique.

Dans les années qui vont suivre, le sentiment pro-français va se développer avec l'équipement de la Savoie, d'abord par l'Empereur, puis par la IIIème République, et du fait du respect de ses engagements par la France. C'est ce qui explique que les Savoyards ne se sont pas défilés pour aller se battre dans les tranchées en 1914 au coté des Français, alors qu'ils auraient pu revendiquer la neutralité que le Traité de Vienne leur avait accordée en 1815.

Cependant, tout va basculer avec la suppression unilatérale par l'Etat Français de la zone en 1919. Ceci est vécu comme une trahison par les Savoyards du nord. S'élève alors dans les contrées du Chablais, du Faucigny et du Genevois un fort sentiment anti-français . Il faut préciser que c'est à la demande expresse de Genève et de la Suisse aux autorités internationales, que la France se voit contrainte de rétablir la petite zone le 1er janvier 1934. Malgré cela, le sentiment anti-français sera exacerbé en 1937, lorsque la France, consciente des dangers qui la menace, renforce le contrôle de ses frontières, rendant de facto plus compliqué le commerce avec Genève. En 1943, suite à l'instauration du STO en France, la colère montera à nouveau en Savoie du Nord et se répandra  dans ces territoires une forte envie de rejoindre la Suisse, pays neutre et paisible.

Pour conclure, on dira que le sentiment qui prévaut dans notre territoire est celui d'être avant tout des « Zoniens ». Nous sommes farouchement attachés à notre statut particulier qui nous octroie plus de libertés, plus d'autonomie économique et qui permet de distendre le lien centralisateur que tente de nous imposer Paris. A noter qu'on ne pourra pas faire abstraction de la reconnaissance de l'antagonisme qui oppose depuis longtemps, et qui existe encore, le nord de la Haute-Savoie et le reste de la Savoie. Pour les habitants du Genevois, du Faucigny et du Chablais, et malgré tous les efforts de la France pour contrer ce sentiment, Genève est leur capitale, alors qu'Annecy (longtemps surnommée la préfecture croupion), a souvent été jalouse de notre proximité avec la cité-canton et s'est à maintes reprises  opposée à tout ce qui pouvait conduire à une plus grande interaction de nos deux territoires transfrontaliers.

Malgré cela, les fondamentaux demeurent, et il n'est que de constater l'émergence du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois pour comprendre que ce sentiment d'appartenance à une même communauté de destins est bien vivace des 2 cotés de la frontière.

En conclusion, je voudrais remercier La Salèvienne, et tout particulièrement Claude Mégevand, pour cette soirée inoubliable et j'invite tous les amoureux de l'Histoire de notre région à se rendre sur le site de La Salèvienne, afin d'y découvrir le programme des conférences à venir, ainsi que les nombreux ouvrages d'histoire qu'elle édite.

 

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22/04/2010

il y a 150 ans, la Savoie devenait française

blason savoie.jpg

Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à Chambéry, pour célébrer les 150 ans du rattachement de la Savoie à la France.

 

Le 22 avril 1860, les Savoyards votaient à plus de 99% pour rejoindre la France après l'accord passé entre Napoléon III, empereur des Français, et Victor Emmanuel II roi de Piémont-Sardaigne lors du traité de Turin le 24 mars de la même année.

150 ans après, le résultat de ce plebiscite fait encore débat, du fait même de son score suspect; il est vrai que si, comme on le dit, les bulletins "NON" n'étaient pas présents dans de nombreux bureaux de vote, on comprend mieux l'ampleur de l'enthousiasme des pauvres ramoneurs savoyards à rejoindre le puissant voisin français dont ils parlaient déjà la langue.

On pourrait épîloguer longtemps sur la validité de ce scrutin, et bien malin qui pourrait dire qui a raison des sympathisants de la Ligue Savoisienne (voir leur communiqué) ou de l'Etat Français.

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Pour faire contrepoids aux arguments de la Ligue Savoisienne, Je recommande d'ailleurs de visiter le site web consacré aux 150 ans de vie commune entre la Savoie et la France, site créé sous l'égide du Conseil Général, qui donne beaucoup d'informations et qui plaira certainement aux curieux et aux passionnés d'histoire sur ce que fut notre histoire depuis le partage de notre destinée commune.

