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16/03/2015

Elections Départementales:Canton de St-Julien - Débat télévisé Mardi 17 mars à 20:45 sur TV8 Mont-Blanc

Cette élection est en train de verser dans le sordide suite aux accusations et plaintes qui sont portées de part et d'autre entre les 2 principaux candidats.

Il est plus que nécessaire de vous faire votre idée sur la personnalité des candidats en regardant le débat organisé par TV8 Mont-Blanc demain mardi 17 mars à 20:45 entre les 4 binômes qui sollicitent nos votes sur le nouveau canton élargi de Saint-Julien-en-Genevois.

Dans un vote comme celui-ci, la personnalité des candidats est fondamentale, plus que leur programme, car on sait ce qu'il advient des promesses. Mais quelqu'un de compétent et d'intègre aura de meilleures chances de servir nos intérêts qu'un "Monsieur y a qu'a " qui de surcroît ne nous dit pas la vérité.

Compte tenu des forces en présence, et je ne l'ai pas caché, j'ai fait mon choix pour le binôme qui a fait ses preuves et qui m'a convaincu de sa volonté d’œuvrer au mieux pour le canton. J'ai toute confiance en M. Monteil et Mme Duby-Muller pour s'occuper au mieux, et en toute transparence, des intérêts de tous les habitants de ce canton.

Mais le mieux est de vous faire votre propre avis. C'est pourquoi je vous engage vivement à vous brancher sur TV8 Mont-Blanc demain soir pour juger par vous même de qui vous souhaiter voir mener les destinées de notre canton.

Plus on est de fous, plus on rit!... N'hésitez pas à relayer cette information à vos proches, électeurs du canton. Nous sommes tous concernés.

PS: Pour l'information de tous, voici le commentaire que je viens de poster sur le blog de M. Vielliard aujourd'hui à 18:00.

"Cher M. Vielliard,

Les faits que vous reprochez à M. Monteil sont graves et sont d'une nature proche de la diffamation.

N'ayant pas accès aux pièces, je ne peux juger sur le fond et seule une enquête permettra d'y voir plus clair. Je souhaite qu'elle ait lieu et qu'elle punisse le(s) coupable(s). Celui qui a abusé des fonds publics ou celui qui l'accuse à tort.

Mais ce que je peux dire, c'est que le timing de toutes ces accusations me parait bien suspect et m'incite à n'y voir qu'une manœuvre politique destinée à discréditer votre principal adversaire.

Pendant plus de 2 ans, vous avez siégé au Conseil Général dans un groupe soutien du Président Monteil et vous avez voté tous les budgets. Ce n'est que suite au redécoupage des cantons, quand vous avez réalisé que M. Monteil serait votre adversaire que vous avez sorti l'artillerie lourde pour lui chercher des poux et l'accuser de tous les maux. Cela me rappelle le fameux proverbe: "Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage"

Étonnamment, dans votre grande impartialité et honnêteté intellectuelle, vous ne mentionnez nulle part que le département de la Haute-Savoie a été classé par BFM Business en 5ème position parmi tous les départements de France Métropolitaine  pour sa bonne gestion. Ce qui devrait vous réjouir puisque d'une certaine façon, c'est aussi votre travail de Conseiller Général, et de vos collègues, qui est ainsi célébré. Mais bien sur, c'est surtout le travail de M. Monteil qui est là reconnu et donc motus.

Je vous reconnais bien là. Deux poids deux mesures dans l'information relayée.

Ce que vous faites là M. Vielliard conduit à jeter le discrédit sur l'ensemble de la classe politique et à promouvoir le "tous pourris" que prônent les partis extrémistes. Ce n'est pas joli joli.

Pour vous avoir affronté aux élections municipales, je connais vos méthodes. Ce sont elles qui m'ont conduit à démissionner du Conseil Municipal à la fin de ce mois, car votre façon de faire me déplaît profondément et je ne souhaite pas la cautionner en siégeant à vos cotés, même dans l'Opposition.

Salutations

 

Pierre Brunet "

 

11/03/2015

Compte Rendu des Assises de Savoie du 27 février 2015

Je retranscris ci dessous le compte rendu établi par Rodolphe Guilhot , secrétaire du MRS, des Assises de Savoie qui se sont tenues le 27 février dernier à Annecy le Vieux.

Rappelons que ces assises s'inscrivent dans la tentative soutenue par les 2 présidents de Conseil Général de Savoie et de Haute-Savoie de promouvoir une identité savoyarde au sein de la nouvelle région Rhône-Alpes - Auvergne.

Pour être aussi impartial et complet que possible, on pourra aussi se référer à 2 autres compte-rendus de ces mêmes assises:

Celui fait par le service communication de l'université de Savoie : https://www.univ-smb.fr/actualite/les-assises-de-la-savoie/


Et un autre compte-rendu (nettement plus critique) ici : http://www.lavoixdesallobroges.org/tribune-libre/742-comm...

Bonne lecture.

 

Compte-rendu des Assises de la Savoie du 27 février 2015,

 à l'IAE Savoie Mont-Blanc, Annecy-le-Vieux

 

Assises co-organisées par l'Union des Sociétés Savantes de Savoie, l'Université Savoie Mont-Blanc et les Barreaux des Pays de Savoie.

 

Introduction  :

 

Denis Varaschin (Président de l'Université Savoie Mont-Blanc) présente les Assises comme une soirée de réflexion entre acteurs et professionnels du territoire savoyard. Ils montreront par leurs expériences les réussites et l'ouverture de ce territoire et de ses acteurs qu'il résume sous le terme d'éco-système des pays de Savoie.

 

Jean-Luc  Favre (bâtonnier de Thonon) représente les bâtonniers des Pays de Savoie initiateurs de cette réunion, et révèle son espoir de voir d'autres réunions de ce genre se tenir. Il rappelle que les  bâtonniers sont particulièrement concernés par les menaces sur la cour d'appel de Chambéry, une menace dont l'effet est fédérateur autour de l'avenir et de la défense du territoire savoyard et de son éco-système. Un aspect des choses sur lequel reviendra le bâtonnier Olivier Puig au cours de la table-ronde.

 

Claude Barbier (président de l'Union des Sociétés Savantes de Savoie) excuse Hervé Gaymard et Christian Monteil, président des conseils généraux de Savoie et Haute-Savoie, invités mais retenus par d'autres obligations. Il rappelle les origines de ces assises suite à une rencontre avec Jean-Luc Favre puis Denis Varaschin qui ont évoqué avec lui les menaces de fusion sur la cour d'appel et l'Université de  Savoie, puis la réunion publique de Cruseilles (novembre 2014) avec Hervé Gaymard et Christian Monteil, réunion au cours de laquelle ce dernier demanda à la société civile de se saisir du projet de création de collectivité à statut particulier Savoie Mont-Blanc et de le faire sien. Les personnes présentes à ces assises illustrent la notion d'éco-système savoyard qui traduit l' imbrication des divers domaines d'activités de la société. Le besoin de ces assises s'explique par le contexte actuel : la France a sans doute besoin de réformes et de simplification, mais pourquoi réformer à la serpe, en cassant ce qui marche et a déjà fait ses preuves ? A titre d'exemple, il cite les sociétés savantes savoyardes qui se sont fédérés dès l'annexion de 1860, une réussite culturelle qui peut inspirer d'autres domaines, mais qui pose aussi la question de son avenir : qu'adviendrait-il si demain  la  subvention du conseil général disparaissait ? Claude Barbier rappelle également les promesses faites par la France lors de l'annexion de 1860 (non démembrement de la Savoie historique, deux départements, et une cour d'appel à Chambéry). Aujourd'hui on peut se poser une question légitime : le démembrement de la savoie est-il en cours ? Nous avons le devoir devant nos devanciers de défendre ce qui a été acquis, ce qui ne peut se faire sans les habitants de Savoie et leurs représentants.

