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27/06/2012

La Salèvienne en Vers et contre tout ce qui contribue à notre ignorance du passé

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12:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salèvienne, vers | | | Digg! Digg | | |  Facebook

12/06/2012

Découvrez le chateau de Montrottier avec la Salèvienne

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Pour plus d'informations, visitez le site de la Salèvienne: www.la-salevienne.org

18:26 Publié dans Haute-Savoie, Histoire, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chateau de montrottier, la salèvienne, général dufour | | | Digg! Digg | | |  Facebook

20/04/2012

Conférence de la Salévienne à Cruseilles le 27/4/2012

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10:32 Publié dans Histoire, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | | | Digg! Digg | | |  Facebook

06/04/2012

Le Chemin de Fer du Salève - La nostalgie n'est plus ce qu'elle était

 

Depuis longtemps, je ne peux m'empécher d'être ébahi par l'audace qu'avaient nos ancètres du XIX ème siècle dans l'élaboration et parfois la réalisation de projets un peu fous.

Le plus frappant étant pour moi celui du Tramway du Mont-Blanc qui conduit le passager au Nid d'Aigle mais qui était prévu à l'origine pour monter jusqu'au sommet du toit de l'Europe, et dont l'ambition fut revue à la baisse après la Grande Guerre.

Mais plus près de nous, une autre réalisation aujourd'hui disparue m'a toujours interpellé et fait réver. Or j'ai récemment retrouvé l'excellent article que Gérard LEPERE lui a consacrée en 2004 (corrigé en 2012) et dont je souhaite vous faire découvrir les principaux passages.

 

Embarquez sur les traces du chemin de fer à crémaillère du Salève et plongez dans un passé pas si lointain où le pittoresque le dispute aux légendes.

 

 

 

 

 

Le chemin de fer électrique et à crémaillère du Salève
(Haute-Savoie)

 

 

 

 

 

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 par

Gérard LEPERE

 

Juillet 2004

 


1       Avant-propos

2       Présentation

3       Construction

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Etrembières [Fig. 11 et 12]

407 ou 408 m

Bas-Mornex [Fig. 14]

env. 534 m

Haut-Mornex [Fig. 17]

env. 570 m

Monnetier-Mairie [Fig. 20 à 23]

650 m

Veyrier [Fig. 29 et 30]

428 ou 432 m

Monnetier-Eglise [Fig. 38 à 40]

700 m

Les Treize-Arbres [Fig. 24 à 27]

1142 m


4       Exploitation

5       Fin du chemin de fer du Salève

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6       Matériel roulant

6.1      Automotrices


6.2      Wagonnets

7       Technique


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8       Accidents et incidents

8.1      Accidents dus à l'électricité

8.2      Incidents dus à l'électricité

9       Aujourd'hui

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Pour ceux que cet article a interessé, je ne saurais trop vous conseiller de lire l'article original de Gérard LEPERE en cliquant sur le lien suivant: www.monnetier-mornex-esserts.com/docs/funiculaire.doc pour la version 2004 et www.la-salevienne.org/G-LEPERE-CF-SALEVE-217-09.pdf pour la version 2012.

 

Vous y décrouvrirez toute une série de photos de l'époque absolument admirables qui décrivent l'atmosphère du début du XXème siècle, ainsi que toutes les notes bibliographiques utilisées par l'auteur. On y trouve aussi de nombreuses informations sur le tracé et ses ouvrages d'art, ainsi qu'une foultitude d'informations sur les transports en Haute-Savoie et sur le mode de vie de l'époque.

26/09/2011

l'histoire et les perspectives d'avenir de la Savoie du Nord racontées par le Pr Paul Guichonnet

Samedi dernier, à l'occasion des journées du Patrimoine, l'assistance venue nombreuse à la salle municipale du Chable, s'est régalée de la conférence menée de main de maitre par Paul Guichonnet, historien émérite, qui à 91 ans, a su nous émerveiller de sa science historique et de ses dons de conteur, pour nous faire revivre l'histoire de notre territoire et nous proposer sa vision de l'avenir de la Savoie du nord.

J'ai essayé de résumer du mieux possible cette présentation afin d'en faire profiter le plus grand nombre, et je tiens à remercier la Salévienne, l'Académie du Faucigny et la Maison du Salève, co-organisateurs de cette conférence et de l'exposition temporaire qui se tient à la Maison du Salève sur les dessous de l'Annexion telles que vécues en Savoie du Nord (le Genevois, le Faucigny et le Chablais)

L'Arc Alpin qui va de Nice à l'Autriche s'étend sur 1200 kms de long sur 250 kms au point le plus large, et joue le rôle de séparation entre le sud de l'Europe, berceau de notre civilisation, et l'Europe du Nord, germanique, et industrielle. Mais celui-ci offre quelques passages de franchissements, dont la Maison de Savoie a toujours eu l'ambition d'en contrôler les accès (cols de Tende, du Cenis, du Petit St Bernard, du Grand St Bernard et du Simplon). Quant à Chambéry, première capitale de la Maison de Savoie, elle se trouvait au carrefour des 2 axes Sud-Nord (Nice-Genève) et Ouest-Est (Lyon-Turin).

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L'arc Alpin

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Les 2 axes Lyon-Turin (EO) & Chambéry-Genève (NS)

Si on estime l'origine de l'histoire de la Maison de Savoie autour de l'an 1000, en 1032 plus exactement  avec Humbert 1er aux Blanches Mains, rappelons que la Savoie du Nord n'a rejoint le bloc savoyard que plus de 300 ans après l'établissement de la Savoie puisque le Faucigny est devenu savoyard en 1355 alors que le Genevois ne devint possession savoyarde qu'en 1401, avec l'extinction de la lignée des Comtes de Genève et la cession du Comté à Amédée VIII de Savoie

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en rouge, les frontières de la Savoie vers l'An Mille

On ajoutera que l'identité savoyarde n'est ni géographique, comme peut l'être la Corse, ni linguistique, comme la Bretagne, puisque la Savoie parlait français depuis le Moyen Age grace au clergé. En réalité, l'îdentité savoyarde est de nature historique: le sentiment d'appartenir à une identité spécifique, qui ne conteste pas d'être aujourd'hui française, mais qui a la conscience d'avoir une histoire bien à elle, différente du reste de la nation française. Ce sentiment perdure aujourd'hui, même si 50% de la population vivant en Savoie aujourd'hui n'y est pas née.

NB: On notera que la Ligue Savoisienne n'est pas tout à fait sur la même longueur d'onde que le Pr Guichonnet, puisque celle-ci revendique haut et fort sa différence

Toutefois au sein de l'ensemble Savoie subsistent des identités régionales assez fortes, que ce soit dans la rivalité encore bien vivace entre la Savoie et la Haute Savoie, mais encore dans les jalousies qui perdurent dans le bassin Annécien envers les territoires Lémaniques septentrionnaux; et même au sein de la Savoie du Nord, on ne peut ignorer les différences entre le Chablais conservateur et féodal, et le Faucigny démocratique, tourné vers Genève.

