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20/04/2015

Avis aux utilisateurs de voitures immatriculées en Suisse qui résident en France

La loi sur les admissions temporaires de véhicules dans l'Union Européenne change à partir du 1er mai 2015, et les personnes qui habitent en France mais conduisent des véhicules immatriculés en Suisse sont ainsi impactées et doivent donc se conformer aux nouvelles dispositions douanières édictées par l'Union Européenne à compter du 1er mai 2015.

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La même chose est indiquée par une circulaire de syndicat professionnel à ses adhérents

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NB: Cliquez sur les images pour un meilleur confort de lecture

01/04/2015

Histoire du Genevois-3ème partie - de la Révolution à l'Annexion

Dans l'épisode précédent, de la Réforme à la Révolution, nous avons laissé  notre territoire en 1798, au moment où les troupes françaises envahissaient Genève et que le Directoire faisait de cette ville le chef lieu du Département du Léman. A ce sujet, il me parait  intéressant de s'attarder brièvement sur l'attitude de la population, tant savoyarde que genevoise, envers cette présence française. Pour ce qui concerne la Savoie, il faut noter que c'est la communauté émigrée et principalement celle émigrée sur les bords de la Seine, qui était très favorable au rattachement de la Savoie à la France révolutionnaire et qui exerça une influence forte sur les populations en faveur de l'annexion. Quant à Genève, la population vécut mal cette "invasion" dont les conséquences économiques furent néfastes et après la défaite de Napoléon, la Rome Protestante s'empressera de chercher à se protéger des Français, ce qui conduira les Genevois à renoncer à leur indépendance pour se rattacher à la Suisse en 1815.

 

L'administration française du département du Léman

Apres le coup d'état du 18 brumaire, l'administration centrale des départements est réorganisée pour faire place à un préfet: Le département du Léman créé en 1798 (puis augmenté du Haut Faucigny et intégrant donc le massif du Mont-Blanc à partir de 1800) est divisé en 3 arrondissements: Genève, Bonneville et Thonon et est constitué comme ceci (carte ci dessous). On notera que le département du Léman incluait le Pays de Gex mais qu'Annecy qui avait souhaité faire partie de ce nouveau département restait, à son grand regret, dans le département du Mont-Blanc sous la tutelle de Chambéry.

 

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 Les frontières du Département du Léman : 1798 -1814

La Savoie et la France

Pour ce qui concerne la Savoie, il faut noter que c'est la communauté émigrée et principalement celle émigrée sur les bords de la Seine, qui était très favorable au rattachement de la Savoie à la France révolutionnaire et qui exerça une influence forte sur les populations en faveur de l'annexion.Toutefois, bien que la Terreur n'y fut pas aussi brutale que dans d'autres régions (on pense bien évidemment à la Bretagne et à la Vendée), la Révolution ne laissa pas de bons souvenirs en Savoie, pays profondément religieux. Les réquisitions tant matérielles qu'humaines avec des enrôlements de force dans l'armée révolutionnaire, la dévaluation de la monnaie et surtout les persécutions religieuses , tout cela fit naître une hostilité sourde et croissante envers les Français dans cette population de paysans. Rappelons que les exactions commises par les français, en particulier par le tristement célèbre Albitte conduisirent à des mouvements de rébellion à Thônes et Annecy, voire même de contre révolution. Les choses s'améliorèrent toutefois en 1801 quand la signature du Concordat permet le retour des prêtres dans leurs paroisses.

Rappelons que par le traité de Paris de 1796, avant-gout peu connu de 1860, le Roi de Sardaigne avait été contraint de céder la Savoie et Nice à la France. Si notre territoire était donc à priori ancré de façon pérenne à la France, ce n'est qu'avec le Consulat puis l'Empire que les deux départements savoisiens connurent une décennie de calme jusqu'en 1810, année à partir de laquelle la lourde charge fiscale et la conscription militaire ramenèrent le mécontentement. Au final, les réformes introduites par la France profitèrent essentiellement à la bourgeoisie, classe sociale au sein de laquelle l'idée française ira se renforçant jusqu'en 1860. Dans le même temps, malgré un lourd tribut humain payé à l'épopée Napoléonienne, nombreux étaient les soldats rescapés  (23000 soldats savoyards avaient servi dans l'armée française) qui étaient fiers d'y avoir participé, et qui rapportaient au pays une image exaltante de la "Grande Nation".

Genève et la France

Les conséquences de l’annexion de Genève à la France ont été désastreuses pour l’économie de la ville, qui traversa alors une période de profonde récession et de stagnation à cause de la guerre et du blocus continental qui ruinèrent industriels et banquiers. Mais le régime français apporte également de nombreuses nouveautés, qui seront conservées après l’indépendance et l’adhésion à la Confédération: notamment la séparation du civil et du religieux dans un nouveau code civil et une administration dirigée par un maire, deux adjoints et un conseil municipal.

A l'issue de l'épopée Napoléonienne, Genève, qui vient de retrouver son indépendance après sa libération par les Autrichiens le 31 décembre 1813, se rend compte que la période des cités états est révolue et qu'il lui faut s’allier à un Etat de plus grande taille. C'est l'origine de ses efforts pour rejoindre la Confédération Helvétique.

 

St Julien au début du XIXème Siècle

A titre anecdotique on signalera que Saint-Julien fut pour quelques mois débaptisée pour être renommée "Crez" (ou "Crêt"), un signe de plus de l'anticléricalisme primaire des révolutionnaires qui ne pouvaient accepter l'idée qu'une ville portât le nom d'un saint chrétien. Notre bonne ville dont le maire n'était autre qu'un certain Pierre Burnet retrouva cependant son nom le 4 janvier 1795 grace au représentant du peuple Gauthier qui ordonna à toutes les communes de reprendre leur ancien nom.

C'est le Préfet qui nomme le maire et le Conseil Municipal: le 8 avril 1801, et c'est Jacques Dunand qui est nommé maire de St Julien, qui est devenu chef lieu d'un canton de 24 communes. Le 14 septembre, le Conseil Municipal prend la décision de déplacer le cimetière qui est alors autour de l'église (sur le site de la Poste actuelle), vers l'emplacement actuel sur le Cret, grace au don du terrain par Prosper-Gaetan d'Allinges. Toutefois, par suite de l'opposition d'un citoyen, ce n'est qu'en 1806 qu'aura lieu la première inhumation dans le nouveau cimetière, que nous connaissons aujourd'hui.

En 1805, la commune de St Julien compte 803 habitants, dont seulement une vingtaine savent lire et écrire, et 7 auberges. L'évèque et prince de Genève, Mgr Joseph-Marie Paget décède à St Julien le 22 avril 1810. Le 14 mai 1811, le Conseil Municipal approuve une pétition des habitants de Cervonnex demandant à être rattachés à St Julien, et non plus à Feigères.

 La Chartreuse de Pomier et la Révolution

Si la Chartreuse avait bien survécu à l'occupation Bernoise, il n'en fut pas de même avec la République Française qui laissa commettre le sac de la Chartreuse de Pomier. Outre la destruction des splendides ouvrages de  sa magnifique et inestimable bibliothèque, la fièvre révolutionnaire laissera abattre les murs de celle-ci .. Avec cette destruction s'envolait une grande partie de l'histoire de notre territoire.

La fin de l'Empire

A partir de la Bérézina, la situation militaire de la France va devenir de plus en plus difficile. La France lève des impôts et lève des troupes, ce qui n'empêche pas l'Empereur de reculer sur tous les fronts. Le 31 décembre 1813, les troupes autrichiennes libèrent Genève et viennent le lendemain occuper St Julien qui compte alors 123 maisons. Le général Dessaix, originaire de Thonon, libérera St Julien après une longue et féroce bataille qui opposera le 1er mars 1814 les troupes françaises aux Autrichiens des bois d'Ogny à Archamps, en passant par Thairy. Victorieux, il se rendra à Carouge, d'ou il devra faire retraite le 23 mars après la perte de Lyon par le maréchal Augereau, provoquant sa poursuite par les Autrichiens qui pillèrent une nouvelle fois notre territoire. Mais c'est la fin: Les Alliés entrent dans Paris le 31 mars, et le 2 avril le Sénat proclame la déchéance de l'Empereur, qui abdique quatre jours plus tard à Fontainebleau. Le 29 avril 1814, Napoléon quitte Saint-Raphael pour l'exil sur l'île d'Elbe qui lui a été cédée en toute souveraineté.

 

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Arrivée de Napoléon sur l'île d'Elbe

Mais Napoléon ne peut se satisfaire de ce petit royaume: Le 1er mars 1815, il débarque à Golfe Juan pour ce qui deviendra connu comme les cent jours, à l'issue desquels la défaite de Waterloo le 18 juin 1815, sonne le glas de ses espoirs. Le 22 juin, il abdique une seconde fois avant son exil définitif pour Sainte-Hélène en octobre, tandis que Louis XVIII retrouve son trône le 8 juillet. Cet épisode qui a anéanti la France l'obligera à signer le second traité de Paris du 20 novembre 1815. Mais cette fois ce ne sera plus Talleyrand qui sera le négociateur français, puisqu'il a été remplacé aux Affaires Etrangères en septembre 1815 sur injonction du Tsar Alexandre 1er.

