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31/10/2013

Conférence gratuite à la Maison du Salève

MDS-Faune des Alpes.JPG

08:16 Publié dans Culture, Genevois Savoyard, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maison du salève, faune des alpes | | | Digg! Digg | | |  Facebook

06/08/2013

Une nouvelle exposition temporaire et ludique à la Maison du Salève

Corridors de l'amour.JPG

12:10 Publié dans Genevois Savoyard, Tourisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maison du salève | | | Digg! Digg | | |  Facebook

24/05/2013

12 ans de croissance effrénée dans le Grand Genève - Aubaine ou Cauchemard?

On ne compte plus ls articles de presse qui fustigent la dégradation de notre cadre de vie, et en particulier les nuisances liées à la circulation. On se rend bien compte que la situation nous échappe. Comment en est-on arrivé là?

Pour illustrer ce qu'a connu notre territoire depuis 20 ans, il n'y a pas de graphique plus symptomatique que celui des permis frontaliers

Courbe des permis frontaliers.JPG

Si l'on ajoute que la différence de niveau salarial entre la France et Genève n'a cessé de s'accroitre suite à l'évolution des taux de change, on comprend mieux que notre territoire a exercé un magnétisme colossal sur les autres régions de France et d'Europe, faisant venir chez nous des dizaines de milliers de personnes, suscitant l'envolée des prix de l'immobilier et des nuisances liées à la congestion de nos routes

A cet afflux incontrôlé de population française et européenne sur notre sol, s'est conjugué un autre phénomène qui n'a fait qu'accroitre le problème: la pénurie de logements à Genève. En effet, notre voisin helvétique ne construit pas, loin de là, ce qu'il devrait, tant vis à vis de ses besoins que de ses engagements dans le cadre du Projet d'Agglo. Ce double phénomène crée un effet ciseau qui a fait s'envoler le nombre de constructions sur notre territoire, en même temps que les prix de l'immobilier flambaient (un prix moyen du m² multiplié par 3 en 12 ans)

Face à ce phénomène, que faut-il faire?

Bien sûr, on peut critiquer Genève qui ne respecte pas ses engagements et qui, tout en attirant de plus en plus de gens grace à son activité économique florissante, ne construit pas les logements qu'elle s'est engagée à construire. Mais faut-il voir là un complot de la part de nos amis genevois?

Pour ma part, je ne le crois pas. Je crois seulement qu'on trouve là l'un des effets pervers de trop de démocratie. Chaque construction de logements à Genève ou dans ses communes périphériques soulève un tollé des habitants qui ne voient pas d'un oeil favorable l'accroissement de la population dans leur commune. Quand on aura ajouté qu'il faut près de 12 ans pour faire éclore un projet immobilier et que les communes suisses n'ont aucun interet financier à construire des logements sur leur sol, on aura compris que les nouveaux logements sont rares de l'autre coté de la frontière.

Et comme par ailleurs, quoiqu'ils en disent, les maires des communes françaises, ont été bien contents d'accueillir sur leur sol de nouveaux habitants, et les recettes qui vont avec, (taxe d'habitation et fonds genevois), nous en sommes arrivés à une situation de surchauffe qui irrite de plus en plus les habitants du canton.

Il serait en effet négligent de ne pas signaler que dans le même temps, nos communes ont vu leurs ressources s'envoler.

Fonds Frontaliers 2012.JPG

Enrichissement assurément pour ceux qui travaillent à Genève , mais appauvrissement indubitable pour les habitants qui travaillent sur France et qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder face à la montée des prix de l'immobilier. Et aussi dégradation de notre qualité de vie liée à l'afflux trop rapide de nouvelles populations qui crée des contraintes sur les infrastructures qui ne peuvent suivre. Une fois de plus le fameux dicton trouve toute sa véracité "On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre...." Une preuve de plus que les solutions doivent être trouvées ensemble. Et cela devient urgent d'imaginer des organes de décision transfrontaliers plutôt que des blocs se faisant face, s'invectivant, mais sans réel pouvoir pour trouver des solutions équitables et durables.

A quand par exemple un parlement transfontalier réunissant des élus issus de chaque coté de la frontière et dont le but serait de trouver des solutions originales aux problèmes de notre territoire transfrontalier si particulier.

29/04/2013

Histoire du Genevois 2ème partie - de la Réforme à la Révolution Française

A la fin du chapitre précédent, nous avions laissé le Duc de Savoie Charles III sans terre, à l'exception du Comté de Nice et de la Vallée d'Aoste, dépouillé qu'il en avait été pour l'essentiel par la France, et par les Bernois pour la Savoie du Nord . Quant à Genève, on a vu qu'elle était en proie à la Réforme. Cette "révolution religieuse" est suffisament déterminante pour l'avenir de notre contrée qu'il convient d'y revenir et de s'y interesser de plus près.

La Réforme à Genève

La "guerre de la cuiller" qu'on a vu lors du chapitre précédent, ravage les campagnes autour de Genève et affame la ville. Ce qui provoque de celle-ci l'appel à l'aide aux cantons suisses qui viennent débloquer la ville, avec pour corollaire la paix de St Julien, signée le 19/10/1530, et la sentence de Payerne du 31/12/1530 qui maintient le Duc de Savoie et l'évèque de Genève  dans leurs droits respectifs. Cependant la Réforme progresse et les prédications aggressives de Guillaume Farel et Antoine Froment provoquent des troubles. Alors que Farel est expulsé de la ville le 3 octobre 1532, l'intervention et le soutien de Berne lui permettent  de gagner de plus en plus de Genevois à la foi nouvelle, y compris parmi la classe dirigeante qui , suite au prêche d'Antoine Froment sur la place du Molard le 1er janvier 1533, se déclare en faveur de la Réforme. Les tensions religieuses s'aiguisent, au point qu'en juillet 1533, l'évèque Pierre de la Baume, inquiet, quitte la ville: il n'y reviendra pas.

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Fuite de l'Evèque en 1533

Aprés son retour en ville le 20 décembre 1533, Guillaume Farel est de plus en plus actif, jusqu'à obtenir une dispute théologique qui se tient au couvent de Rive en juin 1535. La dispute de Rive fait triompher la cause des évangéliques, avec pour conséquence l'interdiction de la messe prononcèe par le Conseil le 10 aout 1535. Suite à l'attaque du couvent Sainte Claire le 24 aout, les religieuses quittent la ville le lendemain et iront s'établir à Annecy. A partir de septembre, les autorités ordonnent la destruction des images dans les églises de la ville et des mandements sous sa juridiction. Ce n'est toutefois que le dimanche 21 mai 1536 que la Réforme est formellement adoptée par le Conseil général de la ville et prend force de loi. C'est alors que Jean Calvin, passant par Genève en juillet 1536, est instamment prié par Farel de rester, et d'organiser la nouvelle Eglise. Cependant Berne souhaite unifier le culte dans les territoires romands en l'alignant sur le sien, et convoque un synode à Lausanne le 31 mars 1538. Alors que les ministres se conforment aux décisions prises, l'attitude réfractaire de Farel et Calvin conduit à leur bannissement de la ville, malgré l'intervention paradoxale de Berne en leur faveur.

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Adoption de la Réforme - 21 mai 1536

Les résultats de l'élection  de février 1540 étant favorables à leurs partisans, Jean Calvin va se laisser convaincre de revenir à Genève ou il arrive le 13 septembre 1541. A partir de cette date, il fera en sorte que la nouvelle religion soit irréversible.

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Portrait de Jean Calvin

L'occupation Bernoise

Berne et Genéve: deux alliés méfiants l'un de l'autre.

De l'été 1534 à janvier 1536, Genève est de nouveau assiégé par les partisans du Duc de Savoie, et ce n'est que grace à l'intervention Bernoise que la ville pourra  se libérer de ce siège. Intervention qui a aussi pour but d'empécher la France de mettre la main sur la ville, et qui se traduit par une rapide conquête du Pays de Vaud et une entrée à Genève des troupes Bernoises le 2 février 1536. Genève va désormais devoir louvoyer avec son encombrant allié pour tenir le pays aux alentours de la ville, d'autant que les Bernois s'avancent jusqu'au Fort l'Ecluse. Les Genevois vont jouer sur la rivalité entre le Roi de France et Berne pour sauvegarder leur indépendance.

En effet, les relations entre les deux alliés, Genève et Berne n'est pas si simple que cela, on l'a vu plus haut en ce qui concerne les affaires religieuses; mais aussi en termes de souveraineté, et ce malgré le traité du 7 septembre 1536 censé définir les droits de chacun sur les territoires de St Victor et Chapître.

Rappelons que le Prieuré de Saint-Victor possède plusieurs villages dont l'épicentre se trouve autour de Chancy et Cartigny, tandis que le Chapître de la cathédrale Saint-Pierre exercait son autorité sur quelques 25 villages autour de la ville(voir la carte ci-dessous)

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L'embrouillamini des territoires et des juridictions de Genève(foncé), Saint-Victor, et Chapître( +clair)

Le statut particulier des terres de Saint-Victor et Chapitre, notamment l’enchevêtrement des droits de juridiction dont elles font l’objet, crée depuis longtemps de nombreux conflits entre Genève et la Savoie. Si les comtes de Genève puis les ducs de Savoie ont toujours revendiqué des droits sur les terres de Saint-Victor et Chapitre, jusque-là, la question n’a jamais été réglée de manière définitive : en 1570, un traité entre Genève et la Savoie octroiera au duc la souveraineté et juridiction de Saint-Victor et Chapitre, de la même manière que les Bernois en ont joui avant lui. Car en effet, on peut considérer que c'est Berne qui a pris la haute autorité sur ces deux territoires, ce qui est mis en évidence par le nouveau traité du 30 mars 1539.