Au XVème Siècle, Genève est l'une des villes les plus riches d'Europe, et il n'est pas étonnant qu'elle joue un rôle phare pour les territoires qui l'entourent. Mais la conversion de Genève au protestantisme va être une véritable rupture, réduisant ses liens avec les territoitres catholiques de la Savoie. De plus, la cession à la France du Pays de Gex, du Bugey et de la Bresse, au traité de Lyon en 1601,  puis la signature du Traité de Saint-Julien en 1603 concrétisent la fin des vues de la Maison de Savoie sur Genève, pour qui la menace principale devient désormais la France. Mais tout au long du XVIIème Siècle, l'hostilité restera forte entre la Savoie et la Rome protestante, suivie par un apaisement des relations au XVIIIème. Ce siècle verra d'ailleurs l'éclosion et l'essor économique de Genève, dans les métiers de la banque et de l'horlogerie. Genève étant l'un des principaux bénéficiaires de l'exode des Huguenots français après la Révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV.

Cette réputation de Genève comme l'une des capitales de la finance européenne se traduit avec la nomination du genevois  Necker comme ministre des finances de Louis XVI. A cette époque Genève est donc une ville prospère de 30000 habitants qui rayonne bien au dela de sa région géographique.

En 1792; la France envahit la Savoie et crée un nouveau département, qui prend le nom de département du Mont-Blanc avec comme capitale Chambéry.

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Le département du Mont-Blanc de 1792 à 1798

Mais en 1798, Genève est à son tour conquise par les armées de la République, ce qui entraine la constitution d'un nouveau département français, le département du Léman dont Genève devient la capitale et qui peu ou prou correspond aux limites territoriales de la savoie du Nord. A noter qu'Annecy reste au sein du département du Mont-Blanc dont Chambéry continue à être la capitale.

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Le département du Léman de 1798 à 1814

L'arrivée de Napoléon au pouvoir n'est pas une bonne chose pour Genève puisque non seulement celui-ci déteste cette cette ville, mais en outre l'instauration du blocus continental ruine la ville. Cette attitude est bien différente de celle de la bourgeoisie de la Savoie du Nord qui se complait avec le système libéral qui prévaut à Genève, par opposition à la domination centralisée qu'exercent aussi bien la Maison de Savoie que la République Jacobine française.

Le 30 décembre 1813, Genève est libérée du joug français par les troupes autrichiennes, et elle reprend son indépendance; mais afin de se préserver d'une future menace française, Genève décide de rejoindre la Confédération Helvétique. A cette occasion, et afin de permettre une continuité géographique avec la Suisse, des échanges de communes ont lieu: c'est ainsi que Versoix, commune française depuis le traité de Lyon en 1601, devient suisse.

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La zone de neutralisation

Une occasion est manquée en 1815 pour une partie de la Savoie du Nord de rejoindre Genève au sein de la Suisse quand le négociateur genevois au Congrès de ViennePictet de Rochemont, prône l'établissement des frontières naturelles au Fort L'Ecluse, Mont-Sion et Salève. Il est en effet déjugé par ses pairs Genevois et Bernois qui refusent de voir trop de communes catholiques rejoindre le nouveau canton protestant de Genève.

 

Un autre exemple du destin différent de la Savoie du nord du reste de l'entité savoyarde se manifeste lorsque , à la demande de la Maison de Savoie, le Congrès de Vienne octroie au territoire de la Savoie du Nord  une clause de neutralisation en cas de conflit; les troupes Savoyardes devant se retirer pour faire place aux troupes suisses qui pourront alors neutraliser le territoire occupé. Cette clause vise bien évidemment la France qui est percue alors comme le principal danger; dans l'esprit, elle doit permettre de faciliter la défense de ce territoire ,excentré de Turin.

En 1859, alors que les rumeurs de rattachement de la Savoie à la France prennent de plus en plus d'ampleur, une pétition de 14000 signatures voit le jour dans 60 communes du Faucigny et du Genevois pour demander leur rattachement à la Suisse plutôt qu'à la France. En effet, ces bourgeois démocrates, amis de Cavour, sont hostiles à Napoléon III qu'ils voient comme un dictateur.D'autre part, ils sont conscients que leur destin économique est intimement lié à celui de Genève.

NB: C'est l'époque où Joseph-Léandre BARD proclame à Bonneville:

" Si Genève est française, il faut être français,
  Si Genève est suisse, il faut être suisse,
  Si Genève est cosaque, il faut être cosaque"

En revanche le clergé est,lui, favorable au rattachement à la France qu'il voit comme l'amie du pape par opposition au laic Cavour; le clergé  organise donc une contre pétition qui aura un certain succes dans le Chablais catholique.

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Les communes qui pétitionnent pour le rattachement à la Suisse

 

Nb: on remarque le faible nombre de communes pétitionistes dans les montagnes du Chablais, là où l'influence du clergé catholique est la plus forte.

Malgré sa promesse faite à Dufour de céder la Savoie du Nord à la Suisse, Napoléon III, fortement influencé par son ministre des Affaires Etrangères Thouvenel, se rend aux arguments de la députation Savoyarde des 41 qui monte à Paris pour plaider contre le démantellement de la Savoie au début de  1860. Notons que sur ces 41; seuls 6 étaient originaires de la Savoie du Nord et qu'une des conditions qu'ils mirent à leur participation, lors de leur montée dans le train à Culoz, fut d'obtenir la création de 2 départements distincts.

Victor Emmanuel, roi de Sardaigne ayant voulu que le rattachement de la Savoie à la France ne se fasse pas contre l'assentiment des populations concernées, il y a donc lieu d'organiser un vote pour confirmer le rattachement à la Grande Nation, et bien évidemment, l'Empereur des Français souhaite que le plébiscite suscite l'enthousiasme. Aussi Napoléon III, conscient de cette opposition qui nait en Savoie du Nord envoie le sénateur Laity avec les pleins pouvoirs pour faire que l'annexion et le résultat du Plébiscite soient un succès. C'est lui qui met en place le système de la Grande Zone, encore appelée Zone d'Annexion, qui permettra de faire accepter par les savoyards du nord le rattachement à la France. C'est ainsi que dans les arrondissements les plus critiques de Thonon, Bonneville et saint-Julien, on dénombrera 47076 bulletins OUI et ZONE, pour seulement 232 bulletins OUI et 131 bulletins NON.

