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29/04/2013

Histoire du Genevois 2ème partie - de la Réforme à la Révolution Française

A la fin du chapitre précédent, nous avions laissé le Duc de Savoie Charles III sans terre, à l'exception du Comté de Nice et de la Vallée d'Aoste, dépouillé qu'il en avait été pour l'essentiel par la France, et par les Bernois pour la Savoie du Nord . Quant à Genève, on a vu qu'elle était en proie à la Réforme. Cette "révolution religieuse" est suffisament déterminante pour l'avenir de notre contrée qu'il convient d'y revenir et de s'y interesser de plus près.

La Réforme à Genève

La "guerre de la cuiller" qu'on a vu lors du chapitre précédent, ravage les campagnes autour de Genève et affame la ville. Ce qui provoque de celle-ci l'appel à l'aide aux cantons suisses qui viennent débloquer la ville, avec pour corollaire la paix de St Julien, signée le 19/10/1530, et la sentence de Payerne du 31/12/1530 qui maintient le Duc de Savoie et l'évèque de Genève  dans leurs droits respectifs. Cependant la Réforme progresse et les prédications aggressives de Guillaume Farel et Antoine Froment provoquent des troubles. Alors que Farel est expulsé de la ville le 3 octobre 1532, l'intervention et le soutien de Berne lui permettent  de gagner de plus en plus de Genevois à la foi nouvelle, y compris parmi la classe dirigeante qui , suite au prêche d'Antoine Froment sur la place du Molard le 1er janvier 1533, se déclare en faveur de la Réforme. Les tensions religieuses s'aiguisent, au point qu'en juillet 1533, l'évèque Pierre de la Baume, inquiet, quitte la ville: il n'y reviendra pas.

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Fuite de l'Evèque en 1533

Aprés son retour en ville le 20 décembre 1533, Guillaume Farel est de plus en plus actif, jusqu'à obtenir une dispute théologique qui se tient au couvent de Rive en juin 1535. La dispute de Rive fait triompher la cause des évangéliques, avec pour conséquence l'interdiction de la messe prononcèe par le Conseil le 10 aout 1535. Suite à l'attaque du couvent Sainte Claire le 24 aout, les religieuses quittent la ville le lendemain et iront s'établir à Annecy. A partir de septembre, les autorités ordonnent la destruction des images dans les églises de la ville et des mandements sous sa juridiction. Ce n'est toutefois que le dimanche 21 mai 1536 que la Réforme est formellement adoptée par le Conseil général de la ville et prend force de loi. C'est alors que Jean Calvin, passant par Genève en juillet 1536, est instamment prié par Farel de rester, et d'organiser la nouvelle Eglise. Cependant Berne souhaite unifier le culte dans les territoires romands en l'alignant sur le sien, et convoque un synode à Lausanne le 31 mars 1538. Alors que les ministres se conforment aux décisions prises, l'attitude réfractaire de Farel et Calvin conduit à leur bannissement de la ville, malgré l'intervention paradoxale de Berne en leur faveur.

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Adoption de la Réforme - 21 mai 1536

Les résultats de l'élection  de février 1540 étant favorables à leurs partisans, Jean Calvin va se laisser convaincre de revenir à Genève ou il arrive le 13 septembre 1541. A partir de cette date, il fera en sorte que la nouvelle religion soit irréversible.

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Portrait de Jean Calvin

L'occupation Bernoise

Berne et Genéve: deux alliés méfiants l'un de l'autre.

De l'été 1534 à janvier 1536, Genève est de nouveau assiégé par les partisans du Duc de Savoie, et ce n'est que grace à l'intervention Bernoise que la ville pourra  se libérer de ce siège. Intervention qui a aussi pour but d'empécher la France de mettre la main sur la ville, et qui se traduit par une rapide conquête du Pays de Vaud et une entrée à Genève des troupes Bernoises le 2 février 1536. Genève va désormais devoir louvoyer avec son encombrant allié pour tenir le pays aux alentours de la ville, d'autant que les Bernois s'avancent jusqu'au Fort l'Ecluse. Les Genevois vont jouer sur la rivalité entre le Roi de France et Berne pour sauvegarder leur indépendance.

En effet, les relations entre les deux alliés, Genève et Berne n'est pas si simple que cela, on l'a vu plus haut en ce qui concerne les affaires religieuses; mais aussi en termes de souveraineté, et ce malgré le traité du 7 septembre 1536 censé définir les droits de chacun sur les territoires de St Victor et Chapître.

Rappelons que le Prieuré de Saint-Victor possède plusieurs villages dont l'épicentre se trouve autour de Chancy et Cartigny, tandis que le Chapître de la cathédrale Saint-Pierre exercait son autorité sur quelques 25 villages autour de la ville(voir la carte ci-dessous)

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L'embrouillamini des territoires et des juridictions de Genève(foncé), Saint-Victor, et Chapître( +clair)

Le statut particulier des terres de Saint-Victor et Chapitre, notamment l’enchevêtrement des droits de juridiction dont elles font l’objet, crée depuis longtemps de nombreux conflits entre Genève et la Savoie. Si les comtes de Genève puis les ducs de Savoie ont toujours revendiqué des droits sur les terres de Saint-Victor et Chapitre, jusque-là, la question n’a jamais été réglée de manière définitive : en 1570, un traité entre Genève et la Savoie octroiera au duc la souveraineté et juridiction de Saint-Victor et Chapitre, de la même manière que les Bernois en ont joui avant lui. Car en effet, on peut considérer que c'est Berne qui a pris la haute autorité sur ces deux territoires, ce qui est mis en évidence par le nouveau traité du 30 mars 1539.