Ce qui nous ramène à l'occupation Bernoise qui s'étend sur l'ensemble des territoires qui encerclent la ville, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

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Les bailliages de Gex, Ternier & Gaillard et de Thonon sous domination Bernoise

On peut facilement comprendre que la situation des Genevois n'est pas très confortable, d'autant que Berne soutient nombre de fugitifs qui ont quittté la ville peu apres l'évèque, et qu'elle s'oppose au Conseil Général de la ville lors du bannissement de Calvin en 1538; de la même façon, Berne ne soutiendra pas Genève lorsque François 1er donne le mandement de Thiez à l'évèque. Cet antagonisme ne sera  résolu que par l'accord ratifié par les deux parties sous l'arbitrage de Bale en janvier 1544 et connu sous le nom de "départ de Bale".

Raide comme la justice de Berne

Dans les territoires du Duc de Savoie, pour asseoir son pouvoir, Berne s'emploie à imposer la religion réformée pour éloigner les populations de leurs anciens souverains catholiques. Conjointement, les Bernois se substituèrent au Duc de Savoie dans l'administration, tout en  imposant la langue romande dans les actes publics. Leur administration sévère mais juste donnera naissance au dicton qui nous est parvenu jusqu'à aujourd'hui.

La Chartreuse de Pomier et l'occupation bernoise

Quant à l'Abaye de Pomier, la prudente politique de Charlotte de Genevois-Nemours qui régnait sur le Comté de Genevois, lui épargna l'occupation bernoise. En effet, alors que tous les barons des bailliages de Ternier et Gaillard , de Gex, et du Chablais prétaient hommage aux "Magnifiques et Redoutés seigneurs de Berne" et que nobles et villains étaient convertis au protestantisme, les localités du comté de Genevois restèrent indemnes. Dans la paroisse de Beaumont, la partie de la seigneurie de Pomier qui dépendait de Ternier passa sous la coupe des Bernois, tandis que Jussy et Le Chable demeurêrent catholiques et hors d'atteinte de l'occupation bernoise. L'Abaye perdit cependant ses possessions à Genève et en Pays de Vaud. En 1541, elle aura toutefois à subir une attaque et un pillage menés par une bande de flibustiers venus du Chablais.

En effet, il faut préciser dans cette histoire compliquée de notre territoire que depuis 1514, le Genevois (hormis les baillis limitrophes de Genève), le Faucigny et le Beaufortain avaient été donnés en apanage par le Duc Charles III à son frère cadet Philippe qui, fixé à la cour du roi et tres proche de François 1er , reçut de celui ci le duché de Nemours. Les Genevois -Nemours servirent d'ailleurs dans les armées du Roi de France, y compris contre la dynastie Savoyarde, ce qui permit à l'apanage d'être bien traité lors de l'occupation française, et à Annecy de briller d'un éclat particulier, avec une forte présence de nobles français.
NB: Il faut bien comprendre que pendant toute cette période notre territoire, le bailliage de Ternier, était lui resté sous domination de la Maison de Savoie, alors que ce n'est qu'en 1665 que l'apanage retournera à la Maison de Savoie, provoquant de facto la réunion de notre ville St Julien avec le Genevois dirigé depuis Annecy.

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Carte extraite du livre "Jacques de Savoie-Nemours"

Le Duc de Savoie recouvre ses terres

Emmanuel Philibert.jpgEn vertu du traité de Cateau Cambresis en 1559 qui marque la fin de la guerre entre la France et l'Espagne pour la domination de l'Italie, le nouveau (depuis 1553) duc Emmanuel-Philibert qui était l'allié des Espagnols et s'est illustré aux commandes d'une de leurs armées, se voit restituer les terres de son duché occupées par les Français, à l'exception de quelques places fortes laissées à la France . Pour pactiser avec la France, ce prince vigoureux de corps et d'esprit épouse Marguerite de Valois, la soeur du roi de France Henri II en 1559.

Alors que l'édit ducal du 11 février 1560 établit le Sénat de Savoie, par l'édit de Rivoli du 22 septembre 1561, le Duc remplace l'usage du latin dans les documents officiels par le français dans les domaines à l'ouest des Alpes (Savoie) et dans la Vallée d'Aoste, et par l'italien dans les domaines à l'est (Piémont) et au sud (Comté de Nice) des Alpes. Une première coupure entre les territoires de la Maison de Savoie.

D'autant que, conscient de sa vulnérabilité face à la menace française, le Duc décide de transférer sa capitale de Chambery à Turin en 1563. C'est un premier "abandon", il y en aura d'autres, de la terre de ses ancètres par la Maison de Savoie.

Le Duc entreprend alors de se faire restituer les provinces occupées par les Bernois et obtient satisfaction par le Traité de Lausanne en date du 22/10/1564 pour les bailliages de Thonon, Gex, Ternier et Gaillard. Ce traité sanctionné par le Roi de France et le Roi d'Espagne en 1565, ne sera cependant ratifié par Berne que le 29/5/1567 et ce n'est que le 26/8/1567 que le bailliage de Ternier est libéré et rendu au Duc de Savoie, après une occupation bernoise qui aura duré 31 ans. Quant au Pays de Vaud, il reste propriété des Bernois tandis que le Bas Valais jusqu'à Martigny est laissé aux Valaisans.

On notera que le Duc Emmanuel-Philibert, qui s'y est engagé auprès des cantons suisses, respectera scrupuleusement sa promesse de ne pas s'ingérer dans les affaires religieuses, et qu'il laissera la religion protestante seule pratiquée sur ces territoires libérés par Berne pendant toute la durée de son règne. Il ramena la tranquilité dans son duché et réorganisa ses états en divisant la Savoie en sept judicatures mage, dont celle de Gex et Ternier pour laquelle le juge-mage résidait à Gex.

Le règne calamiteux de Charles Emmanuel Ier 

Apres le règne pacifique et éclairé de son père, le nouveau duc de Savoie Charles Emmanuel Ier attira sur ses sujets les plus effroyables calamités.

Il tente de prendre Genève en 1583: sans succès. Apres qu'un édit du 15/7/1587 eut établi à St Julien un marché hebdomadaire et deux foires par an, il vend le 5/1/1589 la seigneurie de Ternier à noble Jérôme Lambert de Lornay, avec titre de baronnie.

Profitant des guerres de religion qui affaiblissent le royaume de France, il s'empare du Marquisat de Salluces en 1588. En représailles, le roi de France Henri III, outré de cette aggression, encourage alors les Genevois à attaquer le duc de Savoie en leur promettant le territoire qui va jusqu'aux Usses, par un traité  en date du 19/4/1589. Ils envahissent facilement le bailliage de Ternier et occupent entre autres le château de Ternier.

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Le château de Ternier

Suite à la contre attaque du Duc de Savoie qui repousse les Genevois, a lieu le dimanche 1er juin 1589 la prise du château de Ternier par Charles Emmanuel, qui nonobstant les promesses par lui faites aux défenseurs du chateau, fait exécuter 60 défenseurs dont 13 sont pendus aux branches du grand châtaignier qui domine le site. Une infamie vengée lors d'une nouvelle bataille le 3  juin suivant à Plan les Ouates, quand les Genevois massacreront les sodats du duc faits prisonniers au cri de "Voila la Grace de Ternier".

En 1589, le Duc entreprend la construction du Fort Sainte Catherine à Songy, près de Viry, avec l'ambition de l'utiliser comme tête de pont pour conquerir Genéve. Bien que battu en 1591 à Pont-Chamarra par les troupes françaises de Lesdiguières, la guerre continua sans relache pendant les annèes 1591,1592 et 1593; les Genevois mais surtout les troupes du Duc faisant de grands ravages dans le bailliage de Ternier. Le 9 septembre, une trève fut signée qui durera deux ans et qui verra Genève exercer sa souveraineté sur notre territoire.

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Le Fort Sainte Catherine au lieu dit Songy sur la commune de Viry

En 1599, la guerre reprend entre la Savoie et la France, Henri IV s'emparant sans peine de la Bresse et de la Savoie. Pressé par les Genevois, il vient mettre le siège au Fort Sainte Catherine, séjournant 3 jours à l'Eluiset; A titre d'anecdote, on notera qu'il échappa de peu à la mort lors d'une reconnaissance des lieux, suite à une traitrise d'un de ses officiers. Le roi de France obtient la capitulation du Fort sans combattre le 14 décembre 1600 et livre celui-ci aux Genevois qui le démantèleront pierre par pierre en deux jours début janvier 1601.

Pour sa peine, Henri IV  de par le traité de Lyon du 17/1/1601 dépouille le Duc de Savoie et prend possession pour la France de la Bresse, du Bugey et, au grand dam des Genevois, du pays de Gex; Henri IV renie aussi le traité du 19 avril 1589, qu'il avait pourtant ratifié le 20 octobre 1592, et refuse l'exécution de celui-ci qui promettait à Genève le territoire jusqu'aux Usses. Une nouvelle occasion manquée pour notre territoire et Genève d'être réunis.

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La carte des Etats de Savoie après le Traité de Lyon en 1601

Suite au traité de Lyon et à la perte du Pays de Gex, le siège de la judicature-mage des baillages de Ternier et Gaillard est transféré de Gex à St. Julien. Succédant à la période de  reconversion religieuse menacante et violente du Duc de Savoie, une lente et patiente reconversion pacifique de la région au catholicisme s'engage alors sous l'action bienveillante de François de Sales. Cependant Bossey, Neydens et Valleiry qui restent sous domination genevoise, restent protestants et gardent leur temple.