 

Le Congrès de Vienne

Le Congrès de Vienne, si important pour l'avenir de notre territoire,  s'ouvre le 29 Mars 1815 et se termine le 12 aout 1815. Pendant sa tenue auront eu  lieu les 100 jours, période qui commence avec le retour de Napoleon de l'île d'Elbe, qui voit sa reprise du pouvoir le 20 mars, et se conclut par la défaite de Waterloo le 18 juin 1815 et son abdication définitive le 22 juin.

 

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Les plénipotentiaires au Congrès de Vienne

 

Ce Congrès aura 2 corollaires principaux pour la Savoie:
- Le traité de Paris du 20 novembre 1815
- Le traité de Turin du 16 mars 1816

 

Redécoupage du territoire - Genéve devient suisse

Après la défaite de Napoléon, Genève ne cherche pas à diriger l'intégralité du département du Léman mais au contraire veut s'en détacher. C'est ainsi que le Conseil Provisoire entame des négociations pour devenir suisse afin de se prémunir à l'avenir de la menace française tout en cherchant à agrandir son arrière pays. Les démarches de Mr Bastian à Zurich, avec l'appui des Autrichiens, pour demander l'annexion de la Savoie du Nord à la Confédération Helvétique avec Genève pour capitale n'aboutirent pas, suite au refus du Roi de Sardaigne Victor-Emmanuel 1er de se séparer de la Savoie. Ne prononça t-il pas à cette occasion la phrase restée célèbre " Nous ne sommes ni la Maison de Piémont, ni la Maison de Sardaigne, mais celle de Savoie", ce qui ne manque pas de sel quand on sait ce qu'il advint 45 ans plus tard.

Le négociateur genevois Charles Pictet de Rochemont souhaite établir les frontières sur les crêtes dominant le bassin genevois (Jura, Fort l'Ecluse, Vuache, Mont-Sion, Salève et Voirons) mais il sera désavoué par les dirigeants Genevois qui redoutent un afflux trop grand de catholiques. Genève rédigea alors une nouvelle constitution, votée par le peuple le 14 août 1814; et le 12 septembre 1814 la Diète ratifie l'adhésion de Genève à la Suisse sans que les contours du futur canton n'aient été clairement établis. Et c'est ainsi que le 19 mai 1815, le canton de Genève, allié historique des cantons de Fribourg et de Berne, entra dans la Confédération Helvétique et devint le 22ème canton suisse.

Grace au Traité de Paris du 20 novembre 1815, qui est plus sévère envers la France que le premier traité du 30 mai 1814, Genève obtient enfin la continuation géographique avec la Suisse puisque la France doit lui céder les communes de Collex-Bossy (avec Bellevue), Le Grand Saconnex, Meyrin, Pregny, Vernier et surtout Versoix, ce qui permet de relier le  canton de Genève à sa nouvelle patrie. D'autre part ce traité avalise la création de la zone franche du Pays de Gex.

Lors du traité de Turin du 16 mars 1816, le même Pictet obtint une nouvelle modification des frontières , permettant en particulier le désenclavement du mandement de Jussy; mais il dut renoncer au pied du Salève où Turin entendait conserver la route donnant accès au Chablais.  Il accepta aussi de rendre St-Julien qui était devenu genevois depuis le traité de Paris du 20 novembre 1815. En tout Genève obtenait 24 communes, dont Carouge, soit un territoire de 109 km² et une population de 12700 habitants;

Les communes de Savoie communément appelées "communes réunies" rattachées au canton de Genève  par le traité de Turin sont :

Collonge-Bellerive ; Corsier (y compris Anières) ; Hermance ; Veyrier ; Compesières (y compris Bardonnex et Plan-les-Ouates) qui s'agrandit de Troinex et Evordes ainsi que les hameaux de Perly-Certoux (détachés de Saint-Julien) ; Avusy-Laconnex ; Bernex (y compris Onex et Confignon) ; Aire-la-Ville ; Lancy ; Carouge ; Soral (détaché de Thairy) ; Choulex ; Meinier ; Chêne-Thônex (sauf les villages de Moillesulaz, Verna et Gaillard) ; Bel-Air détaché d'Ambilly fut rattaché à Vandoeuvres. Présinge ; Puplinge et Carra détachés de Ville-la-Grand formèrent la commune de Presinge. Soit 108.8 km² et 12 700 habitants. Tandis que la ville d'Annemasse est rattachée à la province du Faucigny

Par ailleurs, une seconde zone franche était créée, la zone sarde, couvrant un territoire de 190km²

 

Carte des zones franches 1815-1816.JPG

 en bleu, la zone franche du Pays de Gex, en rouge la zone franche sarde

 

Quelle nationalité pour St Julien?

Alors que Louis XVIII avait été remis une première fois sur le trône par les souverains alliés, il signa un premier traité à Paris le 30 mai 1814 qui faisait reprendre à la France ses frontières d'avant 1792. Cependant, si le Faucigny et le Chablais étaient rendus au duché de Savoie, St Julien resta français, alors que l'espace entre notre ville et l'Arve était lui rendu au Royaume de Sardaigne, nous coupant donc de Genève, redevenue indépendante (avant de devenir suisse). Situation fort préjudiciable pour les échanges commerciaux puisque nos paysans "français" de St-Julien devaient traverser le pays sarde pour livrer leurs produits à Genève. La carte ci-dessous illustre bien la problématique liée à ce découpage.

 

 

Partage 1er Traité de Paris.JPG

 

Carte du partage de la Savoie lors du Traité de Paris du 30 mai 1814
en rose, la partie restée française, en orange la partie restituée au royaume de Sardaigne

Une brigade de gendarmerie française vint s'établir à St Julien le 1er juillet 1814 et un nouveau Conseil Municipal fut nommé par le Préfet du Département du Mont-Blanc auquel notre ville avait de nouveau été rattaché. Le 23 avril 1815, ce même conseil prêtait de nouveau serment de fidélité à l'Empereur revenu de l’île d'Elbe.  Tandis que le général Pacthod refusa lui, de servir à nouveau l'empereur. le général Dessaix revenait à St Julien le 9 juin avant d'attaquer les possessions Piémontaises et  avant de conclure, au lendemain de la défaite de Waterloo, un accord avec le feld maréchal Autrichien qui venait d'occuper Genève.

Le 28 juin, les troupes autrichiennes occupèrent à nouveau St Julien, commettant toutes sortes d'exactions, jusqu'au 18 décembre 1815, date à laquelle St Julien fut remise à la République de Genève, suite à l'accord de Paris du 20 novembre décrétant la restitution du Genevois "français "de 1814 au roi de Sardaigne, à l'exception de St Julien cédée à Genève. Cette décision  générait de fait une enclave genevoise en territoire sarde et une situation ubuesque puisque entre St Julien et Genève, on était en territoire sarde. En effet dans l'attente de la négociation entre Genève et le Roi de Sardaigne pour la cession du territoire intermédiaire entre les deux villes, les formalités douanières de transit aux bureaux de douane de Plan les Ouates et de Carouge handicappaient les échanges entre les deux cités.

Aussi curieux et problématique que put être ce découpage géographique, cette situation semblait toutefois bien convenir à nos ancêtres, si l'on en croit les témoignages d'alors:

Extraits du rapport de Noble d'Yvernois au Conseil d'Etat de Genève sur la prise de possession de St Julien le 18 décembre 1815: "A un quart de lieue du bourg, nous fumes reçus par la Garde Nationale qui était venue en armes au devant de nous pour faire éclater sa joie d'être associée à la nation suisse et au canton de Genève. a notre arrivée, le maire et son conseil municipal vinrent exprimer les mêmes sentiments. Ils nous conduisirent à l'appartement du maire ou l'officier autrichien nous fit, au nom de son général remise de la commune....
Notre arrivée avait été annoncée au bruit des bottes ainsi qu'au son des cloches, et nous apprîmes que cette journée devait se terminer par un bal.
Tout autorise à croire que la joie dont nous avons été témoins est sincère... et que les habitants de cette commune se félicitent d'être associés à notre canton"

De son coté, le maire Boimond s'adressait à ses administrés en ces termes: "Livrons nous donc à la joie qu'un pareil événement doit faire naître dans les cœurs; respectons les opinions de ceux qui, par reconnaissance, conserveraient quelques souvenirs pour leurs anciens souverains; n'altérons pas le bonheur d'un si beau jour! Que toutes nos pensées soient pour la prospérité de notre nouvelle Patrie! Nous faisons maintenant partie de la famille de Guillaume Tell; montrons nous dignes d'être ses enfants."

Mais cette parenthèse heureuse allait être victime de considérations géo-politiques car Genève, comme elle l'a fait avec la France un an plus tôt, souhaite "arrondir" sa frontière et donner à son territoire une meilleure cohérence géographique. C'est l'épisode dit des "communes réunies".

 

 

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Source DHS - Genève
 (cliquez sur l'image pour une lecture plus confortable)

Ainsi, le traité de Turin du 16 mars 1816 entre le roi de Sardaigne et la Suisse rétablit la frontière à St Julien qui redevient sarde tandis que toute la partie sarde entre St Julien et Genève, y compris Perly et Certoux, devient suisse; en contrepartie de quoi, Lathoy est détaché de la commune de Compesières pour être rattaché à St Julien. La ratification du traité eut lieu le 23 septembre 1816 et c'est le 23 octobre au matin que les Sardes reprirent possession de St Julien qui devint ainsi le chef lieu de la province de Carouge, Carouge étant désormais devenu suisse. In fine, Genève venait d'acquérir un tiers de population catholique; quant à notre ville, elle n'était restée suisse que 10 mois.