Ce qui nous ramène à l'occupation Bernoise qui s'étend sur l'ensemble des territoires qui encerclent la ville, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

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Les bailliages de Gex, Ternier & Gaillard et de Thonon sous domination Bernoise

On peut facilement comprendre que la situation des Genevois n'est pas très confortable, d'autant que Berne soutient nombre de fugitifs qui ont quittté la ville peu apres l'évèque, et qu'elle s'oppose au Conseil Général de la ville lors du bannissement de Calvin en 1538; de la même façon, Berne ne soutiendra pas Genève lorsque François 1er donne le mandement de Thiez à l'évèque. Cet antagonisme ne sera  résolu que par l'accord ratifié par les deux parties sous l'arbitrage de Bale en janvier 1544 et connu sous le nom de "départ de Bale".

Raide comme la justice de Berne

Dans les territoires du Duc de Savoie, pour asseoir son pouvoir, Berne s'emploie à imposer la religion réformée pour éloigner les populations de leurs anciens souverains catholiques. Conjointement, les Bernois se substituèrent au Duc de Savoie dans l'administration, tout en  imposant la langue romande dans les actes publics. Leur administration sévère mais juste donnera naissance au dicton qui nous est parvenu jusqu'à aujourd'hui.

La Chartreuse de Pomier et l'occupation bernoise

Quant à l'Abaye de Pomier, la prudente politique de Charlotte de Genevois-Nemours qui régnait sur le Comté de Genevois, lui épargna l'occupation bernoise. En effet, alors que tous les barons des bailliages de Ternier et Gaillard , de Gex, et du Chablais prétaient hommage aux "Magnifiques et Redoutés seigneurs de Berne" et que nobles et villains étaient convertis au protestantisme, les localités du comté de Genevois restèrent indemnes. Dans la paroisse de Beaumont, la partie de la seigneurie de Pomier qui dépendait de Ternier passa sous la coupe des Bernois, tandis que Jussy et Le Chable demeurêrent catholiques et hors d'atteinte de l'occupation bernoise. L'Abaye perdit cependant ses possessions à Genève et en Pays de Vaud. En 1541, elle aura toutefois à subir une attaque et un pillage menés par une bande de flibustiers venus du Chablais.

En effet, il faut préciser dans cette histoire compliquée de notre territoire que depuis 1514, le Genevois (hormis les baillis limitrophes de Genève), le Faucigny et le Beaufortain avaient été donnés en apanage par le Duc Charles III à son frère cadet Philippe qui, fixé à la cour du roi et tres proche de François 1er , reçut de celui ci le duché de Nemours. Les Genevois -Nemours servirent d'ailleurs dans les armées du Roi de France, y compris contre la dynastie Savoyarde, ce qui permit à l'apanage d'être bien traité lors de l'occupation française, et à Annecy de briller d'un éclat particulier, avec une forte présence de nobles français.
NB: Il faut bien comprendre que pendant toute cette période notre territoire, le bailliage de Ternier, était lui resté sous domination de la Maison de Savoie, alors que ce n'est qu'en 1665 que l'apanage retournera à la Maison de Savoie, provoquant de facto la réunion de notre ville St Julien avec le Genevois dirigé depuis Annecy.

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Carte extraite du livre "Jacques de Savoie-Nemours"

Le Duc de Savoie recouvre ses terres

Emmanuel Philibert.jpgEn vertu du traité de Cateau Cambresis en 1559 qui marque la fin de la guerre entre la France et l'Espagne pour la domination de l'Italie, le nouveau (depuis 1553) duc Emmanuel-Philibert qui était l'allié des Espagnols et s'est illustré aux commandes d'une de leurs armées, se voit restituer les terres de son duché occupées par les Français, à l'exception de quelques places fortes laissées à la France . Pour pactiser avec la France, ce prince vigoureux de corps et d'esprit épouse Marguerite de Valois, la soeur du roi de France Henri II en 1559.

Alors que l'édit ducal du 11 février 1560 établit le Sénat de Savoie, par l'édit de Rivoli du 22 septembre 1561, le Duc remplace l'usage du latin dans les documents officiels par le français dans les domaines à l'ouest des Alpes (Savoie) et dans la Vallée d'Aoste, et par l'italien dans les domaines à l'est (Piémont) et au sud (Comté de Nice) des Alpes. Une première coupure entre les territoires de la Maison de Savoie.

D'autant que, conscient de sa vulnérabilité face à la menace française, le Duc décide de transférer sa capitale de Chambery à Turin en 1563. C'est un premier "abandon", il y en aura d'autres, de la terre de ses ancètres par la Maison de Savoie.

Le Duc entreprend alors de se faire restituer les provinces occupées par les Bernois et obtient satisfaction par le Traité de Lausanne en date du 22/10/1564 pour les bailliages de Thonon, Gex, Ternier et Gaillard. Ce traité sanctionné par le Roi de France et le Roi d'Espagne en 1565, ne sera cependant ratifié par Berne que le 29/5/1567 et ce n'est que le 26/8/1567 que le bailliage de Ternier est libéré et rendu au Duc de Savoie, après une occupation bernoise qui aura duré 31 ans. Quant au Pays de Vaud, il reste propriété des Bernois tandis que le Bas Valais jusqu'à Martigny est laissé aux Valaisans.

On notera que le Duc Emmanuel-Philibert, qui s'y est engagé auprès des cantons suisses, respectera scrupuleusement sa promesse de ne pas s'ingérer dans les affaires religieuses, et qu'il laissera la religion protestante seule pratiquée sur ces territoires libérés par Berne pendant toute la durée de son règne. Il ramena la tranquilité dans son duché et réorganisa ses états en divisant la Savoie en sept judicatures mage, dont celle de Gex et Ternier pour laquelle le juge-mage résidait à Gex.

Le règne calamiteux de Charles Emmanuel Ier 

Apres le règne pacifique et éclairé de son père, le nouveau duc de Savoie Charles Emmanuel Ier attira sur ses sujets les plus effroyables calamités.