 

Alain Veyret (journaliste, Directeur de publication à l'Eco des Pays de Savoie) a accepté d'animer cette soirée sur demande des organisateurs. Il prévient immédiatement que sur le sujet de la soirée il n'est pas neutre : il est acquis à la cause de la Savoie et de son territoire. Pour lui les réformes en route et les choix faits sont déjà tout tracés mais  le grand public n'a pas conscience de ces choix et de l'affaissement programmé des départements. Un affaissement d'autant plus inquiétant dans un contexte de fusion des grandes régions : Rhône-Alpes-Auvergne va ainsi nous mener jusqu'aux confins de l'Aquitaine... Qu'y a-t-il de commun entre les pays de Savoie et l'Aquitaine ? Il rappelle que l'éco-système savoyard a fait ses preuves dès le développement industriel qui suit la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et que cette économie encore florissante aujourd'hui a été forgée par les Savoyards qui ont su faire prospérer un territoire plutôt pauvre en la matière à l'origine.

 

1ère table-ronde « Economie, tourisme, agriculture »

 

Intervenants :

–                    Pierre JACQUIN, Président de la Chambre d'Agriculture Savoie Mont-Blanc

–                    Etienne PIOT, Président du Pôle compétitivité Mont-Blanc Industries

–                    Côme VERMERSCH, Directeur de Savoie Mont-Blanc tourisme

–                    Claude DEFFAUGT, Président du Club des Entreprises de l'Université Savoie Mont-Blanc

 

Pierre Jacquin  rappelle que le rapprochement des deux chambres d'agriculture de Savoie et Haute-Savoie s'est faite sur la base des racines identiques aux deux départements. Il s'est vite apercu que les Savoie étaient considérées comme  des départements riches de Rhône-Alpes, mais relativement à la marge de celle-ci, ce qui permettait aux deux chambres de s'organiser entre elles pour évoluer : l'idée était de fusionner pour être plus forts et parler d'une seule voix qui soit mieux entendue au conseil régional et par l'Etat. En matière agricole, il y a très peu de différences entre les deux départements : tout deux compte de nombreuses appellations  d'origines protégés et labels (95% de la production agricole est en appellations ou labelisée) qui font sa particularité. Les fonds de la chambre d'agriculture ont été ponctionnés à hauteur de 10% pour alimenter la chambre régionale qui traduit une volonté de régionaliser l'agriculture. L'Etat désengage ses aides à l'installation de jeunes agriculteurs et laisse la chambre d'agriculture départementale s'en charger, ce qui nécessitait de mettre en commun les moyens des deux chambres en fusionnant. Cette fusion s'est faite sans grandes difficultés. L'agriculture des Savoie a une identité très forte et n'est pas partageable. Il insiste sur le lien étroit qui existe par ailleurs entre l'agriculture et le tourisme, entre un bassin de vie et le cadre touristique. C'est ici que Savoie Mont-Blanc tourisme entre en résonance avec le territoire historique savoyard. L'identité savoyarde doit être respectée par l'Etat. La Chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc c'est 14 millions d'euros de chiffre d'affaire. Il y aura aussi nécessité de s'organiser , d'échanger avec les Auvergnats qui n'ont pas envie de laisser s'évaporer leur identité. Les idées ne viendront pas du haut, mais d'en bas. Il faut conserver notre liberté d'agir et de s'organiser dans nos territoires. 

 

Au point de vue de l'industrie et des services Etienne Piot rappelle la typologie économique très différente des deux départements savoyards : le tissu économique de la Haute-Savoie est marqué par un foisonnement de PME, PMI (ex : Téfal, Somfy, NTN-SNR...). Ce qui laisse à penser que sur le strict plan économique, un rapprochement des deux départements semble moins évident. Etienne Piot rappelle la contribution des industries au PIB de la Haute-Savoie : 23%, soit plus du double de la contribution industrielle au PIB national. Une activité industrielle surtout tournée vers l'exportation, qui est le fait d'un tissu de PME (production : articles de sports d'hiver, impression 3D, etc...).  Cette importance de l'activité industrielle a amené à la création du label Mont-Blanc Industries, sur le même modèle que les labels agricoles et touristiques. En la matière, on peut bien parler d'un « éco-système » performant, surtout grâce à la proximité de l'échelon local. Dans le département de Savoie, l'activité industrielle est surtout le fait de mastodontes tels qu'Areva ou Placoplâtre, même si les Jeux Olympiques d'Albertville en 1992 ont eu un effet boostant sur le tissu de PME.

 

Claude Deffaugt souligne que la défense du modèle socio-économique des Pays de Savoie, l'«éco-système » savoyard, n'est pas un combat conservateur d'arrière-garde mais bien un combat d'innovation qui vie à montrer la réussite de ce modèle transposable à d'autres régions de France. Il dénonce le fait qu'en mettant en marche la réforme territoriale le gouvernement ait confondu vitesse et précipitation. Pour lui, cette réforme territoriale est surtout l'opportunité de faire changer les états d'esprits et de (re)définir ensemble la modèle à venir pour la Savoie. Ce modèle socio-économique à venir ne pourra se définir et se mettre oeuvre que par le biais d'un transfert de connaissances auprès des nouvelles générations. Il faudra déjouer la déshumanisation du territoire induite par la réforme territoriale et mettre en oeuvre une identité commune à tous les acteurs locaux : l'identité savoyarde. Cette dynamique ne pourra se lancer qu'en évitant les divisions et en fédérant les différentes énergies.

 

Alain Veyret réagit aux propos de Claude Deffaugt en évoquant la comparaison d'un collègue suisse qui avait comparé la Savoie à « une petite Allemagne ». Il ajoute que si le modèle savoyard a fonctionné jusque là, c'est en partie grâce à l'implication des conseils généraux de Savoie et Haute-Savoie. Une implication qui a maintenu un lien de continuité entre le territoire, ses habitants et leurs institutions. Qu'en sera-t-il demain puisque celle-ci sont remises en cause ?

 

Pour Claude Deffaugt, ce lien évoqué par Alain Veyret est aussi un lien de l'indivuduel au collectif. Pour pérenniser le modèle savoyard il va inévitablement falloir « jouer plus collectif ».