Par lettre du 20 octobre au Conseil d'Etat de Genève, le maire de St Julien Jean-Louis Boimond exprimait sa reconnaissance, celle de ses adjoints et des habitants, pour la douceur et la sollicitude paternelle avec lesquelles ils ont été administrés sous les lois du canton.

 

Les clauses essentielles du Traité de Turin

Outre la description exacte de la définition des frontières entre la Savoie et la Suisse, et la création de la zone franche sarde, le traité de Turin comporte un article d'une importance capitale:
"les puissances reconnaissent et garantissent également la neutralité des parties de la Savoie désignées par l'acte du Congrès de Vienne du 29 mars 1815, et par le traité de ce jour, comme devant jouir de la neutralité de la Suisse de la même manière que si elles appartenaient à celle-ci".

Il faut ajouter que l'article 2 du Traité d'Annexion de Turin de 1860 confirmait cette neutralité helvétique pour notre territoire: "Il est également entendu que S.M le Roi de Sardaigne ne peut transférer les parties neutralisées de la Savoie qu'aux conditions auxquelles il les possède lui même et qu'il appartiendra à S.M l'Empereur des français de s'entendre à ce sujet, tant avec les puissances représentées au Congres de Vienne qu'avec la Confédération Helvétique et de leur donner les garanties qui résultent des stipulations rappelées dans le présent article"

Cela signifiait que tout en restant propriété du Roi de Sardaigne, la zone neutralisée pouvait être occupée par la Suisse et bénéficier de sa neutralité en cas de conflit. Cela épargnait ainsi à la Maison de Savoie de fortifier la frontière dans une région qui restait de toutes façons trop facile à forcer et difficile à défendre pour des troupes situées au delà des Alpes.

Pour comprendre comment était compris cet accord, il suffit de lire ce qu'écrivait Joseph Jacquier-Chatrier, à l'origine de l'idée de la grande Zone, et l'un des plus fervents partisans , avec le député de Saint-Julien, Hyppolite Pissard, du rattachement  à la France: "Quoiqu'il arrive, n'oublions pas que notre patrie de Savoie a, comme la Suisse, le droit d'être à l'abri de toute guerre, et usons de notre droit"

Zone de neutralité telle que négociée lors du traité de Turin en 1816

 Carte de neutralité.JPG

 

On comprend à quels malheurs notre territoire aurait été soustrait si ces dispositions avaient été respectées après l'Annexion de la Savoie par la France en 1860.

Les Zones franches (voir article connexe sur ce blog en cliquant ici)

Pour mener à bien son rattachement à la Confédération helvétique, la République de Genève doit devenir un Canton suisse politiquement ; obtenir un territoire plus étendu et d'un seul tenant (pour se prémunir d'une invasion française), et enfin être rattachée physiquement à la Suisse (Versoix est alors français). 

Plusieurs remaniements territoriaux sont proposés, dont l'un - défendu par Charles Pictet-de Rochemont au Congrès de Vienne - prévoit la création d'un territoire borné par les frontières physiques que sont les crêtes du Jura, du Vuache, du Salève et des Voirons. Mais ces projets n'emportent pas l'adhésion, car certains Genevois craignent un trop grand apport de catholiques dans la Genève réformée.
Après de féroces négociations, des compromis sont trouvés qui offrent à la fois l'« arrondissement » du territoire genevois et le « reculement » de certaines douanes :

  • En 1815, lors du Traité de Paris, la France cède à la Confédération – contre l'abandon de droits sur Mulhouse – les communes du Pays de Gex nécessaires au désenclavement du Mandement, de la Campagne et de Genthod. De plus, « la ligne des douanes françaises » est reculée sur l'ouest du Jura, laissant en dehors le pays de Gex.
  • En 1816, lors du Traité de Turin, le roi de Sardaigne cède à la Confédération les communes permettant le désenclavement de Jussy, en échange de la commune de Saint-Julien. Là aussi, une zone franche est créée, comprenant St-Julien et le pied du Salève.
    Les zones franches gessiennes et sardes garantissent la libre circulation des denrées et constituent en quelque sorte la « réserve agricole » de Genève.

zones_franches 1815.jpg

                            1 Zone du Pays de Gex - 1815
                            2 Zone Sarde - 1816
                            3 Zone Sarde de Saint-Gingolph - 1829
                            4 Grande Zone - 1860

 

Carte Zones franches.JPG

Carte des zones franches 

Retour au royaume de Sardaigne et instauration du Buon Governo

C'est le duc de Genevois qui devient roi de Sardaigne après l'abdication en sa faveur de son frère Victor Emmanuel Il  en 1821. Il prend le nom de Charles Félix (sa statue trône encore au cœur de Bonneville) et régnera 10 ans . C'est le retour à la monarchie absolue, avec les traditions d'avant la Révolution. Ce régime très conservateur est mal perçu par la population , et par dérision on nomme cette époque "le buon governo". En 1831, Charles Albert devient roi de Sardaigne et continue à équiper et développer les infrastructures savoyardes. C'est à lui qu'on doit le fameux pont suspendu de la Caille inauguré en juillet 1839 devant une foule de plus de 10000 personnes.

A cette époque la province du  Genevois est constituée de 7 mandements pour une population de 80786 individus en 1826 (6735 hb à Annecy).

Annecy (26 communes dont St-Julien)
Albens, Duingt, Faverges, Rumilly, Thônes, Thorens pour un total de 87 communes.

NB: La Roche fait désormais partie du Faucigny tandis que la province de Carouge est supprimée en 1838 et que St-Julien réintègre la province du Genevois. Notons qu'en 1851, le Conseil Communal de St-Julien tentera en vain de favoriser la création d'une nouvelle province pour se séparer d'Annecy .

Les ambitions italiennes du Royaume de Piémont-Sardaigne

Il y a bien longtemps que les rois de Sardaigne ont compris que face à la puissance de la France, il n'y avait pas d'avenir d'expansion pour eux à l`ouest des Alpes.C'est pourquoi, tout naturellement leurs ambitions de conquêtes vont se focaliser sur le versant oriental des Alpes, ou se trouve déjà et depuis longtemps leur capitale, Turin. Ces ambitions sont cependant limitées par la domination autrichienne sur la Lombardie; il s'agit donc de trouver un allié pour repousser les Autrichiens. En effet la première tentative de chasser les Autrichiens de Lombardie s'était soldée par un échec en 1848, défaite qui avait conduit Charles-Albert le père de Victor Emmanuel II à abdiquer. en faveur de son fils. Le nouveau roi est donc conscient qu'il ne pourra atteindre son objectif tout seul et qu'il lui faut trouver des alliés pour bouter les Autrichiens hors du nord de l'Italie.C'est ainsi que Victor Emmanuel II et son premier ministre Cavour, vont se tourner vers la France, à qui ils vont proposer un deal qui peut se résumer ainsi: Aidez nous à chasser les Autrichiens de Lombardie et de Vénétie, et en récompense, nous vous céderons la Savoie.

Les négociations franco-sardes

C'est à Plombières, station thermale où l'empereur français prenait les eaux qu'eurent lieu le 21 juillet 1859 les négociations secrètes entre Napoléon III et Cavour et que fut scellé l'avenir de la Savoie. Cavour s'était assuré les bonnes grâces de la France et de l'Angleterre en ayant accepté de venir combattre à leurs cotés lors de la guerre de Crimée en 1855, y envoyant un corps expéditionnaire de 15000 hommes.Un accord est donc conclu entre les 2 hommes. L'armée française se joindra à l'armée sarde pour chasser les Autrichiens du nord de l'italie et en contrepartie, le Royaume de Sardaigne cèdera à la France le comté de Nice et le duché de Savoie.

Le déroulé des opérations

La guerre avec l'Autriche reprend dès 1859 et les franco-sardes remportent plusieurs victoires (Magenta, Solférino...) qui  conduisent les Autrichiens à signer la paix de Villafranca. Cependant, s'ils perdent la Lombardie, les Autrichiens conservent la Vénétie et Napoléon III (qui s'est satisfait de cette paix (probablement effrayé à l'idée que les Prussiens ne viennent aider les Autrichiens) n'a donc pas rempli son engagement, ce qui ne lui donne donc pas droit à sa récompense.

Vive déception en Italie: Cavour démissionne le 19 juillet 1859 et quitte la Présidence du Conseil  (à laquelle il reviendra le 21 janvier 1860).

Finalement, après quelques péripéties, les négociations pour la cession de la Savoie reprennent. 

Il faut noter qu'à l'époque le mécontentement en Savoie envers l'Administration Piémontaise était fort, tant à cause des lourds impôts qui accablaient le pays qu'à cause de l'agitation du clergé qui était très défavorable à sa politique libérale et qui était grandement hostile à Cavour. De plus en Savoie du nord, l'établissement d'une ligne de douane en 1816 avait causé un préjudice considérable à toute cette région (hors la petite zone franche) , la plongeant dans la misère en lui fermant les débouchés vers Genève.