Mais Charles-Emmanuel n'a pas renoncé à son grand dessein de s'emparer de Genéve, et les escarmouches reprennent, culminant avec la tentative de prise de la ville lors de la nuit de l'Escalade, du 11 au 12 décembre 1602, que le Duc supervisa depuis St Julien ou il séjournait incognito.

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La bataille de l'Escalade

Malgré l'humiliation générée par cette "cagade", les escarmouches perdurent, et le fervent Catholique Vito de Basterga stationné à St Julien  s'en prend en toute occasion aux "hérétiques genevois". En représailles d'une exaction commise à Annemasse où il a fait étrangler des "coupeurs de croix", les genevois procèdent à une attaque nocturne de St Julien le 3/2/1603 afin d'éliminer ce capitaine Vito qui ne cesse de leur causer problèmes, mais qui parviendra toutefois à s'échapper.

Le Traité de St Julien - 1603

Finalement, le 21/7/1603, apres 10 jours de négociations, le  traité de St. Julien établit la paix definitive entre le Duc de Savoie et Genève, à la grande joie des populations locales lassées des guerres, et qui entendent avec ravissement  le Président Rochette leur crier par la fenêtre du château "Mes amis, louez Dieu, vous avez la paix". On ajoutera qu'en revanche le Duc regretta jusqu'à sa mort d'avoir conclu ce traité, disant sur son lit de mort en 1630 "le traité que j'ai signé avec Genève est le plomb mortel qui me tue".

Il n'est pas anodin que dans ce traité qui prône l'apaisement des tensions religieuses et ordonne le rétablissement de la liberté du commerce (exception faite du sel) le chapitre VIII du traité concerne le pardon du Duc envers ses propres sujets qui auraient pris le parti de Genève. Une nécessité, tant étaient nombreux les habitants du nord du Genevois qui, le plus souvent pour des raisons économiques, avaient combattu au coté de la République;

 Genève prospère 

Il faut rappeler ici que la Révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV en octobre 1585 va jouer un rôle prépondérant pour Genève en lui redonnant l'envergure d'une métropole internationale qu'elle était en train de perdre en se provincialisant à l'extrème. L'apport de forces vives, de volonté, de savoir faire et de capitaux des huguenots français qui fuient la France et y cherchent refuge, a puissament contribué à l'essor de l'économie genevoise. Pour ce qui concerne notre territoire , notons que le 9/5/1636 a lieu la vente de la baronnie de Ternier par l'heritier de Jérôme Lambert  à Jean Antoine de Rossillon.

Louis XIV envahit la Savoie 

victoramdeiinr8.jpgBien que marié à une nièce de Louis XIV, Victor Amèdèe II de Savoie (photo) prend part à la Ligue d'Augsbourg contre la France, qui envahit ses États en 1690. Malgré la demande genevoise de respecter les principes du Traité de 1603 qui interdit aux troupes de se rassembler à moins de 4 lieues de Genéve, le Marquis de St Ruth général en chef des troupes françaises fait occuper les bailliages de Ternier et Gaillard et s'empresse d'y lever un impôt quatre fois supérieur à celui que le Duc de Savoie leur imposait.

Notons que le nouveau baron de Ternier Prosper d'Arenthon de Lucinges servit fidèlement le Duc de Savoie et combattit bravement les Français, ce qui lui valut de voir ses biens confisqués par l'occupant; mais il en reprit possession lorsque la Savoie, signant une paix séparée avec la France, fut évacuée; le Duc de Savoie le récompensa en lui décernant le 29 décembre 1696 la plus haute distinction de la Maison de Savoie, le collier de l'Annonciade, et en érigeant la baronnie de Ternier en marquisat.

A St Julien, quelques années plus tard, le 21/6/1701 exactement, a lieu la pose de la première pierre de la nouvelle église rebâtie sur le site même de l'ancienne devenue trop petite. La nouvelle èglise sera finie fin novembre 1702. C'est à la même époque qu'un terrain est choisi près du Crêt pour y déplacer le cimetière qui jusque là se trouvait autour de l'église.

Mais les malheurs vont recommencer. En effet, allié de la France au début de la Guerre de Succession d'Espagne, le Duc de Savoie Victor Amédée II se joint à l'Autriche en 1703 à la demande de l'Empereur; mais une nouvelle défaite lui fait perdre la Savoie. S'ensuit alors une occupation tres dure de notre territoire par la France, à tel point que le Sénat de Savoie prèsenta un mèmoire à l'intendant français sur les excès commis par les troupes royales .

Momentanément brouillé avec l'Autriche en 1709, à qui il reproche de ne pas l'avoir soutenu contre les Français, Victor Amédée garde alors sa neutralité jusqu'au Traité d'Utrecht (1713) où il finit par faire libérer son Duché de Savoie occupé par l'armée française; il y reçoit de surcroît une partie du Milanais et le Royaume de Sicile, pour lequel  il obtient le titre de roi.
NB: cette île étant trop éloignée pour qu'il puisse la défendre, il négociera en 1720 avec l'empereur Charles VI l'échange du royaume de Sicile contre celui de Sardaigne, prenant ainsi le tître de roi de Sardaigne.

Traité d'Utrecht: Libération de la Savoie - La Maison de Savoie devient royale

C'est ainsi qu'après 10 ans d'occupation, les troupes françaises évacuèrent le pays en 1713, tandis qu'un certain nombre de soldats s'étant mariés à St Julien y demeurèrent. Apres avoir dans un premier temps (novembre 1713) décidé de la suppression de la judicature mage de Ternier et Gaillard, Victor Amédée II se rend aux arguments du Sénat de Savoie et , pour contenir les entreprises de Genève, il maintient la judicature-mage de Ternier et Gaillard, la nommant de ses propres termes, "la plus importante de toutes".

Le marquis de Ternier Prosper de Lucinges meurt à St. Julien le 29/4/1715. Le marquisat revient alors à Jacques d'Allinges qui épouse l'héritière Marguerite-Prospère de la Valdisere.

A cette époque a lieu une longue visite de Victor-Amédée à Annecy, puis Evian, au second semestre 1715. Puis une nouvelle visite se produit en 1724 à l'occasion du remariage du prince hèritier Charles-Emmanuel qui est célébré a Thonon. Sur le chemin du retour, le roi prend son dîner à Pomier le 23/8/1724. C'est cette même annèe 1724 qu'est décidé à St Julien l'aménagement du  Promenoir du Crêt. Le 11/7/1726 en route pour Evian, Victor Amédée et les principaux de sa cour couchent au château de St. Julien, et le reste à l'auberge des trois rois. Il abdiquera en faveur de son fils Charles-Emmanuel III le 3  septembre 1730 et s'établit à  Chambery ou il meurt en 1732.

En 1730, Victor Amédée II qui a initié dès 1728 l'établissement de la mappe sarde, avait ordonné le cadastrage des bailliages de Ternier et de Gaillard, encourageant les autorités genevoises à se pencher sur la question.

Charles_Emmanuel_III_by_Clementi.jpgEn juillet 1731, se rendant à Evian, le nouveau roi Charles-Emmanuel III , qui gouverna son royaume en despote éclairé, vint coucher à Pomier quelques jours après une tempête de grèle qui avait dévasté le pays. C'est aussi une èpoque ou les loups firent de grands ravages tandis que les autorités prenaient moult précautions pour éviter les rapports de la population avec Genève. Un édit du roi du 6/10/1733 régularisa le commerce de l'épicerie dans son royaume, fixant à un seul épicier le droit de commerce de détail à St. Julien. C'est Joseph Pissard, natif de Sallanches et regrattier (vendeur de sel), qui fut nommé à cette fonction.

En 1734, les autorités genevoises  rédigent un mémoire sur les différends entre les officiers du duc de Savoie et ceux de Genève suscités par le territoire, la juridiction et la religion, et les moyens d’y remédier; pour ce faire ils  proposent deux plans:
-  L’un prévoit la cession, en faveur de Genève, des bailliages de Ternier et Gaillard, dans lesquels sont enclavées les terres de Saint-Victor et Chapitre, ainsi que quelques villages de la souveraineté de Genève.
- L’autre propose l’abandon d’une partie des bailliages seulement, sans cession de grandes paroisses, mais seulement de quelques hameaux.

La voie aux négociations est ouverte:

Elles débutent en 1739, avant d’être interrompues par l’occupation de la Savoie dans la guerre de succession d’Autriche (1740-1748). Elles reprendront ensuite, pour aboutir, le 3 juin 1754, au traité de Turin.

L'occupation espagnole - 1743-1749

Lors de la guerre de la Succession d'Autriche, le Roi Charles Emmanuel a pris le parti des Autrichiens contre la Prusse, la France et l'Espagne. Le  2 septembre 1742, les troupes de Philippe d'Espagne rentrent en Savoie et l'occupent, exercant un pillage sans merci. Pour St. Julien, l'occupation commencera début février 1743 et durera 6 ans, portant la misère des populations à son comble. Enfin, suite au traité d'Aix la chapelle du 18/10/1748, les espagnols quittent la Savoie fin janvier 1749, emportant avec eux les malédictions de leurs innombrables victimes. Le Roi de Sardaigne recouvre alors ses droits sur la Savoie et comprend la nécessité de trouver un accord définitif avec Genève sur les frontières. 

Redécoupage des frontières - Le traité de Turin en 1754

Le 3 juin 1754, le traité de Turin met fin à des siècles de contestations entre Genève et ses voisins au sujet de leurs droits de juridiction respectifs. Genève cède à la Savoie Carouge, Veyrier, Bossey, Landecy, Onex, Lancy, Avusy, Villette et Presinge, en échange de quoi elle reçoit, en pleine souveraineté, Cartigny, La Petite Grave, Epeisses, Grange-Canal, Vandoeuvres, La Belotte et Gy.