Il tente de prendre Genève en 1583: sans succès. Apres qu'un édit du 15/7/1587 eut établi à St Julien un marché hebdomadaire et deux foires par an, il vend le 5/1/1589 la seigneurie de Ternier à noble Jérôme Lambert de Lornay, avec titre de baronnie.

Profitant des guerres de religion qui affaiblissent le royaume de France, il s'empare du Marquisat de Salluces en 1588. En représailles, le roi de France Henri III, outré de cette aggression, encourage alors les Genevois à attaquer le duc de Savoie en leur promettant le territoire qui va jusqu'aux Usses, par un traité  en date du 19/4/1589. Ils envahissent facilement le bailliage de Ternier et occupent entre autres le château de Ternier.

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Le château de Ternier

Suite à la contre attaque du Duc de Savoie qui repousse les Genevois, a lieu le dimanche 1er juin 1589 la prise du château de Ternier par Charles Emmanuel, qui nonobstant les promesses par lui faites aux défenseurs du chateau, fait exécuter 60 défenseurs dont 13 sont pendus aux branches du grand châtaignier qui domine le site. Une infamie vengée lors d'une nouvelle bataille le 3  juin suivant à Plan les Ouates, quand les Genevois massacreront les sodats du duc faits prisonniers au cri de "Voila la Grace de Ternier".

En 1589, le Duc entreprend la construction du Fort Sainte Catherine à Songy, près de Viry, avec l'ambition de l'utiliser comme tête de pont pour conquerir Genéve. Bien que battu en 1591 à Pont-Chamarra par les troupes françaises de Lesdiguières, la guerre continua sans relache pendant les annèes 1591,1592 et 1593; les Genevois mais surtout les troupes du Duc faisant de grands ravages dans le bailliage de Ternier. Le 9 septembre, une trève fut signée qui durera deux ans et qui verra Genève exercer sa souveraineté sur notre territoire.

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Le Fort Sainte Catherine au lieu dit Songy sur la commune de Viry

En 1599, la guerre reprend entre la Savoie et la France, Henri IV s'emparant sans peine de la Bresse et de la Savoie. Pressé par les Genevois, il vient mettre le siège au Fort Sainte Catherine, séjournant 3 jours à l'Eluiset; A titre d'anecdote, on notera qu'il échappa de peu à la mort lors d'une reconnaissance des lieux, suite à une traitrise d'un de ses officiers. Le roi de France obtient la capitulation du Fort sans combattre le 14 décembre 1600 et livre celui-ci aux Genevois qui le démantèleront pierre par pierre en deux jours début janvier 1601.

Pour sa peine, Henri IV  de par le traité de Lyon du 17/1/1601 dépouille le Duc de Savoie et prend possession pour la France de la Bresse, du Bugey et, au grand dam des Genevois, du pays de Gex; Henri IV renie aussi le traité du 19 avril 1589, qu'il avait pourtant ratifié le 20 octobre 1592, et refuse l'exécution de celui-ci qui promettait à Genève le territoire jusqu'aux Usses. Une nouvelle occasion manquée pour notre territoire et Genève d'être réunis.

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La carte des Etats de Savoie après le Traité de Lyon en 1601

Suite au traité de Lyon et à la perte du Pays de Gex, le siège de la judicature-mage des baillages de Ternier et Gaillard est transféré de Gex à St. Julien. Succédant à la période de  reconversion religieuse menacante et violente du Duc de Savoie, une lente et patiente reconversion pacifique de la région au catholicisme s'engage alors sous l'action bienveillante de François de Sales. Cependant Bossey, Neydens et Valleiry qui restent sous domination genevoise, restent protestants et gardent leur temple.

Mais Charles-Emmanuel n'a pas renoncé à son grand dessein de s'emparer de Genéve, et les escarmouches reprennent, culminant avec la tentative de prise de la ville lors de la nuit de l'Escalade, du 11 au 12 décembre 1602, que le Duc supervisa depuis St Julien ou il séjournait incognito.

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La bataille de l'Escalade

Malgré l'humiliation générée par cette "cagade", les escarmouches perdurent, et le fervent Catholique Vito de Basterga stationné à St Julien  s'en prend en toute occasion aux "hérétiques genevois". En représailles d'une exaction commise à Annemasse où il a fait étrangler des "coupeurs de croix", les genevois procèdent à une attaque nocturne de St Julien le 3/2/1603 afin d'éliminer ce capitaine Vito qui ne cesse de leur causer problèmes, mais qui parviendra toutefois à s'échapper.

Le Traité de St Julien - 1603

Finalement, le 21/7/1603, apres 10 jours de négociations, le  traité de St. Julien établit la paix definitive entre le Duc de Savoie et Genève, à la grande joie des populations locales lassées des guerres, et qui entendent avec ravissement  le Président Rochette leur crier par la fenêtre du château "Mes amis, louez Dieu, vous avez la paix". On ajoutera qu'en revanche le Duc regretta jusqu'à sa mort d'avoir conclu ce traité, disant sur son lit de mort en 1630 "le traité que j'ai signé avec Genève est le plomb mortel qui me tue".

Il n'est pas anodin que dans ce traité qui prône l'apaisement des tensions religieuses et ordonne le rétablissement de la liberté du commerce (exception faite du sel) le chapitre VIII du traité concerne le pardon du Duc envers ses propres sujets qui auraient pris le parti de Genève. Une nécessité, tant étaient nombreux les habitants du nord du Genevois qui, le plus souvent pour des raisons économiques, avaient combattu au coté de la République;

 Genève prospère 

Il faut rappeler ici que la Révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV en octobre 1585 va jouer un rôle prépondérant pour Genève en lui redonnant l'envergure d'une métropole internationale qu'elle était en train de perdre en se provincialisant à l'extrème. L'apport de forces vives, de volonté, de savoir faire et de capitaux des huguenots français qui fuient la France et y cherchent refuge, a puissament contribué à l'essor de l'économie genevoise. Pour ce qui concerne notre territoire , notons que le 9/5/1636 a lieu la vente de la baronnie de Ternier par l'heritier de Jérôme Lambert  à Jean Antoine de Rossillon.