La promesse de l'empereur

Napoleon III qui, rappelons le avait vécu enfant en Suisse et parlait dit-on avec un fort accent Bernois, fait alors en février 1860 la promesse secrète aux Suisses de leur céder la Savoie du nord, à savoir le Chablais, le Faucigny et le territoire du Genevois au nord des Usses. Cet accord était à ce point entériné que le gouvernement suisse se demandait si ce nouveau territoire devait être rattaché au canton de Genève ou devenir un nouveau canton à part entière; de son coté le gouvernement français avait déjà décidé de ne faire qu'un seul département de la Savoie et du surplus provenant des territoires "haut-savoyards".

Signalons que cette décision allait plutôt dans le sens de ce que souhaitaient les populations de notre territoire qui souhaitaient lier leur destin à celui de leur "capitale économique" et qui peut se résumer par cette phrase restée célèbre de Joseph-Léandre Bard , l'un des leaders partisan de l'annexion de la Savoie du Nord à la Suisse: ...".si Genève est française, il faut être français; si Genève est suisse, il faut être suisse, si Genève est cosaque, il faut être cosaque."

Ce mouvement était puissant puisque, malgré les efforts du clergé qui était en faveur du rattachement à la France, protectrice du Pape, une pétition rassemblant plus de 14000 voix (soit 14000 familles puisque seuls les hommes chefs de famille votaient) demanda le rattachement du Chablais, du Faucigny et du nord du Genevois à la Suisse, et particulièrement à Genève. Ce chiffre est particulièrement significatif si on considère la population de l'époque:

Genève: 98357 hb
Annemasse: 2811 hb
Thonon les Bains: 6268 hb
St Julien en Genevois: 1432 hb
Bonneville: 2114 hb
La Roche sur Foron: 3377 hb
Sallanches: 2032 hb

Cette pétition rassembla exactement 13651 signatures dans 60 communes du Faucigny, 23 du Chablais et 13 dans les environs de St Julien en Genevois

Le destin contrarié de la Savoie du Nord

Cependant le secret de la négociation entre Napoléon et Cavour transpira et cet accord suscita une opposition forte de plusieurs parties. Annecy voyait d'un mauvais œil le fait d'être rabaissé au niveau d'une sous préfecture alors que Chambéry craignait de perdre sa Cour d'Appel. Un mouvement se développa alors pour lutter contre le démembrement de la Savoie et une délégation fut envoyée à Paris rencontrer Napoléon.qui leur donna audience le 21 mars 1860.et qui trouva là l'occasion de revenir sur sa promesse faite à Dufour.

Pour obtenir l'adhésion de la Savoie du Nord et finaliser l'affaire, il fut alors proposé aux populations de ces territoires l'édification d'une grande zone franche qui leur garantirait la facilité de commerce avec Genève. Le traité de cession de la Savoie ayant été signé le 24 mars 1860, M. De Thouvenel, le ministre des affaires Etrangères fit connaitre officiellement la volonté de la France d'accorder cette zone franche (avec le même régime économique que la zone du Pays de Gex) un mois avant la date du vote du plébiscite fixé à la date des 22& 23 avril 1860 dans le but évident de gagner les voix de cette région frontalière.

On notera que bien que le vote n'ait pas encore eu lieu, l'administration de la Savoie avait déja été confiée à la France. C'est ainsi que le sénateur Laity, envoyé officiel de l'empereur vint sillonner notre région pour donner les assurances les plus formelles au nom de la France. Il fut alors créé un bulletin de vote "OUI & ZONE" qui serait déclaré comme un vote affirmatif.

Au vu du résultat des votes de la province d'Annecy, on comprend à quel point l'instauration de la zone franche fut déterminante dans le vote d'adhésion de nos ancêtres.

 

Vote 1860.JPG

 Détail des votes de la province d'Annecy lors du Plébiscite des 22-23 avril 1860

NB: les 11263 votes "OUI & ZONE" du Genevois provenaient en majeure partie des communes situées au nord des Usses. Dans les 29 communes qui composaient le mandement de Saint-Julien, on compta seulement 2 bulletins "OUI" pour 4754 bulletins "OUI & ZONE".

Le vote unanime des populations de la Savoie du nord lié à l'instauration de la Grande Zone permettait ainsi à Napoléon III de se désengager honorablement de sa promesse antérieure faite aux Suisses. On comprend que la création de cette zone fut créée de la manière la plus régulière et la plus légitime et que sa suppression ne puisse se faire qu'avec le consentement préalable des deux parties.

La Savoie se donne à la France

A la suite du résultat favorable du plébiscite,  la Savoie devient officiellement française le 14 juin 1860, abandonnée par son souverain après plus de 800 ans d'indépendance sous la férule d'une dynastie, la Maison de Savoie,  qui tire son nom de ce territoire.Cet abandon donna lieu d'ailleurs à une rumeur comme quoi Victor Emmanuel II qui abandonnait la terre de ses ancêtres ne pouvait être le véritable descendant de la Maison de Savoie, et qu'il n'était en fait qu'un usurpateur(le fils de la nourrice) qu'on aurait substitué dans son berceau au véritable fils de Charles-Albert qui aurait péri bébé dans un incendie.

Sources & bibliographie
www.lasalevienne.org

L'histoire du Département de la Haute-Savoie: A. Folliet - C. Duval - M. Bruchet
Atlas historique du Pays de Genève: Claude Barbier  - Pierre-François Schwarz
Atlas historique de la Savoie 1792-1914 - Romain Maréchal & Yannick Milleret
Histoire de l'Annexion de la Savoie à la France -  Paul Guichonnet
La Savoie une destinée française - Michel Amoudry
Saint-Julien en Genevois - Abel Jacquet
Histoire de Saint-Julien - César Duval
Le Genevois - Marie Thérèse Hermann

Articles connexes d’intérêt:

L'histoire et les perspectives d'avenir de la Savoie du Nord racontées par le Pr Paul Guichonnet - Soleil sur Saint-Julien

La Savoie de 1814 à 1860 - Joseph Tardy

La neutralité de la Savoie du Nord Revue des Armées

La neutralité de la Savoie du Nord et les zones franches par Daniel Bourgeois

Pictet de Rochemont  - le Benon de la Salévienne Page 18

Il y a 150 ans que la Savoie est devenue française - Bibliothèque de Lyon

L'annexion de la Savoie vue de l'étranger

31/03/2015

Débat Public sur la mobilité dans le Genevois - Jeudi 16 avril à 20:00

De nombreux projets liés à la mobilité vont voir le jour sur notre territoire dans les 10 ans qui viennent. Venez vous informer, débattre et faire des propositions en assistant au débat public organisé par La Ville est à Vous le jeudi 16 avril à 20:00 à la salle du Savoie.

20150331-DEbat public.JPG

 

27/03/2015

Et si le "Genevois" s'exportait comme le" French Geneva County"

Lundi 23 mars au soir se tenait la commission Economie de la CCG. Lors de cette réunion, a été entériné le besoin pour notre territoire de se doter d'un nom, à la fois en français mais aussi en anglais, si on veut attirer ici touristes et investisseurs étrangers.

Je supporte à 100% cette initiative qui aurait du être faite il y a longtemps; c'est indispensable dans une démarche marketing cohérente de dénommer par une marque reconnue le produit que l'on cherche à promouvoir.

Nous étions nombreux à penser que la meilleure appellation pour définir notre territoire était "Le Genevois", une appellation habilement utilisée par l'Office du Tourisme pour promouvoir notre territoire comme destination touristique de premier choix (voir la vidéo publiée sur ce blog dans un article plus bas)

Où cela se complique, c'st dans la dénomination anglaise qui doit être parlante et bien situer notre territoire sur la carte. Aucune mention n'est parfaite, mais il est cependant indispensable de définir cette appellation anglaise si on souhaite pouvoir communiquer à l'international.

Après moult réflexion, je souscris à l'idée que la meilleure dénomination est "French Geneva County" car cette appellation me semble la mieux à même de nous positionner par rapport à Genève. De plus le mot "county" qui signifie en anglais "comté" nous renvoie à notre histoire où jusqu'en 1401 notre territoire faisait partie du "Comté de Genève" ou encore appelé "Comté du Genevois".

Par ailleurs, si marque il y a, il est important de capitaliser sur celle-ci et de ne pas se disperser vers des appellations qui n'apportent pas de cohérence et d'unité au territoire. C'est pourquoi j'ai suggéré que les grands équipements touristiques ou économiques du territoire reprennent cette notion géographique dans leur appellation.

Ainsi je propose qu'on ne parle plus de "Archamps Technopole" mais bien plutôt de "Technopole du Genevois - Archamps". De la même façon, il serait judicieux de promouvoir le "Village d'entreprises du Genevois - Le Chable-Beaumont " plutôt que le "village d'entreprises du Grand Chable". Idem pour l'"Ecoparc du Genevois - Cervonnex", plutôt que l'"Ecoparc de Cervonnex"

Au final, je suggère même que l'on appelle l'Office du Tourisme "Office du Tourisme du Genevois - St-Julien-en-Genevois" plutôt qu'"Office du Tourisme de St-Julien-en-Genevois"

Blason Comté de Genève2.JPG

Quant à la charte graphique, il me semble intéressant d'uniformiser celle-ci, en particulier au niveau des couleurs. Dans cette optique, il me parait judicieux d'utiliser les couleurs bleu et jaune qui sont les couleurs historiques d'origine du Comté de Genève et accessoirement celles de la ville centre du territoire, St-Julien-en-Genevois.

