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30/03/2013

Rencontres du Patrimoine à Viuz en Sallaz - 5 & 6 avril 2013

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08:46 Publié dans Haute-Savoie, Histoire, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | | | Digg! Digg | | |  Facebook

27/03/2013

Histoire et patrimoine - l'histoire du Genevois

Je suis persuadé que pour savoir où l'on va, il est essentiel de savoir d'où l'on vient. Plus de 30000 personnes vivent dans le canton de St Julien, mais bien peu connaissent l'histoire mouvementée de notre territoire et de notre relation avec Genève. Quant aux Genevois, de la même façon, bien peu nombreux sont ceux qui connaissent l'histoire de la "France Voisine" comme ils nous appellent.

C'est pourquoi au moment où on parle du Grand Genève et de la place que doit y jouer  notre territoire, il m'a paru opportun de mettre à la portée de tous un historique succint du Genevois, qui permette à tout un chacun de mieux comprendre les relations complexes que ce territoire qu'on appelle aujourd'hui le Genevois français a entretenu avec Genève, la Savoie et la France tout au long de ces 2000 dernières années. Je me focaliserai bien entendu sur notre bonne ville de Saint-Julien qui a joué un rôle central dans cette histoire.

J'espère que mes fidèles lecteurs y trouveront plaisir et que mon travail leur donnera l'envie d'en savoir plus, en se plongeant dans les livres et sur les sites web qui m'ont permis d'écrire cette histoire abrégée et que je me propose de conter en 4 chapitres

- le Genevois des Allobroges à la Réforme

- Le Genevois de la Réforme à la Révolution Française

- Le Genevois de la Révolution à l'Annexion

- Le Genevois de 1860 à nos jours

Rendez Vous dans les prochaines semaines pour découvrir une histoire passionnante, celle de notre terre et de notre espace de vie .

12:15 Publié dans Genève, Genevois Savoyard, Histoire, Saint-Julien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, st julien, le genevois, genève | | | Digg! Digg | | |  Facebook

23/02/2013

Histoire & Patrimoine - Grandeur et décadence des Bains de la Caille

 

 

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Sur la route qui va de Genève à Annecy, entre Cruseilles et Allonzier la Caille se dressent 2 ponts qui font l'admiration des voyageurs et dont le nom provient sans doute d'une ancienne auberge ornée du dessin de cet oiseau.

 

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Le pont suspendu dit pont Charles Albert, du nom du roi qui en décida la construction, fut inauguré le 11 juillet 1839 après 16 mois de travaux à l'époque où notre territoire était encore partie intégrante du royaume de Piémont-Sardaigne. Il enjambe la rivière "Les Usses" qui coule 150m plus bas et n'est plus que piéton, les lattes de bois qui le recouvrent ne pouvant supporter de lourdes charges.

 

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Le magnifique pont Charles Albert aujourd'hui

 

Quant au pont "moderne" qui jouxte le pont d'origine, il fut construit entre 1925 et 1928, sur les plans de l'ingénieur Caquot, afin de faire passer la ligne de tramway qui devait relier Genève à Annecy. Ce projet ayant été abandonné, c'est tout naturellement à la circulation automobile que ce pont, à arc unique en béton non armé, fut alors et  est encore destiné.

 

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les 137.50m de portée du pont d'Albert Caquot représentaient un record du monde en 1928 

Mais ce n'est pas des ponts dont je souhaite vous entretenir ici, mais bien plutôt de ce qui se passait 150 m plus bas au bord de la rivière Les Usses.

 

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Car les milliers d’automobilistes qui franchissent chaque jour le pont de la Caille ne le savent sans doute pas, mais jusqu’en 1937, des centaines de curistes ont fréquenté le très chic établissement thermal qui y était situé, tout au fond du ravin . Les Bains de la Caille comprenaient quatre bâtiments modernes (128 lits), plusieurs piscines et même un superbe casino dans le plus pur style « art déco ».

 

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A l’origine de ces bains, deux sources d’eau chaude (25 °C) riches en acide sulfhydrique, mais aussi en sélénite, en sel, en carbonate de chaux et en fer ! Cette source, appelée la fontaine de Cherpié, était connue des habitants de la région qui venaient y soigner nombre d’affections telles que les arthrites, les rhumatismes, les maladies de peau ou les bronchites. Elle était même connue depuis fort longtemps, puisque des travaux effectués en 1847 ont fait découvrir des vestiges d'anciens thermes dont la contruction, en brique, remonte aux Romains. On y a même trouvé une inscription en latin sur une énorme pierre encastrée dans le soubassement des anciens bains dont la traduction signifie "Bain de César édifié en l'année du Seigneur...."

En 1449, un pâtissier de Genève, Jean Brulequin, construit à proximité de la source un hôtel avec écurie et jardin. L’homme a des relations, car il bénéficie de la protection du duc de Savoie et peut à ce titre orner ses bâtiments des armoiries ducales, moyennant une redevance annuelle d’une livre de cire ! Mais cette belle aventure tourne court lorsqu’un énorme rocher a la mauvaise idée de se détacher de la falaise surplombant la source. L’hôtel est gravement endommagé et le sieur Brulequin décide de regagner Genève. Fin du premier acte.