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La Grande Zone, dite Zone d'Annexion

Cette Grande zone subsistera jusqu'en 1914, au grand désespoir d'Annecy qui se sent pénalisé par les faveurs douanières octroyées à la Zone et dont le chef lieu du département ne bénéficie pas. On notera aussi qu'un grand nombre de grands projets d'avant guerre ont été financés par des capitaux genevois, particulièrement dans le domaine touristique (hotels & infrastructures). Quant aux Genevois, ils boivent du vin d'Ayze ou consomment du blé des Bornes; Une réelle osmose existe entre Genève et les territoires français de la zone: l'argent suisse y circule librement avec, à cette époque, un taux de change de 102CHF pour 100FF.

En 1914,une véritable rupture se produit, liée au fait que la Suisse alémanique est pro allemande et que cela ne passe pas au sein d'une population savoyarde patriote vis à vis de la France. A partir de ce moment là, l'économie de la Savoie du nord s'intègre de plus en plus à l'économie française en se détachant de l'économie genevoise, et donc suisse.

En 1918, au sortir de la guerre, la Suisse veut intégrer la Société des Nations (SDN) et faire reconnaitre sa neutralité. Pour ce faire, elle est prête à faire des concessions à la France, afin d'obtenir son soutien. Dans l'article 45B du traité de Versailles, il est ainsi décidé de supprimer la zone de neutralisation, puis en 1921 la France décide de mettre un terme aux zones franches, ce qui est accepté par le gouvernement Suisse.

Toutefois en 1923, un coup de tonnerre se produit avec l'occupation de la Ruhr par la France; cette action offusque les Suisses allemands, avec pour conséquence l'apparition d'une votation populaire qui revient sur l'accord sur la suppression des zones franches. Et lorsque Poincarré décide unilatéralement de supprimer les zones, une grande animosité monte entre les deux pays, ce qui conduira la Suisse à porter son différend avec la France devant la Cour Internationale de La Haye. En 1932, la Cour Internationale décide alors que la Grande Zone, qui avait été concédée par la France à un de ses désormais propres territoires peut être abolie, considérant que c'est une affaire interne française; en revanche, la Cour Internationale statue que la petite Zone, dite zone Sarde, dont l'existence découlait d'un traité international (le Congrès de Vienne), celle-ci doit être rétablie. C'est ainsi qu'au 1er janvier 1934 la petite zone est rétablie dans ses frontières de 1815.

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La 2ème Guerre mondiale contribue à l'éloignement entre Genève, neutre, et la Savoie du Nord. Jusque dans les années 1970, la Savoie est unie et française, mais un changement important arrive avec les lois de décentralisation et la création de la région Rhône Alpes. En 1983, le Président du Conseil Régional prend le pas sur le préfet; l'aménagement du territoire devient une priorité, avec de nombreuses responsabilités déléguées aux échelons départementaux. Un esorit nouveau souffle sur notre territoire; c'est l'époque de la négociation des fonds frontaliers qui ne concernent que la Savoie du nord. Genève qui a retrouvé un rôle mondial a besoin de main d'oeuvre: elle devient l'une des villes les plus cosmopolites d'Europe, où 40% de ses résidents ne sont pas suisses.

Dans le même temps se développe le phénomène des travailleurs frontaliers qui pasent de quelques centaines en 1962 à 92000 en 2010 (13000 issus du Pays de Gex et 79000 de Haute Savoie) qui travaillent pour leur écrasante majorité dans le Canton de Genève. Frontaliers qui paient leus impôts prélevés à la source dans le Canton de Genève, soit un montant évalué à 700M CHF. Depuis 1973, le Canton reverse une partie de ces sommes encaissées aux communes qui hébergent les frontaliers, ce sont les fameux fonds frontaliers dont 60% revient aux communes et 40% au département. En 2010, ces fonds frontaliers se sont élevés à 152 M€, dont la majorité va aux communes les plus proches de Genève. Ainsi, on dénombre 8000 frontaliers à Annemasse contre 3000 à Annecy et quelques centaines dans tout le département de la Savoie.

Cette activité trans-frontalière se traduit par 500000 franchissements quotidiens de la frontière dont l'essentiel est fait en transport privé, puisqu'on estime à 10% seulement la part du Transport en Commun dans cette migration quotidienne. Cela génère de nombreux problèmes d'environnement et de qualité de vie, et ce n'est que récemment que Genève a pris la mesure de son implication nécessaire dans la vie de son agglomération trans-frontalière.

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Le périmètre du Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois

C'est ainsi qu'est né le Projet d'Agglo Franco-Valdo-Genevois (photo ci-dessus) et que de grands projets ont été élaborés comme le CEVA (photo ci-dessous), le Tram de St Julien etc....

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Le tracé du CEVA (Cornavin - Eaux Vives - Annemasse)

Mais il reste encore beaucoup à faire pour mieux harmoniser la ville centre et sa banlieue périphérique française. Ces actions ne se faisant pas sans interférences de la part d'Annecy qui ne voit pas d'un très bon oeil la Savoie lémanique reprendre son indépendance, au moment où, en accord avec Chambéry, elle recherche à faire émerger un territoire des Pays de savoie (Université de Savoie, Comité Mont-Blanc).

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La Savoie du Nord - trait d'union entre Rhône-Alpes et la Suisse

 

De par sa position géographique, il parait évident que la Savoie du Nord a désormais un rôle important à jouer entre la région Rhône-Alpes et la Suisse, et plus particulièrement la Suisse Romande. 

Pour conclure, et en ce qui me concerne, je crois fermement, comme le Pr Guichonet, que sans tourner le dos à notre région Rhône Alpes, nous avons un grand rôle à jouer comme le lien entre celle-ci et Genève. Cependant, le caractère international de Genève nous confère une singularité exceptionnelle que pour ma part, je souhaite voir se développer. Je suis persuadé que Genève de par sa position géographique et son cosmopolitanisme, peut devenir le havre d'accueil des grandes entreprises non Européennes, et particulièrement Chinoises, qui souhaitent établir une base en Europe. En ce sens, la Savoie du nord offre à Genève l'espace qu'elle n'a pas, ainsi qu'une ouverture sur l'Europe puisque notre territoire est dans l'UE, alors que Genève n'en fait pas partie.

La Savoie du Nord peut aussi jouer le rôle majeur dans l'internationalisation souhaitée de la région Rhône-Alpes et devenir la porte d'entrée commerciale et culturelle de l'Orient en Europe, comme  Kobe ou Nagasaki au Japon, et Shanghai en Chine, le furent dans le passé envers l'Occident. C'est à mon avis là que se jouera nore avenir, qui est grand, si nous savons nous y prendre.