 

Les appellations pourraient alors se décliner comme suit

Ecopark du Genevois
---------------------------
     Cervonnex

Technopole du Genevois
--------------------------------
       Archamps

Office du Tourisme du Genevois
------------------------------------------
Saint-Julien-en-Genevois

etc.....

cela pourrait alors se traduire par:

French Geneva County's Ecopark
-------------------------------------------
    Cervonnex

French Geneva County's Technopole
------------------------------------------------
       Archamps

French Geneva County's Tourist Bureau
----------------------------------------------------
Saint-Julien-en-Genevois

 

D'autre part, je crois qu'il serait utile d'utiliser un logo qui symbolise bien que notre territoire  s'inscrit dans le Grand Genève. Pour cela, je suggère d'utiliser un jet d'eau stylisé qui fasse référence à Genève et de lui adjoindre un Salève stylisé qui, avec le Vuache , me parait être le meilleur symbole de la partie française de notre territoire.

La CCG a décidé de faire appel à la population pour décider du choix final. Si vous soutenez mon choix, je vous invite à en parler autour de vous et à appeler vos contacts à voter pour ce binôme quand le moment du vote sera venu.

Bien sûr, je ne prétends pas avoir la science infuse et la réponse parfaite à cette problématique. Cependant je pense qu'il y a là des pistes de réflexion intéressantes sur lesquelles les pros de la communication pourront travailler afin de créer une identité solide et bénéfique pour notre territoire. Je pense aussi que c'est notre avenir qui est en jeu et que le sujet mérite réflexion et débat au sein de la population; les idées et propositions novatrices et audacieuses sont les bienvenues.

 

25/03/2015

Analyse et commentaires sur le 1er tour des élections départementales dans le canton de St-Julien-en-Genevois

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 Virginie Duby-Muller & Christian Monteil célèbrent leur excellent résultat du 1er tour

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Résultats du 1er tour - Canton élargi de St-Julien-en-Genevois

Cliquez sur le tableau pour un meilleur confort de lecture

Comme l'indique le tableau ci-dessus, le meilleur binôme a (presque) gagné; il faudra encore attendre le résultat de dimanche prochain pour sabrer le champagne mais il n'y a pas grand suspense.

J'en suis ravi pour notre canton et je me réjouirai profondément pour notre département si Christian Monteil est reconduit dans ses fonctions de Président du Conseil Général de la Haute-Savoie début avril.

Quelques jours après le scrutin, une fois l'émotion passée et les passions retombées, quels enseignements peut-on tirer des résultats de ce scrutin. Puisque ce blog traite de St-Julien, je me suis focalisé sur les résultats du canton originel formé des 17 communes qui constituent la CCG.

Christian Monteil & Virginie Duby-Muller (UMP)

On ne pouvait rêver mieux comme binôme pour notre canton; avec à la fois l'expérience des responsabilités ( Député + Président du Conseil Général) et de vraies qualités humaines et d'investissement dans la vie des habitants. Tous ces atouts ont permis à ce binôme de terrasser le Conseiller Général sortant, de surcroît maire de la ville chef lieu du nouveau canton. Une belle réussite même si on notera que le maire de St-Julien a réussi à remporter la première place (de 45 voix seulement) dans sa ville.

Je suis particulièrement content pour Christian Monteil, un homme que j'apprécie pour son empathie et son sens du collectif ( probablement une réminiscence de ses années de rugby); lors de cette campagne, il a été la victime d'attaques indignes et malfaisantes dont je suis sûr qu'il a été blessé. Mais malgré tout, il a su garder son sang froid et sa bonhomie légendaire. Tout en l'admirant pour sa constance et son abnégation, je vous invite à prendre conscience de la violence qui sévit dans le monde de la politique : il faut une vraie carapace pour y faire face.

Je voudrais saluer ici  l'audace et le courage de Virginie Duby-Muller qui , malgré les mises en garde et avertissements reçus de son propre camp, est allée au bout de ses convictions et a rallié M. Monteil pour constituer ce binôme de qualité et gagner le plus grand canton du département. Une fois de plus, elle a prouvé que c'est une femme de cœur  qui est loyale à ses convictions et à ses valeurs, quoiqu'il puisse lui en coûter. Elle mérite notre admiration et j'espère de tout cœur qu'elle sera notre député pour de très longues années. Je considère qu'elle a joué un rôle essentiel dans la victoire du binôme car elle a mieux qu'épaulé Christian Monteil. Elle l'a soutenu lors des attaques nauséabondes dont il a été victime et elle lui a apporté sa réputation de travailleuse infatigable pour laquelle elle est unanimement reconnue et appréciée dans l'est du nouveau canton. 

Le score global de 42,74% réalisé par le binôme lors de ce premier tour doit beaucoup au résultat des cantons de Seyssel et Frangy où le score du binôme UMP-DVD est proche de 50% (49.33%). La victoire y est nette grâce à la notoriété et à la compétence de M. Monteil qui ont été reconnues et validées sur son territoire d'origine. Quant au score réalisé sur le seul canton de St-Julien (38.63%), il s'apparente au score global réalisé par les 2 candidats de la droite en 2011 (25.02+12.25=37.27%).

Nicolas Bailly & Magalie Luho (FN)

La campagne menée par M. Bailly et Mme Luho n'a été en réalité que la traduction locale d'une campagne nationale menée par Marine Le Pen. Sans réelles propositions locales pour notre canton, ils ont obtenu 20,14 % des voix contre seulement 12.65%  obtenu par le candidat frontiste en 2011. Une belle progression donc, en ligne avec la situation de leur parti au plan national. Cela  prouve à quel point le Front National est désormais ancré dans les villages de France. Le score du binôme frontiste est en effet spectaculaire dans l'espace rural de notre canton, d'autant plus que ce binôme souffrait d'un manque criant de notoriété. Leur campagne discrète a été de bonne tenue, ce qui est tout à leur honneur.Malgré cela, je ne les vois pas créer la surprise au second tour et ce serait un bon résultat pour eux s'ils frôlaient les 25-30%.

Le tableau ci-dessous met en évidence la progression significative du Front National dans chacune de nos communes.

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PS: Je fais amende honorable pour avoir sous estimé la candidature du binôme frontiste. En effet dans un précédent article, j'avais écrit à tort que les 2 principaux candidats étaient les binômes menés par MM. Monteil et Vielliard. Les électeurs m'ont donné tort: il est vrai que je pensais que M. Vielliard aurait fait un score plus élevé, et surtout beaucoup plus proche de celui du binôme de tête.

Thierry Merle (PS) & Christine Gauthier 

Le score décevant de ce binôme, 17,4% peut s'expliquer par plusieurs raisons :

Il est bien connu que notre territoire n'est guère favorable aux idées de gauche, mais cette situation de départ a été renforcée par les deux phénomènes suivants:

Le désamour dont pâtit le Parti Socialiste au niveau national a incontestablement joué un rôle prépondérant dans le faible score du binôme conduit par Thierry Merle.

Le manque de notoriété des deux candidats a incontestablement joué en leur défaveur car ceux qui connaissent les deux personnes du binôme sont quasi unanimes à vanter les qualités humaines des deux personnalités candidates. Ils ont mené une campagne sympathique, proche des gens, qui leur a valu un bon accueil, même au sein des camps de leurs adversaires.

Voila comment on en arrive à ce résultat incontestablement en dessous du potentiel de la gauche dans notre canton. Cependant le score n'est pas si mauvais grâce à l'unité des forces de gauche, ce qui n'avait pas été le cas en 2011 avec 3 candidats (PS, PC & EELV) qui se présentaient divisés au suffrage des électeurs. Rappelons que cette division avait conduit la représentante du PS à ne faire que 10.46% des voix sur le canton alors qu'à l'époque son parti tenait la mairie de St-Julien-en-Genevois.

Antoine Vielliard (Modem) & Mylène Duclos

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Le maire de St-Julien devait faire face à un adversaire dont il connaissait la qualité et qui était favori de par son expérience, sa notoriété et sa réputation. Incontestablement, et non sans raison, il en avait peur. Face à cette situation qu'il a estimé trop défavorable pour lui, Antoine Vielliard a choisi une campagne négative décriant son adversaire principal plutôt que de mettre en avant ses propres propositions. Indubitablement cette stratégie n'a pas payé; pire, elle a catalysé sur lui une détestation qui selon moi n'existait pas à ce niveau dans la population avant le début de la campagne électorale. A mon sens , il a perdu non seulement son siège, mais il a gravement entaché son image, ce qui pourrait lui nuire à l'avenir.

S'il a tenu sa ville, y réalisant 30,37% des voix contre 28,78% en 2011, il y a cependant perdu 16 points  en un an puisqu'il avait obtenu 46% des voix au premier tour des municipales. Est ce le signe d'une sanction de sa gestion de la ville? un certain nombre d'éléments permettent d'abonder dans ce sens, même si il faut relativiser cette sanction du fait que la sociologie des votants aux cantonales est assez différente de celle des municipales. Un avertissement sans frais donc pour notre maire qui sera cependant sous surveillance dans les mois qui viennent, compte tenu des divisions qui commencent à percer dans son propre camp et au sein de son équipe municipale.