Abandonnée pendant trois siècles, la fontaine bienfaisante est redécouverte en 1791. A cette époque, plusieurs savants, membres de la société des Arts et Sciences de Genève, viennent sur place étudier la source et confirment son intérêt médical. Mais son accès difficile – un sentier de chèvres bordé de précipices – limite grandement les possibilités de fréquentation du site par les malades.

En 1825, un citoyen de Copponex, Michel Baussand, malade qui fréquente les bains, construit des baraques en bois pour facilter l'acces aux thermes. IL obtient même pour cela une subvention de 400 Francs du Conseil Municipal de Cruseilles. En 1847, un prêtre d’Annecy-le-Vieux, Paul-Bernard Croset-Mouchet, le rejoint et décide d'investir pour exploiter la source. Il fait construire une maison de deux étages avec douze cabinets de bain et huit chambres baptisé, en toute modestie, « le Château » ! Les années suivantes voient naître une hostellerie-restaurant, "Le Foyer des Infirmes" et deux autres édifices, "Les Galeries" et "l'Elysée". Le batiment des piscines, adjoint de bassins exterieurs complétait l'offre de soins, tandis qu'un batiment administratif , baptisé plus tard "Le Casino", une chapelle et des écuries complétent l'ensemble.

Le renouveau des Bains

Le chanoine Crozet-Mouchet fait aussi ouvrir à grands frais une route carrossable qui, remontant par de nombreux lacets les bois de la rive gauche de la rivière, reliait l’établissement des Bains de la Caille au pont Charles-Albert, qui comme nous l'avons vu avait été inauguré en juillet 1839. L’inauguration de cette route d'accès direct, le 23 mai 1852, lança le succès des Bains de la Caille qui allaient dès lors connaître pendant des décennies une importante fréquentation de curistes. Il faut noter que si un service spécial de transports de voyageurs depuis Annecy existait, la pente de la voie qui descendait aux bains, imposait cependant d'utiliser un véhicule différent de celui qui faisait la liaison depuis Annecy. De nouvelles piscines, une maison de cure construite à cheval sur les Usses – et qui sera emportée par une crue en 1888 – et même un superbe casino renforceront encore le succès de cette étonnante station thermale.

 

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L'établissement thermal "Les Bains de la Caille"

 

Les Bains de la Caille en 1867, comme si vous y étiez…

Afin d'imaginer ce que pouvait être la vie de cet établissement dans les années 1860, glissons-nous dans les pas du journaliste Henri Albert, qui visite les lieux pour le compte de L’Écho du Salève, en juin 1867. « Au dessous du pont Charles-Albert, comme un fragment de ciel tombé sur la terre, apparaît l’établissement thermal de la Caille. Un chemin carrossable  y conduit. Il est bordé d’un côté par un impressionnant ravin et surplombé de l’autre par d’énormes rochers en partie taillés. L’existence des Bains de la Caille remonte à cette époque où notre Savoie était colonie romaine. En 1847, M. le chanoine Croset-Mouchet, d’heureuse mémoire, acquit le sol et les sources des bains. Sous son initiative, des travaux considérables s’exécutèrent et l’établissement actuel fut élevé avec rapidité. Depuis, la renommée des eaux sulfureuses, établie par des cures vraiment merveilleuses, alla croissant d’année en année, et elle ne saura que grandir encore sous l’habile direction de Mme veuve Secrétan, qui en est l’actuelle propriétaire. Quatre constructions spéciales sont destinées au service des bains : elles sont disposées en carré long et le centre est occupé par une vaste cour. Là s’élèvent, gracieux et sveltes, des groupes d’arbres aux panaches verdoyants. De la cour s’échappent plusieurs sentiers sinueux ; les uns conduisant à des bosquets et à des parterres, tandis que d’autres vont vers la grotte du Diable, qui rappelle les souvenirs de la romantique légende de Fernando Gomez (que nous évoqueront la semaine prochaine !). Si on pénètre dans cette cavité ténébreuse, un frisson vous glace ! Si on écoute, ce sont la pierre, les feuilles, la timide fleur, l’insecte, l’oiseau, qui tous paraissent offrir un hymne à la divinité des lieux. Ailleurs, c’est la cascade des Fées, où le soleil scintillant dans les eaux écumantes produit des prismes charmants et variés. Chaque printemps amène l’ouverture de la saison thermale. Cette année, elle a eu lieu le dimanche 26 mai 1867. Le ciel calme et pur, le temps magnifique était pour tous un heureux présage. À dix heures du matin, des cris de joie se faisaient entendre : les yeux fixés vers le pont Charles-Albert apercevaient un groupe de personnes : c’était la musique de Saint-Julien, qui, chaque année, est conviée à la fête d’ouverture. Une brise propice apportait aux Bains leurs lointaines harmonies, qui, se mêlant au bruit de joyeuses détonations, allait battre le rocher et se perdre en échos mille fois répétés. A midi, un repas splendide réunissait plusieurs notables des alentours. Si le baron Brisse (gastronome célèbre sous le Second Empire) eut été au nombre des convives, il aurait sans doutez félicité Mme Secrétan pour la qualité de son banquet. La musique anima le dessert par un beau passage du Trouvère, auquel succédèrent des symphonies plus légères, mais non moins égayantes. A quatre heures, M. Michel Guy, sous-préfet de Saint-Julien, et son épouse, vinrent rehausser de leur présence la joie et l’éclat de la fête. Un bal fut ouvert sous leur initiative, dans un des salons de l’établissement. La fête ne cessa que quand la nuit vint forcer l’orchestre à jeter ses dernières modulations, et la foule joyeuse à abandonner ces lieux magiques… ».