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Il me parait de toute façon difficile de revenir en arrière. En revanche, ce qui me parait légitime est que les habitants de cette région se battent pour que les dispositions qui leur ont été accordées par le traité soient respectées, tout comme les Alsaciens ou les Bretons ont pu garder quelques particularités héritées de l'Histoire. Un traité doit être respecté, or il apparait que dans le cas qui nous interesse, c'est loin d'être le cas. C'est d'autant plus regrettable que cela aurait permis à notre territoire d'éviter la saignée des guerres, puisqu'un paragraphe du traité stipule qu'en cas de guerre, le nord de la savoie devait être neutralisé par les Suisses. Bien entendu cette clause ne fut jamais appliquée et c'est pourquoi on peut voir autant de noms au fronton de nos monuments aux morts. Sans compter les avantages fiscaux qui avaient été concédés à notre territoire, grace à l'installation d'une zone franche à la frontière du canton de Genève, qui peu à peu est tombée en désuétude, et ses avantages avec....

Un autre point que l'on peut déplorer est l'éradication par l'Etat Français de l'enseignement de l'Histoire de notre territoire. Nulle trace dans l'Education Nationale de ce que fut l'histoire de nos ancètres, donc la notre ... N'est-il pas regrettable que nos enfants ne sachent pour la plupart pas ce qu'était le Saint Empire Romain Germanique alors que le Duché de Savoie y fut rattaché pendant près de 1000 ans.

Si la France régicide s'est débarrassée de son roi, les savoyards peuvent eux regretter que c'est leur roi qui les a abandonnés, puisque c'estchateau chambery.jpg en fait à cela que concourt le traité de Turin. Rappelons qu'à l'origine, c'est Chambéry qui était la capitale des Ducs de Savoie; on peut d'ailleurs y voir les vestiges du palais des Ducs de Savoie. Mais en 1563 eut lieu le transfert de la capitale de Chambéry à Turin, ce transfert étant la conséquence de la réalisation par le Duché de Savoie de la vulnérabilité de sa capitale suite à l'occupation de Chambéry par François 1er; à partir de là , l'interet des dirigeants de la Savoie se porta plus du coté transalpin que vers l'Ouest des Alpes. Ce désinteret s'accrut avec l'obtention de la Sardaigne et culmina par le choix d'abandonner la Savoie cisalpine aux Français contre leur engagement à aider le Duc de Savoie, Roi de Piémont-Sardaigne, à vaincre les Autrichiens afin qu'il puisse fédérer l'Italie.

abbaye hautecombe.jpgD'autre vestiges subsistent de notre histoire savoisienne, comme l'Abbaye de Hautecombe, au bord du lac du Bourget: Du XIIe siècle au XVe siècle, elle fut la nécropole des Comtes de Savoie ainsi que des princes et princesses de cette dynastie. Au cours des siècles suivants, d'autres princes et princesses de Savoie, ainsi que de certains souverains de la dynastie (ducs de Savoie puis rois de Sardaigne) choisirent d'être enterrés dans l'abbaye d'Hautecombe à l'image du fondateur de celle-ci, Amédée III. Le dernier roi d'Italie, Humbert II de Savoie (1904-1983), est enterré à Hautecombe

 

Pour être honnête, de nombreux efforts furent consentis par la France dans les premières années du rattachement pour s'attirer les bonnes graces des Savoyards avec l'édification de routes et de batiments publics. Peut-être que si l'Empereur et l'Impératrice Eugénie, qui avait une affection certaine pour notre région, avaient régné plus longtemps, les choses eurent été différenttes, mais, bien vite, après 1870,  les dirigeants de la République Française cessèrent de s'interesser à cette nouvelle province.

Il n'est bien sûr pas question pour la Savoie de quitter la France, mais il me parait souhaitable et légitime que nous puissions vivre au sein de la République avec la connaissance et la fierté de notre histoire singulière; nous n'avons pas à en rougir, bien au contraire. Il est nécessaire que nos enfants connaissent les liens privilégiés qui nous unissent à nos cousins piémontais de l'autre coté des Alpes, et que Paris et Rome reconnaissent cette relation fraternelle, et ne s'opposent pas aux projets communs issus de cette relation particulière.