 

Répondant à la réflexion d'un participant dans le public, Etienne Piot revient sur le problème de l'identité savoyarde. Le fait d'avoir une double (voire plus) identité est parfaitement envisageable : on peut être Savoyard et Français sans contradiction. Cette identité savoyarde peine pourtant à se faire une place, ce qui au plan socio-économique se traduit par un problème de valorisation et une image réductrice (la montagne et les produits du terroir). L'industrie, voire même l'agriculture sont perdantes en image ce qui occasionne un problème global de lisibilité et de communication : l'identité savoyarde offre d'elle une image incomplète. Un besoin de valorisation globale de la Savoie se fait sentir. Il faudra ne pas hésiter à prendre des risques pour incarner une Savoie dynamique, montrer qu'elle est un territoire vivant. De ce point de vue, il y a sans doute des exemples à prendre en Suisse voisine.

 

Marc Bron (Président de l'association des enseignants de savoyard) fait la remarque qu'un restaurateur l'a récemment contacté afin de pouvoir élaborer une carte en patois savoyard pour son restaurant. La langue savoyarde (francoprovençal/arpitan) offre sans doute un moyen de promotion économique intéressant, surtout en ce qui concerne le tourisme. C'est l'exemple d'une valeur ajoutée, pour des personnes venant de l'extérieur de la Savoie.

 

Noël Communod (conseiller régional, président du MRS) rappelle que le contexte politique n'est guère favorable aux projets savoyards : ils se heurtent systématiquement au Jacobinisme dont le dernier exemple en date n'est autre que la réforme territoriale et la loi NOTRe qui sont en fait une vraie recentralisation des pouvoirs et compétences sous couvert d'une pseudo-régionalisation de la France. On passe d'un jacobinisme national à un jacobinisme régional avec la métropole de Lyon qui est actuellement en train de prendre ses marques au sein de Rhône-Alpes-Auvergne. Il rappelle que le régionalisme politique, c'est partir de la base : l'échelon local doit disposer de toutes les compétences dont il a besoin pour assurer son développement. C'est pour cela qu'il est nécessaire de se mobiliser pour défendre et maintenir des centres décisionnels en Savoie.

 

2ème table-ronde « Université, monde judiciaire, services »

 

Intervenants :

–                    Denis VARASCHIN, Président de l'Université Savoie Mont-Blanc

–                    Stéphane SAUZZEDDE, Directeur de l'Ecole supérieure d'Art de l'agglomération d'Annecy

–                    Olivier PUIG, Bâtonnier du barreau de Chambéry

 

Stéphane Sauzzède, après avoir rapidemment présenté l'Ecole supérieure d'Art de l'agglomération d'Annecy, explique comment le local joue un rôle dans la vie de l'école. Après la réforme LMD qui a conduit au développement de filières art et design, la composante local a été intégrée aux réflexions de l'établissement et dans le travail des étudiants. En effet, le local sert d'appui pour s'ouvrir à de nouveaux horizons, par le biais de réseaux et de projets. Cette perspective a par exemple conduit à un travail commun transfrontalier avec le Musée d'art contemporain de Genève. Il appelle à multiplier ainsi ce type de projets et à une mise en commun de ces « petits succès quotidiens » qui font la réussite du modèle savoyard.

 

Olivier Puig démontre ensuite que la justice est un élément structurant du territoire savoyard, marqué par l'existence de 5 tribunaux de grande instance et d'une cour d'appel héritée du traité d'annexion de la Savoie à la France en 1860. Il souligne qu'en Savoie, le système judiciaire fonctionne jusque-là assez bien, voire bien mieux qu'ailleurs en France. Mais de réelles menaces planent sur les 5 tribunaux savoyards et sur la cour d'appel de Chambéry. La réforme engagée sous la présidence Sarkozy et les projets de réforme à venir ont en effet comme postulat de base l'équation suivante : une cour d'appel par région. Or, actuellement, il y a 4 cours d'appel en Rhône-Alpes-Auvergne. Ce serait donc trois de trop pour un gouvernement dont le leitmotiv tient en un mot : économies ! Les conséquences d'une disparition de la cour d'appel de Chambéry et de sa fusion avec les autres cours d'appel serait calamiteuses pour les usagers : actuellement le temps de traitement d'un dossier varie entre 10 et 12 mois à Chambéry, alors qu'à Lyon et Grenoble il oscille de 24 à 30 mois. On imagine aisément les délais de traitement qui résulteraient d'une telle fusion... Il importe donc de conserver le maillage territorial judiciaire existant en Savoie. Une nécessité renforcée par la nature géographique du territoire savoyard fait de montagnes et de vallées qui impliquent parfois de courtes distances mais un temps de trajet assez long. Si certains tribunaux devaient disparaître et les barreaux avec eux, il deviendrait plus difficile aux avocats restants de parcourir de longues distances pour assister les prévenus. Le risque étant à terme de voir les services judiciaires se désengager des territoires, et que les Savoyards renoncent a faire appel à la justice lorsque le besoin s'en fait sentir.

 

Denis Varaschin présente ensuite le rôle joué par l'Université de Savoie, devenue récemment l'Université Savoie Mont-Blanc. L'université existe depuis les années 1970. Dès les origines la liaison entre l'université et le monde de l'entreprise s'est concrétisée par la création du club des entreprises. Ces dernières années, les efforts menés ont permis à l'université de se faire connaître en dehors de la Savoie et dans le monde : l'université est ainsi apparue comme la première université française dans un classement américain. L'Université Savoie Mont-Blanc se veut ouverte sur son territoire et au delà  par les relations qu'elle entretient les universités de Lyon et Grenoble. Mais ces relations marquent aussi ses limites et sa faiblesse : suite à la loi de 2013, la fusion de l'Université de Savoie avec celle de Grenoble avait été clairement mise en chantier. Un chantier qui avait commencé par s'attaquer à l'IUFM de Chambéry, fusionné avec celui de Grenoble. Aujourd'hui transformé en ESPE, il a été presque vidé de son personnel.La question de l'avenir de l'Université Savoie Mont-Blanc est clairement posée. Si le risque d'une fusion totale avec celle de Grenoble semble pour le moment écartée, il reste la perspective de la création d'une communautés d'établissements (mais ne serait-ce pas une étape précédent la fusion complète?) et d'une association par convention sur des projets bien définis (un dispositif permettant un travail commun mais aussi plus souple). C'est cette dernière option qui a été choisie par la présidence de l'université, mais face aux diverses pressions combien de temps sera-t-elle tenable ? Pour assurer son avenir l'Université Savoie Mont-Blanc devra s'attacher a acquérir un rang et une visibilité internationale, sans pour autant tomber dans les travers d'une politique du chiffre.