16/09/2011

Un monument remarquable des Pays de Savoie: Le chateau de Thorens

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Le château de Thorens est situé sur la commune de Thorens-Glières en Haute-Savoie, à une vingtaine de kilomètres au nord-est d'Annecy, à la sortie du village, par la route montant au plateau des Glières.

Il est souvent confondu avec le château de Sales, son ancien voisin de quelques centaines de mètres : Sales fut détruit sur ordre du roi de France, Louis XIII, en 1630. Le château de Thorens est également improprement appelé « château de Thorens-Glières ». En réalité, « Thorens-Glières » est le nom que porte désormais le village, depuis la Libération ; depuis le 19 avril 1947, précisément. Le château, quant à lui, s'est toujours et simplement appelé « château de Thorens ». Toutefois, certains documents anciens (XVIIe siècle notamment) le qualifient de « château de Compey », du nom de ses premiers propriétaires : les puissants seigneurs de Compey.

À la sortie du village de Thorens-Glières, sur la route du célèbre plateau des Glières, le château dresse sa silhouette altière dans un bel écrin de montagne. Il est bâti sur l'ancien fort de 1060, élevé par ordre du comte Gérold de Genève. Celui-ci le donna en investiture à son fidèle compagnon d'arme, le seigneur Odon de Compey.

Confisqué aux terribles sires de Compey par le duc de Savoie (1479) - en raison des nombreux crimes, abus et exactions qu'ils commirent - le château fut offert à Hélène de Luxembourg-Saint-Pol, épouse du prince Janus de Savoie (comte de Genevois). Mais Hélène ne s'intéressa pas à Thorens. Leur fille Louise de Savoie, qui avait épousé le cousin germain de sa mère, François de Luxembourg (vicomte de Martigues, de la branche des Luxembourg-Fiennes), hérita du château de Thorens.

Plus tard, en 1559, Thorens fut vendu par Sébastien de Luxembourg, duc de Penthièvre et vicomte de Martigues, au seigneur François de Sales, père de Saint François de Sales. Le seigneur de Sales possédait déjà le château de Sales, situé à quelques centaines de mètres de celui de Thorens. Curieusement, et pour une raison encore mal connue, cette vente ne fut concrétisée qu'au mois de juin 1602 : saint François de Sales, alors en mission à Paris, acheta Thorens, pour le compte de ses frères et sœurs, à la duchesse de Penthièvre et de Mercœur, fille du prince Sébastien de Luxembourg.

Inféodés, à l'origine, aux sires de Compey, les Sales passèrent ensuite au service des princes de Luxembourg. Le seigneur François de Sales occupait d'ailleurs la prestigieuse charge de maître d'hôtel de la maison du prince Sébastien de Luxembourg. Au XVIIe siècle, la famille de Sales, fort ancienne, originaire de La Roche, connut une ascension rapide, occupant dès lors les plus hautes charges à la cour de Savoie à Turin et passant du titre de baron (1613) à celui de comte (1632), puis en fin au titre de marquis (1665). Tout au long des XVIIIe siècle/XIXe siècle, jusqu'à l'Annexion de la Savoie à la France (1860), la famille de Sales fut très proche du pouvoir, notamment par le truchement du comte de Duingt (alias le marquis Paul-François de Sales), du comte Eugène de Roussy de Sales (1822-1915) et bien sûr du proche cousin de ce dernier, le Premier ministre Camille de Cavour. A notre époque encore, le comte Jean-François de Roussy de Sales (1928-1999) fut un ami très proche du dernier roi d'Italie, Humbert II.

Malmené pendant l'invasion française en Savoie de 1792, le château de Thorens fut restauré, au XIXe siècle, par la marquise Alexandrine de Sales aidée par son petit-fils, le comte Eugène de Roussy de Sales. Aujourd'hui, la famille de Roussy de Sales habite toujours le château en le préservant avec soins.

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Le comte Jean-François de Roussy de Sales fut le premier de sa dynastie à ouvrir le château au public. Dès 1960, il profita des cérémonies du centième anniversaire de l'Annexion du duché de Savoie à la France pour donner accès à l'intégralité du rez-de-chaussée de sa demeure, ainsi qu'à la quasi-totalité des salles médiévales datant des XIIe siècle/XIIe siècle.

La visite de cette demeure historique relate la vie de Saint François de Sales (1567-1622) et de sa famille. Saint François, prince-évêque de Genève, fut un personnage aux multiples facettes et à la renommée sans limite auprès des plus humbles comme des grands de ce monde. La vie de ce saint universel est illustrée ici par son orfèvrerie liturgique, ses sceaux, ses habits épiscopaux, des tableaux, des documents et des livres rares.

Le comte Camille Benso de Cavour (1810-1861), dernier Premier Ministre en tître de la Savoie, et instigateur du rattachement de celle-ci à la France, est lui aussi un personnage incontournable de Thorens : il séjourna régulièrement dans le château de ses cousins. Lorsqu'il fut Premier ministre du Royaume de Sardaigne, Camille de Cavour mena à bien l'Unité italienne au profit de la Maison de Savoie, avec l'aide de son vieil ami, l'empereur des Français Napoléon III. En conséquence, le comté de Nice et le duché de Savoie furent réunis à la France au printemps 1860, par le traité de Turin du 24 mars. Le château abrite les effets personnels de l'homme d'Etat, son mobilier et ses œuvres d'art, notamment le somptueux bureau de style "Boulle Napoléon III" sur lequel fut signé le Traité de Turin.

Au milieu des œuvres d'art (tapisseries des Flandres, tableaux de maîtres…) et du mobilier de la Renaissance, de l'époque baroque ou du Second Empire, le visiteur s'imprègne de l'âme de ce château. Le logis noble, dans la lumière dorée d'un salon ou d'une chambre, laisse transparaître la finesse de goût du XVIIe siècle. La cuisine voûtée (1632) remet en bouche les saveurs des festins d'un temps passé. Les austères salles voûtées des premières fortifications évoquent la vie des hommes d'armes, et le donjon rappelle, quant à lui la justice seigneuriale.

Si cette présentation, largement inspirée du site Wikipedia, vous a donné envie d'en savoir plus sur ce magnifique édifice, je vous recommande vivement de vous rendre sur le site du chateau: www.chateauthorens.fr et pourquoi pas de profiter des journées du Patrimoine ce week end pour lui rendre une visite réelle et non pas seulement virtuelle.

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Journées Européennes du Patrimoine :

Chaque année, lors des Journées du Patrimoine, le château de Thorens est ouvert tant aux visiteurs individuels qu'aux groupes.

28èmes Journées Européennes du Patrimoine : 17 & 18 septembre 2011.

-Samedi 17 sepembre 2011 : de 10h à 12h & de 14h à 19h.
-Dimanche 18 septembre 2011 : de 10h à 12h & de 14h à 19h.