Enfin, on peut se demander si la création d'une entité Savoie, au sein de la région Rhône-Alpes, serait un premier pas vers une reconnaissance de notre singularité: cela mérite débat. En tout cas, la formation d'une telle entité, prenant en compte les réalités de  l'Histoire, devrait alors remettre au premier plan la relation privilégiée avec Genève, qui pourrait en quelque sorte jouer le rôle de notre "capitale internationale".  Un exemple tout simple de ce que j'avance serait que notre région obtienne l'autorisation pour le club de football ETG de jouer ses matches à Genève, sans que cela ne soulève d'opposition hostile dans les cercles parisiens.

 

07/04/2010

La Russie dans l'Union Européenne: pourquoi pas!

L'Europe est aujourd'hui divisée sur l'opportunité de faire rentrer la Turquie au sein de l'Union Européenne. Certains y sont favorables, bien que l'essentiel de ce pays soit en Asie, d'autres y sont opposés pour la même raison officielle et aussi parce que, sans vouloir l'avouer, ils craignent d'intégrer un grand pays musulman à une Europe de tradition chrétienne.

Ceci étant dit, je suis étonné qu'il n'y ait pas aujourd'hui en Europe un mouvement d'opinion en faveur de l'entrée de la Russie dans l'Union Européenne; il ne s'agirait ni plus ni moins, comme le disait en son temps le Général de Gaulle, de réaliser l'Europe de l'Atlantique à l'Oural.

C'est en imaginant cette option que l'on se rend compte de l'immense intéret que présenterait une telle adhésion:

Pour l'Europe tout d'abord:

UE.jpgEn s'adjoignant le territoire de la Russie, l'UE deviendrait, et de loin, le premier bloc mondial en terme géographique.
La Russie apporterait à l'Europe ses richesses naturelles qui rendraient l'Union complétement autonome pour nombre de produits, au premier rang desquels figurent le gaz et le pétrole.
La Russie, de race blanche et de culture et tradition chrétiennes s'assimilerait facilement dans l'Union et, en rejoignant l'UE, ne serait plus une menace pour l'Europe, mais bien plutôt, un atout.
Cet immense territoire sous-équipé représenterait un marché colossal pour les entreprises Européennes qui sont à l'étroit dans l'UE.
Tout comme l'Union Européenne a permis d'apporter la paix sur notre continent, l'intégration de la Russie au sein de l'UE permettrait probablement de repousser à jamais les dangers d'un conflit avec ce peuple de grande culture.

 

Pour la Russie:russie.jpg

En intégrant l'UE, la Russie obtiendrait l'accès aux océans et obtiendrait de facto la possibilité de faire partie d'un ensemble riche et peuplé.
Elle trouverait en Europe des capitaux et des technologies pour développer son industrie.
La Russie pourrait remédier au plus grand danger qui la guette: sa décroissance démographique.
Elle s'ancrerait dans une tradition démocratique que son peuple accueillerait avec ferveur.

 

On voit bien l'interet commun d'un tel projet qui nécessitera probablement des décades avant de voir le jour. C'est pourquoi, dans un premier temps, il serait judicieux de négocier un statut spécial et privilégié pour la Russie vis à vis de l'UE en attendant que l'évolution des esprits permette une adhésion pleine et entière de ce grand pays à la Communauté Européenne.

Ne révons pas, de nombreux obstacles nous attendent sur cette route:

En tout premier lieu, la crainte que suscite un tel rapprochement chez nos amis Américains qui verraient revenir l'Europe dans la cour des Grands, alors qu'ils se préparent à diriger le monde dans un duopole avec la Chine (ou un triumvirat si l'on inclut l'Inde). C'est bien pourquoi, ils nous poussent par tous les moyens à accueillir la Turquie au sein de l'Union, repoussant par là même le danger que l'Europe se tourne plutôt vers la patrie de Pouchkine. Il est temps pour les Européens de copmprendre que si l'Amérique est notre amie, nous n'avons pas pour autant les mêmes intérets. L'exemple récent du contrat des avions ravitailleurs montre à l'évidence que les Américains privilégient leurs propres intérets à ceux de leurs amis Européens, et c'est bien normal.