Louis XIV envahit la Savoie 

victoramdeiinr8.jpgBien que marié à une nièce de Louis XIV, Victor Amèdèe II de Savoie (photo) prend part à la Ligue d'Augsbourg contre la France, qui envahit ses États en 1690. Malgré la demande genevoise de respecter les principes du Traité de 1603 qui interdit aux troupes de se rassembler à moins de 4 lieues de Genéve, le Marquis de St Ruth général en chef des troupes françaises fait occuper les bailliages de Ternier et Gaillard et s'empresse d'y lever un impôt quatre fois supérieur à celui que le Duc de Savoie leur imposait.

Notons que le nouveau baron de Ternier Prosper d'Arenthon de Lucinges servit fidèlement le Duc de Savoie et combattit bravement les Français, ce qui lui valut de voir ses biens confisqués par l'occupant; mais il en reprit possession lorsque la Savoie, signant une paix séparée avec la France, fut évacuée; le Duc de Savoie le récompensa en lui décernant le 29 décembre 1696 la plus haute distinction de la Maison de Savoie, le collier de l'Annonciade, et en érigeant la baronnie de Ternier en marquisat.

A St Julien, quelques années plus tard, le 21/6/1701 exactement, a lieu la pose de la première pierre de la nouvelle église rebâtie sur le site même de l'ancienne devenue trop petite. La nouvelle èglise sera finie fin novembre 1702. C'est à la même époque qu'un terrain est choisi près du Crêt pour y déplacer le cimetière qui jusque là se trouvait autour de l'église.

Mais les malheurs vont recommencer. En effet, allié de la France au début de la Guerre de Succession d'Espagne, le Duc de Savoie Victor Amédée II se joint à l'Autriche en 1703 à la demande de l'Empereur; mais une nouvelle défaite lui fait perdre la Savoie. S'ensuit alors une occupation tres dure de notre territoire par la France, à tel point que le Sénat de Savoie prèsenta un mèmoire à l'intendant français sur les excès commis par les troupes royales .

Momentanément brouillé avec l'Autriche en 1709, à qui il reproche de ne pas l'avoir soutenu contre les Français, Victor Amédée garde alors sa neutralité jusqu'au Traité d'Utrecht (1713) où il finit par faire libérer son Duché de Savoie occupé par l'armée française; il y reçoit de surcroît une partie du Milanais et le Royaume de Sicile, pour lequel  il obtient le titre de roi.
NB: cette île étant trop éloignée pour qu'il puisse la défendre, il négociera en 1720 avec l'empereur Charles VI l'échange du royaume de Sicile contre celui de Sardaigne, prenant ainsi le tître de roi de Sardaigne.

Traité d'Utrecht: Libération de la Savoie - La Maison de Savoie devient royale

C'est ainsi qu'après 10 ans d'occupation, les troupes françaises évacuèrent le pays en 1713, tandis qu'un certain nombre de soldats s'étant mariés à St Julien y demeurèrent. Apres avoir dans un premier temps (novembre 1713) décidé de la suppression de la judicature mage de Ternier et Gaillard, Victor Amédée II se rend aux arguments du Sénat de Savoie et , pour contenir les entreprises de Genève, il maintient la judicature-mage de Ternier et Gaillard, la nommant de ses propres termes, "la plus importante de toutes".

Le marquis de Ternier Prosper de Lucinges meurt à St. Julien le 29/4/1715. Le marquisat revient alors à Jacques d'Allinges qui épouse l'héritière Marguerite-Prospère de la Valdisere.

A cette époque a lieu une longue visite de Victor-Amédée à Annecy, puis Evian, au second semestre 1715. Puis une nouvelle visite se produit en 1724 à l'occasion du remariage du prince hèritier Charles-Emmanuel qui est célébré a Thonon. Sur le chemin du retour, le roi prend son dîner à Pomier le 23/8/1724. C'est cette même annèe 1724 qu'est décidé à St Julien l'aménagement du  Promenoir du Crêt. Le 11/7/1726 en route pour Evian, Victor Amédée et les principaux de sa cour couchent au château de St. Julien, et le reste à l'auberge des trois rois. Il abdiquera en faveur de son fils Charles-Emmanuel III le 3  septembre 1730 et s'établit à  Chambery ou il meurt en 1732.

En 1730, Victor Amédée II qui a initié dès 1728 l'établissement de la mappe sarde, avait ordonné le cadastrage des bailliages de Ternier et de Gaillard, encourageant les autorités genevoises à se pencher sur la question.

Charles_Emmanuel_III_by_Clementi.jpgEn juillet 1731, se rendant à Evian, le nouveau roi Charles-Emmanuel III , qui gouverna son royaume en despote éclairé, vint coucher à Pomier quelques jours après une tempête de grèle qui avait dévasté le pays. C'est aussi une èpoque ou les loups firent de grands ravages tandis que les autorités prenaient moult précautions pour éviter les rapports de la population avec Genève. Un édit du roi du 6/10/1733 régularisa le commerce de l'épicerie dans son royaume, fixant à un seul épicier le droit de commerce de détail à St. Julien. C'est Joseph Pissard, natif de Sallanches et regrattier (vendeur de sel), qui fut nommé à cette fonction.