 

Alain Veyret rappelle que bien d'autres secteurs tout aussi performants auraient pu être évoqué au cours de cette soirée. Mais il souligne aussi que les exemples évoqués et les performances des Pays de Savoie semblent gêner, du fait même de leur réussite. Il y aurait une volonté, entre autres du gouvernement, de tout niveler par le bas. Pourquoi vouloir casser et chambouler un modèle qui a fait ses preuves et ne demande qu'à se développer ? Car il est nécessaire de prendre en compte les spécificités de la Savoie : son histoire, sa géographie, son économie, sa situation frontalière et enfin l'augmentation continue et importante de sa population (de 12 à 13 000 habitants de plus par an environ). La pérennité de son modèle socio-économique et la prise en compte de ses spécificités nécessiterait une traduction sur le plan institutionnel. Mais le projet mené par Hervé Gaymard d'une collectivité à statut particulier Savoie Mont-Blanc s'est heurté au Jacobinisme d'une partie de la classe politique. Un échec qui s'explique aussi par un manque d'image globale de la Savoie et de formes d'expressions de son identité propre. Résulat, la Savoie est aujourd'hui menacée et acculé. Que faire pour assurer son avenir ?

 

Conclusion :

 

Denis Varaschin tire ensuite les conclusions des échanges de ces deux tables-rondes. Pour lui, le combat a mener est celui d'une identité revendiquée et non un combat identitaire. Les particularismes qui constituent l'identité savoyarde sont des particularismes positifs mais peuvent se retourner contre les Savoyards, car la différence est souvent source d'incompréhension et donc de possibles conflits. Il propose d'envisager quelques pistes d'actions, tout en veillant à la « respectabilité » des acteurs, récusant ainsi l'exemple des Bonnets rouges bretons qu'il juge plutôt négatif. Il énonce donc les pistes suivantes :

*renforcer l' « éco-système savoyard » et les liens entre les différents acteurs qui le composent (ce qui pose directement la question de la suite à donner à ces Assises).

*prendre acte du fait régional et défendre le maintien en Savoie de compétences économiques, l'université, etc...

*maintenir un lien entre le niveau régional et le national, s'appuyer sur le terrain pour passer de l'échelle locale à l'échelle globale grâce à des liens forts entre les acteurs de l' « éco-système savoyard » et les élus parlementaires entre autres.

 

Après cette conclusion, la parole est laissée au public afin que chacun puisse faire part de ses questions ou réflexions.

 

Débat avec le public :

 

Un petit groupe d'indépendantistes savoisiens interroge les débatteurs sur la question du traité d'annexion de 1860, traité dont plusieurs dispositions n'auraient jamais été respectées et donc l'enregistrement à l'ONU en 1947 serait caduc, ce qui placerait la France en infraction avec le droit international et dans l'illégalité en Savoie. Alain Veyret leur apporte une réponse disant qu'il respecte leur combat, mais que celui-ci reste quasi-inaudible, car en 2015 de nombreux Savoyards ne sont pas au courant ou ne s'intéressent pas à cette question de l'annexion de 1860 qui reste perçue comme un sujet historique intéressant, mais décalé dans une perspective d'avenir pour la Savoie. Le débat menaçant de s'envenimer, Jean-Luc Favre réaffirme que la Savoie ne doit pas être juste une mémoire mais un avenir, et que s'enfermer dans un discours dénonçant le traité de 1860 est contre-productif et discrédite l'identité savoyarde.

 

Un autre participant pointe le paradoxe savoyard : dans une Europe et une France marquées par le rôle prédominant des centres urbains, la Savoie apparaît comme un territoire anormalement dynamique, car  pris entre les métropoles de Lyon, Genève et Grenoble, il ne dispose d'aucun centre urbain pouvant rivaliser avec ces métropoles. Une réflexion qui trouve un écho dans une intervention de Martial Saddier (député UMP de Haute-Savoie) qui rappelle que le fait urbain est majoritaire statistiquement et qu'il l'est donc aussi démocratiquement : la majorité des électeurs sont des urbains ou des périurbains. Un fait urbain qui selon lui restera prédominant au moins pour les 30 ans à venir. Dans cette perspective, la Savoie aurait tout intérêt à renforcer ses liens transfrontaliers avec Genève dont la proximité est un atout dans une France régie désormais par le fait urbain. Le canton de Genève fait d'ailleurs figure de premier employeur savoyard. Claude Barbier précise à l'appui des propos de Martial Saddier que lors de la réunion publique réunissant Hervé Gaymard et Christian Monteil autour du projet de collectivité Savoie Mont-Blanc à Cruseilles en novembre dernier, était présent dans le public François Longchamp, Président du conseil d'Etat de Genève qui avait fait part de son intérêt pour le problème de l'avenir de la Savoie et des fonds frontaliers reversés par le Canton de Genève à la Haute-Savoie. Laurent Blondaz (membre du MRS) poursuit sur le sujet des liens entre la Savoie et Genève en rappelant que le canton de Genève est un Etat à part entière, la République de Genève, autonome comme les autres cantons au sein d'une Suisse fédérale. Une telle proximité pose la question d'une émancipation nécessaire de la Savoie face à la norme nationale qui prévaut en France. Un développement du territoire savoyard ne pourra se faire sans un appel à l'opinion publique.

 

Martial Saddier a le sentiment que la République française a peur de ses territoires parce qu'elle est affaiblie (crise financière et budgétaire, crise des valeurs républicaines, etc). D'où cette volonté de recentraliser d'une manière imposée. La réussite  du modèle savoyard en ferait une cible à attaquer (ainsi la vallée de l'Arve serait exagèrement présentée comme l'une des vallées les plus polluées d'Europe par les médias).

 

Alain Veyret s'interroge sur la « fenêtre de tir » possible pour inventer une forme institutionnelle nouvelle pour la Savoie. Celle-ci dépendra beaucoup du temps que le département mettra à « s'affaisser » avant de disparaître.  Pour Noël Communod, il faut montrer au gouvernement que les Savoyards sont présents et soutiennent leur parlementaires contre cette recentralisation : il faut faire connaître le problème de la Savoie et les solutions qui existent pour préserver son « éco-système ».

 

La suite ?

 

Enfin, Denis Varaschin clôt la soirée en concluant que l'exemple savoyard montre que le territoire est bien un « espace vécu », un construit social. Il propose d'aller de l'avant en annonçant la publication prochaine d'un communiqué de presse, et la mise en place d'un comité de réflexion et d'action afin d'influer autant que possible sur les débats concernant l'avenir des départements.

Rodolphe GUILHOT

24/02/2015

Elections Départementales 2015 - Pourquoi je choisis le binôme Virginie Duby-Muller - Christian Monteil

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En mars 2015 auront lieu les élections départementales qui nous permettront de choisir nos nouveaux Conseillers Départementaux appelés à remplacer le Conseiller Général actuel. Rappelons que la loi a imposé un changement de taille puisque, pour respecter la parité, le seul conseiller général sera remplacé par un binôme homme/femme, et qu'en conséquence, pour ne pas augmenter le nombre d'élus, le nombre de cantons du département a été réduit de moitié, à 17 au lieu des 34 cantons actuels.