Il faudra aussi vaincre les réticences de nos amis d'Europe de l'Est, qui, récemment intégrés à l'UE pensent s'être mis à l'abri de leur grand voisin oriental. Il faut accepter que compte tenu de leur histoire au XXème Siècle, ils ne verront pas d'un oeil bienveillant l'arrimage de l'Europe à l'ogre Russe. Mais ceci ne me parait pas plus insurmontable que l'inimitié qui régnait entre Français et Allemands à l'issue de la 2ème guerre mondiale et que la vision de Grands Hommes d'Etat comme DE GAULLE et ADENAUER ont permis de surmonter.

On peut aussi compter sur l'hostilité de la Chine qui n'appréciera pas que cette Union Européenne élargie puisse lui faire de l'ombre.

tour eiffel.jpgEnfin, au sein même des 2 entités, on trouvera de nombreux opposants à cette vision d'avenir; Chez nous, l'opposition risque de rassembler dans un même camp les souverainistes et les Atlantistes. En Russie, les nostalgiques de la Grande Russie pourraient refuser de considérer les avantages de l'union, y voyant là une sorte de déchéance.sainte basile.jpg

Toutefois, quels que soient les obstacles qui ne manqueront pas d'apparaître, je suis convaincu que c'est dans cette direction que réside l'avenir de l'Europe; C'est par la paix et avec l'adhésion des peuples que se fera cette union qu'ont tenté par la force, et sans succès, Napoléon et Hitler en leur temps. C'est pourquoi il serait souhaitable que dans les deux entités, dès maintrenant, se constituent des courants d'opinion en faveur de cette solution historique et que le débat puisse s'ouvrir.

 

 

31/03/2010

Marre du politiquement correct et des expressions nuancées

L'un des symptomes du refus de la France de voir la réalité en face se retrouve dans l'usage de ces nouvelles expressions qui fleurissent pour exprimer des choses simples en des tournures alambiquées qui n'ont d'autre but que de gommer les aspérités d'une réalité crue.

Ainsi lorsqu'une personne est en danger de mourir, ou encore de perdre la vie, c'est son pronostic vital qui est engagé.

Le balayeur a disparu pour laisser place au technicien de surface alors que la femme de ménage a déserté les bureaux au profit de l'agent d'entretien. Heureusement qu'ils ont gardé leur balai!....

Quant au sourd, entend-il mieux depuis qu'il est mal-entendant, l'aveugle peut-il se passer de sa canne depuis qu'il est devenu non-voyant? Cette façon de faire , essentiellement relayée par les journalistes, confère à une hypocrisie insupportable. Qu'importe la souffrance tant qu'elle est enrobée dans un beau paquet!...

Tout cela est absolument ridicule et me conforte dans l'idée que nous sommes devenus un pays qui se réfugie dans des mirages pour, comme l'autruche, refuser de voir et d'accepter la réalité telle qu'elle est.

Cette (mauvaise) habitude s'est désormais étendue à l'humour et au discours politique où on ne peut plus rien dire, sans être taxé de ci ou de ça. C'est Eric Zemmour qui déclenche une tornade médiatique pour des propos de café du commerce ou Arthur qui attaque en justice un humoriste pour des qualificatifs qui ne lui conviennent pas. Pauvre Coluche, tu as bien fait de nous quitter en 1986, car tu serais interdit d'antenne aujourd'hui avec ton humour corrosif et décapant. Sans nul doute, les Belges te feraient un procès....

Il serait temps de revenir à la raison : d'appeler un chat un chat, et de fuire cette société émasculée où on veut nous protéger de tout et surtout de nous même. J'en appelle à la liberté de parole et à la liberté de se marrer un peu plus, avant que nous ne vivions centenaire , certes, mais pour se faire ch... tout au long de notre vie.

Pardonnez moi ce coup de gueule, mais parfois, il est salutaire de sortir de ses gonds pour faire passer les messages.

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27/03/2010

A quand la vérité sur la mort de Robert BOULIN?

Robert Boulin.jpgRobert Boulin, ministre de la République sous Giscard est mort noyé dans un étang en 1979. En réalité, tout le monde sait qu'il a été assassiné, mais comme souvent en France, on a préféré dire qu'il s'était suicidé, pour éviter d'éclabousser la classe politique. A la nouvelle requête de sa fille de rouvrir le dossier, espérons que le Parquet accepte de faire la lumière sur cette scabreuse affaire où l'honneur d'un honnête homme a été bafoué.