Déjà en 1736, puis à nouveau en 1752, les autorités savoyardes avaient ordonné l’expulsion des étrangers protestants établis dans les terres de Saint-Victor et Chapitre. Aussi, en  ce qui concerne la religion, le traité accorde aux habitants ayant changé de souveraineté le libre exercice de leur foi pour une durée de vingt-cinq ans. Passé ce délai, ils pourront conserver leurs terres, mais devront les faire cultiver par des personnes de la religion admise dans l’Etat où elles se trouvent. On voit bien là la fracture que la religion a établie entre Genève et son arrière pays savoisien.


Par ce traité de Turin de 1754, le roi renonce définitivement à Genève et sa banlieue. Mais il récupère certaines terres y compris Valleiry, Neydens et Bossey. Ce traité institue aussi la liberté du commerce et le transit gratuit du sel. Le 21/7/1755 les temples protestants d'Onex, Valleiry et Neydens sont consacrés au culte catholique; celui de Bossey ne le sera qu'en 1799.

Le 28 aout 1770, face à une famine qui ravage la Savoie, le Sénat de Savoie ordonne la prohibition absolue du commerce de grains avec Genève, établissant un cordon militaire le long de la frontière genevoise. Cette prohibition s'exercera  jusqu'au 16 septembre 1775 entraînant la ruine des bailliages de Ternier et de Gaillard qui ne pouvaient plus exporter leurs récoltes à Genève, tandis que dans le même temps la ville était obligée de faire venir à grands frais des blés étrangers qu'elle revendait à perte à ses citoyens nécessiteux. Une autre conséquence de cette mesure fut l'envol  des dénonciations, d'autant plus que le prix des denrées saisies était attribué presqu'en totalité aux saisissants et aux dénonciateurs.

L'irritation était d'autant plus exacerbée que les nobles et les prêtres étaient la plupart du temps exonérés de ces tracas, causant bien du souci au juge-mage Claude-Pierre Paget qui était pris entre deux feux pour faire appliquer la loi.

Le 28 mai 1772, tous les habitants ayant éte convoqués dans la salle d'audience de la judicature mage, la Commune de Saint-Julien passait délibération pour accepter l'affranchissement général offert par le Roi. Elle délégua Louis Jacquemard, Jean-Louis Boimond et Jean-François Tissot pour établir les actes nécessaires afin de libérer la ville de "toute taillabilité, des laods, censes, servis, plaids et autres droits de cette nature auxquels les habitants peuvent être assujettis envers les vassaux et autres personnes qui possèdent des fiefs ou emphitèoses sur le dit territoire". On retrouve nombre de noms des vieilles familles St-Juliennoises dans cet acte signé FRERE.

 L'émergence de Carouge

Modeste village jusqu'en 1754, le bourg s'accroit rapidement à partir de la signature du traité de Turin. Par lettres-patentes du 2/5/1780, le Roi de Sardaigne Charles Emmanuel III crée la province de Carouge, formées des anciens bailliages de Ternier et Gaillard, auxquels on ajoute les mandements de Clermont, Chaumont et Cruseilles, d'Annemasse et quelques autres territoires. C'est l'émergence d'une ville nouvelle, Carouge, dont le Roi veut faire une ville importante face à Genève, capable de la concurrencer sur le plan économique. Différents architectes de renommée se succèderont pour dresser les plans de cette nouvelle ville sarde qui a conservé à ce jour quelques uns des magnifiques bâtiments construits à cette époque.

Ce fut un moment de déclin pour la ville de St Julien, qui perdit sa judicature mage au profit de Carouge, et dont nombre de notables vinrent s'établir dans la nouvelle cité royale. 

La République Française conquiert la Savoie 

Mais un séisme a lieu dans la France voisine. Le roi Louis XVI a été renversé et la République proclamée. Attaquée par les puissances européennes, la France se défend et passe à l'attaque. Le 22/9/92 , les troupes de la République Française emmenées par le général Montesquiou envahissent la Savoie et ne s'arrêtent qu'à Carouge, sans traverser l'Arve. Des députés sont élus le 14/10/1792 qui se réunissent à Chambéry le 21/10/1792 sous le nom d'Assemblée des Allobroges et demandent le rattachement à la France. Le 28/11/1792, la Convention Nationale exauce le voeu des Allobroges, et crèè le département du Mont-Blanc avec pour capitale Chambéry.

Rem. Alors que la quasi unanimité des communes représentées à l'Assemblée des Allobroges avaient demandé l'annexion de la Savoie à la France, il est interessant de noter que le général conquérant de la République préconisait lui la constitution d'une République indépendante en Savoie: "Je suis de ceux qui pensent que ce n'est ni l'intérêt de la France ni l'intérêt de la Savoie de se réunir...Je pense donc que ce qui conviendrait le mieux aux deux peuples serait la formation de la Savoie en république indépendante, alliée de la France: et ce qui dans la suite serait le plus utile à la Savoie, ce serait d'entrer dans la Confédération Helvétique." Voila ce qu'écrivait le Général Montesquiou à l'adresse de l'Assemblée des Allobroges depuis son QG de Landecy, le 28 octobre 1792. La lettre arriva (malheureusement?) trop tard, l'affaire avait été résolue.

Le Département du Mont-Blanc 

Le Département est divisé en 7 districts, et dans celui de Carouge, c'est Viry, et non pas St Julien, qui devient le chef lieu de notre canton. En 1795 et 1796 ont lieu les ventes des biens nationaux, propriétés saisies par l'Etat (biens du clergé ou d'émigrés) et mises en vente par adjudication. C'est ainsi entre autres que Louis Jacquemard devient propriétaire de la superbe propriété, connue aujourd'hui sous le nom de "Maison David", désertée par le noble Menaud de Bontemps qui avait cherché refuge à Genève dès l'invasion des troupes françaises. De la même façon, le juge de paix du canton Etienne François Pissard se porta acquéreur le 3 thermidor de l'An IV du couvent des Capucins pour la somme de 12003 livres payés en assignats, ainsi que de nombreuses autres propriétés qu'il revendit rapidement pour la plupart.

 

dept Mont-blanc.jpg

 Le Département du Mont-Blanc - chef lieu Chambéry

Le nouveau département du Léman

Mais posséder la Savoie n'est pas assez pour les révolutionnaires français qui traversent l'Arve et occupent Genève le 15/4/98. S'ensuit alors la création d'un nouveau département dont Genéve est le chef lieu: le département du Léman regroupe  le nord du département du Mont-Blanc, mais pas Annecy qui, restant attaché au département du Mont-Blanc, se voit donc séparé une nouvelle fois du nord du Genevois. A cette exception notoire près, le département du Léman regroupe une grande partie de la Haute-Savoie actuelle,  ainsi que le canton de Genève et le Pays de Gex. Aprés 800 ans de séparation administrative, notre territoire est donc enfin réuni avec Genève.....

 Carte Leman.jpg

Le département du Léman, avec Genève comme préfecture 

Mais la République vivait ses dernières heures: après le Directoire, elle allait bientôt laisser la place à Bonaparte, et à l'Empire....

Annexes

 Population de l'agglo genevoise.jpg

250 ans ont été nécessaires à l'agglomération genevoise pour gagner 10000 habitants entre la Réforme et l'Empire. A mettre en perspective avec l'accroissement démographique actuel. 

Sources et bibliographie:
www.sabaudia.org
César Duval : Ternier et Saint-Julien
Abel Jacquet: Saint-Julien-en-Genevois
Jean de Pingon: Savoie française - Histoire d'un pays annexé
Collectif: La Savoie en dates et en cartes
Collectif: Crises et révolutions à Genève - 1526 - 1544 
Paul Guichonnet: plusieurs livres et publications

26/04/2013

Les Chemins de Fer en Haute-Savoie

André Duval, ancien président de la CCG est opposé au tram de St Julien: il préconise plutôt une liaison ferroviaire entre la ligne SNCF actuelle entre St Julien et Annemasse et la gare de la Praille. Voici ci-dessous une étude sur les chemins de Fer de Haute-Savoie qui ne manque pas d'interet et qui peut enrichir le débat. 

 

Quelques réflexions autour du chemin de fer en Haute-Savoie

 

 Un peu d’histoire :

Les voies ferrées se sont fortement développées en Haute Savoie entre 1850 et 1905 : Culoz vers Geneve (1858) vers Thonon (1880), Aix-les-Bains vers Annecy (1866), vers La Roche (1883), vers Cluses (1890), vers le Fayet (1898) pour les voies normales et d’Annemasse à Samoëns (1892), Annecy à Albertville (1901), Annecy-Thônes (1898), Le Fayet Chamonix (1901) pour les voies métriques.

Après un arrêt jusqu’après la guerre de 1914,  de nombreux projets ont été envisagés dans les années 1920 : Seyssel-Annecy par Frangy, Saint-Julien –Annecy, Fillinges-Boëge et Habère-Poche, Thonon-Abondance et le Biot. Certains de ces projets ont eu des premières réalisations mais aucun n’a été au bout pour manque de finances et pour concurrence avec l’automobile.

Fernand David  va cependant à Paris chercher des crédits pour financer ces infrastructures qui exigeraient plus de 20 000 000 de francs de capitaux et n’obtient qu’un petit million.

Finalement les lignes à voies métriques soit ne sont pas réalisées soit sont abandonnées, la dernière celle de Samoëns en 1959. Il ne reste que la ligne  du Fayet à Chamonix, puis vers Martigny en Suisse.