En 1734, les autorités genevoises  rédigent un mémoire sur les différends entre les officiers du duc de Savoie et ceux de Genève suscités par le territoire, la juridiction et la religion, et les moyens d’y remédier; pour ce faire ils  proposent deux plans:
-  L’un prévoit la cession, en faveur de Genève, des bailliages de Ternier et Gaillard, dans lesquels sont enclavées les terres de Saint-Victor et Chapitre, ainsi que quelques villages de la souveraineté de Genève.
- L’autre propose l’abandon d’une partie des bailliages seulement, sans cession de grandes paroisses, mais seulement de quelques hameaux.

La voie aux négociations est ouverte:

Elles débutent en 1739, avant d’être interrompues par l’occupation de la Savoie dans la guerre de succession d’Autriche (1740-1748). Elles reprendront ensuite, pour aboutir, le 3 juin 1754, au traité de Turin.

L'occupation espagnole - 1743-1749

Lors de la guerre de la Succession d'Autriche, le Roi Charles Emmanuel a pris le parti des Autrichiens contre la Prusse, la France et l'Espagne. Le  2 septembre 1742, les troupes de Philippe d'Espagne rentrent en Savoie et l'occupent, exercant un pillage sans merci. Pour St. Julien, l'occupation commencera début février 1743 et durera 6 ans, portant la misère des populations à son comble. Enfin, suite au traité d'Aix la chapelle du 18/10/1748, les espagnols quittent la Savoie fin janvier 1749, emportant avec eux les malédictions de leurs innombrables victimes. Le Roi de Sardaigne recouvre alors ses droits sur la Savoie et comprend la nécessité de trouver un accord définitif avec Genève sur les frontières. 

Redécoupage des frontières - Le traité de Turin en 1754

Le 3 juin 1754, le traité de Turin met fin à des siècles de contestations entre Genève et ses voisins au sujet de leurs droits de juridiction respectifs. Genève cède à la Savoie Carouge, Veyrier, Bossey, Landecy, Onex, Lancy, Avusy, Villette et Presinge, en échange de quoi elle reçoit, en pleine souveraineté, Cartigny, La Petite Grave, Epeisses, Grange-Canal, Vandoeuvres, La Belotte et Gy.

Déjà en 1736, puis à nouveau en 1752, les autorités savoyardes avaient ordonné l’expulsion des étrangers protestants établis dans les terres de Saint-Victor et Chapitre. Aussi, en  ce qui concerne la religion, le traité accorde aux habitants ayant changé de souveraineté le libre exercice de leur foi pour une durée de vingt-cinq ans. Passé ce délai, ils pourront conserver leurs terres, mais devront les faire cultiver par des personnes de la religion admise dans l’Etat où elles se trouvent. On voit bien là la fracture que la religion a établie entre Genève et son arrière pays savoisien.


Par ce traité de Turin de 1754, le roi renonce définitivement à Genève et sa banlieue. Mais il récupère certaines terres y compris Valleiry, Neydens et Bossey. Ce traité institue aussi la liberté du commerce et le transit gratuit du sel. Le 21/7/1755 les temples protestants d'Onex, Valleiry et Neydens sont consacrés au culte catholique; celui de Bossey ne le sera qu'en 1799.

Le 28 aout 1770, face à une famine qui ravage la Savoie, le Sénat de Savoie ordonne la prohibition absolue du commerce de grains avec Genève, établissant un cordon militaire le long de la frontière genevoise. Cette prohibition s'exercera  jusqu'au 16 septembre 1775 entraînant la ruine des bailliages de Ternier et de Gaillard qui ne pouvaient plus exporter leurs récoltes à Genève, tandis que dans le même temps la ville était obligée de faire venir à grands frais des blés étrangers qu'elle revendait à perte à ses citoyens nécessiteux. Une autre conséquence de cette mesure fut l'envol  des dénonciations, d'autant plus que le prix des denrées saisies était attribué presqu'en totalité aux saisissants et aux dénonciateurs.

L'irritation était d'autant plus exacerbée que les nobles et les prêtres étaient la plupart du temps exonérés de ces tracas, causant bien du souci au juge-mage Claude-Pierre Paget qui était pris entre deux feux pour faire appliquer la loi.

Le 28 mai 1772, tous les habitants ayant éte convoqués dans la salle d'audience de la judicature mage, la Commune de Saint-Julien passait délibération pour accepter l'affranchissement général offert par le Roi. Elle délégua Louis Jacquemard, Jean-Louis Boimond et Jean-François Tissot pour établir les actes nécessaires afin de libérer la ville de "toute taillabilité, des laods, censes, servis, plaids et autres droits de cette nature auxquels les habitants peuvent être assujettis envers les vassaux et autres personnes qui possèdent des fiefs ou emphitèoses sur le dit territoire". On retrouve nombre de noms des vieilles familles St-Juliennoises dans cet acte signé FRERE.

 L'émergence de Carouge

Modeste village jusqu'en 1754, le bourg s'accroit rapidement à partir de la signature du traité de Turin. Par lettres-patentes du 2/5/1780, le Roi de Sardaigne Charles Emmanuel III crée la province de Carouge, formées des anciens bailliages de Ternier et Gaillard, auxquels on ajoute les mandements de Clermont, Chaumont et Cruseilles, d'Annemasse et quelques autres territoires. C'est l'émergence d'une ville nouvelle, Carouge, dont le Roi veut faire une ville importante face à Genève, capable de la concurrencer sur le plan économique. Différents architectes de renommée se succèderont pour dresser les plans de cette nouvelle ville sarde qui a conservé à ce jour quelques uns des magnifiques bâtiments construits à cette époque.

Ce fut un moment de déclin pour la ville de St Julien, qui perdit sa judicature mage au profit de Carouge, et dont nombre de notables vinrent s'établir dans la nouvelle cité royale. 