 

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Les grandes heures

En 1923, l'artiste peintre genevois Charles-Félix Mantilleri acquiert l'établissement qui traverse des difficultés, et s'y installe avec sa femme Julia et leurs 14 enfants. Il fait le pari du modernisme, installant des centrales électriques près de l'ancien pont romain; puis très vite, les tennis cotoyent les piscines et des orchestres réputés jouent dans le casino; on peut y écouter la TSF et même téléphoner. Tout ce confort attire une clientèle aisée venant de Genève, Paris et même de l'étranger.

 

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Le déclin

Suite au décès dans un accident de voiture de Charles Mantilleri en 1933, la famille décide de se séparer des Bains en 1937, mais la vente échoue. Survient la guerre qui voit l'activité cesser puis les batiments tomber en proie au pillage. En 1944, Robert Faivre rachête la propriété pour la revendre l'année suivante à une association d'infirmes dirigée par l'abbé Pernet qui tente de rénover les anciennes installations, mais qui jette l'éponge 10 ans plus tard. En 1966, c'est Marius Ailloud, propriétaire de l'usine d'équarissage qui surplombe le ravin qui rachete le site, et qui probablement sonne le glas pour longtemps de l'exploitation des sources.

 

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L'ancienne route du Chanoine, de moins en moins praticable

 

 

Aujourd'hui,  il est assez émouvant d’emprunter la vieille route du chanoine Crozet, qui devient peu à peu impraticable, pour visiter les vestiges de ce passé prestigieux. Seule subsiste l'odeur caractéristique du souffre! Il n'est plus question d'eau sulfureuse , tiède, bienfaisante, qui continue pourtant à s'écouler inexorablement dans un bassin circulaire avant de rejoindre tranquillement les eaux de la rivière en y entrainant ses innombrables vertus.

Bains de la caille8.jpgEntré du batiment des bains

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Ce qu'il reste de l'un des bassins

 

Pont de la Caille,Charles-Albert,Caquot,Bains de la Caille,Mantilleri,

Pont de la Caille,Charles-Albert,Caquot,Bains de la Caille,Mantilleri,

Les batiments ont été rasés pour raisons de sécurité. Seules les piscines noyées sous les arbustes et la végétation, et les cabines de bains demeurent visibles.On peut y voir une dernière construction, fort endommagée, sur le fronton de laquelle on peut encore voir une partie de l'inscription du Chanoine Croset-Mouchet, tel un défi aux outrages du temps " Béni soit Dieu qui fit jaillir les sources. A coté des maux, il mit le remède"

 

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Ce qu'on peut encore voir de l'inscription du chanoine

 

Voila un exemple typique de notre histoire et de notre patrimoine qui s'effiloche au fil des ans. C'est pouquoi je voudrais adresser un très grand merci à mon ami Dominique Ernst, journaliste et écrivain, conseiller municipal de Vers qui est à l'origine de l'essentiel des textes et photos qui apparaissent dans cet article; Grace à lui, nous pouvons découvrir des vestiges de notre histoire et apprécier les légendes qui du Salève au Vuache ont contribué à faire de notre territoire ce qu'il est aujourd'hui. On peut trouver ses oeuvres à la Maison du Salève ou auprès de la Salèvienne.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur les Bains de la Caille, vous pouvez aussi consulter le site de Beaumont qui retrace plus en détail l'histoire si rocambolesque de ce patrimoine aujourd'hui disparu:

 http://www.beaumont74.fr/iso_album/les_bains_de_la_caille...

Enfin, pour ceux qui désirent se rendre sur le site, sachez qu'on peut y accèder par un chemin à partir de Cruseilles.

 

 

 

 



 

 

07/11/2012

Histoire & Patrimoine: Le Château des Avenières

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Le chateau des Avenières sous la neige

A 12 kms de St Julien au lieu dit l'Abergement sur la commune de Cruseilles, trône l'un des joyaux culturels et architecturaux de notre territoire: le château des Avenières.

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Ce château, si original, a de plus une histoire extraordinaire que je vais me faire un plaisir de vous résumer. Quant à ceux à qui ces quelques lignes auront donné l'envie d'en savoir plus, je les invite à consulter, ou mieux à acheter, le très beau livre que Georges Humbert a consacré au château à l'occasion de son centenaire; livre qui est disponible à l'achat à la Maison du Salève.