C'est ainsi que le canton de St-Julien a été fusionné avec les cantons de Frangy et de Seyssel pour ne plus former qu'un seul canton. La conséquence principale de ce redécoupage est de nous offrir un combat au sommet entre le Président du Conseil Général, Christian Monteil, Conseiller Général sortant du canton de Seyssel et Antoine Vielliard, Conseiller Général sortant du canton de St-Julien qui ont tous deux décidé de se présenter à leur succession. Sans faire injure aux autres candidats qui ne sont pas battus d'avance, loin de là, on peut cependant estimer que ces 2 personnalités sont les favoris du scrutin.

Or Il n'y aura de place que pour un seul des deux, ce qui nous promet une belle bagarre!.... Bagarre qui a déjà commencé devant les tribunaux ainsi que je l'ai relaté dans un précédent article (cliquez ici pour le lire )

Pour ce qui me concerne, j'ai fait mon choix et c'est sans la moindre hésitation que je soutiens la candidature de Mme Duby-Muller et de M. Christian Monteil.

C'est de loin le binôme le plus expérimenté avec le Président du Conseil Général en exercice qui depuis plusieurs années anime et gère les actions du Conseil Général de la Haute-Savoie où il fait un travail remarquable, efficace et soucieux des deniers publics. Quant à sa partenaire, il s'agit ni plus ni moins du député de la 4ème circonscription de Haute-Savoie qui, depuis son élection en 2012, accomplit un travail unanimement apprécié et dont la personnalité proche des gens lui vaut l'amitié de tous ceux qu'elle approche.

Pour moi, il n'y a aucun doute que c'est ce binôme qui défendra le mieux les intérêts de notre canton tant au niveau départemental que régional. Méfions nous des promesses démagogiques de certains candidats dont on voit d'ores et déjà à quoi elles aboutissent et donnons notre confiance à ceux qui ont fait leurs preuves dans des postes à forte responsabilité.

Nous avons la chance d'avoir une candidature d'envergure, de renom et de talent! Ne la laissons pas passer. Pour donner les meilleures chances à l'avenir de notre canton et de notre département, Le 22 mars 2015, apportez vos voix à la candidature Duby-Monteil.

Vous pourrez découvrir leur programme en visitant leur site internet:

www.dubymonteil2015.fr

Mais je vous invite aussi à découvrir leur personnalité attachante, honnête et pragmatique en assistant à l'une de leurs réunions publiques dont le calendrier figure ci-dessous.

Calendrier des réunions publiques DUBY-MONTEIL dans les 3 cantons

dubymonteilreunionspubliques.JPG

14/01/2015

Faux Résidents Suisses - Antoine Vielliard "surprend" les élus genevois

Le Messager - Faux Residents Suisses.JPG

Que faut-il penser de la proposition de M. Vielliard, maire de Saint-Julien-en-Genevois qui veut identifier les Suisses qui vivent en France sans être déclarés en utilisant les images des caméras de surveillance aux douanes fournies par les garde frontière de la Confédération Helvétique.

Si on ne peut que souscrire à l'intention, louable, du maire de St-Julien de vouloir faire rentrer plus d'argent dans les caisses de sa commune en obligeant tous les habitants de la commune à payer leur dû citoyen, on peut toutefois s'étonner de la méthode qu'il préconise pour y parvenir.

Alors que notre député de circonscription,  Mme Duby-Muller, s'efforce à l'Assemblée Nationale  de faire voter une loi qui obligerait tous les résidents d'une commune à se déclarer, M. Vielliard préconise d'utiliser une méthode qui "surprend" le Président du Conseil d'Etat du canton de Genève, François Longchamp, qui selon ses propres termes répond à cette proposition en affirmant que " Obtenir des informations de cette manière est tout simplement illégal".

Au vu de ce qui s'est passé au Conseil Général de Haute Savoie, on ne peut que s'inquiéter de ce nouveau "dérapage" du maire de notre commune qui le voit se faire remettre en place sèchement par l'élu genevois:  " La compétence des douanes dépend de la Confédération et non du Canton..... A aucun moment la Suisse ne donnera ces informations".

Un exemple de plus dans lequel je me désolidarise sans ambages des actions de notre maire.

Nb: Pour mieux lire le texte de l'article du Messager du 1/1/2015, il vous suffit de cliquer sur l'image ci-dessus.

05/01/2015

La réforme régionale n'est pas neutre pour notre territoire: Genève s'inquiète de la nouvelle région Rhône-Alpes Auvergne

Pour s'en convaincre, il suffit de lire ci-dessous l'article paru dans la Tribune de Genève en date du 4/1/15

 

La future super-région inquiète le Conseil d’Etat

La fusion Rhône-Alpes - Auvergne pourrait menacer les fonds frontaliers, selon François Longchamp.

Longchamp.JPG

 François Longchamp s’inquiète de l’avenir de la compensation financière genevoise

 

C’est à un vaste chantier que s’est attelé le gouvernement français. La réforme territoriale vise à simplifier le «mille-feuille» administratif, actuellement composé de quatre échelons (commune, intercommunalité, département et région). Dans ce but, une nouvelle carte des régions a été adoptée par les députés le 25 novembre. Leur nombre passe de 22 à 13. Ainsi, Rhône-Alpes et l’Auvergne ne font plus qu’un.

Si le débat semble à première vue très franco-français, il intéresse de près le président du Conseil d’Etat genevois. «Bien sûr que nous sommes concernés! explique François Longchamp. Notre voisin immédiat s’agrandit. Et compte désormais quatre départements supplémentaires, qui sont, de plus, relativement prétérités. Nous nous retrouvons à l’extrême périphérie est d’un territoire qui s’étend vers l’ouest.»

«Des coquilles vides»

Les inquiétudes de l’élu genevois se renforcent au sujet du second volet de la réforme, dont l’examen se poursuivra au mois de janvier. Celui-ci concerne la répartition des compétences et pourrait aboutir à un transfert de plusieurs prérogatives des départements vers la Région. «Nos partenaires historiques sont les départements. Qu’adviendra-t-il s’ils deviennent de simples coquilles vides? Où finira la compensation financière genevoise (CFG) dans cette affaire?» lance François Longchamp.

Depuis 1973, en vertu d’un accord franco-genevois, Genève rétrocède une partie de l’impôt à la source versé par les frontaliers. Cette somme, s’élevant cette année à 279,4 millions de francs, est versée aux Conseils généraux de l’Ain et de la Haute-Savoie. Ces derniers se chargent de l’utiliser dans des projets structurants et de la répartir aux communes au pro rata de leur population frontalière. «Quand un territoire change ainsi de dimension, que le centre de décision s’éloigne et que les besoins sont plus importants ailleurs, il est tentant d’utiliser la CFG pour des dossiers qui n’ont plus rien de dossiers de voisinage, renchérit François Longchamp. Il s’agit d’un accord passé avec nos voisins directs. Cet argent n’appartient ni à l’Etat français, ni à la Région.»

Des craintes que partage, forcément, Christian Monteil, à la tête du Département de Haute-Savoie: «Transférer les compétences vers Rhône-Alpes Auvergne, c’est retirer un barreau de l’échelle. On ne veut pas faire de procès d’intention, mais on ne veut pas non plus se résigner.» Pour tenter de faire valoir leur spécificité et garder la maîtrise notamment sur les dossiers transfrontaliers, la Haute-Savoie et la Savoie ont ainsi déposé un projet de loi visant à fusionner (lire nos éditions du 13 octobre).