Il est temps, si l'on veut redonner confiance aux Français dans ceux qui les dirigent, de laisser la justice suivre son cours normal et de punir les vrais coupables. Même cause et même effet pour l'affaire des frégates de Taiwan. Ne vous étonnez pas, Messieurs les Politiciens que 50% de Français s'abstiennent lors des élections quand tout le monde a le sentiment que vos petites magouilles entre amis sont protégées par le sceau du secret que gauche et droite réunies se complaisent à imposer à la justice.

Mr Boulin, dont le sort a été scellé par des aigrefins puissant, mérite sa réhabilitation; espèrons que le peuple français et la famille du ministre obtiennent satisfaction, et qu'un signe fort soit envoyé aux minstres des basses oeuvres qui opèrent dans les cercles du pouvoir.

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09/03/2010

Fillon Président ?

De plus en plus, on parle de rançois Fillon comme présidentiable à droite. Cela doit bien énerver notre président actuel, et ça ne doit pas faciliter leurs rapports déjà tendus.

Comment a-t-on bien pu en arriver là? Tout le mérite en revient au président qui a gaché toutes les cartes qu'il avait en mains. En effet, la bonne cote de popularité du Premier Ministre dans ces temps de crise difficile prouve à l'évidence que ce n'est pas la politique menée que les Français rejettent mais bien le style du leadership au sommet de l'Etat qui a non seulement déçu, mais aussi choqué, et qui a généré un manque de respect envers l'homme qui incarne l'Etat. La situation est trop mauvaise pour que Nicolas Sarkozy puisse redresser la barre et les temps sont venus où de plus en plus de ses souitiens vont le déserter au profit de François Fillon. Sa cote de popularité, qui a mon avis restera basse dans les années qui viennent, l'obligera à ne pas se représenter, sous peine d'une humiliation encore plus forte que celle que connut Giscard en 1981.

Et avec son affaiblissement, nombreuses sont les voix à droite qui le laisseront tomber pour miser sur un cheval (Fillon) ayant à leurs yeux une meilleure chance de les conduire à la victoire et qui de surcroit incarne une droite plus orthodoxe (moins susceptible de faire l'ouverture à gauche).

Pendant longtemps, on a craint pour Fillon qu'il se fasse virer; mais aujourd'hui, c'est Sarko qui doit craindre une démission fracassante de François Fillon, comme celle de Chirac en 1976. Ses deux dernières années de mandat deviendraient alors un calvaire pour lui car ce n'est pas xavier Bertrand, Brice Hortefeux ou Frederic Lefebvre qui pourraient l'empécher de sombrer dans une impopularité encore plus grande.

Pour ma part, je souhaite que Nicolas sarkozy ne se représente pas; il nous a déçus et je préférerais voter à gauche, comme je l'ai fait en 1981, que de voter pour un homme qui n'a pas su saisir la chance historique qu'il avait de réformer ce pays. A trop brasser du vent et à prendre des postures de matamore, on ne crée que la tempête mais pas les conditions sereines d'une transformation durable et acceptée d'un pays qui en a plus que jamais besoin.

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28/12/2009

L'identité nationale: Pour quoi faire?

Quels sont les autres pays, en dehors de la France, qui ont eu besoin de se poser la question de leur identité nationale? Autant que je sache, voila bien une spécification typiquement française! Et cela me conduit tout naturellement à cette interrogation: avant de se poser la question de notre identité nationale, pourquoi a t-on besoin de se poser cette question?

Est-il indispensable pour un pays d'avoir une identité nationale? Dans ce cas, quelle est celle des Etats Unis, de l'Angleterre , voire de l'Espagne ou de l'Italie? On s'aperçoit immédiatement que répondre à une telle question est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait. D'autre part quel est l'interet d'apporter une réponse à cette question? Le seul fait de se la poser indique à mon sens qu'un pays traverse une crise morale profonde, mais aussi qu'il se pose des questions que les autres ne se posent pas, affirmant là une différence singulière.