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Le livre de Georges Humbert

Le château des Avenières est né de l'idée d'une Américaine originale, Mme Mary Wallace Shilitto, jeune femme très riche qui s'est éprise de ce coin de Haute-Savoie et de son panorama exceptionnel alors qu'elle était de passage, avec une amie très chère, à Genève.

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Le blason des Shilitto

Après avoir rondement mené l'achat des terrains, Marie Shillito réalise son rève. En 1907, la construction commence sous l'égide de Marie, entourée de sa "secrétaire" et très proche amie, Marcelle Senard, avec laquelle elle va courir le monde pour "chiner" afin de meubler le chateau de façon magnifique. La construction proprement dite  s'achève en 1913.

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Mary Shilitto Wallace

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Mary Shilitto à l'inauguration de la route du Salève, avec Fernand David en 1931

 

                                         Assan%20Dina%20photo.jpgLe 22 janvier 1914 , au grand désespoir de Marcelle,  qui décide alors de s'éloigner des Avenières, Mary Shilitto, 35 ans, épouse Assan Dina, 43 ans,  un indo-mauricien, brillant ingénieur en hydroélectricité, et également passionné d'astronomie, qui va jouer un rôle très important dans l'aménagement du château.

En 1919, Assan Dina rachète le vieux Moulin de Chosal en contrebas du château sur la rivière les Usses et il réaménage le canal d'amenée d'eau afin de produire de l'électricité. De là, il tirera une ligne électrique pour alimenter le château en électricité tout en faisant profiter de ce nouveau confort les maisons sur le passage de la ligne.

 

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En 1922, à l'age de 51 ans, Assan Dina se lance dans le projet de réaliser le plus grand observatoire astronomique en haut du Salève.  Le projet consiste à y installer l'un des plus grands télescopes du monde, et rien ne semble vouloir arrêter Assan Dina dans son entreprise. Pour ce faire, il fera réaliser, à ses frais, la route qui relie Cuseilles au sommet du Mont-Salève. Mais cette entreprise rencontrera de nombreuses difficultés qui freineront sa réalisation et la mort prématurée d'Assan Dina mettra une fin définitive à cet ambitieux projet.

A la suite du décès de son mari, Mary Shilitto perdra peu à peu de l'interet pour "son" château et elle s'en séparera en janvier 1936, avant de partir rejoindre Assan Dina le 23 septembre 1938, agée de 62 ans.

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Les particularités du chateau des Avenières

L'une des particularités tout à fait originales et remarquables du Château des Avenières, qui a contribué à la légende ésotérique du chateau est la chapelle et ses mosaiques qui reproduisent les 21 illustrations du tarot de Marseille.

 

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Quelques unes des mosaiques que l'on peut admirer dans la chapelle

NB: Par un clin d'oeil de l'Histoire ces cartes sont tombées dans l'oubli, permettant leur conservation : le château a en effet été vendu et reconverti en 1937 ou 1939 en maison de repos pour enfants, animée par des soeurs Ursulines polonaises. Il est évidemment hors de question d'accueillir les soeurs dans une chapelle aussi sulfureuse. Des plaques de bois sont alors ajustées contre les mosaiques, masquant celles-ci jusqu'au plafond. Elles ne seront ôtées que quarante ans plus tard à l'initiative d'un ancien élève des Avenières, monsieur Bertrand Jacquet, le château ayant été transformé en collège privé entre 1950 et 1970.

En effet en 1950, le collège de Juilly ouvre une annexe au chateau: un collège à la montagne pour une trentaine d'élèves d'abord, qui deviendront plus de cent au fil des ans, parmi lesquels quelques noms connus comme Claude Brasseur, Philippe Noiret ou encore Jean-Jacques Debout..... Après bien des périgrinations, dont un projet qui a failli voir le Chateau entouré d'un parcours de golf, le Château est aujourd'hui la propriété de la famille Odin qui l'a acheté en juillet 1994 pour le transformer en un hotel-restaurant de toute beauté qui accueille les amoureux et les stars à l'abri des sentiers battus et des regards indiscrets. Chaque suite est décorée dans un style unique, évocateur, ce qui rend le séjour aux Avenières inoubliable.

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L'arrière du château avec la chapelle à gauche

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L'entrée du Château

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Le Restaurant

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Une chambre tout confort

Pour ceux qui seraient tentés d'y passer quelques jours magiques, ou plus simplement d'y faire un repas gastronomique, cliquez sur le lien suivant pour plus d'information et pour réserver:

http://www.chateau-des-avenieres.com/fr/index.php

Outre l'activité d'hotel-restaurant de haut de gamme, le château est aussi le théatre de tournages de film, tant son atmosphère si originale se prête aux rèves et fantasmes du 7ème art en technicolor. L'enfant du pays André Dussollier y a ainsi joué deux films de Pascal Thomas: "Mon petit doigt m'a dit" et tout dernièrement, de nouveau avec Catherine Frot, "Associés contre le crime".

 

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Les Avenières en fête

 

25/10/2012

Conférence de la Salèvienne - Des ermites autour de la ville de Calvin?