15/09/2011

An example of the "nice" behaviour of France & England towards China

China collateral victim of the annexation of Savoy by France, in 1860?

 

1860 is a very sad year for Savoy. In that year, the Savoyards lost their independence and became French against their will. Through a series of occult maneuvers (secret negotiations of Plombieres* between Napoleon III and Cavour in 1858 to set the terms of the annexation), and dirty tricks (shamelessly rigged plebiscites in April 1860 validating the annexation of Savoy to France).  1860 was also a disastrous year for China.  In that year China was the victim of unspeakable abuse, perpetrated by the governments of two of the great powers of the time: France and Great Britain. 1860 ended with the sack and destruction of the Imperial Summer Palace near Beijing, one of the great jewels of humanity.  What is the relationship between the two events, except the year? I'll make an assumption that seems justified, but that needs to be researched and confirmed. If among the readers of this article, there are people who have information about these events, please do not hesitate to contact me.

 

Preparations for the Franco-British expedition of 1860.
An expeditionary force of 20,000 men was sent to China (12 000 Anglo-Indians and 8000 French).  To send its 8,000 men to China, France had to put together up a huge and costly logistics (13 warships, 100 transports). Men and ships left France in December 1859. On the British side, the expedition was much simpler and less costly as almost the entire expeditionary force came from the British colonies in India.

 

Why did the British mount this operation?
China represented a captive market, very important and very profitable for the British, where they could sell huge quantities of opium grown in India. England was then a narco-trafficking state, and intended to defend its economic interests regardless of the havoc that opium wrecked on the Chinese population.

How did this happen? Why did Britain use all means available to force China to buy her poison? We must look back a few decades. Great-Britain, had been the dominant sea power since the 17th century, using this dominance to impose the British products wherever it could. China was different and could not be swayed.

The many trade delegations sent to the Emperor by the British to try to persuade or intimidate him to buy their products, were rejected every time. This stubbornness irritated the British as they imported a lot of products from China (particularly tea, silk, pearls, porcelain ...) and the Chinese government required payment in silver money.

The only commodity that the British managed to sell in China was opium. Opium was  grown in India (a British colony at the time). Opium was sold by a private company, the East Indian Company, protected by the British government. Initially, in the 1800s, opium returned in fraud, in relatively modest quantity. Then, little by little, the demand increased, the volumes grew and the business became very profitable. The British wanted to export freely (without restriction or limit) their poison. The Emperor of China was opposed to this trade, at first timidly and then more and more actively as the trade began to empty his coffers and make a growing number of his subjects dependent.

 

* Small spa town in the Eastern part of France, where Napoleon III used to go to treat his gout attacks

Finally the Emperor decided to ban all imports of opium into China and destroyed a shipment of opium in the port of Canton. That was enough for the British. They attacked China in 1830: the first Opium War.

China was not prepared to resist the British invasion. She was quickly defeated and forced to negotiate with the British narco-traffickers. China lost Hong Kong which became a British colony, had to open many Chinese ports to British ships, accept the free importation of opium, and pay very heavy war reparations to Great Britain.
This peace treaty imposed by Great Britain was resented by the Emperor of China, who tried not to apply it in all ways possible. This is what caused the second Opium War. The British blamed the Chinese for not respecting the agreements signed previously and, in 1860, decided to mount a punitive expedition. This time the British wanted to give a serious lesson to the Emperor of China and bring him to strictly enforce the confiscatory treaties previously signed.

We understand that for the British, China represented extremely important business and financial interests. It was not the case for France, which at the time had virtually no presence in this region.

 

Why did Napoleon III sent troops to participate in this distant expedition decided by the British?
The official argument was that he had to avenge the murder of two French Catholic missionaries, committed two years before. This was a very thin pretext to justify an operation of this magnitude: expensive, risky and far-away! We will see later what the real reasons which led Napoleon III to cozy up to the British for this shameful operation were.

Once again we quickly need to go back in history.
Following the disasters of the French Revolutionary and Napoleonic Wars (Napoleon the First) which drenched Europe in blood for nearly 25 years, the victors (mainly the British, Austrians, Prussians, Russians) redrew the borders of Europe with the treaties of Paris [1814] and the Treaty of Vienna [1815].
Savoy, with the very active support of the British and Russians regained the autonomy it had before the French invasion of 1792: re-entering a greater Savoy “federation" which also included Piedmont, Nice, Sardinia, and newly Liguria, former Republic of Genoa.

The new configuration of Europe was designed and intended primarily to safeguard British interests. Britain made sure that no power was too strong and sought to minimize the nuisance power of France. This was to avoid any repetition of an attempted military hegemony of France over Europe. To do this, Britain set up new frontiers of France, using Britain’s friends: creation of the state of the Netherlands, then Belgium, overhaul of Switzerland (with new cantons such as Geneva , Neuchatel, Valais, Jura bishoprics being entrusted to the canton of Bern), State of Savoy. Thus France, on its northern borders, east and south, was surrounded by friendly countries and allies of the British, a kind of cordon sanitaire.

When Napoleon III came to power, he never stopped wanting to get rid of the Treaties of Paris and Vienna. To achieve his ends, he sought to break the power of the victors of 1815. Surely this was one of the reasons which led Napoleon III to be allied with the British and the Ottoman Empire against the Russians at the time of the Crimean War of 1856.

 

In doing so Napoleon III fuelled the rivalry between Russia and Britain, attracted the sympathy of the British and again became a power of his own. This rapprochement with the British was paid dearly by the blood of countless French, British, Russian and Ottoman soldiers who fell during the Crimean campaign (known from 200 to 300 000 deaths) particularly during the siege of Sevastopol and Malakoff.

As a price for his participation to the dirty Crimean war, Napoleon III thought he could now count on a benevolent neutrality from the British, which would enable him to act more as he pleased in Europe and regain some lost territory in 1815.

 

Napoleon III started implementing this strategy with Savoy and Nice: in 1858 he seeked to appropriate himself, without consulting the victors of Waterloo (Russia, Great Britain, Prussia, Austria) in violation of existing treaties. To achieve his ends, Napoleon III proposed to the Duke of Savoy (Victor Emmanuel II), in exchange for the cession of Savoy and Nice, to help militarily to create a Kingdom of Northern Italy (Piedmont, Liguria, Lombardy, Veneto), expelling the Austrians from Lombardy and Veneto, territory that had been entrusted by the Treaty of Vienna in compensation for Austrian territories in Germany and ceded to Prussia. But things did not go as planned. The French military campaign against the Austrians in Lombardy turned to slaughter (battles of Solferino and Magenta). Napoleon III had to stop his offensive at the border of the Veneto region, because of very negative and hostile reactions of Prussia and England. Napoleon III tried to calm the British as he wanted to avoid at all costs another military alliance of Austria, Prussia and Great Britain against  him.