On peut cependant voir à quel point son job de conseiller général a été sanctionné à la lecture de ses résultats dans les bourgs et villages du seul canton de St-Julien dont il était pourtant le Conseiller Général sortant. Ainsi en 2011 il a réalisé 16,19% des voix pour 7 candidats présents contre seulement 19,69% 3 ans plus tard alors qu'il est le Conseiller Général sortant et qu'il n'y a que 4 candidats. Un tel score est incontestablement un désaveu sans discussion de sa politique et de ses nouvelles promesses. Pour info, en 2011, le Conseiller Général sortant Georges Etallaz avait lui réalisé 25.02% face à 6 adversaires et non pas 3 et alors qu'il avait à affronter un candidat issu des rangs de son camp (qui réalisa 12.25%)

La bonne nouvelle pour les habitants de St-Julien est que, débarrassé de ses responsabilités départementales, il pourra mieux se consacrer à la gestion de sa ville. J'attends aussi de lui qu'il change de comportement et qu'il devienne plus positif au lieu de se cantonner dans l'attaque de ses opposants. Peut-être finalement que cet échec lui sera profitable, qui sait?

Pour ma part, si je l'ai critiqué de façon aussi virulente lors de cette campagne, c'est que j'ai été offusqué de son comportement vis à vis de M. Monteil. Maintenant que le rideau est tiré, j'espère que la convivialité et les relations respectueuses pourront se réinstaller. A la différence de ceux qui critiquent depuis leur canapé ou des frustrés agressifs et couards qui déversent leur bile sur le clavier de leur ordinateur sans avoir le courage de s'exposer à la vindicte publique, je respecte l'engagement de M. Vielliard et son exposition aux critiques, puisqu'il prend des décisions. De plus, je crois qu'il a sincèrement le souci de la chose publique. Cependant au vu des dernières élections à St-Julien, je ne souhaite qu'une chose: qu'il cesse de perdre ses valeurs quand les élections approchent et que sa carrière politique est en jeu. La fin ne justifie pas tous les moyens et c'est particulièrement vrai lors des élections locales. En politique, il y a des hauts et des bas; cela ne mérite pas de trahir ses propres valeurs de tolérance et d'humanisme. Comme je l'ai souvent dit ou écrit, la politique n'est pas la guerre!....

 

23/03/2015

Antoine Vielliard boit la tasse - Christian Monteil & Virginie Duby-Muller en bonne position pour gagner le canton de St-Julien

A l'un de mes amis qui me faisait remarquer ce matin qu'Antoine Vielliard semble ne plus marcher sur l'eau dans le canton de St-Julien, je lui ai répondu (avec humour) qu'il s'était converti à la plongée sous marine (Le Pen) puisque notre Conseiller Général sortant a été battu par le candidat du Front National et s'est donc vu disqualifié de concourir au second tour de l'élection départementale. Une claque sévère et sans appel pour le Conseiller Général sortant!...

Je ne saurai mentir et dissimuler ma satisfaction de voir que les électeurs de notre canton ont enfin pris la mesure de ce qu'est M. Vielliard. Malgré une campagne à l'agenda chargé de coups bas et d'accusations tendancieuses relayées localement par une feuille de chou nauséabonde et putride, le bon sens l'a emporté et les électeurs de notre canton ont sévèrement sanctionné le maire de St-Julien en l'éliminant dès le premier tour.

La sanction est d'autant plus spectaculaire que M. Vielliard, frais émoulu de son élection de maire de St-Julien il y a tout juste 1 an, n'a devancé le binôme Duby-Muller - Monteil que d'une quarantaine de voix dans notre bonne ville de St-Julien, passant de 46% des votes exprimés au premier tour des municipales en mars 2014 à 30% hier.

Une bonne façon qu'ont choisie les électeurs pour lui rappeler que la transparence et la concertation qu'il prône à longueur de temps, il ferait bien de les appliquer réellement dans sa conduite de la politique de notre ville. Quant à ses résultats dans le reste du canton, il ne me parait pas élégant de tirer sur une ambulance et donc, je n'insisterai pas. Ceux qui sont intéressés pourront consulter les résultats commune par commune dans la Presse locale. Le seul commentaire que je ferai est que cette nouvelle situation laisse cependant augurer d'une redistribution des forces au sein de l'intercommunalité de la CCG.

Ceci étant dit, je me réjouis pour notre canton et ses habitants que le meilleur binôme, tant par sa qualité humaine que par sa compétence, soit arrivé largement en tête et j'espère vivement que M. Monteil et Mme Duby-Muller seront largement élus dimanche prochain.

Je forme dès à présent des vœux pour que le troisième tour soit lui aussi favorable à notre binôme, et que M. Christian Monteil soit réélu Président du Conseil Général. Il a prouvé sa compétence et son habileté à mener au mieux les destinées de notre beau département et mérite d'être reconduit dans ses fonctions.

Merci à tous, et mobilisons nous dimanche pour apporter au Président Monteil à à notre député Duby-Muller une victoire nette et sans bavures.

21/03/2015

Une destination touristique chic et choc: le Genevois

Félicitations à l'Office du tourisme de St-Julien en Genevois pour cette vidéo promo fort bien faite.

11/03/2015

Compte Rendu des Assises de Savoie du 27 février 2015

Je retranscris ci dessous le compte rendu établi par Rodolphe Guilhot , secrétaire du MRS, des Assises de Savoie qui se sont tenues le 27 février dernier à Annecy le Vieux.

Rappelons que ces assises s'inscrivent dans la tentative soutenue par les 2 présidents de Conseil Général de Savoie et de Haute-Savoie de promouvoir une identité savoyarde au sein de la nouvelle région Rhône-Alpes - Auvergne.

Pour être aussi impartial et complet que possible, on pourra aussi se référer à 2 autres compte-rendus de ces mêmes assises:

Celui fait par le service communication de l'université de Savoie : https://www.univ-smb.fr/actualite/les-assises-de-la-savoie/


Et un autre compte-rendu (nettement plus critique) ici : http://www.lavoixdesallobroges.org/tribune-libre/742-comm...

Bonne lecture.

 

Compte-rendu des Assises de la Savoie du 27 février 2015,

 à l'IAE Savoie Mont-Blanc, Annecy-le-Vieux

 

Assises co-organisées par l'Union des Sociétés Savantes de Savoie, l'Université Savoie Mont-Blanc et les Barreaux des Pays de Savoie.

 

Introduction  :

 

Denis Varaschin (Président de l'Université Savoie Mont-Blanc) présente les Assises comme une soirée de réflexion entre acteurs et professionnels du territoire savoyard. Ils montreront par leurs expériences les réussites et l'ouverture de ce territoire et de ses acteurs qu'il résume sous le terme d'éco-système des pays de Savoie.

 

Jean-Luc  Favre (bâtonnier de Thonon) représente les bâtonniers des Pays de Savoie initiateurs de cette réunion, et révèle son espoir de voir d'autres réunions de ce genre se tenir. Il rappelle que les  bâtonniers sont particulièrement concernés par les menaces sur la cour d'appel de Chambéry, une menace dont l'effet est fédérateur autour de l'avenir et de la défense du territoire savoyard et de son éco-système. Un aspect des choses sur lequel reviendra le bâtonnier Olivier Puig au cours de la table-ronde.

 

Claude Barbier (président de l'Union des Sociétés Savantes de Savoie) excuse Hervé Gaymard et Christian Monteil, président des conseils généraux de Savoie et Haute-Savoie, invités mais retenus par d'autres obligations. Il rappelle les origines de ces assises suite à une rencontre avec Jean-Luc Favre puis Denis Varaschin qui ont évoqué avec lui les menaces de fusion sur la cour d'appel et l'Université de  Savoie, puis la réunion publique de Cruseilles (novembre 2014) avec Hervé Gaymard et Christian Monteil, réunion au cours de laquelle ce dernier demanda à la société civile de se saisir du projet de création de collectivité à statut particulier Savoie Mont-Blanc et de le faire sien. Les personnes présentes à ces assises illustrent la notion d'éco-système savoyard qui traduit l' imbrication des divers domaines d'activités de la société. Le besoin de ces assises s'explique par le contexte actuel : la France a sans doute besoin de réformes et de simplification, mais pourquoi réformer à la serpe, en cassant ce qui marche et a déjà fait ses preuves ? A titre d'exemple, il cite les sociétés savantes savoyardes qui se sont fédérés dès l'annexion de 1860, une réussite culturelle qui peut inspirer d'autres domaines, mais qui pose aussi la question de son avenir : qu'adviendrait-il si demain  la  subvention du conseil général disparaissait ? Claude Barbier rappelle également les promesses faites par la France lors de l'annexion de 1860 (non démembrement de la Savoie historique, deux départements, et une cour d'appel à Chambéry). Aujourd'hui on peut se poser une question légitime : le démembrement de la savoie est-il en cours ? Nous avons le devoir devant nos devanciers de défendre ce qui a été acquis, ce qui ne peut se faire sans les habitants de Savoie et leurs représentants.

 

Alain Veyret (journaliste, Directeur de publication à l'Eco des Pays de Savoie) a accepté d'animer cette soirée sur demande des organisateurs. Il prévient immédiatement que sur le sujet de la soirée il n'est pas neutre : il est acquis à la cause de la Savoie et de son territoire. Pour lui les réformes en route et les choix faits sont déjà tout tracés mais  le grand public n'a pas conscience de ces choix et de l'affaissement programmé des départements. Un affaissement d'autant plus inquiétant dans un contexte de fusion des grandes régions : Rhône-Alpes-Auvergne va ainsi nous mener jusqu'aux confins de l'Aquitaine... Qu'y a-t-il de commun entre les pays de Savoie et l'Aquitaine ? Il rappelle que l'éco-système savoyard a fait ses preuves dès le développement industriel qui suit la fin de la Seconde Guerre Mondiale, et que cette économie encore florissante aujourd'hui a été forgée par les Savoyards qui ont su faire prospérer un territoire plutôt pauvre en la matière à l'origine.