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14:04 Publié dans Culture, Genève, Histoire, Vie Municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, calvin, vulbens, santschi | | | Digg! Digg | | |  Facebook

18/10/2012

Conférence Salèvienne - Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Carouge

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Ne manquez pas cette conférence donnée par Jean-Luc Daval. Il est l'un des meilleurs connaisseurs de Carouge, et le lien qu'il envisage de faire entre les deux anciennes villes sardes réserve à coup sur des surprises fort interessantes

08:54 Publié dans Culture, Histoire, Vie Municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salèvienne, daval, carouge, st julien | | | Digg! Digg | | |  Facebook

06/07/2012

Patrimoine et histoire de St Julien: les châteaux de Ternier

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En préambule, précisons qu'il faut en effet corriger l'appellation habituelle des Saint-Juliennois lorsqu'ils font référence à ce site boisé et sauvage, où une municipalité précédente avait eu le bon gout d'aménager un parcours santé, malheureusement peu entretenu depuis. Il ne faut donc pas parler du château de Ternier mais bien des châteaux de Ternier puisque 2 châteaux distincts et appartenant à deux familles différentes se faisaient face sur le promontoire au dessus du village de Ternier comme on peut le voir sur la photo ci dessus.

Cette colline (490m d'altitude) sur laquelle se trouvaient les chateaux domine le vallon de l'Aire au sud et l'Arande au nord, ce qui leur permettaient de controler la route principale d'alors qui allait vers Lathoy puis au pied du Salève.

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à gauche, le chateau comtal, à droite la poype de Ternier

La Poype, situé à l'est appartenait en effet à la famille de Ternier, vassal du Comte de Genève, suzerain de notre territoire alors que le château à l'ouest  dénommé château comtal était lui propriété du Comte de Genève et était le siège de la chatellenie, occupé par un chatelain qui était chargé de le représenter sur notre territoire.

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La Poype de Ternier

 

La Poype

Ce terme de poype indique un mamelon arrondi, synonime de "motte". La famille de Ternier apparait dans l'Histoire avec Hugues de Ternier dès 1113, comme l'un des principaux seigneurs feudataires des Comtes de Genève. Le 1er octobre 1401, il fut convenu que les Ternier passeraient acte de fidélité seulement au Comte de Genève et qu'à son tour, celui-ci le ferait pour les mêmes biens à l'évèque de Genève. Dès le 15 juin 1277, la famille de Ternier avait prété hommage pour la Poype au Comte de Genève, hommage renouvelé par la suite le 11/9/1294 puis le 13/5/1394.

Le chateau connut bien des vicissitudes dès la fin du XIVème Siècle, et le seigneur de Ternier qui résidait principalement au chatelard de Feigères n'occupait la Poype qu'en période de troubles. Des travaux de restauration sont menés à plusieurs reprises dans la première décennie du XV ème Siècle et rien de bien particulier ne se passe à la Poype jusqu'à sa destruction.

En 1536, les Bernois occupent St Julien et le pays alentour: Ternier tombe entre leurs mains; ils conservent ces terres jusqu'à la reddition du bailliage au duc de savoie en Aout 1567. Rappelons que dès le début des hostilités de 1589 (liées à l'édification du Fort Sainte Catherine à Songy par le Duc de Savoie), les Genevois s'emparèrent du pays et occupèrent le chateau de Ternier où ils laissèrent une garnison. Le 26 mai, les troupes ducales voulurent reprendre le chateau; elles mirent alors le pétard à la "fausse porte", mais la garnison leur jeta de grosses pierres à la deuxième porte et les troupes savoisiennes durent se retirer avec pertes. Le 1er juin, après une canonade de 121 coups, de 11:00 à 16:00, une brèche fut ouverte; la garnison genevoise se rendit contre promesse de vie sauve, ce qui n'empécha pas le duc de trahir sa promesse et de pendre les combattants défaits. La Poype n'a jamais été relevée depuis cette époque. Quant au chateau comtal, il n'était déja plus en état de se défendre.

Jusqu'à la Révolution, les ruines restèrent entre les mains de la famille des Milliet de Challes; ces biens furent confisqués comme biens nationaux et furent adjugés en Themidor An IV à Etienne-François Pissard.

Description archéologique de la Poype

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On parvenait au chateau par l'est en suivant la crête de la colline depuis Lathoy. Après avoir traversé un premier fossé et une première porte, qualifiée de "fausse porte", qui se trouvait dans le mur d'enceinte, aujourd'hui disparu, on longeait les courtines de la tour pour arriver à une deuxième porte qui donnait accès à une cour bordée de batiments dont on voit encore quelques traces. L'habitation s'étendait sur les cotés sud et nord, avec une chapelle dédiée à saint-Nicolas.

L'énorme tour du donjon, qui situé au sommet de la motte constitue à lui seul l'essentiel du chateau, offre un plan polygonal à 7 pans, très irréguliers, d'environ 14m de diamètre. Cette tour était encerclée par une enceinte qui suivait le même plan avec, entre les deux, un passage très étroit de 2M en moyenne. Il est aussi certain qu'un deuxième mur concentrique, construit au XVème Siècle, entourait l'ensemble: on en voit encore quelques fragments du coté sud. Les murs du donjon ont en moyenne 2.80M avec une épaisseur de 4.60M au sud, avec un talus très prononcé. Les assises de la tour sont de facture romane. Le donjon devait dépasser 21M de haut et était recouvert d'un toit, mais la disposition de la tour laisse entendre qu'elle a été souvent remaniée, avec probablement à l'origine une tour d'origine qui aura été reconstruite au XII ème Siècle.