La République Française conquiert la Savoie 

Mais un séisme a lieu dans la France voisine. Le roi Louis XVI a été renversé et la République proclamée. Attaquée par les puissances européennes, la France se défend et passe à l'attaque. Le 22/9/92 , les troupes de la République Française emmenées par le général Montesquiou envahissent la Savoie et ne s'arrêtent qu'à Carouge, sans traverser l'Arve. Des députés sont élus le 14/10/1792 qui se réunissent à Chambéry le 21/10/1792 sous le nom d'Assemblée des Allobroges et demandent le rattachement à la France. Le 28/11/1792, la Convention Nationale exauce le voeu des Allobroges, et crèè le département du Mont-Blanc avec pour capitale Chambéry.

Rem. Alors que la quasi unanimité des communes représentées à l'Assemblée des Allobroges avaient demandé l'annexion de la Savoie à la France, il est interessant de noter que le général conquérant de la République préconisait lui la constitution d'une République indépendante en Savoie: "Je suis de ceux qui pensent que ce n'est ni l'intérêt de la France ni l'intérêt de la Savoie de se réunir...Je pense donc que ce qui conviendrait le mieux aux deux peuples serait la formation de la Savoie en république indépendante, alliée de la France: et ce qui dans la suite serait le plus utile à la Savoie, ce serait d'entrer dans la Confédération Helvétique." Voila ce qu'écrivait le Général Montesquiou à l'adresse de l'Assemblée des Allobroges depuis son QG de Landecy, le 28 octobre 1792. La lettre arriva (malheureusement?) trop tard, l'affaire avait été résolue.

Le Département du Mont-Blanc 

Le Département est divisé en 7 districts, et dans celui de Carouge, c'est Viry, et non pas St Julien, qui devient le chef lieu de notre canton. En 1795 et 1796 ont lieu les ventes des biens nationaux, propriétés saisies par l'Etat (biens du clergé ou d'émigrés) et mises en vente par adjudication. C'est ainsi entre autres que Louis Jacquemard devient propriétaire de la superbe propriété, connue aujourd'hui sous le nom de "Maison David", désertée par le noble Menaud de Bontemps qui avait cherché refuge à Genève dès l'invasion des troupes françaises. De la même façon, le juge de paix du canton Etienne François Pissard se porta acquéreur le 3 thermidor de l'An IV du couvent des Capucins pour la somme de 12003 livres payés en assignats, ainsi que de nombreuses autres propriétés qu'il revendit rapidement pour la plupart.

 

dept Mont-blanc.jpg

 Le Département du Mont-Blanc - chef lieu Chambéry

Le nouveau département du Léman

Mais posséder la Savoie n'est pas assez pour les révolutionnaires français qui traversent l'Arve et occupent Genève le 15/4/98. S'ensuit alors la création d'un nouveau département dont Genéve est le chef lieu: le département du Léman regroupe  le nord du département du Mont-Blanc, mais pas Annecy qui, restant attaché au département du Mont-Blanc, se voit donc séparé une nouvelle fois du nord du Genevois. A cette exception notoire près, le département du Léman regroupe une grande partie de la Haute-Savoie actuelle,  ainsi que le canton de Genève et le Pays de Gex. Aprés 800 ans de séparation administrative, notre territoire est donc enfin réuni avec Genève.....

 Carte Leman.jpg

Le département du Léman, avec Genève comme préfecture 

Mais la République vivait ses dernières heures: après le Directoire, elle allait bientôt laisser la place à Bonaparte, et à l'Empire....

Annexes

 Population de l'agglo genevoise.jpg

250 ans ont été nécessaires à l'agglomération genevoise pour gagner 10000 habitants entre la Réforme et l'Empire. A mettre en perspective avec l'accroissement démographique actuel. 

Sources et bibliographie:
www.sabaudia.org
César Duval : Ternier et Saint-Julien
Abel Jacquet: Saint-Julien-en-Genevois
Jean de Pingon: Savoie française - Histoire d'un pays annexé
Collectif: La Savoie en dates et en cartes
Collectif: Crises et révolutions à Genève - 1526 - 1544 
Paul Guichonnet: plusieurs livres et publications

27/04/2013

Acces Ouest de St Julien - A quoi joue le maire?

Lors du dernier Conseil Municipal, nous avions à voter pour l'arret du PLU avant la concertation de la population. A l'inverse d'Antoine Vielliard, leader de l'opposition qui a voté contre, ainsi que 6 élus de l'opposition, je me suis abstenu, ainsi qu'une autre co-listière. En effet si ce PLU comporte de bonnes choses,  j'ai vigoureusement protesté contre le fait qu'il ne tenait pas suffisament compte des problèmes de circulation, prèoccupation majeure de notre ville et de sa population aujourd'hui. J'ai d'ailleurs le sentiment que la municipalité actuelle n'a pas du tout pris la mesure de l'engorgement de notre ville et qu'elle traite ce problème par dessus la jambe. Malgré cela, j'ai estimé qu'il valait mieux adopter un nouveau PLU que rester sous l'emprise du POS, ce qui pourrait être très préjudiciable à notre cadre de vie.

Pour revenir aux problèmes de circulation, je ne parlerai pas de l'accès du nouveau quartier de Chabloux dont la réalisation est sujète à un accord à trouver avec la Société HLM du Mont-Blanc. Il s'agit en effet de démolir un immeuble pour laisser la place au futur mail de desserte du quartier. Qui dit démolition d'un HLM dit relogement des habitants; ce qui, compte tenu des négociations en cours, ne sera vraisemblablement pas fait avant 2 à 3 ans. Entre temps, les nouveaux habitants du quartier n'ont pas de solutions satisfaisantes de desserte, et on voit aujourd'hui ceux-ci utiliser la rue du Belvèdère, qui n'a pas vocation à cela, ou pire, de nombreuses voitures prendre la route de Thairy en contre sens, avec tous les dangers que cela comporte. Face à cette situation,  la mairie ne fait rien. Jusqu'au jour ou il y aura un accident grave!