Ignorer qu'il y a en France un malaise, c'est une nouvelle fois faire la politique de l'autruche! Quels sont les pays du monde où l'on siffle son propre hymne national, et où l'on bafoue les lois de la république avec fierté? A ma connaissance, je n'en connais qu'un seul, et c'est malheureusement le notre.

Même s'il faut rappeler que ces faits et gestes ne sont le fait que d'une petite minorité, il n'empèche!... A l'époque de la surmédiatisation, ces phénomènes, si minoritaires soient ils, obtiennent une caisse de résonnance disproportionnée grace à la télévision et internet, et ne font qu'auto alimenter le malaise. Que la Marseillaise soit conspuée au Stade de France ne peut que réveiller le sentiment d'indignation des classes populaires et faire les choux gras du Front National. Comment en est-on arrivé là?

Après s'être pendant des siècles regroupé derrière son roi, le peuple français devenu régicide s'est inventé un nouvel emblême: la République et une mission singulière : éclairer le monde. La France, après s'être longtemps développée par la conquête, est depuis 150 ans devenue une terre d'immigration où les peuples Européens pouvaient se réfugier quand leurs pays traversaient des crises graves (Guerre Civile Espagnole, Misère Italienne ou Polonaise.....) Cette immigration a permis la croissance démographique d'un pays qui stagnait sur ce point (rappelons que l'Angleterre comptait seulement 13 M hb en 1800 contre 36M de Français) et a apporté sa richesse à la nation tout entière, tout en se fondant dans le creuset républicain.

Alors, pourquoi cette crise actuelle? D'où vient cette crise identitaire qui s'interroge sur le fondement de la nation française et de sa mission? En quoi et pourquoi existe t-il aussi ce sentiment diffus que la dernière vague d'immigration ne s'intègre pas aussi bien que les précédentes, qu'elle ne s'est pas appropriée les valeurs universalistes de cette grande nation, et même pire, pourquoi a -t-on le sentiment, à tort ou à raison, qu'une partie de la population,aussi faible soit elle, née française mais de parents étrangers, n'aime pas le pays dont elle a la nationalité?

Si l'on veut comprendre le malaise, il me parait essentiel de mettre les pieds dans le plat et de sortir de la pensée unique politiquement correcte.

Ce malaise a deux sources:

La première est celle de nos valeurs républicaines et de notre ambition d'être le phare du monde
La seconde tire ses origines dans la composition même de la population française d'aujourd'hui.

1- La France n'a plus les moyens de son ambition; nous sommes devenus un petit pays à l'échelle mondiale et nous ne parvenons plus à jouer le rôle que nos gouvernants jacobins se sont arrogé: celui de guider les peuples vers les valeurs universelles de l'humanité. Nous avons inscrit au fronton de nos édifices publics les principes au nom desquels la France voulait évangéliser le monde avec sa religion laique. Notre laicité républicaine que nous voulons imposer au monde n'est ni plus ni moins qu'une forme d'Islam conquérant dont le prophète s'appellerait Robespierre et non Mahomet. S'il est dur d'accepter la fin de notre ambition, il est pire de constater qu'au sein même du pays, une partie de la population, n'adhère plus à ses préceptes et qu'elle entend avant tout vivre sa vie comme elle l'entend.

2-La population française a connu une évolution profonde depuis 30 ans, suite à l'immigration massive que notre pays a connu depuis les années 70; et cette mutation est la deuxième cause du malaise. Pour le comprendre, il y a lieu de rentrer dans le détail, car c'est bien connu le diable se cache dans les détails. Il y a 4 principales origines géographiques à l'immigration de la fin du XXème Siècle et à la jeune population française d'origine étrangère par ses parents:

La population asiatique
La population noire.
La population maghrebine.
La population turque ou d'autres pays que ceux précités.

La population asiatique provient principalement d'une immigration en provenance d'Asie du Sud Est (Cambodge et Vietnam), qui s'est developpée depuis la guerre du Vietnam. Bien que souvent fortement regroupée dans des quartiers de type ghetto (Le XIII ème arrondissement de Paris par exemple) elle pose peu de problème. Ou alors, si cela est le cas, pour une raison qui m'échappe, on n'en entend jamais parler.