Un exemple  en Suisse : le Canton des Grisons

Ce canton a connu le même développement des chemins de fer légèrement plus tardivement entre 1880 et 1913 mais uniquement à voies étroites ou métriques. Comme en beaucoup d’endroits en Suisse ce réseau s’est maintenu jusqu’à nos jours et irrigue l’ensemble du territoire avec 360 kilomètres de voies ferrées. Un dernier tunnel de 19km a été creusé et mis en fonctionnement en 1999. Il vient d’être reconnu au patrimoine mondial par l’Unesco. Les raisons de cette réussite : une présence touristique importante en hiver et en été, une homogénéité du réseau, un pays très montagneux, et une réglementation moins technocratique laissant plus de place à l’initiative individuelle. Il faut ajouter à ces raisons aussi une productivité qui n’a rien à envier aux grandes compagnies ferroviaires européennes.

Quelques statistiques 2011: L’entreprise a transporté  10 654 000 voyageurs ou 300 000 000 voyageurs*km, 813 000 tonnes de marchandises, 436 000 voitures pour un chiffre d’affaire de 320 000 000 CHF, les touristes comptent pour 60% des voyageurs mais 80% des recettes correspondantes. L’ensemble des recettes de la clientèle couvre 60% des charges de fonctionnement et 30% de celles d’investissement ce qui est remarquable pour un système de transport collectif.

 En France

Revenons d’abord à la Haute-Savoie qui a vu ses lignes à voies étroites abandonnées ou non réalisées. On peut dire que la seule ligne restante celle qui relie le Fayet à Chamonix et au Valais le doit à sa relation avec la Suisse. Elle connaît actuellement un regain d’intérêt avec aux heures de pointe une fréquence de passage de l’ordre de 20 minutes. Par ailleurs pour le réseau à voies normales les lignes ne sont qu’à voie simple et donc de capacité limitée. Peu de travaux ont été réalisés depuis l’électrification. Pour des raisons bien obscures des aménagements comme le shunt d’Etrembières  sont toujours en question sans début de réalisation. Peut-être que la décision du doublement de la voie Aix-les Bains Annecy a été prise.

 

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En jaune, le tracé du shunt d'Etrembieres qui permet un acces direct à la vallée de l'Arve

 

 

 

 

Une étude menée sous l’égide du ministère de l’environnement décrit une situation assez catastrophique des chemins de fer français.  Tous les investissements ont été consacrés depuis 20 ans au seul TGV, les lignes normales n’ont pas été entretenues et beaucoup en mauvais état obligent à des ralentissements anormaux.

Les TER en  charge des Régions ont une rentabilité très faible, seules 25% des charges sont couvertes par les recettes clients. Tout compté les recettes globales de la SNCF couvrent 50% des charges. La coordination entre TGV, TET, Trains intercités, TER est loin d’être optimale. Selon cette étude il faudrait décider d’un moratoire sur les nouvelles lignes TGV dont les rentabilités sont moindres que les premières réalisées, celles-ci  couvrant, il est vrai, la totalité de leurs charges de fonctionnement.

La productivité de la SNCF a pris un  certain retard par rapport aux chemins de fer allemands qui se sont ouverts plus largement à la concurrence. Ceux-ci ont aussi bénéficié d’une politique plus volontariste d’effacement de leurs dettes, alors qu’en  France on n’a utilisé qu’une manière déguisée de soustraire les dettes à l’exploitant en séparant SNCF et RFF.

La même étude constate que le chemin de fer est adapté à deux types de besoins : celui des liaisons entre grands centres de population, et celui des services de banlieues pour les pendulaires. En dehors de ces utilisations, l’automobile ou l’autobus du coté du transport de personnes ou le camion coté transport de marchandises par leur souplesse sont mieux adaptés, oubliant ici les problèmes environnementaux*. On le verra dans le chapitre suivant le moyen de transport efficace pour l’intérieur des zones denses semble être le tramway.

* Pour un voyage aller-retour à Lyon Perrache depuis Saint-Julien-en-Genevois un bus rempli à 60% a coûté 17,5 € par personne, le billet de train aurait coûté 55 €,  de plus l’horaire du bus était à la demande. Notons toutefois que nous n’avons pas évalué ce qu’aurait coûté le billet de groupe auprès de la SNCF.

Transport et Genève

Il est intéressant d’analyser maintenant le système de transport dans l’agglomération genevoise, il concerne de manière assez notable l’ensemble du département. Les mouvements pendulaires sont, du fait d’une séparation de plus en plus nette entre les emplois qui sont à Genève et les habitants en France, très lourds.

D’abord le train est utilisé pour deux directions, celle de Lausanne avec des fréquences de moins d’un quart d’heure aux heures de pointe et celle de Bellegarde avec une moindre fréquence de l’ordre de la demi-heure. Pour des distances respectives de 60km et 35 km les temps de parcours sont de 48 et 34mn ce qui est très satisfaisant.

Ensuite à l’intérieur de l’agglomération, ce sont les trams qui ont la meilleure rentabilité si on oublie les coûts d’infrastructure, la couverture des charges de fonctionnement par les recettes de transport est de l’ordre de 50%. Les vitesses commerciales sont en moyenne de 15kmh avec une ligne à 19kmh. Les trolleybus ont des résultats du même ordre 47% de taux de couverture, vitesses commerciales équivalentes entre 13 et 16kmh50. Enfin le troisième moyen, l’autobus, a des caractéristiques beaucoup plus dispersées. Les voies réservées en particulier devant les feux de circulation leur permettent des vitesses allant jusqu’à 25kmh, mais les taux de couverture des charges varient de 7% pour les lignes dites petites à 54% pour une grande ligne.

Quelques premières conclusions.

Les statistiques de l’INSEE donnent une bonne référence pour discuter de la place de chacun des moyens de transport sur le département et vers Genève en particulier. Ce qu’elles disent : en moyenne les Français habitent à 26-30km du lieu de travail et leurs trajets sont de l’ordre de 35minutes. Ainsi les frontaliers qui habitent à l’intérieur de ces 30km ne devraient pas mettre plus de temps pour aller travailler.

On a vu que le train offrait une solution admissible selon ce critère aux habitants de Bellegarde. Le tramway ne peut pas être pris en considération vu sa vitesse de service pour ces frontaliers, sinon partiellement en fin de trajet. La même conclusion peut être tirée en ce qui concerne le trolleybus. La voiture individuelle, si la route n’est pas encombrée par les pendulaires, et l’autobus s’il peut éviter les goulots d’étranglement grâce aux voies réservées, seraient sous ces conditions des solutions intéressantes. Mais la réservation sur longue distance en zone rurale est difficilement concevable. Donc dans beaucoup de cas le train reste la seule solution. C’est pourquoi pour l’entrée sud de Genève le barreau sud(liaison entre la voie Saint-Julien-Bossey et la gare de La Praille) est indispensable, le CEVA pouvant apporter la solution pour l’est de la Savoie du nord. Le tram de Saint-Julien  pour le territoire au delà de Saint-Julien  n’a que très peu d’intérêt, ne pouvant être qu’une partie du trajet parmi un minimum de trois et donc de durée supérieure à l’heure, la solution BHNS (bus à haut niveau de service) aurait été une solution  suffisante et plus sage, vu son intérêt limité,permettant au barreau sud de gagner plusieurs années.

 

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Un tracé ferroviaire(en rouge) proposé pour relier la ligne SNCF du Salève à la gare de la Praille

 

On pourrait rêver que les projets envisagés dans les années 1920 soient tous réalisés et que la Haute-Savoie bénéficie d’un réseau complet de trains du type de celui des Grisons.  Il apporterait des solutions à beaucoup de problèmes pour les pendulaires vers Annecy et Genève, pour les accès aux stations de ski ….Son coût réduit, infrastructure et matériels roulants, par rapport à un réseau à voies  normales est un grand avantage.

André Duval
mars 2013

Je me suis permis, pour une meilleure compréhension et visualisation de ce que propose Andé Duval d'inclure 2 cartes qui illustrent ce qu'il en est du shunt d'etrembières, qui permet d'éviter l'arret en gare d'Annemasse pour aller vers la vallée de l'Arve, et aussi d'un tracé possible(approximatif) reliant la ligne SNCF St Julien-Annemasse à la gare de la Praille (avec connexion au CEVA).

Si la proposition d'André offre une bonne réponse aux problèmes de transport du territoire sud de Genève, elle me parait être entachée de 2 faiblesses.

Au jour d'aujourd'hui, le projet de tram vers St Julien semble être acté par Genève et la Confédération qui est prête à en prendre 40% à sa charge. Proposer cette nouvelle option risquerait à mon sens de menacer la probabilité de voir le tram se réaliser sans aucune garantie que ce projet ne soit approuvé, car on sait à quel point les genevois n'aiment pas voir leur campagne dénaturée.

D'autre part, s'il n'existait pas une voie directe Bellegarde - Genève, une telle proposition prendrait tout son sens, mais du fait qu'elle existe, je ne pense pas que les Genevois soient favorables, pour les mêmes raisons environnementales, à un nouveau tracé dans la campagne qui ne serait utile qu'aux frontaliers français.

Ce qui ne veut pas dire qu'une telle solution ne s'impose pas à la fin du XXIème Siècle, car évidemment elle a du sens. Selon la bonne règle du "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", je considère que notre intéret à court terme est de soutenir le projet du tram. Quiand nous l'aurons, on pourra voir......

08/04/2013

Histoire du Genevois - des Allobroges à la Réforme

Avec cet article commence la grande saga de notre territoire du Genevois, qui va nous faire traverser les siècles tout en se focalisant sur notre ville de Saint-Julien-en-Genevois. Le déroulé de cette histoire  va nous faire découvrir ce qu'il est advenu pendant plus de 2000 ans sur ces terres, autrefois patrie de nos ancètres, les Allobroges.