This is where I introduce an hypothesis which needs to be confirmed. I have read in an American or English book for which I unfortunately have lost the reference that Napoleon III would have found a way to mollify the British: making a large contingent of soldiers available for the operation that Britain was preparing against China. Indeed the British were desperately short of ground troops. Just while preparing this new war against China, a serious revolt had broken out in India, the first rebellion of Indian soldiers against the British masters: the Indian Mutiny, which was to be put down quickly to avoid a full Indian uprising. The proposal of Napoleon III arrived at the right time and was accepted by the British. Coincidentally, from that moment on, the British were much more accommodating and left the annexation of Savoy and Nice to be, without formally approving it ...

 

Conduct of the Anglo-French military campaign of 1860 in China.

The operation was to use military force to bend the Emperor of China’ will and oblige him to open his country to the opium trade under British monopoly. The Chinese army, although valiant, was poorly equipped compared to the Anglo-French. The Anglo-French quickly reached Beijing and to bend the Emperor’s will, they decided to strike a decisive blow by attacking the Summer Palace, one of the symbols of the power of the Emperor of China. The Summer Palace was looted and ransacked thoroughly for four days (October 6 to October 9, 1860).

The Anglo-French troops behaved like true barbarians of yesteryore: they scooped up the all treasures they could find, gold, precious stones, pearls, jade, silk, carvings, paintings, rare books, porcelain ... and what could not be stolen was smashed and destroyed. To complete this deed, the British decided (the French did not associate with this decision) to burn all that was still standing. The fire lasted for one week (October 18 to October 24, 1860) and necessitated the involvement of 2000 incendiaries, Anglo-Indian soldiers.

 

For the Chinese, the wound is still open, they consider this crime as inalienable. One can understand why: if a horde of barbarians had from afar and looted, ransacked and burned the castle of Versailles or the palace of Westminster before quietly returning home the French or the British would certainly remember it. Many stolen items are still in British and French museums and private collections. In Paris and Beijing in early 2009, much was made of the auction of two magnificent bronzes stolen from one of the pavilions of the Summer Palace: these pieces were part of the YSL-Berge collection up for auction at Christie's ...

 

The old Summer Palace was never rebuilt. It has become a place of pilgrimage, meditation and remembrance for the Chinese people. For them, the ruins illustrate the double standards of many Western governments, who claimed to be the defenders of civilization, while in fact destroying, ruining other civilizations without a moment’s hesitation.

 

What was the Summer Palace *?

Rather than the Summer Palace, it would be more accurate to speak of an Imperial city for the summer. Indeed it was a real city which stretched in a huge park of 25 to 30 square kilometers, about 3000 hectares. In this park were scattered over 200 houses and palaces, where the court and its guests lived for nearly nine months a year. The park is a huge garden, with rivers, ponds, hills, forests, created by the best architects and gardeners of the time.
This huge, beautiful complex had cost a fortune to the Empire, even more than Versailles to France. It was built over a period of 150 years which ended around 1760. All that was most beautiful and valuable in China could be found in the 200 houses. There were statues in gold and silver, decorations with jade beads. There were several pagodas, porcelain floors. There were beautiful fabrics, tapestries, silk carpets, porcelain vases of inestimable value. There was a library of over 10,000 works all more valuable than each other all were destroyed in the fire.
Écouter

In conclusion:

The dictator Napoleon III trying to persuade the British to accept the annexation of Savoy to France, had not hesitation in participating to an ugly military campaign against one of the world’s most ancient and brilliant civilizations. I hope that this article (with others) will have shown the harm done by the unscrupulous and imperialist policies of France's Second Empire which claimed Savoy and China amongst other nations as their victims.

* called 'Yuanming Yuan' in Chinese, which means 'Garden of Perfect Brightness'.

This article is courtesy of my good friend, Bernard Fauvelais, whom I met in Hong Kong and who now lives in Annecy.

18:10 Publié dans Asie - Hong Kong - Thaïlande, English, Histoire, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | | | Digg! Digg | | |  Facebook

le sac du Palais d'été de Pékin : quel déshonneur pour l'Europe!

Ci-dessous un article fort interessant écrit par mon ami Bernard Fauvelais, qui, bien que d`origine parisienne, a épousé  avec passion la cause Savoisienne; même si je ne partage pas toutes ses idées, je le rejoins totalement sur la façon ignominieuse dont les Occidentaux se sont conduits avec la Chine au XIXéme Siécle. A ce titre, je pense qu'il est du plus grand interet de montrer, à travers cet exemple, comment les pays "civilisés" d'Occident se sont conduits avec cette autre grande civilisation qu'est la Chine. On laissera à chacun le soin de décider qui sont les barbares dans cet épisode mal connu de notre oeuvre civilisatrice.

 

La Chine victime collatérale de l’annexion de la Savoie par la France, en 1860?

 

Pour la Savoie l’année 1860 est une bien triste année. C’est l’année où les Savoisiens se sont retrouvés Français malgré eux, par un enchaînement de manoeuvres occultes (négociations secrètes de Plombières* entre Napoleon III et Cavour en 1858 pour fixer les modalités de l’annexion), et de coups tordus (plébiscites d’avril 1860 honteusement truqués pour faire valider par les Savoisiens et Niçois l’annexion de leur pays à la France). Mais 1860 a été aussi une année calamiteuse pour la Chine. C’est l’année où elle a été victime d’une agression inqualifiable, perpétrée par deux gouvernements indignes, ceux de la France et de la Grande-Bretagne, qui s’est terminée par le sac et la destruction du Palais Impérial d’Été près de Pékin, considéré à l’époque comme un des joyaux de l’humanité.

Quel est le rapport entre les deux événements, à part l’année? Je vais émettre une hypothèse qui me semble fondée mais qui demande à être approfondie et confirmée. Si parmi les lecteurs de cet article, il se trouve des personnes qui ont des informations à ce sujet, je serai ravi de les recevoir et d’en discuter avec eux.

 

Les préparatifs de l’expédition franco-britannique de 1860.

Un corps expéditionnaire de 20 000 hommes fut envoyé en Chine (12 000 Anglo-Indiens et 8 000 Français). La France, pour acheminer ses 8 000 hommes en Chine, a du mettre sur pied une énorme et très coûteuse logistique (13 navires de guerre, 100 bâtiments de transport). Tout est parti de France à partir de Décembre 1859. Côté anglais, c’était beaucoup plus facile et moins coûteux, car presque tout partait de leur colonie indienne.

 

Pourquoi les Anglais ont-ils monté cette opération?

La Chine représente pour les Anglais un marché captif très important et très juteux, pour écouler des quantités énormes d’opium cultivé aux Indes. L’Angleterre est alors un état narco-trafiquant, elle entend défendre ses intérêts économiques, quels que soient les ravages que l’opium fait subir à la population chinoise.