De par ses formes et ses dimensions fort importantes, le donjon de Ternier est unique en son genre dans notre contrée, et devait être un des donjons les plus redoutables du pays. Il en reste quelques pans de mur et des parties de son enceinte qui disparaissent malheureusement sous les buissons.

 

Le Chateau Comtal

S'il est antérieur au XIIIème Siècle, on ne connait pas la dâte de l'établissement de ce chateau édifié face à la Poype de Ternier. La première mention de cette forteresse relevant du Comte de Genève date en effet de 1225. L'évèque de Genève ayant des droits de supériorité féodale sur le chateau, puisque Guillaume, seigneur de Viry, reconnait dès 1278 tenir son fief de Robert de Genève, évèque et seigneur de Ternier, le comte de Genève Amédée en fait hommage à l'évèque en 1305.

En 1394, Girard de Ternier qui avait prété des sommes considérables aux héritiers du comte obtient la cession de Ternier et de son mandement, ce qui réunit à l'époque les deux chateaux dans les mêmes mains. Après le Traité de Paris, Ternier passa à la Maison de Savoie et Amédée VIII prête hommage à l'évèque de Genève pour le chateau le 1er octobre 1405.

Relevant de la Maison de Savoie, Ternier passa de mains en mains, jusqu'au 29 mai 1781 quand ces terres furent annexées au domaine de l'Etat, élevées au rang de marquisat.

Description archéologique du chateau comtal

Il ne reste plus grand chose des ruines du chateau comtal: seulement les amorces des deux tours principales et quelques pans de l'enceinte. En revanche, les fossés et voies d'accès restent bien visibles.

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Ce chateau occupait un plateau assez vaste en forme de pentagone auquel on accèdait de l'ouest en montant directement du village de Ternier; puis par un large pont qui  traversait le fossé, on parvenait à la première porte. A gauche s'élevait le donjon, tandis que la vaste cour était entourée de communs et de dépendances. Tout le coté nord était réservé à l'habitation du comte , comprise entre l'ancien donjon et la nouvelle tour.

Au nord, le donjon ancien est de type roman, mesurant environ 8.75M sur 10M. Malgré les aménagements et perfectionnements réalisés en 1331-1332, le chateau n'était pas très vaste, surtout pour y loger le comte et sa suite qui y venaient fréquemment. Aussi édifia t-on une nouvelle tour du coté de la Poype, vers 1328-1330, avec l'aménagement de chambres en 1337-1338. Le revètement de la tour en pierres de taille semble avoir eu lieu plus tard entre 1402 et 1410. Cette tour neuve dont les bases subsistent , avec porte et double cave, mesurait environ 13M sur 11M. La porte cintrée de la cave, faite de pierres de taille et de grès, est encore en place.

Avant chaque visite du comte, on procédait à une profonde réfection des batiments, ce qui nécessitait un entretien considérable: il fallait des forets pour les ouvrages en bois, les pierres étaient prises dans les carrières du Salève, les bois et la chaux à Pomier. A noter qu'un puits a été entièrement refait en 1338-1340 puis à nouveau en 1402.

Les vendanges ont une grande importance dans la vie du chateau. En 1333, la garnison ordinaire se compose d'un portier, cinq clients et deux guets. Le chateau comtal a été constamment habité, soit par les comtes de Genève, puis par ceux de Savoie. En mars 1331, le comte de Genève vient y séjourner avec la comtesse d'Airlay et la dame de Faucigny.

Ternier était une résidence et un chateau fort, mais sa position de défense était très inférieure à celle de la Poype. Aussi, en temps de guerre, il était nécessaire à ces deux chateaux de s'entendre pour assurer une défense commune. Il semble que dès le XVIème Siècle, le chateau comtal était hors d'état de subir un siège puisque seule la Poype a été occupée par les Genevois qui y ont vécu l'épisode sanglant de 1589 relaté plus haut.

L'administration et la vie au chateau comtal

Le chatelain était nommé pour une période d'environ 1 an, renouvelable, par le Comte de Genève; il s'agissait donc d'une sorte de fonctionnaire qui avait la confiance du comte et dont les responsabilités couvraient 3 grands domaines:

Les attributions financières:

Le chatelain devait veiller aux revenus de son domaine; certains revenus étaient en nature (froment, avoine....) en fonction des récoltes. d'autres en argent :droits féodaux tels que taille, corvée et droit d'échute, ou encore deniers du cens ainsi que droits de mutation, péages ou enfin fermages.

Les attributions judiciaires:

Le chatelain se devait d'assurer le calme et de juger les conflits qui se produisaient dans son "mandement". Si les crimes de sang et d'atteinte à la noblesse dépendaient de la justice du comte, le chatelain exercait la justice quotidienne dans sa châtellenie.