Les Allobroges et la conquète romaine

C'est au IIème Siècle Av JC que l'on parle pour la première fois du peuple Allobroge qui occupait notre territoire, lors de la traversée des Alpes par Hannibal. Les Allobroges furent longtemps des rebelles à l'autorité romaine et la conquête du territoire des Allobroges par les Romains se fit en plusieurs étapes entre -122 et -60 avant JC.

 

Carte Allobroges.JPG

Le territoire de Allobroges

La victoire romaine du proconsul Fabius Maximus, en -121, permit aux Romains la conquête du pays des Allobroges, et son incorporation à la province romaine de la Narbonnaise. Le succès du consul Fabius Maximus lui vaudra alors le surnom de « Allobrogicus »

Après la victoire de Fabius Maximus, les Allobroges furent désormais soumis aux Romains, et leur territoire forma le premier noyau de la Province transalpine. Les Romains écrasant le pays de lourds impôts, et leurs délégations à Rome étant infructueuses, en -62/-61, les Allobroges se révoltèrent dans l'avant-pays viennois et reprirent les armes mais ils furent à nouveau battus près de Valence . La conquête des terres allobroges par Rome fait de Genève une ville romaine qui, peu avant l'an 280 sera érigée en évéché, centre d'un vaste diocèse.

C'est Jules César qui parle le premier de Genève et du Genevois dans son récit de la Guerre des Gaules, quand il explique comment il est venu ici pour arréter les Helvètes, qui avaient décidé de quitter leurs terres au nord du lac Léman pour se rendre et s'installer en Saintonge, près de l'Océan Atlantique. A l'époque deux passages étaient possibles pour un tel voyage, l'un à travers le Jura et l'autre à travers le Rhône. C'est ainsi que Jules César fit abattre le pont qui enjambait le Rhône à Genève et qu'il installa des barricades pour protéger le passage connu aujourd'hui sous le nom de Fort l'Ecluse.

Victorieux  près de la Saone, César renvoie les Helvètes dans leur pays et exige des Allobroges de leur fournir du blé puisque ceux-là avaient tout brulé avant de partir pour rendre leur migration sans retour. Il ordonne aussi aux Helvètes de reconstruire leurs villes et leurs bourgs pour se prémunir d'une invasion des Germains sur un territoire fertile mais déserté.

Les Burgondes

En 443, le peuple Burgonde vient s'installer au bord du Lac Leman, en Sapaudie (le pays des sapins), et fonde le premier royaume de Bourgogne, avec pendant 30 ans, Genève comme capitale de leur royaume. Ses souverains les plus glorieux, Gondebaud et son fils Sigismond, gouvernent alors un territoire qui s'étend de Langres à Marseille et du Rhin à la Loire, et dont Lyon est devenue la capitale.

NB: Les vestiges burgondes retrouvés à St-Julien, tels ce cimetière découvert dans la Grande Rue en 1874, puis les ossements trouvés au Puy Saint Martin dans les années 1970, confirment l'existence d'une bourgade sur ce site dès cette époque. Il est toutefois probable que la localité fondée par les Burgonndes fut entièrement détruite lors des convulsions du Moyen age et disparut sans laisser de traces.

 

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Mais l'existence de ce royaume fut éphémère à cause des visées franques de Clovis et de ses fils qui l'attaquent sans cesse et qui y mettent fin en 534. Le royaume Burgonde, qui conserve son individualité, est alors intégré aux royaumes merovingiens. Le royaume de Bourgogne cesse d'apparaître en tant qu’entité géopolitique avec les Carolingiens.

En 739, Charles Martel établit définitivement, son autorité sur la Bourgogne et la Provence dont l'administration est confiée à des comtes qui représentent le roi dans leurs comtés (pagi), ceux-ci  correspondant le plus souvent aux diocèses épiscopaux. Une aristocratie puissante se constitue, à l'image d'Abbon qui posédait des territoires considérables s'étendant du maconnais à la provence.

Après la conquête du royaume lombard (774), la Bourgogne devint un nœud central du pouvoir carolingien, puisqu’elle assurait la jonction des possessions franques et italiennes de l’empire; la route du Mont-Cenis est développée pour des raisons stratégiques et militaires, alors que le trafic commercial utilise principalement la route du Grand Saint-Bernard.

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L'empire Franc sous Charlemagne

allobroges,Helvètes, Jules César,GenèveAprès la mort de Charlemagne et de son fils, Louis Le Pieux, le traité de Verdun de 843 signé entre les 3 fils de Louis Le Pieux déchire à jamais l'unité du vieil empire de leur grand-père. La Bourgogne est scindée en 2, donnant naissance, à l’ouest de la Saône, à une Bourgogne française (ou Bourgogne franque) qui appartient au royaume de Charles le Chauve, et à l’est de cette même rivière, à une Bourgogne impériale, qui revient à Lothaire, l'ainé, qui se pare du titre d'empereur; quant à l'est de l'empire, il revient à Louis Le Germanique.

Rem. On notera que les frontères linguistiques de la Suisse entre l'allemand et le français qui trouvent leurs origines avec les territoires des Alamans et des Helvètes, correspondent peu ou prou aux limites définies par cette scission.

 

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En 855, par le traité de Prum, Lothaire partage son empire entre ses trois fils: à Lothaire II le nord, à Charles la Bourgogne et la Provence, tandis que Louis reçoit l'Italie et le titre d'Empereur.

Malheureusement, les héritiers de Lothaire disparaitront les uns après les autres sans laisser de descendants, et chacun des oncles et des frères tentera de dépouiller son parent. C'est d'abord la mort de Charles de Provence qui permet à ses deux oncles de mettre la main sur son royaume. Alors que les Normands ravagent le nord et que les  Sarrasins menacent le midi, partout règne l'anarchie; le trône des Francs se soutient à grand peine. A la mort de leur neveu Lothaire II, les deux frères Charles le Chauve et Louis le Germanique s'accaparent le royaume de leur neveu, au détriment de leur autre neveu l'empereur Louis II, qui aurait dû hériter des biens de son frère. 

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Les 2 oncles s'accaparent le royaume de leurs neveux: Charles décédé en 863, puis Lothaire II qui meurt en 869

Malgré ses protestations, Louis II, le frère de Lothaire II ne peut récupérer l'héritage de son frère, et il meurt lui aussi en 875, bientôt suivi dans la tombe par ses oncles, Louis II le Germanique le 28 aout 876, puis Charles II le Chauve le 8 octobre 877.

La mort soudaine de Louis II le Bègue en 879, donne le signal du démantellement des territoires qu'avaient conquis son père Charles le Chauve. Son fils Carloman II reçoit l'Aquitaine et la Bourgogne, alors que le frère de ce dernier, Louis III hérite du reste du royaume.

 Carte 880.JPG

allobroges,Helvètes, Jules César,Genève,Gondebaud,Charlemagne,A la mort des 2 frères, Louis III en 882 , puis Carloman en 884, Charles III le Gros descendant de Louis II le Germanique va, suite à la mort précédente de son frère Louis III le jeune en 882 , reconstituer une grande partie de l'empire de Charlemagne, à l'exception de la Provence et de la Bourgogne cisjurane qui appartiennent au comte Boson depuis le 15/10/879.

 

Après que l'empereur Charles le Gros eut été déposé en novembre 887 et fut mort le 13 janvier 888, les nobles et les principaux membres du clergé de Haute-Bourgogne se réunirent à Saint-Maurice et, en janvier 888, proclamèrent Rodolphe pour roi. Au printemps 888, il est couronné roi de Bourgogne, mais en proie à l'hostilité d'Arnulf, fils et héritier de Charles le Gros, il doit se contenter de  la Bourgoogne Transjurane, qui devient ainsi un nouveau royaume. A sa mort ,  en 912, son fils Rodolphe II lui succéde mais , affaibli par ses campagnes italiennes, il doit se mettre sous la protection de la royauté Ottonienne. C'est ainsi qu'à la mort de Rodolphe II en 937, Otton Ier envahit la Bourgogne pour ensuite rétablir Conrad, le fils de Rodolphe, sur le trône en 942; il lui permet même de remettre la main sur la Bourgogne Bosonide (cisjurane).

 

Carte Burgundy.JPG

 Le royaume de Bourgogne

Après 942, les Rodolphiens se trouvèrent à la tête d’un royaume de près de 200 000 km2: l'essentiel du domaine royal s'étendait autour de Vienne et dans la Bourgogne transjurane, avec des espaces plus périphériques comme la vallée d'Aoste ou le Valentinois. Au nord et au sud, le royaume rodolphien avait vu se développer les principautés du comté de Bourgogne (future Franche-Comté) et du comté de Provence.

NB: Tout au long du Xe siècle, les honneurs comtaux demeurèrent viagers, ce qui explique que les historiens ne parviennent pas à identifier la moindre dynastie comtale, en dehors des principautés des comtés de Provence et de Bourgogne. Cela signifie que les titres de comtes n'étaient pas liés à un territoire géographique. Parallèlement, à compter du milieu du Xe siècle, le rôle traditionnel des pouvoirs ecclésiastiques s’accrut encore, lorsque la monarchie concéda massivement les pouvoirs publics aux évêques et abbés.

Le pouvoir impérial

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Otton Ier, fondateur du Saint-Empire

Dans la seconde moitié du Xe siècle, par une série d'alliances croisées, (Otton Ier épouse la fille de Rodolphe II en 951 et donne sa nièce au fils du roi), la monarchie impériale ottonienne accrut sa tutelle sur la royauté rodolphienne et .se placa  en protecteur du royaume de Bourgogne, en s’attachant particulièrement à entretenir le culte de saint Maurice. A tel point qu'en 1016, Rodolphe III, fils et héritier de Conrad, promit à l’empereur de gouverner selon ses conseils et de lui laisser sa succession s’il devait mourir sans laisser un fils légitime.