Comment en est-on arrivé là? Pourquoi la Grande-Bretagne cherche par tous le moyens à forcer la Chine à acheter son poison? Pour le comprendre il faut se reporter quelques décennies en arrière. La Grande-Bretagne, puissance maritime dominante depuis le 17e. Siècle, en profite pour imposer les produits anglais (agricoles, manufacturés) partout où elle le peut. En ce qui concerne la Chine, elle tombe sur un "os". Malgré leurs nombreuses délégations commerciales envoyées au fil du temps chez l’Empereur, pour essayer de le séduire, de l’intimider, le convaincre de leur acheter leurs produits, c’est à chaque fois une fin de non recevoir. Cela irrite de plus en plus les Anglais, d’autant qu’ils importent toujours plus de produits de Chine (en particulier du thé, de la soie, des perles, de la porcelaine...) dont le prix est exigé en métal d’argent par le gouvernement chinois.

La seule marchandise que les Anglais réussissent à vendre en Chine est l’opium, qu’ils cultivent aux Indes (colonie Anglaise à l’époque). L’opium est commercialisé par une compagnie privée, l’East Indian Company, protégée par le gouvernement anglais. Au début, dans les années 1800, l’opium rentre en fraude, en quantité relativement modeste. Puis, petit à petit, la demande augmente, les volumes s’accroissent et ce commerce devient très rémunérateur. Les Anglais veulent pouvoir exporter librement (sans restriction et sans limite) leur poison. L’Empereur de Chine s’oppose à ce commerce, d’abord timidement et ensuite de plus en plus activement, car cela commence à vider ses caisses et à rendre dépendant un nombre croissant de ses sujets.

 

 * Petite ville de cure dans les Vosges, ou Napoleon III avait l’habitude de se rendre pour soigner ses crises de goute.

 

Finalement l’Empereur décide d’interdire toute importation d’opium en Chine et fait détruire une cargaison d’opium dans le port de Canton. C’en est trop pour les Anglais. Ils attaquent la Chine en 1830: c’est la première guerre de l’opium.

La Chine n’est pas préparée pour résister à l’invasion anglaise. Elle est vite défaite et forcée de négocier avec les narco-trafiquants anglais. Elle perd Hong Kong qui devient une colonie anglaise, doit ouvrir de nombreux ports chinois aux navires anglais, accepter l’importation de l’opium, et payer de très grosses indemnités de guerre à la Grande-Bretagne.

Ce traité de paix imposé par la Grande-Bretagne est très mal vécu par l’Empereur de Chine, qui cherche par tous les moyens à ne pas l’appliquer. C’est ce qui provoque deux autres guerres de l’opium. Les Anglais reprochent aux Chinois de ne pas respecter les accords signés précédemment. C’est ainsi qu’en 1860 ils décident de monter une expédition punitive, pour donner une sérieuse leçon à l’Empereur de Chine et l’amener à appliquer à la lettre les traités confiscatoires signés précédemment.

On comprend que pour les Anglais, la Chine représente des intérêts commerciaux et financiers extrément importants. Ce n’était pas du tout le cas pour la France, qui n’avait à l’époque pratiquement pas de présence dans cette partie du monde.

 

Pourquoi Napoleon III a-t-il envoyé des troupes participer à cette expédition lointaine décidée par les Anglais?

La thèse officielle, c’était qu’il fallait venger le meurtre de deux missionnaires catholiques français, commis deux ans auparavant. Cela semble un prétexte bien mince pour justifier une opération d’une telle ampleur, si onéreuse, si risquée, si lointaine! On verra plus loin les vraies raisons qui, je crois, ont poussé Napoleon III à s’acoquiner avec les Anglais pour cette honteuse opération.

Ici encore un retour sur l'histoire s'impose.

Suite aux désastres des guerres révolutionnaires françaises et des guerres napoléoniennes (de Napoléon 1er) qui ont mis à feu et à sang l’Europe pendant près de 25 ans, l’aventure s’est terminée par la défaite de la France, vaincue par l’Europe coalisée. Les vainqueurs (principalement les Anglais, les Autrichiens, les Prussiens, les Russes) redessinent les frontières de l’Europe par les deux traités de Paris de 1814 et par le traité de Vienne de 1815.

La Savoie, grâce au soutien très actif des Anglais et des Russes, retrouve l’autonomie qu’elle avait avant l’invasion française de 1792: elle réintègre un État "fédéral" qui comprend aussi le Piémont, Nice, la Sardaigne, et nouvellement la Ligurie, ancienne République de Gênes.

Cette nouvelle configuration de l’Europe a été pensée et voulue surtout par les Anglais, qui ont cherché à ce qu’aucune puissance ne soit trop forte, et aussi à réduire le plus possible le pouvoir de nuisance de la France. Il s'agit d'éviter que ne se reproduise une tentative militaire d’hégémonie de la France sur l’Europe. Pour ce faire, la Grande-Bretagne a mis en place, aux nouvelles frontières de la France, des pays amis: création de l’état des Pays-Bas, puis de la Belgique, refondation de la Suisse (agrandie des nouveaux cantons de Genève, Neuchatel, Valais, les évêchés du Jura étant confiés au canton de Berne), du Bade-Wurtenberg, des États de Savoie. Ainsi la France, sur ses frontières Nord, Est et Sud, est entourée de pays amis et alliés des Anglais, une sorte de cordon sanitaire l’entoure.

Quand Napoleon III arrive au pouvoir, il n’a de cesse de vouloir s’affranchir des traités de Paris et de Vienne. Pour arriver à ses fins, il a cherché à rompre le bloc des vainqueurs de 1815. C’est sûrement une des raisons qui ont amené Napoleon III à s’allier aux Anglais et à l’Empire ottoman, contre les Russes, au moment de la guerre de Crimée de 1856.

 

En agissant ainsi il attise les rivalités russo-anglaises, s’attire la sympathie des Britanniques et redevient une puissance. Ce rapprochement avec les Anglais a été chèrement payé , par le sang d’innombrables soldats français tombés pendant lacampagne de Crimée (on parle de 200 à 300 000 morts) en particulier pendant le siège de Sébastopol et Malakoff.

Suite à cette sale guerre, Napoléon III a pensé qu’il pouvait désormais compter sur une bienveillante neutralité de la part des Anglais, ce qui devait lui permettre d’agir plus à sa guise en Europe, pour retrouver une partie des territoires perdus en 1815.