Quant à l'accés ouest de la ville qui est le sujet de cette note, lors du même Conseil Municipal, je me suis faché tout rouge par rapport aux tracés indiqués sur les documents en préambule du PLU. En effet, alors que le maire a indiqué à plusieurs reprises, qu'outre leur proposition de doublement de la rue des Sardes,  ils acceptaient d'étudier la proposition alternative que j'ai faite de relier la route de Viry au rond point de l'Intermarché, je me suis rendu compte que le tracé indiqué sur leurs documents n'avait rien à voir avec ma recommandation.

En conclusion: le maire dit qu'il étudie ma proposition, mais il n'est pas capable de situer le tracé de la route tel que je le suggère; parallèlement, il insinue que mon tracè serait dommageable à l'environnement. Soit il ment, n'ayant aucune intention de considérer une alternative à leur projet, soit il est  incompétent, n'allant pas au fond des choses, alors que ce projet est l'un des plus cruciaux pour l'avenir de la commune.

Rappelons les faits:

Il est indispensable d'ouvrir un accès routier à l'ouest de la ville pour permettre la desserte du quartier de Chabloux: ce point fait consensus. La divergence profonde vient de la solution préconisée par la mairie et par celle que je défends.

La solution de la mairie

Comme on le voit sur la carte ci-dessous, il s'agit de doubler la rue des Sardes qui déboucherait sur un rond point sur la route de Lyon puis filerait par l'ancienne route de Lyon vers la voie ferrée qu'elle traverserait par en dessous pour rejoindre la route de Viry. Cela implique de construire un nouveau pont sur l'Aire parallèle au Pont Manera.

variante 1.jpg

Cette solution n'aura pour effet que de crèer un gigantesque embouteillage au niveau du Rond Point sur la Route de Lyon au débouché de la rue des Sardes. C'est une solution à courte vue qui ne prend pas en cause la magnitude de l'enjeu.

 

Ma solution

Acces Ouest -Tracé recommandé2.JPG

Apres la voie ferrée le tracé part à gauche en double sens, avec une voie à sens unique à droite

J'ai déja indiqué dans une note du 3 octobre 2011  quelle était ma proposition, que j'ai appelée 3bis: Si le franchissement de la voie ferrée se fait pratiquement au même endroit, le tracé et la philosophie de l'accès ouest divergent complétement avec la proposition de la municipalité.

Premier point:  ma solution permet 2 entrées supplémentaires au lieu d'une seule. Sachant que la mauvaise accessibilité de notre ville est un point majeur qui entrave le commerce et l'activité économique, la solution que je préconise est meilleure que celle de la mairie.


D'autre part, c'est une solution beaucoup plus pérenne qui répond bien mieux aux besoins futurs de la ville, et ce d'autant plus si le bassin biologique projeté dans la plaine de l'Aire se réalise prochainement.

Enfin, elle assurera une desserte beaucoup plus fluide que celle que propose la mairie, sans embouteillage, et beaucoup plus favorable à la mobilité douce.

Acces Ouest cadre 1.JPG

Acces Ouest Cadre 2.JPG

 

Quant à la nuisance sur l'environnement, il suffit de regarder les deux photos ci dessus pour comprendre que l'environnememt ne sera pas dégradé par ma proposition, mais bien plutôt amélioré.

Mais, ce qui me fache et me conduit à fortement douter de la bonne foi de cette municipalité est que, en me rendant sur le terrain pour valider la faisabilité de ma proposition, j'ai découvert que la mairie avait accordé un permis de construire le 27 avril 2012, soit il y a moins d'un an, à une entreprise de démolition. La mise en oeuvre de ce permis  empécherait la réalisation du tracé que je recommande.

 Acces Oust Cadre 3.JPG

Une fois de plus, le maire est pris en flagrant délit de mensonge, lui qui pérore à tout va ne pas vouloir prendre des dispositions qui rendraient des projets futurs irréalisables. Avoir délivré ce permis en catimini, tout en jurant son ouverture d'esprit pour étudier des projets alternatifs aux siens, est une incongruité dont il ne sort pas grandi, pour ne pas dire pire.

20:28 Publié dans Saint-Julien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : circulation st-julien, acces ouest, chabloux | | | Digg! Digg | | |  Facebook

26/04/2013

Les Chemins de Fer en Haute-Savoie

André Duval, ancien président de la CCG est opposé au tram de St Julien: il préconise plutôt une liaison ferroviaire entre la ligne SNCF actuelle entre St Julien et Annemasse et la gare de la Praille. Voici ci-dessous une étude sur les chemins de Fer de Haute-Savoie qui ne manque pas d'interet et qui peut enrichir le débat. 

 

Quelques réflexions autour du chemin de fer en Haute-Savoie

 

 Un peu d’histoire :

Les voies ferrées se sont fortement développées en Haute Savoie entre 1850 et 1905 : Culoz vers Geneve (1858) vers Thonon (1880), Aix-les-Bains vers Annecy (1866), vers La Roche (1883), vers Cluses (1890), vers le Fayet (1898) pour les voies normales et d’Annemasse à Samoëns (1892), Annecy à Albertville (1901), Annecy-Thônes (1898), Le Fayet Chamonix (1901) pour les voies métriques.

Après un arrêt jusqu’après la guerre de 1914,  de nombreux projets ont été envisagés dans les années 1920 : Seyssel-Annecy par Frangy, Saint-Julien –Annecy, Fillinges-Boëge et Habère-Poche, Thonon-Abondance et le Biot. Certains de ces projets ont eu des premières réalisations mais aucun n’a été au bout pour manque de finances et pour concurrence avec l’automobile.