La population noire est constituée de 2 sous ensembles: la population originaire des Antilles ou de la Réunion; de nationalité française, elle est très bien assimilée et ne pose aucun problème, même si elle souffre parfois de discrimination à son égard, par certains imbéciles racistes, du seul fait d'être noire. En revanche, la population qui trouve son origine en Afrique Noire est diverse, tant par son origine ethnique que sociale. Cette diversité d'ethnies peut d'ailleurs être à l'origine sur notre sol de rivalités, dans le prolongement de ce qui peut se passer sur le continent Africain. Ces tensions et la violence qui en résulte effraie les populations et contribue à géner l'intégration de cette population dans le pays et à discréditer l'ensemble de la population noire.  Cela est regrettable car, hormis certains secteurs géographiques où règne une  forte sur-représentation de cette population noire qui génère un sentiment de rejet, cette population noire originaire d'Afrique est à même de s'intégrer parfaitement comme l'a si bien démontré Rama YADE.

La population d'origine maghrébine, elle aussi, n'est pas uniforme; il importe dans un premier temps de distinguer celle en provenance d'Algérie et celle qui trouve son origine dans les pays du Maroc ou de la Tunisie.

Alors que l'immigration d'origine tunisienne est faible, l'immigration d'origine marocaine bien que conséquente en nombre ne semble guère poser de problèmes et nous connaissons tous autour de nous des Marocains immigrés en France ou des Français nés de parents Marocains qui sont parfaitement bien intégrés et qui ne souhaitent qu'une chose: qu'on les traite comme des Français à part entière. Ils vivent d'ailleurs très mal les inégalités, voire les vexations, qu'ils doivent subir dans leur vie quotidienne.

Quant à la population immigrée d'Algérie ou française d'origine algérienne, ne nous voilons pas la face, c'est celle qui pose le problème majeur. car on ne peut ignorer, qu'on le veuille ou non, que la guerre d'Algérie a laissé des stigmates durables, et à plusieurs niveaux:

Chez les Harkis, d'abord: reconnaissons le, la France n'a pas été généreuse avec ces hommes qui ont tout perdu pour avoir choisi la France lors de la guerre d'indépendance. Qu'a fait la France pour les aider à rebondir dans la vie? Rien ou presque... Beaucoup ont été abandonnés en Algérie, promis à un sort terrible. Quant à ceux que l'on a acceptés sur notre sol, on les a parqués comme du bétail et on ne les a pas accueillis au sein de la communauté nationale  comme ils pouvaient y prétendre. Si les parents ont accepté tant bien que mal leur sort, ne nous étonnons pas que leurs enfants aient pu nourrir une rancune tenace envers la France, ce pays responsable de tous leurs maux. Alors qu'ils étaient rejetés par la communauté Algérienne d'un coté, la France n'a pas su leur tendre les bras et les accueillir comme des frères: ces gens là peuvent nourrir une rancoeur envers notre pays: elle est légitime. Nous payons donc l'addition de ce qui n'a pas été fait dans les années 60 et 70.
Quant aux enfants de citoyens Algériens, nés Français sur le territoire national à la suite du regroupement familial décidé par Giscard dans les années 1970, nombre d'entre eux, bien que Français, ne se reconnaissent pas complètement dans notre pays, et conservent un lien fort avec l'Algérie, ce qui a tendance à exaspérer une certaine catégorie de Français . Les différences de culture et de religion, auxquelles ils n'envisagent pas de renoncer, conjuguées à une vie marginalisée dans les ghettos pauvres de banlieue n'a pas aidé à leur intégration, et a créé chez eux un sentiment de défiance vis à vis de leur propre pays.

Enfin, les autres populations immigrées, au premier rang de laquelle on trouve la population population d'origime turque, tout en étant les plus récentes et très minoritaires. semblent avoir choisi l'integration par le travail et on voit en particulier la communauté turque réussir son ascension sociale sans probleme, sans renier sa culture.

C'est d'ailleurs là l'un des premiers malaises lié à la population française d'origine étrangère. Si la France accepte l'immigration, elle n'accepte que tres difficilement que les populations accueillies ne se fondent pas dans le modèle français dominant (ce refus expliquant en partie l'antisémitisme d'autrefois envers une communauté qui refusait d'abandonners ses coutumes, principalement religieuses). Or le modèle français est un modèle laique façonné dans une histoire chrétienne et dans une conception centralisatrise de l'Etat qui se mèle de tout pour régler la vie de ses sujets. Cette assimilation a longtemps fonctionné, essentiellement grace à l'école, où les petits savoyards, italiens ou polonais n'avaient d'autre choix que d'apprendre la vie de nos ancètres les Gaulois; mais le système a désormais atteint ses limites car le modèle d'assimilation traditionnel ne sait pas s'adapter au grand nombre qu'il doit aujourd'hui traiter et à la conviction religieuse forte des populations de confession musulmane.