Cette stratégie est mise en oeuvre avec la Savoie et Nice, que Napoléon III cherche à s’approprier dès 1858, sans que les vainqueurs de Waterloo (Russie, Grande-Bretagne, Prusse, Autriche) soient consultés, ce qui violait les traités en vigueur. Pour arriver à ses fins, Napoléon III propose au Duc de Savoie (Victor Emmanuel II), en échange de la cession de la Savoie et de Nice, de l’aider militairement à créer un Royaume d'Italie du Nord (Piémont, Ligurie, Lombardie, Vénétie) en expulsant les Autrichiens de Lombardie et de Vénétie, territoires qui leur avaient été confiés par le traité de Vienne en compensation de territoires autrichiens situés en Allemagne et cédés à la Prusse. Mais les choses ne se passent pas comme prévu. La campagne militaire française en Lombardie contre les Autrichiens tourne à la boucherie (batailles de Magenta et Solferino). Napoléon III doit arrêter son offensive à la frontière de la Vénétie, à cause des réactions très négatives et hostiles de la Prusse et de L’Angleterre. Napoléon III essaye de calmer les Anglais, car il veut éviter à tout prix une alliance militaire entre les Autrichiens, la Prusse et la Grande Bretagne contre lui, qui pourrait lui être fatale.

C’est là que je lance une hypothèse qui demande a être confirmée. Je l'ai déjà lue dans un ouvrage anglo-saxon dont j'ai malheureusement perdu la référence. Napoléon III aurait alors trouvé un moyen pour amadouer les Anglais: mettre à leur disposition un important contingent de soldats pour la campagne que la Grande-Bretagne préparait contre la Chine. En effet les Anglais manquaient cruellement de troupes terrestres. Au moment même où se préparait cette nouvelle guerre contre la Chine, une grave révolte éclatait aux Indes, la première rébellion de soldats indiens contre les maîtres Anglais: la révolte des Cipayes, qui devait être matée rapidement pour éviter que toute l’Inde ne s’embrase. La proposition de Napoléon III arrive donc au bon moment et est acceptée par les Anglais. Comme par hasard, à partir de ce moment, les Anglais se sont montrés beaucoup plus accommodants et n’ont plus pensé à une alliance militaire contre la France. Ils ont laissé l’annexion de la Savoie et de Nice se faire, sans toutefois l'approuver officiellement...

Déroulement de la campagne militaire anglo-française de 1860 en Chine.

L'opération consistait à utiliser la force pour faire plier l’Empereur de Chine et l’obliger à ouvrir son pays sans restrictions au commerce de l’opium sous monopole anglais. L’armée chinoise, bien que valeureuse, est très mal équipée, comparée à celle des Anglo-Français. Elle est enfoncée très vite. Les Anglo-Français remontent rapidement jusqu’à Pékin. Pour faire plier l’Empereur, ils décident de frapper un grand coup en s’attaquant au Palais d’Été, symbole de la puissance de l’Empereur de Chine. Le Palais d’Été est pillé de fond en comble pendant quatre jours (6 Octobre au 9 Octobre 1860).

Les Anglo-Français se comportent comme des barbares: ils font main basse sur des trésors inestimables, or, pierres précieuses, perles, jade, soie, sculptures, tableaux, livres rares, porcelaine... Ce qui ne peut être emporté est fracassé, détruit. Pour parachever leur méfait, décision est prise par les Anglais (les Français ne s’associent pas à cette décision) de brûler tout ce qui est encore debout. L’incendie dura une semaine (18 Octobre au 24 Octobre 1860) et nécessita la participation de 2000 incendiaires, des soldats anglo-indiens.

Pour les Chinois, la plaie n’est toujours pas refermée, ils considèrent ce crime comme imprescriptible. On peut imaginer pourquoi: c’est comme si, pour les Français, une horde de barbares venue de très loin avait pillé, saccagé et brûlé le Château de Versailles et s’en était retournée tranquillement chez elle une fois le méfait accompli. De nombreux objets volés se trouvent toujours dans les Musées anglais et français et dans des collections privées. À Paris et à Pékin, début 2009, on a beaucoup parlé de deux magnifiques bronzes volés dans un des pavillons du Palais d’Été: ces pièces faisaient partie de la collection Bergé-YSL mise en vente aux enchères chez Christie's...

Le Palais d’Été n’a jamais été reconstruit. C’est devenu un lieu de pèlerinage, de recueillement et de mémoire pour le peuple chinois. Pour eux ces ruines illustrent bien le double langage de nombreux gouvernements occidentaux, qui se prétendent défenseurs de la civilisation alors que, dans les faits, ils détruisent sans aucun état d’âme la civilisation des autres...

Qu’était le Palais d’Été* ?

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Le plan de l'ancien Palais d'été

Plutôt que de Palais d’Été, il serait plus juste de parler de ville impériale d’été. En effet il s’agissait d’une véritable ville qui s’étendait dans un parc immense de 25 à 30 kilomètres carrés, environ 3000 hectares. Dans ce parc étaient disséminés plus de 200 pavillons et palais, où résidaient la cour et les invités pendant près de neuf mois par an. Le parc est un immense jardin, avec des rivières, des étangs, des collines, des forêts, créés par des architectes et des jardiniers.

Ce gigantesque ensemble a coûté fort cher à l’Empire, encore plus cher que Versailles pour la France. Il a été bâti au fil du temps, sur une période d’environ 150 ans qui se termina vers les années 1760. Tout ce qu’il y avait de plus beau et de plus précieux en Chine se trouvait dans les 200 pavillons. Il y avait des statues en or et en argent massif. Des décorations avec du jade, des perles. Il y avait des pagodes en porcelaine de plusieurs étages. Il y avait de magnifiques étoffes, tapisseries, tapis en soie, des vases en porcelaine d’une valeur inestimable. Il y avait une bibliothèque de plus de 10 000 ouvrages tous plus précieux les uns que les autres.

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Les vestiges de l'ancien Palais d'été

 

En guise de conclusion.

Le dictateur Napoléon III, très probablement pour faire accepter aux Anglais l’annexion de la Savoie et de Nice à la France, n’a pas hésité à participer à une campagne indigne, contre une des plus anciennes et brillantes civilisations humaines, la civilisation chinoise. J’espère que ce petit article contribuera avec d’autres à montrer le rôle nocif et sans scrupules de la politique impérialiste et agressive de la France du second Empire, dont la Savoie, Nice et la Chine ont été, avec d'autres nations, les victimes.

* appelé ‘YUANMING YUAN’ par les Chinois, ce qui veut dire ‘Jardin de la clarté parfaite’.

NB: Je tiens à dire que ma propre vision de Napoléon III est beaucoup plus nuancée, car je considère qu'à la différence du roi soleil qui est porté aux nues, le traitement réservé à l'empereur est injuste car, pour moi, il fut un bon dirigeant pour la France. L'annexion pacifique de la Savoie en étant une preuve supplémentaire si on se place du coté français.