Les attributions militaires:

Outre ses fonctions d'administrateur de la châtellenie, le chatelain devait conserver le chateau comtal où il logeait en parfait état puisque celui-ci était avant tout un lieu défensif mais aussi d'accueil pour les hôtes du Comte. Il assurait aussi la garde et la surveillance locale à l'intérieur de son mandement qui au XIV ème siècle s'étendait de Valleiry à Collonges.

Contrairement à une rumeur largement répandue, les rapports entre les deux châteaux ont toujours été bons; le château comtal était protégé par le château des  seigneurs de Ternier avec lesquels les comtes du Genevois avaient toujours entretenus de bons rapports; les chatelains de Ternier n'eurent jamais de conflits avec la famille de Ternier, et Bérard de Ternier appartenant à la branche cadette de la famille fut même chatelain pendant plusieurs années  de mars 1337 à juin 1343.

Ternier aujourd'hui

Si Ternier eut son heure de gloire comme on l'a vu plus haut, ce n'est plus le cas aujourd'hui. En effet bien peu des constructions reste visible sur le site comme le montrent les photos ci-après. Les arbres ont poussé et la végétation a pris possession du lieu. Le site est devenu un lieu de promenade, mal connu,  pour les habitants de St Julien, ainsi qu'un parcours santé, assez mal entretenu, pour les sportifs.  C'est bien dommage d'ailleurs car l'endroit est très sauvage, avec de très jolies promenades là travers champs ou e long du ruisseau Ternier qui vous mènent jusqu'au hameau de Lathoy. Je souhaite d'ailleurs qu'un jour l'un de ces chemins soit aménagé en liaison douce (vélo, ....) pour que nos enfants puissent se rendre au Cinéma d'Archamps ou à Vitam'Parc en toute sécurité, à l'abri des voitures.

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Le mamelon, site des 2 chateaux, vu du village de Ternier

 

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Ruines actuelles des chateaux

 

 

 

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Le parcours santé parmi les ruines des chateaux

 

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Une clairière dans le bois, peut-être la séparation des 2 chateaux

 

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Vue du Salève depuis Ternier
ce chemin pourrait être aménagé en piste cyclable

 

 

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Le pont de pierre qui enjambe le Ternier

 

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Le ruisseau Ternier, une nature sauvage et mal connue

PS: On ne pourrait pas finir un tel article sans parler du fameux souterrain qui relierait le château à l'extèrieur et qui a fait fantasmer nombre de jeunes St Juliennois.  Il n'a jamais été mis à jour si ce n'est quelque chose qui y ressemblerait et qui fut découvert lors des travaux de construction de l'autoroute, et qui déboucherait sous le viaduc de Bardonnex. Sait-on jamais? N'a t-on pas découvert un puits non recensé devant la maison HOO PARIS en plein centre de St Julien, quand on y fit des travaux il y a 2 ans. L'aventure reste possible....

 

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Remerciements:  Merci à Michel Brand qui  eu la gentillesse de me communiquer des extraits du livre de Louis Blondel sur les châteuux du Diocèse du Genevois dont plusieurs informations de l'article sont tirées.

 

27/06/2012

Comment la petite histoire peut influencer la Grande Histoire - Viol de Napoleon III par la comtesse de Castiglione

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Viol avec consentement mutuel, c'est sans doute l'expression ad hoc pour qualifier le corps-à-corps entre Napoléon III et la comtesse de Castiglione dans les fourrés du parc de Saint-Cloud, le soir du 27 juin 1856. Les invités de l'empereur font semblant de ne s'apercevoir de rien, tandis que l'impératrice ne montre qu'une pâleur plus accentuée que d'habitude. Ce jour-là, l'empereur Napoléon III organise une fête intime et champêtre dans son coquet château de Villeneuve-l'Étang, situé au milieu du parc de Saint-Cloud. Les invités sont triés sur le volet. Mais celle qui est la plus chère aux yeux de l'hôte impérial porte le nom interminable de Virginia Elisabetta Luisa Carlotta Antonietta Teresa Maria Oldoini, comtesse de Castiglione par son mariage.

À 19 ans, cette Italienne au tempérament ardent, récemment débarquée de Florence, passe pour la plus belle femme de son temps. Même ses pires ennemies, femmes, on l'entend bien, le reconnaissent. Elle s'est installée à Paris avec son époux sur ordre de Cavour, président du Conseil du royaume de Piémont-Sardaigne, qui lui a confié la mission de séduire Napoléon III. Cette Mata Hari doit convaincre l'empereur de soutenir Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, désireux d'unifier l'Italie. Pour Carlotta, tomber l'empereur des Français n'est qu'un jeu d'enfant. Il la remarque aussitôt et prie l'impératrice de lui faire parvenir une invitation pour sa petite fête. Le carton précise aux invitées d'y aller "en robe montante et en chapeau, parce qu'on s'y promènera sur le lac et dans un parc".

