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26/03/2015

La FCPE écrit au maire de St-Julien-en-Genevois

Pour l'information de tous, je publie ci dessous le facsimilé de la lettre que vient d'adresser la Fédération des parents d'élève FCPE à notre maire.

Sans me prononcer sur le fond, j'attire votre attention sur les derniers paragraphes de ce courrier. On y découvre la preuve de ce que j'avance depuis plusieurs mois et qui m'ont en partie conduit à démissionner. Le manque de transparence et de concertation qui est de mise dans les décisions prises par la Municipalité. Un nouvel exemple du grand écart que M. Vielliard pratique entre ses promesses de campagne et ce qu'il fait, une fois élu. Si malheureusement il nous faudra faire avec au niveau communal, nous pouvons nous réjouir d'avoir échappé au pire au niveau départemental grâce à la prise de conscience, mieux vaut tard que jamais, des électeurs du canton.

Pierre Brunet

 

                                                                                            Saint-Julien-en-Genevois, 20 mars 2015

Monsieur le Maire,

Comme vous le savez  notre association est présente dans toutes les instances qui lui sont ouvertes pour participer à la réflexion et à l’élaboration de projets où l’enfant et plus largement la famille sont au centre des intérêts.

Aujourd’hui des projets d’envergure s’initient, des décisions essentielles sont sur le point d’être prises. A l’heure où le travail entamé sur le PEDT engage une collaboration solide entre tous les partenaires, il nous semble inimaginable de ne pas être concertés et parties prenantes de l’avenir qui est en train de s’écrire pour nos enfants. C’est pourtant le cas dans des problématiques fortes telles que la remise en question de la gratuité des TAP, la nouvelle tarification des services municipaux en direction des familles*,  l’élaboration du futur groupe scolaire de Chabloux et la politique de la ville.  A aucun moment les parents, au travers d’une association investie dans tous les établissements scolaires publics de la ville de Saint-Julien-en-Genevois et reconnue d’utilité publique, n’ont été invités à intégrer les groupes de travail sur ces problématiques, alors même qu’ils devraient être des interlocuteurs légitimes.  Nous déplorons de manière générale une concertation qui n’en porte que le nom, se réduisant à une information argumentée donnée une fois que tout a été décidé.  C’est fort dommageable car  lorsqu’un vrai partenariat s’exerce, les résultats sont probants et rapides. Le seul exemple en date mais notoire, le groupe de travail sur les études initié par votre chargé des rythmes scolaires.

Ce préalable posé, nous souhaitons vous interpeller sur votre volonté de remettre en question le principe de gratuité des TAP.

Pour rappel, dans le St-Julien Info (bulletin municipal) de septembre 2014 vous avez affirmé ceci :

« Equitable et gratuit

Quelles que soient les écoles, la volonté est de tendre vers une même offre en fonction des contraintes et de la disponibilité des intervenants et de garder le principe de la gratuité. »

Au vu de la nouvelle réglementation que vous souhaitez mettre en œuvre dès la prochaine rentrée scolaire, cette volonté n’est apparemment plus d’actualité. 

Lever le principe de gratuité pour tous c’est :

  • Désolidariser ce temps construit dans une dimension de complémentarité avec le temps scolaire (gratuit) et ses objectifs, la réforme ayant pour objet fondamental de favoriser la réussite et la valorisation de tous les enfants par des approches différentes (culturelles, sportives...).
  • C’est induire des discriminations sociales. 
  • C’est à court terme prendre le risque d’impacter négativement la dynamique de mixité sociale sur des temps construits aussi pour faire se retrouver ensemble la diversité de la population. A plusieurs reprises en conseil d’école, nous avons alerté sur un glissement des inscriptions d’une catégorie de la population vers la Présentation de Marie, dû à la mauvaise organisation des TAP et à une école publique qui lorsque l’on cumule les services périscolaires payants,  coûte finalement plus chère aux familles que l’école privée.

Tarifer ce temps d’éveil à soi, de découvertes d’activités sportives, artistiques et culturelles qui dépasse les habitudes et le cadre social, c’est nier ce pourquoi il a été fait en le repoussant dans un autre temps, celui qui garde les enfants parce que les parents ne peuvent pas venir les récupérer.

Revenir sur cette volonté que nous avons cru motivée par l’intérêt de l’enfant, c’est remettre en question des valeurs que vous avez porté haut 7 mois en arrière, et même avant.

A force d’interpeller tous les interlocuteurs possibles, nous avons obtenu une réponse : la nécessité de faire des économies ; d’où cette question simple.