Un autre phénomène a accentué ce malaise: c'est  la lacheté de l'Etat pendant 3 decennies qui a laissé se développer des zones de non droit dans les cités et a permis aux plus cyniques et aux plus violents d'imposer leurs lois, et de donner un exemple parfaitement néfaste à la génération suivante. Alors que leurs pères, respectueux de la loi du pays qui les avait accueillis, ont travaillé dur et avaient du mal à s'en sortir, les petits caids des cités pouvaient pavoiser dans leurs belles voitures sans travailler, au moyen de traffics et de délits qui sont restés trop longtemps impunis. Leur insolente réussite ne permettait alors plus à leurs parents de les contrôler et ce sont eux qui sont devenus les références à suivre pour la génération suivante.

Dans le même temps, je suis convaincu que beaucoup de ces jeunes délinquants d'origine étrangère, ont perdu le respect de cette patrie qui leur permettait de mener impunément leurs traffics et de défier quotidiennement la loi. S'est alors instauré un jeu pervers consistant pour eux à tester la résistance de ces Français "de souche" incapables de se faire respecter dans leur propre pays. Ce jeu a d'ailleurs trouvé dans les médias une caisse de résonnance imprévue qui n'a fait que contribuer à son développement. Et s'est alors créée la spirale infernale que les minorités agissantes connaissent bien et qu'elles alimentent: la montée de la haine dans les deux camps (le Front National se faisant une joie de prendre tous les pretextes pour stigmatiser la population d'origine Maghrébine en pratiquant l'amalgame constant entre les delinquants et les jeunes issus de l'immigration. et les minorites violentes de l'autre camp agitant à tout moment le spectre du racisme pour justifier la non intervention des pouvoirs publics dans ce qui n'était en realité qu'un problème de délinquance.

In fine, les vraies victimes sont les populations, de toutes origines, qui vivent dans les cités et qui souhaiteraient y vivre paisiblement. Ce sont elles qui vivent dans la peur et qui sont les premieres victimes de la destruction des équipements publics lors d'emeutes que les delinquants savent créer au moment opportun. En revanche, ces populations n'entendent pas renoncer à leurs coutumes, et au premier rang desquelles figurent leur religion.

D'où l'origine d'un autre problème qui est celui de l'islam integriste. Ce mouvement a pu se développer avec l'assentiment des pouvoirs publics qui esperaient trouver là un moyen de contrôler  la delinquance, tout comme les Occidentaux avaient espéré voir en cet islam conquerant le moyen de combattre les Sovietiques en Afghanistan dans les annes 80. Malheureusement dans les deux cas. on a joué avec le feu et les intégristes ont echappé a leurs marionnettistes pour mener leur propre agenda. Là est d'ailleurs le danger puisque les intégristes ont bien compris leur interet à provoquer cette république qui entend régenter leur religion.

Il n'est donc pas surprenant que le débat sur l'identité nationale ait vite tourné au débat sur l'immigration, puisqu'effectivement celle ci est l'une des composantes du problème. Il est aussi plus facile de rejeter la faute sur l'autre que de se confronter à ses propres faiblesses. Acceptons nous tels que nous sommes, un beau, mais petit, pays dans lequel il fait bon vivre; un pays fier d'appartenir à l'Europe et à ses valeurs, dans lequel la loi s'applique à tous et protège chacun. Notre ambition commune devrait être de faire en sorte que notre pays soit aimé et non pas rejeté. Pour cela, commençons par faire preuve d'un peu plus d'humilité, et cessons de villipendre l'autre, nous ne nous en porterons que mieux. Et bien sûr, si l'exemple vient d'en haut, il n'en aura que plus de chances d'être entendu.

15:54 Publié dans Politique Française, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : besson, immigration, république | | | Digg! Digg | | |  Facebook