Tenues provocantes

Non seulement Carlotta est magnifique, mais elle porte des tenues si provocantes que même Madonna en rougirait. À Villeneuve, Napoléon III et ses invités la voient débarquer revêtue d'une ébouriffante robe transparente à rendre fou d'amour même Gilbert Montagné. "Ingénieuse au suprême degré à attirer et à retenir l'attention sur elle, elle était, ce soir-là, tout en mousseline transparente, avec un chapeau garni d'une auréole de marabouts blancs, et sa chevelure avait l'air de ne pouvoir être comprimée, tant elle s'étalait sur ses épaules", note la comtesse Stéphanie de Tascher de La Pagerie. Ange irréel, magnifique objet du désir : ce soir-là, les autres femmes savent qu'elles pourraient se mettre à poil en dansant la rumba que les hommes ne les remarqueraient même pas. Tous, Napoléon III le premier, ont le regard d'un enfant découvrant un sucre d'orge. Carlotta sait qu'elle les tient. Son attitude se fait plus hautaine et distante. Son corps s'offre à tous les regards, mais son visage manifeste un froid mépris. C'est sa marque de fabrique : exhiber, mais rester froide comme un glaçon d'avant le réchauffement climatique.

La soirée commence par de la musique et la représentation des choeurs du Conservatoire, elle se poursuit par un feu d'artifice, puis vient le souper. Comme le temps est agréable, les invités se dispersent pour effectuer des promenades en barque sur le lac. La comtesse de Castiglione passe à l'attaque, elle se dirige vers l'empereur, qui n'attend que cela, pour l'inviter à partager son esquif. Sous l'oeil étonné des autres invités, le couple s'éloigne de la rive. On les voit aborder la petite île située au milieu de la pièce d'eau et disparaître jusqu'à 3 heures du matin.

Sourire béat

Chacun imagine parfaitement ce qui se passe sur l'île. L'empereur et la comtesse ne sont certainement pas en train de chercher des champignons, où alors le seul qu'elle trouve a une forme inhabituelle. Quand le couple finit par réapparaître, on remarque aussitôt la mise de la jeune femme, "un peu chiffonnée". À leur vue, l'impératrice pâlit de rage, alors que, sans aucune gêne, Virginia arbore un sourire béat. Au contraire, elle veut montrer l'image de la femme satisfaite et comblée. Elle manifeste, écrit un témoin, "la grâce d'un adorable abandon".

Plus personne n'ignore qu'elle est devenue cette nuit-là la maîtresse de l'empereur. C'est elle qui règne désormais, et non plus l'Espagnole, la Montijo. Au cours des mois suivants, l'Italienne assoit son ascendant sur son amant pour la plus grande satisfaction de Cavour. Seulement, la jeune femme n'a pas la victoire modeste. Plus elle règne sur le coeur de Napoléon, plus elle snobe le reste de la cour. C'est à peine si elle sourit, si elle répond quand on lui adresse la parole. Au point de se rendre antipathique à tout le monde. Elle vit largement au-dessus des moyens, recevant des fonds secrets de son amant. La liaison fait scandale, elle s'en fiche. Son époux le comte veut la raisonner, elle s'en moque. Pourtant, son attitude imbuvable finit par lasser même l'empereur. Celui-ci est déjà passé à la suivante, la comtesse Walewska. Aussi se débarrasse-t-il de la pétasse italienne d'une manière peu glorieuse.

Amour dans les sous-bois

Un nuit d'avril 1857 qu'il sort de chez la comtesse, Napoléon III échappe à une tentative d'assassinat organisée par trois carbonari italiens. Ils sont rapidement arrêtés. Leur nationalité italienne s'étale dans les journaux. Aussitôt la complicité de la comtesse est évoquée, alors que, bien entendu, elle n'est strictement pour rien dans cette histoire. Deux jours plus tard, elle est officiellement expulsée de France par des agents secrets en possession d'un décret signé par le ministre de l'Intérieur. Napoléon III a laissé faire.

Quelques semaines plus tard, la belle tentera un come-back à la cour, c'est un fiasco. Son mari en profite pour l'abandonner, retourner en Italie et vendre toutes ses possessions pour rembourser les dettes faites par son épouse. Le 21 juillet 1858, Napoléon III et le comte de Cavour, président du Conseil du royaume de Piémont-Sardaigne, se rencontrent dans la cité thermale de Plombières-les-Bains, dans les Vosges, pour préparer un accord d'entraide entre la France et le Piémont-Sardaigne. Les Autrichiens devront évacuer une partie de l'Italie du Nord, Victor-Emmanuel II avancera vers l'unification de son pays, et la France recevra le comté de Nice et le duché de Savoie pour sa peine. La Castiglione n'est pas totalement étrangère à ce morceau d'histoire. Comme quoi l'amour dans les sous-bois peut servir de grandes causes.

Article écrit par Frédéric LEVINO & Gwendoline DOS SANTOS, publié sur www.lepoint.fr

PS: Compte tenu des conséquences de cet "incident" sur l'avenir de la Savoie chère à mon coeur, j'ai souhaité vous faire découvrir cet article qui montre comment la petite histoire peut avoir de grandes conséquences sur la Grande Histoire.

18:30 Publié dans Haute-Savoie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : napoleon iii, comtesse de castiglione, cavour, savoie | | | Digg! Digg | | |  Facebook