Insistant pour sa part sur l’importance de la CFG pour les communes voisines de Genève, Patrice Dunand, maire de Gex est lui aussi inquiet: «La difficulté consiste en effet à savoir qui va à l’avenir gérer ces fonds. Plus le centre de décision s’éloigne plus la logique de la CFG est difficile à expliquer.» L’élu gessien estime que l’option la plus cohérente serait de confier cette gestion à l’ARC, soit le syndicat mixte qui réunit les collectivités françaises entourant Genève. D’autant que comme le rappelle Christian Dupessey, maire d’Annemasse, «cet échelon est amené à être renforcé en devenant un pôle métropolitain.»

Pas d’impact sur l’accord

Dans ce débat, des voix plus rassurantes s’élèvent cependant. A l’image de Pierre-Jean Crastes, président de la Communauté de communes du Genevois: «Ce qui inquiète François Longchamp, ce sont les fonds frontaliers. L’accord précise que ce sont les départements qui reçoivent ces fonds. Or, la réforme ne supprime pas les départements mais revoit la répartition des compétences.» Selon lui, beaucoup de choses peuvent encore évoluer d’ici à 2020, la date avancée par le gouvernement pour la suppression des Conseils généraux. «Entre-temps, aura lieu la présidentielle. Et l’on constate souvent qu’une majorité détricote ce qu’a fait la précédente.»

Christian Dupessey ne croit pas lui non plus à un impact sur l’accord de 1973. «Il n’a aucune raison de changer. De plus, la simplification du mille-feuille permettra à Genève de savoir plus facilement à qui s’adresser.» Favorable à la réforme engagée par son parti, le maire, qui est aussi conseiller régional, poursuit: «Les liens sont certes historiques entre le Conseil d’Etat et les départements, mais ces dernières années, la région a été moteur de la relation franco-genevoise.»

Et de conclure que, quelle que soit sa couleur politique, aucun président de la région Rhône-Alpes Auvergne n’a intérêt à mettre en péril le système des fonds frontaliers.

Article écrit par Marie Prieur
Tribune de Genève le 4/1/15

24/12/2014

Le maire de St-Julien fait la une du Dauphiné Libéré - Y a t-il de quoi en être fier?

Le Dauphine libere -20 dec 2014 - Page 1.JPG

Première page du Dauphiné Libéré - Samedi 20 décembre 2014

Quelle ne fut pas ma surprise, comme probablement nombre de Saint-Juliennois, de découvrir la Une du Dauphiné Libéré du samedi 20 décembre 2014. On y apprend qu'Antoine Vielliard, Conseiller Général du canton de St-Julien et nouveau maire élu de notre commune fait l'objet d'une plainte pour vol de la part d'une employée du Conseil Général. Mieux, son frère est lui aussi sous la menace d'une plainte pour harcèlement émanant de la députée de notre circonscription, Mme Virginie Duby-Muller. Pour ceux qui ne voient notre maire qu'à travers le prisme de son sourire avenant, et qui trouvent l'homme éminemment sympathique,  je peux imaginer leur stupeur et leur incrédulité face à une telle nouvelle.

Pour ma part, ayant eu à faire à M. Vielliard lors des dernières élections municipales, et subi ses menaces et intimidations, je dois dire que si j'ai accusé un moment de surprise, je n'en suis pas tombé de ma chaise. Car les méthodes de ce politicien pour atteindre son but d'être élu sont pour le moins limites. J'avais d'ailleurs averti les St-Juliennois sur ce travers de Monsieur Vielliard qui sait être charmant quand cela lui sied, mais qui peut se conduire de façon curieuse lorsque ses intérêts électoraux sont en jeu. N'avait-il pas d'ailleurs agressé l'une de mes colistières quelques jours avant les élections municipales, ce qui avait poussé celle-ci à porter plainte contre lui à la Gendarmerie de St-Julien.

Pour en revenir à l'affaire que décrit Le Dauphiné, on peut s'étonner de l'attitude de M. Vielliard envers le Président du Conseil Général, surtout quand on sait que M. Vielliard appartient à un groupe de la majorité soutenant le Président Christian Monteil au Conseil Général de Haute-Savoie.... Mais c'est oublier que suite au redécoupage des cantons, M. Monteil, Conseiller Général de Seyssel est maintenant son adversaire sur le nouveau canton fusionné entre les 3 cantons de Seyssel, Frangy et St-Julien. Le Président du CG 74 n'est donc plus pour lui le leader de la majorité qu'il soutient, mais il devient un adversaire qu'il faut combattre afin de préserver sa place et peut-être sa carrière politique future.

Rien à redire jusque là! Mais, si les informations du journal sont véridiques, quand on est prêt à voler et à se mettre au niveau d'un petit délinquant de bas étage dans l'espoir de trouver des armes pour "tuer" son adversaire, on ne peut que s'étonner de la conduite d'un homme qui est investi d'une autorité publique et qui par ailleurs ne cesse de donner des leçons de morale à tout le monde. En effet, comme il est indiqué dans l'article ci dessous (cliquer sur l'image pour l'agrandir et lire), il semble que M. Vielliard se soit introduit dans le bureau d'une collaboratrice du Président, chargée de mission au CG74, pour lui subtiliser son agenda personnel afin d'en faire des photocopies dans le but espéré de pouvoir mettre en évidence le fait que celle-ci jouerait un rôle dans la campagne de M. Monteil. A titre de comparaison, imagine t-on Mr De Smedt ou moi même dérober l'agenda personnel de la Directrice de cabinet du maire de St-Julien pour prouver une soi disant participation ou un éventuel soutien de celle-ci à la candidature de M. Vielliard? C'est grotesque tant cela est loin de nos valeurs à tous deux, et de la plupart des habitants de cette commune, j'en suis convaincu!....

Nul besoin d'en rajouter pour être interpellé par une telle attitude. Mais où cela devient grave, c'est quand on apprend que le propre frère de M. Vielliard fait l'objet d'une plainte pour harcèlement de la part de Mme Virginie Duby-Muller, députée de notre circonscription et binôme de M. Monteil  dans leur candidature aux élections départementales. Il a pu être confondu, (il a d'ailleurs envoyé une lettre d'excuses à celle-ci, ce qui prouve de façon indubitable qu'il est bien l'auteur des courriels injurieux) par l'adresse IP de son ordinateur grâce à laquelle, selon le journal, l'enquête a permis de déterminer que ces messages étaient envoyés par lui, Loïc Vielliard depuis la Suisse.

J'avais moi même subi des insultes, tant à mon égard qu'envers Mme Duby-Muller (qui me soutenait) sur ce même blog au moment des dernières élections Municipales. Le même M. Vielliard en était-il l'auteur ? je ne saurai le dire, et je me garderai bien de faire l'amalgame.