Dans ce contexte de  tutelle impériale, les évêques du royaume rodolphien délaissèrent le palais royal pour se placer directement sous l’autorité impériale des Ottoniens. Après l’an mil,  les prélats s'émancipent du roi et gèrent leur diocèse en toute indépendance. Ils prennent aussi le chemin de la Germanie, comme le firent les archevêques de Lyon et de la Tarentaise ainsi que les évêques de Genêve et de Lausanne en 1007, lorsqu’ils allèrent assister au concile de Francfort.

En 1032, le roi de Bourgogne Rodolphe III mourut en laissant sa couronne à Conrad le Salique, qui est empereur depuis 1027. Celui-ci se heurta toutefois à la résistance d’une grande partie de l’aristocratie. Refusant de se soumettre à la poigne germanique, une partie de l’aristocratie bourguignonne, au premier rang de laquelle se tenait le comte Gérold de Genève, fit appel au comte Eudes II de Blois , fils d’une sœur du roi Rodolphe III pour contester l'héritage impérial Principal partisan de l’empereur, le comte Humbert  prit la tête des troupes réunies par le pouvoir impérial. En 1034, tandis que Conrad s’avançait par le Nord, le comte Humbert entrait en Bourgogne par la vallée d’Aoste et le col du Grand-Saint-Bernard. Les deux armées firent leur jonction à Genève. Le succès de Conrad était total : Eudes II de Blois avait été définitivement vaincu et l’ensemble de l’aristocratie bourguignonne avait été contrainte à se soumettre. Le royaume de Bourgogne, bien qu'affaibli, était ainsi devenu partie intégrante de l’empire,

allobroges,Helvètes, Jules César,Genève,Gondebaud,Charlemagne,NB: Le Saint-Empire Romain Germanique auquel appartient désormais notre territoire courra de 962 (Othon Ier) à 1806 quand François II qui a pris le titre d'empereur en 1797, sera contraint par Napoléon d'abdiquer le 6 aout  1806. marquant ainsi la fin d'un empire qui dura plus de 800 ans.

 

 

La scission entre Genève et le Comté de Genève

Blason Comté de Genève.JPGComme on vient de le voir, le comte de Genève Gerold II quiBlason Geneve.jpg conteste le legs de la Bourgogne à Conrad, et revendique ses droits sur la ville de Genève,  a été défait par l'empereur. Celui-ci confie alors les destinés temporelles de la ville à l'évêque qui règne deja sur le diocèse (Un très grand territoire qui comprend la Savoie, la Haute Savoie, le Pays de Gex et la Riviera Vaudoise comme indiqué sur la carte ci-dessous). C'est ainsi que le comte de Genève Gérold perd sa domination sur la ville ou Conrad est intronisé par l'évêque le 1er aout 1034. À cette époque Genève est une bourgade de 1100 Hb dont les armes comprennent l'aigle impériale pour l'empereur et les clés de St. Pierre pour l'évêque.

Carte Diocese Geneve.JPG

Carte géographique du diocèse de Geneve 

NB: le comte Humbert, dont le frère est évèque de Belley, et fidèle lieutenant de Conrad le Saique conquiert la Tarentaise et la Maurienne; en 1033, il fondera  avec la bénédiction de l'empereur la Maison de Savoie, qui pendant près de 4 siècles s'opposera aux comtes de Genève avant de devenir maitre de leur territoire et qui régnera sur la Savoie jusqu'en 1860.

Le Comté de Genève 

A cette époque, le Comté de Genève était constitué de fiefs détenus par des seigneurs vassaux ( Viry, Ternier...), fiefs appartenant au Comte proprement dit. Tois types de subdivisions formaient le comté:

- Le mandement seigneurial, ou le seigneur nommait un de ses vassaux pour administrer son territoire, sous l'autorité du comte

- Le mandement mixte, ou c'etait une direction partagée entre le comte et un seigneur¨

- Le mandement comtal, que représentait la chatellenie de Ternier, ou un agent du comte, le chatelain, était chargé de la gestion.

Dans le Genevois, l'une des plus grandes familles du bailliage de Ternier, auquel appartient St Julien, est la famille de Ternier, qui sera l'un des plus fidèles alliés du Comte de Genève puis du Comte de Savoie par la suite.

Quant à St-Julien, son nom n'apparait pour la première fois qu'en 1272. Posterla ou Postella, du nom d'une grande famille italienne du Milanais installée à Genève qui aurait pu avoir des propriétés sur l'emplacement,  semble être  le nom de la localité ou a été construite la ville. Ce n'est qu'au 13ème siécle que la bourgade prit son nom quand la construction d'un chateau seigneurial à Saint-Julien donna naissance à une nouvelle activité. Les fréquents séjours qu'y faisaient les comtes de Genève et leur entourage, y rendit indispensable l'établissement d'une hostellerie qui se placa sous le vocable de Saint-Julien, patron des voyageurs. Cette enseigne baptisa la petite agglomération qui vint se former à l'abri du chateau et qui fut érigée en paroisse à la fin du 13ème siècle.

Les luttes entre le comte et l'Evèque de Genève

Suite à la scission entre Genève et le comté qui porte son nom, s'ensuivront près de 200 ans de lutte pour le contrôle de la ville entre le comte et l'évêque de Genève, entrecoupés d'accords:

En 1124 le traité de Seyssel signé entre l'évéque Humbert de Grammont et Aymon comte de Genéve, fera reconnaitre l'évèque comme étant le supérieur du comte qui "prête foi et hommage à l'évèque Humbert et déclare ne reconnaitre , sauf l'emperereur, aucun autre seigneur préférablement à lui" et lui "restitue sans contestation toute la ville de Genève". En contrepartie de quoi, l'évèque a remis au comte son ancien fief, tel qu'il peut être possédé par un laic.

Un siécle plus tard, le traité de Desingy de 1219 fixe une nouvelle et dernière fois la paix entre le comte de Genève Guillaume et l'évêque de Genève Aymon en imposant au Comte de Genève de résider à Annecy et en constatant que "le comte Guillaume fait hommage-lige à l'évèque et lui jure fidélité; l'évèque de son coté l'investit du fief du comté au moyen de l'anneau. Ainsi devenus amis, ils livrent à l'oubli leurs offenses et plaintes réciproques"

NB: Entre temps, en 1170, la chartreuse de Pomier, qui jouera un rôle prépondérant sur notre territoire pendant 600 ans, a été fondée au Mont-Sion, à 4 lieues au sud de la ville de Genève. Ses droits lui furent accordés par l'évèque de Genève, Ardutius de Faucigny et par son successeur Nanthelme et ses chanoines, imité en 1179 par Guillaume Ier, comte de Genève.

Les rivalités entre comtes de Savoie et comtes de Genève

Qulques années après le Traité de Desingy, c'est le conflit avec les comtes de Savoie qui va empoisonner la vie des comtes de Genève. En 1250, le comte de Savoie s'empare du chateau de Boug de Four, sis à Genève, propriété du comte de Genève Guillaume Ier. Celui-ci, pour garantir sa dette envers le comte de Savoie, doit mettre en gage un certain nombre de ses chateaux et propriétes. permettant ainsi à la Maison de Savoie de se substituer à celle de Genève dans la cité épiscopale.

En réaction à cette influence grandissante et menacante de la Maison de Savoie, le comte et l'évéque de Genève s'allient et, avec l'appui du Dauphiné, mèneront une série de 4 guerres féodales entre 1282 et 1327 contre les comtes de Savoie.

A l'issue de la première guerre conclue en 1287 par le Traité d'Annemasse, le comte de Savoie Amédée V est totalement maitre de la cité épiscopale. Cela n'empeche pas le comte de Genève Amédée II de faire une attaque surprise sur Genève en 1291, qui échouera  face à la résistance des citoyens aidés dans leur combat par le comte de Savoie. Le traité d'Aix du 10 décembre 1291 confirme celui d'Annemasse et le comte de Genève prète à nouvau hommage au comte de Savoie. En 1304, Amédée II renouvelle ses alliances avec l'évèque Aymon du Quart et fait construire le chateau de Gaillard. Mais en 1307, le comte de Savoie Amé le Grand  tente de s'emparer de Genève provoquant une nouvelle alliance entre le comte de Genève , l'évèque et le dauphin pour défendre la ville, qui débouche le 23/10/1308 sur un traité de paix entre Guillaume III comte de Genève et Amé le Grand, comte de Savoie.

Malgré la paix de 1308, à partir de 1314 il y aura plusieurs tentatives par Amé puis Édouard de Savoie de s'emparer de Genève jusqu'en 1329. Ce qui explique la construction en juillet 1318 du château de la Bastie Melliers  par Girard de Ternier, vassal des comtes de Genève, pour protéger la ville. La bataille de Varay ou se distinguent le comte Amédée III de Genève et Girard au coté du Dauphin met fin en 1325 au conflit entre Edouard de Savoie et le Dauphin Guigues.  En 1329 Édouard meurt, et son successeur Aymon le Pacifique fait la paix avec le Comte de Genevois Amédée III de Genève et s'attache ses services. S'ensuit une période d'entente et de paix qui sera bénéfique à notre territoire.

A cette époque, le comte de Genevois séjournait souvent en son chateau de St-Julien, et il entretenait un chatelain dans son chateau de Ternier. A la mort d'Aymon, Amédée III de Genève qui était lié à la famille de Savoie par sa mère, devient l'un des tuteur du jeune comte Amédée VI de Savoie, connu plus tard sous le nom de "comte Vert".