 

1ère table-ronde « Economie, tourisme, agriculture »

 

Intervenants :

–                    Pierre JACQUIN, Président de la Chambre d'Agriculture Savoie Mont-Blanc

–                    Etienne PIOT, Président du Pôle compétitivité Mont-Blanc Industries

–                    Côme VERMERSCH, Directeur de Savoie Mont-Blanc tourisme

–                    Claude DEFFAUGT, Président du Club des Entreprises de l'Université Savoie Mont-Blanc

 

Pierre Jacquin  rappelle que le rapprochement des deux chambres d'agriculture de Savoie et Haute-Savoie s'est faite sur la base des racines identiques aux deux départements. Il s'est vite apercu que les Savoie étaient considérées comme  des départements riches de Rhône-Alpes, mais relativement à la marge de celle-ci, ce qui permettait aux deux chambres de s'organiser entre elles pour évoluer : l'idée était de fusionner pour être plus forts et parler d'une seule voix qui soit mieux entendue au conseil régional et par l'Etat. En matière agricole, il y a très peu de différences entre les deux départements : tout deux compte de nombreuses appellations  d'origines protégés et labels (95% de la production agricole est en appellations ou labelisée) qui font sa particularité. Les fonds de la chambre d'agriculture ont été ponctionnés à hauteur de 10% pour alimenter la chambre régionale qui traduit une volonté de régionaliser l'agriculture. L'Etat désengage ses aides à l'installation de jeunes agriculteurs et laisse la chambre d'agriculture départementale s'en charger, ce qui nécessitait de mettre en commun les moyens des deux chambres en fusionnant. Cette fusion s'est faite sans grandes difficultés. L'agriculture des Savoie a une identité très forte et n'est pas partageable. Il insiste sur le lien étroit qui existe par ailleurs entre l'agriculture et le tourisme, entre un bassin de vie et le cadre touristique. C'est ici que Savoie Mont-Blanc tourisme entre en résonance avec le territoire historique savoyard. L'identité savoyarde doit être respectée par l'Etat. La Chambre d'agriculture Savoie Mont-Blanc c'est 14 millions d'euros de chiffre d'affaire. Il y aura aussi nécessité de s'organiser , d'échanger avec les Auvergnats qui n'ont pas envie de laisser s'évaporer leur identité. Les idées ne viendront pas du haut, mais d'en bas. Il faut conserver notre liberté d'agir et de s'organiser dans nos territoires. 

 

Au point de vue de l'industrie et des services Etienne Piot rappelle la typologie économique très différente des deux départements savoyards : le tissu économique de la Haute-Savoie est marqué par un foisonnement de PME, PMI (ex : Téfal, Somfy, NTN-SNR...). Ce qui laisse à penser que sur le strict plan économique, un rapprochement des deux départements semble moins évident. Etienne Piot rappelle la contribution des industries au PIB de la Haute-Savoie : 23%, soit plus du double de la contribution industrielle au PIB national. Une activité industrielle surtout tournée vers l'exportation, qui est le fait d'un tissu de PME (production : articles de sports d'hiver, impression 3D, etc...).  Cette importance de l'activité industrielle a amené à la création du label Mont-Blanc Industries, sur le même modèle que les labels agricoles et touristiques. En la matière, on peut bien parler d'un « éco-système » performant, surtout grâce à la proximité de l'échelon local. Dans le département de Savoie, l'activité industrielle est surtout le fait de mastodontes tels qu'Areva ou Placoplâtre, même si les Jeux Olympiques d'Albertville en 1992 ont eu un effet boostant sur le tissu de PME.

 

Claude Deffaugt souligne que la défense du modèle socio-économique des Pays de Savoie, l'«éco-système » savoyard, n'est pas un combat conservateur d'arrière-garde mais bien un combat d'innovation qui vie à montrer la réussite de ce modèle transposable à d'autres régions de France. Il dénonce le fait qu'en mettant en marche la réforme territoriale le gouvernement ait confondu vitesse et précipitation. Pour lui, cette réforme territoriale est surtout l'opportunité de faire changer les états d'esprits et de (re)définir ensemble la modèle à venir pour la Savoie. Ce modèle socio-économique à venir ne pourra se définir et se mettre oeuvre que par le biais d'un transfert de connaissances auprès des nouvelles générations. Il faudra déjouer la déshumanisation du territoire induite par la réforme territoriale et mettre en oeuvre une identité commune à tous les acteurs locaux : l'identité savoyarde. Cette dynamique ne pourra se lancer qu'en évitant les divisions et en fédérant les différentes énergies.

 

Alain Veyret réagit aux propos de Claude Deffaugt en évoquant la comparaison d'un collègue suisse qui avait comparé la Savoie à « une petite Allemagne ». Il ajoute que si le modèle savoyard a fonctionné jusque là, c'est en partie grâce à l'implication des conseils généraux de Savoie et Haute-Savoie. Une implication qui a maintenu un lien de continuité entre le territoire, ses habitants et leurs institutions. Qu'en sera-t-il demain puisque celle-ci sont remises en cause ?

 

Pour Claude Deffaugt, ce lien évoqué par Alain Veyret est aussi un lien de l'indivuduel au collectif. Pour pérenniser le modèle savoyard il va inévitablement falloir « jouer plus collectif ».

 

Répondant à la réflexion d'un participant dans le public, Etienne Piot revient sur le problème de l'identité savoyarde. Le fait d'avoir une double (voire plus) identité est parfaitement envisageable : on peut être Savoyard et Français sans contradiction. Cette identité savoyarde peine pourtant à se faire une place, ce qui au plan socio-économique se traduit par un problème de valorisation et une image réductrice (la montagne et les produits du terroir). L'industrie, voire même l'agriculture sont perdantes en image ce qui occasionne un problème global de lisibilité et de communication : l'identité savoyarde offre d'elle une image incomplète. Un besoin de valorisation globale de la Savoie se fait sentir. Il faudra ne pas hésiter à prendre des risques pour incarner une Savoie dynamique, montrer qu'elle est un territoire vivant. De ce point de vue, il y a sans doute des exemples à prendre en Suisse voisine.

 

Marc Bron (Président de l'association des enseignants de savoyard) fait la remarque qu'un restaurateur l'a récemment contacté afin de pouvoir élaborer une carte en patois savoyard pour son restaurant. La langue savoyarde (francoprovençal/arpitan) offre sans doute un moyen de promotion économique intéressant, surtout en ce qui concerne le tourisme. C'est l'exemple d'une valeur ajoutée, pour des personnes venant de l'extérieur de la Savoie.

 

Noël Communod (conseiller régional, président du MRS) rappelle que le contexte politique n'est guère favorable aux projets savoyards : ils se heurtent systématiquement au Jacobinisme dont le dernier exemple en date n'est autre que la réforme territoriale et la loi NOTRe qui sont en fait une vraie recentralisation des pouvoirs et compétences sous couvert d'une pseudo-régionalisation de la France. On passe d'un jacobinisme national à un jacobinisme régional avec la métropole de Lyon qui est actuellement en train de prendre ses marques au sein de Rhône-Alpes-Auvergne. Il rappelle que le régionalisme politique, c'est partir de la base : l'échelon local doit disposer de toutes les compétences dont il a besoin pour assurer son développement. C'est pour cela qu'il est nécessaire de se mobiliser pour défendre et maintenir des centres décisionnels en Savoie.

 

2ème table-ronde « Université, monde judiciaire, services »

 

Intervenants :

–                    Denis VARASCHIN, Président de l'Université Savoie Mont-Blanc

–                    Stéphane SAUZZEDDE, Directeur de l'Ecole supérieure d'Art de l'agglomération d'Annecy

–                    Olivier PUIG, Bâtonnier du barreau de Chambéry

 

Stéphane Sauzzède, après avoir rapidemment présenté l'Ecole supérieure d'Art de l'agglomération d'Annecy, explique comment le local joue un rôle dans la vie de l'école. Après la réforme LMD qui a conduit au développement de filières art et design, la composante local a été intégrée aux réflexions de l'établissement et dans le travail des étudiants. En effet, le local sert d'appui pour s'ouvrir à de nouveaux horizons, par le biais de réseaux et de projets. Cette perspective a par exemple conduit à un travail commun transfrontalier avec le Musée d'art contemporain de Genève. Il appelle à multiplier ainsi ce type de projets et à une mise en commun de ces « petits succès quotidiens » qui font la réussite du modèle savoyard.