Parole est désormais à la Justice pour rendre un jugement qui devra probablement avoir lieu avant la tenue des élections, puisque M. Vielliard a lui aussi déposé une plainte contre le Président du Conseil Général.

Quelle que soit l'issue de ce(s) jugement(s), en tant que Saint-Juliennois, j'ai honte d'une telle attitude de la part de notre maire, qui ne manquera pas d'être raillé dans la Presse Suisse dans laquelle il aime à se répandre pour donner des leçons de vertu à nos amis genevois. On peut d'ailleurs s'interroger si un tel pataquès médiatique va le mettre dans la meilleure des positions pour négocier avec eux au mieux des intérêts de la ville et du canton.

Pire! S'il devait être condamné, on peut se demander alors s'il resterait légitime pour conduire les affaires de la ville. Le débat mérite d'être lancé, et il serait souhaitable d'entendre ce que M. Antoine Vielliard a à dire sur le sujet. Mais à l'heure où je poste cet article, curieusement, pas une seule mention de l'affaire n’apparaît sur le blog de M. Vielliard (lien dans la colonne de droite)

Le Dauphine Libere - 20 dec 2014 article Vielliard & Monteil.JPG

18/11/2014

Quel avenir pour la Savoie dans la nouvelle région Rhône-Alpes Auvergne?

Nous sommes à un tournant historique pour notre avenir, et il est important que chaque Savoyard soit bien conscient de ce qui se passe et de ce qui est en jeu avec la mise en place de la nouvelle réforme territoriale dont le gouvernement actuel a fait son cheval de bataille?

Sans revenir à mes interrogations sur le bien fondé de cette réforme (voir mon article précédent), je souhaite ici m'interesser uniquement aux conséquences désastreuses que pourrait avoir cette réforme sur notre avenir à nous savoyards.

Je suis un St-Juliennois, Haut-Savoyard, et c'est ainsi que je me définis dans mon identité. Français, je sais que je ne le suis que depuis 150 ans et qu'auparavant mes ancètres savoisiens se sont souvent battus avec la nation qui est désormais la mienne. De la même façon, je n'oublie pas que nous n'étions pas français en 1793 (même si notre territoire était alors occupé par les troupes françaises) et donc nous ne pouvons être traité de peuple régicide. Tout cela pour dire que si j'accepte et n'ait pas de problème avec le fait d'être français, je souhaite que les spécificités de mon peuple et de ma terre soient respectées. Par ailleurs, je me sens en revanche farouchement européen, et quand je voyage en Italie, en Suisse ou dans n'importe quel pays d'Europe, je sens, malgré les différences évidentes, une communauté d'esprit et de culture bien plus forte avec ces voisins qu'elle ne le sera jamais avec nos amis américains par exemple. Enfin, je me sens aussi citoyen du monde, convaincu que les grands problèmes de l'humanité (écologie, économie...) doivent désormais être résolus pacifiquement, à l'échelle du monde et de la planète.

Ce qui nous menace aujourd'hui avec la réforme territoriale, c'est que les grandes compétences qui sont aujourd'hui aux mains du département (routes, économie, tourisme, etc...) vont passer dans celles d'une super région Rhône-Alpes Auvergne dont le centre de décision sera à Lyon. Et comme nous serons à l'extrémité de ce grand territoire, j'ai bien peur que nous soyons oubliés, ou traités comme la dernière roue du carrosse.

Une conférence débat a eu lieu samedi dernier à Cruseilles, organisée par La Salévienne et animée par les 2 présidents des Conseils Généraux de la Savoie, Mr Hervé Gaymard et de la Haute-Savoie, Mr Christian Monteil.

Ces deux hommes sont venus nous expliquer les dangers qui menacent notre identité de savoyards à travers cette réforme qu'ils ne souhaitent pas, et comment ils envisagent d'en limiter les effets nocifs en nous proposant de fusionner les 2 départements dans une collectivité territoraile Savoie - Mont-Blanc qui  garderait l'essentiel des prérogatives et compétences dévolues actuellement aux départements et ainsi mieux défendre les interets de notre territoire au sein de la nouvelle grande région. Il ne s'agit en rien de fusionner les 2 départementys pour ne garder que la partie sociale que le gouvernement entend laisser aux départements, mais bien de créer une nouvelle entité à mi chemin entre le département et la région. Collectivuité qui tiendrait compte de la particularité savoyarde qui doit être reconnue comme l'est celle des Alsaciens, des Corses et des Bretons.

Disons le tout net, je n'étais à l'origine pas favorable à ce rapprochement entre nos deux départements qui ont souvent rivalisé et qui ont des interets divergents. Mais avant d'être un Rhône-Alpin Auvergnat, je suis avant tout un Savoyard et entre deux maux, il faut choisir le moindre. Dans une situation telle qu'aujourd'hui, je m'opposerais à la fusion de nos deux départements. Toute initiative qui permettra de nous rendre plus forts et de nous aider à atteindre cet objectif doit donc être soutenu.Dans la nouvelle région aux compétences élargies, je considère que c'est notre devoir à nous savoyards de faire bloc et de défendre nos droits.

Oui nos droits! Car historiquement ceux ci sont différents de ceux des autres départements par le seul fait que nous avons choisi de notre plein gré de rejoindre la France en 1860 en vertu d'un traité par lequel un certain nombre de droits nous ont été concédés. Il est donc légitime de les faire respecter. A titre anecdotique et pour preuve de notre spécificité, je rappelle que nos deux départements sont les seuls départements métropolitains à ne pas avoir un nom correspondant  à un nom de rivière ou de montagne.

Notre situation géographique à la porte des Alpes, de l'Italie et de la Suisse nous confère là aussi une spécificité que personne ne peut nier. Serait -il opportun de confier à Lyon ou à Paris le soin de négocier en notre nom avec Turin ou Genève, je ne le pense pas!

Notre économie elle aussi est spécifique. Avec 40% de son PIB provenant de l'industrie, la Haute-Savoie est dans le top 3 des départements français les plus industrialisés (en pourcentage de l'industrie sur le PIB total). Et cela malgré le fait que le tourisme et l'agriculture de montagne jouent eux aussi un rôle important.

Notre département est riche. Nul doute que cette réforme aura pour conséquence de nous retirer un peu plus des dividendes de notre labeur, alors que la péréquation qui nous pénalise en faveur des autres départements de France est déja l'une des plus élevées. Faut-il accepter de se laisser tondre la laine sur le dos sans rien dire? Non, il est temps que les savoyards, trop sages et conciliants pendant des décennies, se mobilisent pour défendre leurs intérets.

Faudra t-il accepter en Haute Savoie du Nord que nos accords transfrontaliers avec Genève puissent être négociés et mis en place par des gens qui n'ont aucune connaissance de notre histoire et de nos liens étroits tant historiques qu'économiques avec la Cité de Calvin?
Et qu'adviendra t-il des fonds frontaliers qui ont permis jusqu'à présent à notre territoire de financer les investissements nécessaires à l'accroissement démographique lié à l'attractivité de Genève?