Si ce besoin est réel, nous pouvons l’entendre, voire même le comprendre, mais pourquoi le faire porter sur  des secteurs qui touchent principalement à l’éducation, au vivre ensemble, à la famille ? N’est-ce pas dans ce domaine qu’il faut au contraire pérenniser les moyens, voire les faire croître, remettre l’humain au centre du projet pour ne pas avoir plus tard à payer une facture bien plus élevée ?

N’y a t- il pas d’autres leviers possibles que de choisir de rendre payant tous les services, y compris ceux qui touchent à l’universalité du droit à un système d’éducation gratuit – référence à l’article 17 de la charte de protection  de l’enfance qui comporte un droit général à l’éducation - ?

Aujourd’hui près de 80% des villes ont choisi de préserver la gratuité des TAP. Ce taux se maintient à 75% pour les villes de plus de 10 000 habitants. Il reste conséquent et significatif de la valeur portée par cette gratuité dans notre pays.

Pour soutenir la réforme le fonds d’amorçage de l’état va se maintenir jusque 2016. L’élaboration d’un PEDT et sa mise en œuvre permettra de pérenniser cette aide à la hauteur des projets et des besoins de la ville. Celui de Saint julien- en- Genevois sera acté d’ici la fin de l’année scolaire. La CAF peut également participer au financement de ces temps à la condition que les activités périscolaires soient organisées selon la réglementation des accueils de loisirs. Des aides peuvent donc financer en grande partie les TAP.

 

Par votre volonté, Il serait également possible de revisiter le montant de la subvention versée à l’établissement scolaire privé de la commune en se limitant lors de la prochaine convention à rester dans le montant de l’enveloppe obligatoire. La diminution de la dotation  reversée  par l’état aux collectivités locales oblige à trouver des compromis.

D'un côté, vous ferez peut-être le choix de maintenir ce financement, alors que d’un autre côté vous envisagez d’augmenter  pour une partie de la population la tarification des services publics à la famille sans diminuer dans des proportions équivalentes le taux d’effort en direction des structures privées, au risque  de créer un déséquilibre de traitement au désavantage de l’école de la république.

L'actualité récente nous a rappelé à quel point l'école est un socle fondamental, qui permet à chacun d'apprendre les valeurs essentielles du vivre ensemble.

Ces valeurs républicaines, aujourd'hui si fragiles, doivent être transmises à tous nos enfants quel que soit leur milieu familial et social.  Mettre en place des barrières économiques à l'enseignement public et laïque, c'est prendre le risque de stigmatiser une partie de la population et d’accroître un sentiment d'exclusion déjà fort.

 

En conséquence de quoi nous vous demandons donc de garder les TAP gratuites pour tous.

 

 

Nous finirons sur ces mots. Il y a peu, comme d’autres associations nous avons reçu de votre part une invitation à nous rencontrer dans le cadre des élections départementales. Une rencontre proposée pour selon vos propres mots  « travailler avec plus de transparence et de collégialité ».

Nous abondons dans ce sens et souhaitons continuer à être des partenaires constructifs dans les projets qui donnent du sens à notre engagement, mais que penser quand vous nous considérez de moins en moins légitime dans les sujets d’éducation ? 

Vous êtes  aujourd’hui  mandaté pour construire l’avenir de Saint-Julien-en-Genevois. C’est le Maire de notre ville que nous interpellons, celui qui se dit être : «  un homme de terrain, fervent défenseur de la démocratie participative et proche de ses administrés ».

Pour preuve votre engagement n°21 : impliquer les Saint-Juliennois dans les décisions qui les concernent.

«  Comme nous l’avons fait au cours des dernières années……nous continuerons d’impliquer les habitants sur les décisions qui les concernent. »  « Cela suppose d’abord de mieux  informer les habitants en amont par plus de transparence…… . » « Nous vous consulterons sur les enjeux majeurs de la commune car nous sommes convaincus que vos remarques et vos observations nous aideront à améliorer les projets. »  «  Pour notre part, nous sommes convaincus que si 33 élus peuvent donner des impulsions, il revient à toute la ville de se mobiliser pour améliorer la convivialité à Saint-Julien et que cette mobilisation ne pourra se faire que par une adhésion sur les grandes orientations municipales. »

Nous vous demandons de tenir ces engagements qui sont les vôtres pour construire ensemble l’avenir de tous les enfants de cette ville. En attendant, tous les bénévoles de cette association continueront au quotidien à œuvrer pour le droit à l’éducation pour tous.

 

En espérant que la voix de l’enfant sera enfin entendue…

 

Collectif des parents de l’école primaire.

                                                                                                                                                                                                         

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* hormis de manière indirecte dans la commission extra-municipale de la MIEF.

                 

 

16:02 Publié dans Saint-Julien, Société, Vie Municipale | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fcpe, st-julien, tap | | | Digg! Digg | | |  Facebook

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