 

Olivier Puig démontre ensuite que la justice est un élément structurant du territoire savoyard, marqué par l'existence de 5 tribunaux de grande instance et d'une cour d'appel héritée du traité d'annexion de la Savoie à la France en 1860. Il souligne qu'en Savoie, le système judiciaire fonctionne jusque-là assez bien, voire bien mieux qu'ailleurs en France. Mais de réelles menaces planent sur les 5 tribunaux savoyards et sur la cour d'appel de Chambéry. La réforme engagée sous la présidence Sarkozy et les projets de réforme à venir ont en effet comme postulat de base l'équation suivante : une cour d'appel par région. Or, actuellement, il y a 4 cours d'appel en Rhône-Alpes-Auvergne. Ce serait donc trois de trop pour un gouvernement dont le leitmotiv tient en un mot : économies ! Les conséquences d'une disparition de la cour d'appel de Chambéry et de sa fusion avec les autres cours d'appel serait calamiteuses pour les usagers : actuellement le temps de traitement d'un dossier varie entre 10 et 12 mois à Chambéry, alors qu'à Lyon et Grenoble il oscille de 24 à 30 mois. On imagine aisément les délais de traitement qui résulteraient d'une telle fusion... Il importe donc de conserver le maillage territorial judiciaire existant en Savoie. Une nécessité renforcée par la nature géographique du territoire savoyard fait de montagnes et de vallées qui impliquent parfois de courtes distances mais un temps de trajet assez long. Si certains tribunaux devaient disparaître et les barreaux avec eux, il deviendrait plus difficile aux avocats restants de parcourir de longues distances pour assister les prévenus. Le risque étant à terme de voir les services judiciaires se désengager des territoires, et que les Savoyards renoncent a faire appel à la justice lorsque le besoin s'en fait sentir.

 

Denis Varaschin présente ensuite le rôle joué par l'Université de Savoie, devenue récemment l'Université Savoie Mont-Blanc. L'université existe depuis les années 1970. Dès les origines la liaison entre l'université et le monde de l'entreprise s'est concrétisée par la création du club des entreprises. Ces dernières années, les efforts menés ont permis à l'université de se faire connaître en dehors de la Savoie et dans le monde : l'université est ainsi apparue comme la première université française dans un classement américain. L'Université Savoie Mont-Blanc se veut ouverte sur son territoire et au delà  par les relations qu'elle entretient les universités de Lyon et Grenoble. Mais ces relations marquent aussi ses limites et sa faiblesse : suite à la loi de 2013, la fusion de l'Université de Savoie avec celle de Grenoble avait été clairement mise en chantier. Un chantier qui avait commencé par s'attaquer à l'IUFM de Chambéry, fusionné avec celui de Grenoble. Aujourd'hui transformé en ESPE, il a été presque vidé de son personnel.La question de l'avenir de l'Université Savoie Mont-Blanc est clairement posée. Si le risque d'une fusion totale avec celle de Grenoble semble pour le moment écartée, il reste la perspective de la création d'une communautés d'établissements (mais ne serait-ce pas une étape précédent la fusion complète?) et d'une association par convention sur des projets bien définis (un dispositif permettant un travail commun mais aussi plus souple). C'est cette dernière option qui a été choisie par la présidence de l'université, mais face aux diverses pressions combien de temps sera-t-elle tenable ? Pour assurer son avenir l'Université Savoie Mont-Blanc devra s'attacher a acquérir un rang et une visibilité internationale, sans pour autant tomber dans les travers d'une politique du chiffre.

 

Alain Veyret rappelle que bien d'autres secteurs tout aussi performants auraient pu être évoqué au cours de cette soirée. Mais il souligne aussi que les exemples évoqués et les performances des Pays de Savoie semblent gêner, du fait même de leur réussite. Il y aurait une volonté, entre autres du gouvernement, de tout niveler par le bas. Pourquoi vouloir casser et chambouler un modèle qui a fait ses preuves et ne demande qu'à se développer ? Car il est nécessaire de prendre en compte les spécificités de la Savoie : son histoire, sa géographie, son économie, sa situation frontalière et enfin l'augmentation continue et importante de sa population (de 12 à 13 000 habitants de plus par an environ). La pérennité de son modèle socio-économique et la prise en compte de ses spécificités nécessiterait une traduction sur le plan institutionnel. Mais le projet mené par Hervé Gaymard d'une collectivité à statut particulier Savoie Mont-Blanc s'est heurté au Jacobinisme d'une partie de la classe politique. Un échec qui s'explique aussi par un manque d'image globale de la Savoie et de formes d'expressions de son identité propre. Résulat, la Savoie est aujourd'hui menacée et acculé. Que faire pour assurer son avenir ?

 

Conclusion :

 

Denis Varaschin tire ensuite les conclusions des échanges de ces deux tables-rondes. Pour lui, le combat a mener est celui d'une identité revendiquée et non un combat identitaire. Les particularismes qui constituent l'identité savoyarde sont des particularismes positifs mais peuvent se retourner contre les Savoyards, car la différence est souvent source d'incompréhension et donc de possibles conflits. Il propose d'envisager quelques pistes d'actions, tout en veillant à la « respectabilité » des acteurs, récusant ainsi l'exemple des Bonnets rouges bretons qu'il juge plutôt négatif. Il énonce donc les pistes suivantes :

*renforcer l' « éco-système savoyard » et les liens entre les différents acteurs qui le composent (ce qui pose directement la question de la suite à donner à ces Assises).

*prendre acte du fait régional et défendre le maintien en Savoie de compétences économiques, l'université, etc...

*maintenir un lien entre le niveau régional et le national, s'appuyer sur le terrain pour passer de l'échelle locale à l'échelle globale grâce à des liens forts entre les acteurs de l' « éco-système savoyard » et les élus parlementaires entre autres.

 

Après cette conclusion, la parole est laissée au public afin que chacun puisse faire part de ses questions ou réflexions.

 

Débat avec le public :

 

Un petit groupe d'indépendantistes savoisiens interroge les débatteurs sur la question du traité d'annexion de 1860, traité dont plusieurs dispositions n'auraient jamais été respectées et donc l'enregistrement à l'ONU en 1947 serait caduc, ce qui placerait la France en infraction avec le droit international et dans l'illégalité en Savoie. Alain Veyret leur apporte une réponse disant qu'il respecte leur combat, mais que celui-ci reste quasi-inaudible, car en 2015 de nombreux Savoyards ne sont pas au courant ou ne s'intéressent pas à cette question de l'annexion de 1860 qui reste perçue comme un sujet historique intéressant, mais décalé dans une perspective d'avenir pour la Savoie. Le débat menaçant de s'envenimer, Jean-Luc Favre réaffirme que la Savoie ne doit pas être juste une mémoire mais un avenir, et que s'enfermer dans un discours dénonçant le traité de 1860 est contre-productif et discrédite l'identité savoyarde.

 

Un autre participant pointe le paradoxe savoyard : dans une Europe et une France marquées par le rôle prédominant des centres urbains, la Savoie apparaît comme un territoire anormalement dynamique, car  pris entre les métropoles de Lyon, Genève et Grenoble, il ne dispose d'aucun centre urbain pouvant rivaliser avec ces métropoles. Une réflexion qui trouve un écho dans une intervention de Martial Saddier (député UMP de Haute-Savoie) qui rappelle que le fait urbain est majoritaire statistiquement et qu'il l'est donc aussi démocratiquement : la majorité des électeurs sont des urbains ou des périurbains. Un fait urbain qui selon lui restera prédominant au moins pour les 30 ans à venir. Dans cette perspective, la Savoie aurait tout intérêt à renforcer ses liens transfrontaliers avec Genève dont la proximité est un atout dans une France régie désormais par le fait urbain. Le canton de Genève fait d'ailleurs figure de premier employeur savoyard. Claude Barbier précise à l'appui des propos de Martial Saddier que lors de la réunion publique réunissant Hervé Gaymard et Christian Monteil autour du projet de collectivité Savoie Mont-Blanc à Cruseilles en novembre dernier, était présent dans le public François Longchamp, Président du conseil d'Etat de Genève qui avait fait part de son intérêt pour le problème de l'avenir de la Savoie et des fonds frontaliers reversés par le Canton de Genève à la Haute-Savoie. Laurent Blondaz (membre du MRS) poursuit sur le sujet des liens entre la Savoie et Genève en rappelant que le canton de Genève est un Etat à part entière, la République de Genève, autonome comme les autres cantons au sein d'une Suisse fédérale. Une telle proximité pose la question d'une émancipation nécessaire de la Savoie face à la norme nationale qui prévaut en France. Un développement du territoire savoyard ne pourra se faire sans un appel à l'opinion publique.

 

Martial Saddier a le sentiment que la République française a peur de ses territoires parce qu'elle est affaiblie (crise financière et budgétaire, crise des valeurs républicaines, etc). D'où cette volonté de recentraliser d'une manière imposée. La réussite  du modèle savoyard en ferait une cible à attaquer (ainsi la vallée de l'Arve serait exagèrement présentée comme l'une des vallées les plus polluées d'Europe par les médias).

 

Alain Veyret s'interroge sur la « fenêtre de tir » possible pour inventer une forme institutionnelle nouvelle pour la Savoie. Celle-ci dépendra beaucoup du temps que le département mettra à « s'affaisser » avant de disparaître.  Pour Noël Communod, il faut montrer au gouvernement que les Savoyards sont présents et soutiennent leur parlementaires contre cette recentralisation : il faut faire connaître le problème de la Savoie et les solutions qui existent pour préserver son « éco-système ».

 

La suite ?

 

Enfin, Denis Varaschin clôt la soirée en concluant que l'exemple savoyard montre que le territoire est bien un « espace vécu », un construit social. Il propose d'aller de l'avant en annonçant la publication prochaine d'un communiqué de presse, et la mise en place d'un comité de réflexion et d'action afin d'influer autant que possible sur les débats concernant l'avenir des départements.

Rodolphe GUILHOT