Je vous le dis amis savoyards, nous devons nous mobiliser derrière Christian Monteil et Hervé Gaymard pour appuyer leur démarche et faire en sorte que notre Savoie que nous aimons tant ne soit pas noyée dans le fourre-tout Rhône-Alpin & Auvergnat. C'est notre avenir et celui de nos enfants qui est en jeu. Et c'est autrement essentiel pour notre futur que de savoir qui demain sera le prochain Président de la République à Paris.

car j aime a respirer
l air pur de nos montagnes
je suis la liberté la liberté

17/11/2014

Réforme territoriale - Une bonne idée mal exécutée.

Que faut-il penser de la réforme territoriale que le gouvernement nous concocte. Comme je le dis souvent, le diable se cache dans les détails et ce qui se prépare est une cacophonie dont on n'a pas fini d'entendre parler avec le foutoir que cette réforme mal ficelée va engendrer.

Première tare de cette réforme, elle est imposée depuis Paris, alors que si on parle de décentralisation véritable et sincère la réforme devrait venir du bas et non pas être imposée brutalement par le haut.

Deuxième tare , une fois de plus on met la charrue avant les boeufs en décrétant d'abord les limites territoriales des nouvelles régions avant d'en fixer même les compétences.

Troisième interrogation: Cette réforme nous fera t-elle faire des économies? Je demande à voir, et je suis même convaincu du contraire

Quatrième problème! le risque est grand de voir remplacer les élus départementaux proches du terrain et de leurs électeurs, par des politiciens de métier élus sur une liste de parti. Un pas de plus vers la technocratie représentative dont les Français se méfient de plus en plus.

Faut-il alors engager une réforme territoriale? A cette question, je réponds oui, mais je ne la ferais pas du tout comme cela.
Le but de toute réforme est de rendre la France plus compétitive, mieux administrée et plus efficace, et que le coût du mille feuilles administratif soit le plus faible possible.

Rappelons qu'aujourd'hui la France compte:

36680 communes
2145 intercommunalités ( 1 metropole + 15 communautés urbaines + 222 communautés d'agglo + 4 syndicats d'agglo + 1903 communautés de communes) au 1/1/2014
4032 cantons (dont 34 pour la Haute-Savoie)
101 département (95 en métropole)
22 régions

En comparaison, rappelons que l'Allemagne compte 12200 communes, L'Italie 8100 et l'Espagne 8100 communes

A lire ces chiffres, et en comparant le nombre de nos communes à ceux des autres pays européens, on se rend bien compte que la priorité des priorités est de s'attaquer aux communes avant toute autre chose.
On pourrait facilement décréter que chaque commune dont la population est inférieure à un certain seuil se verrait dans l'obligation de fusionner avec une ou plusieurs communes limitrophes afin d'atteindre le seuil critique fixé par l'Etat.
A cet égard, il me paraitrait raisonnable d'envisager ce seuil à 2000 hb.


Par ce biais, on réduirait drastiquement le nombre des communes de notre pays, leur permettant par ailleurs de fonctionner plus efficacement grace à des moyens plus importants, tant financiers qu'humains.

Quant aux intercommunalités, il me parait là aussi nécessaire d'en fixer une double limite minimale, à savoir la superficie et la taille de la population.
A titre d'exemple, on pourrait prendre comme base de discussion une superficie minimale de 300 ha et une population de 30000 hb.

La réforme cantonale prévue doit réduire les cantons de moitié; ainsi en Haute Savoie, le nombre des cantons sera de 17 avec 2 élus (un homme et une femme) pour les représenter contre 34 Conseillers Généraux pour 34 cantons actuellement.


Il parait ici opportun de se demander si l'existence des cantons se justifie encore. On pourrait ainsi remplacer la représentation cantonale (le Conseiller Général) par une représentation issue de l'intercommunalité. Ainsi sur la CCG, plutôt que d'avoir comme actuellement un Président de l'Intercommunalité et un Conseiller Général, on pourrait envisager que le Président de l'intercommunalité fasse office de Conseiller Général. Cela me parraitrait beaucoup plus logique, plus efficace et plus économique.Celui-ci serait le représentant de l'intercommunalité au département.

En revanche, je ne suis pas favorable à la suppression du Département. En tant que Saint-Juliennois Haut savoyard, c'est la Haute Savoie qui représente le mieux ce qu'est mon identité, mieux que ne le sera jamais la région Rhône Alpes ou pire la région Rhône-Alpes Auvergne. Je suis donc farouchement opposé à la dispartion du département. Le faire disparaitre aurait des conséquences encore plus graves que ne le fut la transformation du septennat en quinquennat.

Cela étant dit, avant d'aller plus loin dans l'établissement de la réforme, il convient avant tout de déterminer les compétences de chaque entité et de lui procurer les moyens financiers pour qu'elle puisse s'attacher à répondre au mieux à ses obligations. C'est alors que l'on pourra fixer la taille de chaque région qui, selon moi doit comporter une population minimum que j'estime à 2M d'habitants.

On ne manquera d'ailleurs pas de s'interroger sur la politique de ce gouvernement qui nous explique qu'il veut faire des régions des entités fortes sur le modèle allemand avec une puissance démograpghique et économique conséquente et qui conserve cependant la Corse ( 250000 hb) comme région indépendante alors qu'il pourrait faire sens de la rattacher à la région PACA. Un exemple typique de double langage et d'incohérence.

Quant à la méthode, l'Etat devrait fixer le nombre maximum de régions et les limites minimales et maximales qu'il souhaite imposer en termes de superficié et de population. Si l'on accepte la base de 14 régions, avec pour chaque entité une superficie, une population et un PIB minimum, on pourrait alors fixer les règles du jeu et laisser les départements et régions négocier entre eux.

Ensuite, laissons aux départements le choix de se rattacher à telle ou telle région selon son choix, ses interets, son histoire et ses affinités. Ce devrait être la responsabilité des Présidents de Conseil Général de faire des propositions dans ce sens à l'Etat afin que celui ci valide en dernier ressort les choix faits par la province. Dans la méthode proposée par le gouvernement socialiste, il semble qu'une fois de plus l'Etat parisien et jacobin ne considère pas les provinciaux assez compétents pour être dignes de s'organiser par eux mêmes. Quelle insulte à notre intelligence!...

Enfin, pour représenter les départements auprès des régions, je pense que l'idée envisagée par le gouvernement précédent d'un conseiller territorial siègeant à la fois au département et à la région est la meilleure. On pourrait ainsi avoir des représentants d'intercommunalités, élus lors des élections municipales, élus par leurs pairs pour représenter l'intercommunalité auprès du département. Au sein de cette assemblée du Département, une petite poignée serait à son tour élue par ses pairs pour représenter le département au sein du Conseil Régional. Et bien évidemment le nombre d'élus de chaque département à la Région serait proportionnel à la population de chaque département par rapport à la population totale de la Région.

Sans vouloir rentrer plus dans les détails voici les grandes lignes de la réforme territoriale que je recommande et auxquelles je souscrirais pleinement.

Avant de parler dans un article prochain de notre cas précis en Haute Savoie, vos commentaires sont les bienvenus.....