La carte ci-dessous indique les forces en présence autour de notre ville en 1340:

La Maison de Savoie (possessions en rouge sur la carte) entoure notre territoire: Outre la Savoie, en 1340, elle est présente en Bresse, dans le Bugey, une partie du Canton de Vaud et le Chablais. Bientôt, elle mettra la main sur le Faucigny, encerclant de fait le comté de Genevois.

Le Faucigny, (en bleu) dont plusieurs princes ont été évèque de Genève, a appartenu à la Maison de Savoie qui l'a donné en dot au Dauphin lors de son mariage à la fille de Pierre II de Savoie en 1253 ; il est donc sous la juridiction du Dauphiné en 1340. Après l'achat du Dauphiné par la France en 1349, il devient français, avant de redevenir propriété de la Maison de Savoie par le traité de Paris en 1355, ce qui permet de relier le comté de Savoie au Chablais.

Le Comté de Genevois (en vert) est indépendant en 1340. Il deviendra propriété de la Maison de Savoie en 1401 lorsqu'Odon de Villars, l'héritier des comtes de Genève le cèdera à Amédée VIII de Savoie.

La ville de Genève, sous l'autorité de l'évèque, parvient, elle, à sauvegarder son indépendance. Elle obtiendra même une véritable émancipation quand l'évèque Adhémar Fabri accordera ses franchises aux bourgeois de Genéve, en 1387.

  Carte Comté Geneve.jpg

Le morcellement des territoires vers 1340 - En vert le Comté de Genève

Quant à notre ville de St Julien, outre les chateaux de Ternier qui existent depuis le XIème Siècle, un certain nombre d'éléments nous prouvent que le château de St. Julien, propriètè du comte de Genevois, est antérieur à 1335 et que dans le même temps la famille de Ternier a fait construire le chateau de Bursins au lieu dit connu aujourd'hui sous le nom de "Cret Millet". C'est dans ce chateau que la famille de Ternier établira sa résidence, en partage avec le chateau du Chatelard situé sur la commune de Feigères et qui sera détruit en 1590.


Le Comté de Genevois devient propriété de la Maison de Savoie

Le dernier comte de Genève, Robert de Genève, anti pape à Avignon sous le nom de Clement VII étant mort sans enfant, ainsi que son hèritier Humbert de Villars, c'est le 5 août 1401 par vente d'Odon de Villars à Amédée VIII de Savoie que  le comté de Genevois devient propriété de la Maison de Savoie. Peu de temps après, par la grace de l'Emperereur, Amédée VIII devient duc en 1416.

  

 Carte Savoie 1427.JPG

Carte des Etats de Savoie circa 1427

NB: On notera que le fier Girard de Ternier qui avait racheté le mandement de Ternier à Robert de Genève en 1394 servit loyalement son nouveau maitre Amédée VIII, qui le 31 mai 1409 le nomma dans l'Ordre du Collier de Savoye. Girard  décédera en 1418, non sans avoir préalablement organisé le cérémonial grandiose de ses funérailles et nommé comme héritier son neveu Richard de Montchenu.

allobroges,helvètes,jules césar,genève,gondebaud,charlemagneAmédée VIII se retira en ermitage à Ripaille et passa la main à son fils Louis de Savoie. S'il donna en apanage le comté de Genevois à son fils cadet Philippe (la branche qui sera bientôt connue sous le nom de Savoie-Nemours), il faut noter que les bailliages de Ternier et de Gaillard qui faisaient frontière avec Genève, furent distraits du comté et restèrent propriété du Duc. En 1482, le chatelain François Bon d'Allinges fit faire des réparations importantes au chateau de Ternier, dépenses qui furent payées par la Chambre des comptes de Savoie. On notera aussi que la Maison de Savoie avait pris l'habitude de faire nommer les évèques de Genève en son sein, y compris Philippe de Savoie qui n'avait que 7 ans lorsqu'il fut nommé évèque à la fin du XVème Siècle. Cela eut pour conséquence d'irriter la population genevoise qui rechercha l'alliance des cantons suisses de Berne et de Fribourg.

S'ensuivit la "guerre des harengs" en 1519 qui vit le Duc de Savoie Charles III entrer dans Genève avec une armée de 8000 hommes qui traita la ville en pays conquis. L'arrivée d'une armée de Fribourg ramena le Duc à plus de modération avant que la peste qui sévissait en ville ne le chasse de Genève. Mais il n'avait pas renoncé à s'emparer de la ville.

Le 6 mai 1523, Charles III de Savoie accompagné de sa nouvelle èpouse Béatrix de Portugal qu'il vient présenter en grandes pompes à Genève, fait son entrée à St. Julien avec plus de 1000 gentilshommes en grand apparat. Ils séjournent avec leur cour au Chateau de St Julien.

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L'évolution des Etats de Savoie du XIIIème au XVIème siècle


Genève et la Réforme 

A cette époque, une sourde lutte d'influence oppose à Genève les mamelus, partisans du Duc et les Eidgnots, ses ennemis, qui finissent par l'emporter en signant une alliance avec Fribourg et Berne en 1526. Le 21/2/1528 a lieu une proclamation par le premier syndic Besancon, qui condamne à mort  44 familles de mamelus qui, proscrits, se refugieront en émigrant pour la plupart à St-Julien. S'ensuit la création de la confrérie des gentilhommes de la cuiller dont l'objectif est de reconquèrir Genève.

Le 2/1/1529 a lieu l'assassinat de François de Montchenu-Ternier, seigneur de Ponverre et capitaine de ces gentilhommes, au moment ou il traverse la ville. Après de nouveaux troubles, le 19/10/1530 est signé l'Arrêt de St-Julien qui établit la paix entre la Savoie d'un coté , Genève et les cantons suisses de Berne et Fribourg de l'autre. De 1532 à 1535, la Réforme se développe à Genève, combattue par Fribourg la catholique mais encouragée par Berne. Le 27/8/1535 est proclamée l'interdiction du culte catholique à Genève qui provoque l'exode des religieuses de Ste Claire. 

L'invasion Bernoise

Le 16 janvier 1536, Berne déclare la guerre au Duc de Savoie qui est lui même sous la menace du roi de France François 1er. Les troupes Bernoises commandées par Hans Franz Naegeli, après avoir conquis les Pays de Vaud,  arrivent à Genève le 2/2/1536 et le 5 février à St-Julien, avant de pousser jusqu'au fort l'écluse. La République de Berne établit Simon Foerber comme bailli de Ternier, et ordonne qu'en tous lieux les actes publics se fassent en langue romande, interdisant aux prêtres de se méler de tout office notarial.

Le 24 février, les troupes françaises entrent dans Chambéry et s'emparent de la Savoie. Le Duc de Savoie n'a plus de terres, confisquées à l'ouest par la France et à l'est par Berne. Quant à notre territoire, il va subir pendant plus de 20 ans la dure loi des Bernois qui fera naitre l'expression qui a survécu jusqu'à ce jour " raide comme la justice de Berne".

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Carte géographique des religions en Savoie du nord au XVI ème Siècle


Conclusion

On notera donc que pendant toute cette époque qui dure plus de 1500 ans , depuis les Allobroges jusqu'à la Réforme, les destins de nos deux contrées Genève et Genevois sont intimement liés, même si des facteurs exogènes tels que la Maison de Savoie ou la fracture religieuse ont contribué à nous éloigner l'un de l'autre.

Sources:
www.sabaudia.org
César Duval : Ternier et Saint-Julien
Abel Jacquet: Saint-Julien-en-Genevois
Jean de Pingon: Savoie française - Histoire d'un pays annexé
Collectif: La Savoie en dates et en cartes
Collectif: Crises et révolutions à Genève - 1526 - 1544 

29/03/2013

Il se passe toujours quelque chose à la Maison du Salève

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Conférence gratuite sur la flore du Salève le Mardi 7 Mai à 20:30

07:56 Publié dans Genevois Savoyard, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maison du salève, david aeschimann | | | Digg! Digg | | |  Facebook

27/03/2013

Histoire et patrimoine - l'histoire du Genevois

Je suis persuadé que pour savoir où l'on va, il est essentiel de savoir d'où l'on vient. Plus de 30000 personnes vivent dans le canton de St Julien, mais bien peu connaissent l'histoire mouvementée de notre territoire et de notre relation avec Genève. Quant aux Genevois, de la même façon, bien peu nombreux sont ceux qui connaissent l'histoire de la "France Voisine" comme ils nous appellent.

C'est pourquoi au moment où on parle du Grand Genève et de la place que doit y jouer  notre territoire, il m'a paru opportun de mettre à la portée de tous un historique succint du Genevois, qui permette à tout un chacun de mieux comprendre les relations complexes que ce territoire qu'on appelle aujourd'hui le Genevois français a entretenu avec Genève, la Savoie et la France tout au long de ces 2000 dernières années. Je me focaliserai bien entendu sur notre bonne ville de Saint-Julien qui a joué un rôle central dans cette histoire.

J'espère que mes fidèles lecteurs y trouveront plaisir et que mon travail leur donnera l'envie d'en savoir plus, en se plongeant dans les livres et sur les sites web qui m'ont permis d'écrire cette histoire abrégée et que je me propose de conter en 4 chapitres

- le Genevois des Allobroges à la Réforme

- Le Genevois de la Réforme à la Révolution Française

- Le Genevois de la Révolution à l'Annexion

- Le Genevois de 1860 à nos jours

Rendez Vous dans les prochaines semaines pour découvrir une histoire passionnante, celle de notre terre et de notre espace de vie .

12:15 Publié dans Genève, Genevois Savoyard, Histoire, Saint-Julien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, st julien, le genevois, genève | | | Digg! Digg | | |  Facebook