Fernand David  va cependant à Paris chercher des crédits pour financer ces infrastructures qui exigeraient plus de 20 000 000 de francs de capitaux et n’obtient qu’un petit million.

Finalement les lignes à voies métriques soit ne sont pas réalisées soit sont abandonnées, la dernière celle de Samoëns en 1959. Il ne reste que la ligne  du Fayet à Chamonix, puis vers Martigny en Suisse.

Un exemple  en Suisse : le Canton des Grisons

Ce canton a connu le même développement des chemins de fer légèrement plus tardivement entre 1880 et 1913 mais uniquement à voies étroites ou métriques. Comme en beaucoup d’endroits en Suisse ce réseau s’est maintenu jusqu’à nos jours et irrigue l’ensemble du territoire avec 360 kilomètres de voies ferrées. Un dernier tunnel de 19km a été creusé et mis en fonctionnement en 1999. Il vient d’être reconnu au patrimoine mondial par l’Unesco. Les raisons de cette réussite : une présence touristique importante en hiver et en été, une homogénéité du réseau, un pays très montagneux, et une réglementation moins technocratique laissant plus de place à l’initiative individuelle. Il faut ajouter à ces raisons aussi une productivité qui n’a rien à envier aux grandes compagnies ferroviaires européennes.

Quelques statistiques 2011: L’entreprise a transporté  10 654 000 voyageurs ou 300 000 000 voyageurs*km, 813 000 tonnes de marchandises, 436 000 voitures pour un chiffre d’affaire de 320 000 000 CHF, les touristes comptent pour 60% des voyageurs mais 80% des recettes correspondantes. L’ensemble des recettes de la clientèle couvre 60% des charges de fonctionnement et 30% de celles d’investissement ce qui est remarquable pour un système de transport collectif.

 En France

Revenons d’abord à la Haute-Savoie qui a vu ses lignes à voies étroites abandonnées ou non réalisées. On peut dire que la seule ligne restante celle qui relie le Fayet à Chamonix et au Valais le doit à sa relation avec la Suisse. Elle connaît actuellement un regain d’intérêt avec aux heures de pointe une fréquence de passage de l’ordre de 20 minutes. Par ailleurs pour le réseau à voies normales les lignes ne sont qu’à voie simple et donc de capacité limitée. Peu de travaux ont été réalisés depuis l’électrification. Pour des raisons bien obscures des aménagements comme le shunt d’Etrembières  sont toujours en question sans début de réalisation. Peut-être que la décision du doublement de la voie Aix-les Bains Annecy a été prise.

 

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En jaune, le tracé du shunt d'Etrembieres qui permet un acces direct à la vallée de l'Arve

 

 

 

 

Une étude menée sous l’égide du ministère de l’environnement décrit une situation assez catastrophique des chemins de fer français.  Tous les investissements ont été consacrés depuis 20 ans au seul TGV, les lignes normales n’ont pas été entretenues et beaucoup en mauvais état obligent à des ralentissements anormaux.

Les TER en  charge des Régions ont une rentabilité très faible, seules 25% des charges sont couvertes par les recettes clients. Tout compté les recettes globales de la SNCF couvrent 50% des charges. La coordination entre TGV, TET, Trains intercités, TER est loin d’être optimale. Selon cette étude il faudrait décider d’un moratoire sur les nouvelles lignes TGV dont les rentabilités sont moindres que les premières réalisées, celles-ci  couvrant, il est vrai, la totalité de leurs charges de fonctionnement.

La productivité de la SNCF a pris un  certain retard par rapport aux chemins de fer allemands qui se sont ouverts plus largement à la concurrence. Ceux-ci ont aussi bénéficié d’une politique plus volontariste d’effacement de leurs dettes, alors qu’en  France on n’a utilisé qu’une manière déguisée de soustraire les dettes à l’exploitant en séparant SNCF et RFF.

La même étude constate que le chemin de fer est adapté à deux types de besoins : celui des liaisons entre grands centres de population, et celui des services de banlieues pour les pendulaires. En dehors de ces utilisations, l’automobile ou l’autobus du coté du transport de personnes ou le camion coté transport de marchandises par leur souplesse sont mieux adaptés, oubliant ici les problèmes environnementaux*. On le verra dans le chapitre suivant le moyen de transport efficace pour l’intérieur des zones denses semble être le tramway.

* Pour un voyage aller-retour à Lyon Perrache depuis Saint-Julien-en-Genevois un bus rempli à 60% a coûté 17,5 € par personne, le billet de train aurait coûté 55 €,  de plus l’horaire du bus était à la demande. Notons toutefois que nous n’avons pas évalué ce qu’aurait coûté le billet de groupe auprès de la SNCF.

Transport et Genève

Il est intéressant d’analyser maintenant le système de transport dans l’agglomération genevoise, il concerne de manière assez notable l’ensemble du département. Les mouvements pendulaires sont, du fait d’une séparation de plus en plus nette entre les emplois qui sont à Genève et les habitants en France, très lourds.

D’abord le train est utilisé pour deux directions, celle de Lausanne avec des fréquences de moins d’un quart d’heure aux heures de pointe et celle de Bellegarde avec une moindre fréquence de l’ordre de la demi-heure. Pour des distances respectives de 60km et 35 km les temps de parcours sont de 48 et 34mn ce qui est très satisfaisant.

Ensuite à l’intérieur de l’agglomération, ce sont les trams qui ont la meilleure rentabilité si on oublie les coûts d’infrastructure, la couverture des charges de fonctionnement par les recettes de transport est de l’ordre de 50%. Les vitesses commerciales sont en moyenne de 15kmh avec une ligne à 19kmh. Les trolleybus ont des résultats du même ordre 47% de taux de couverture, vitesses commerciales équivalentes entre 13 et 16kmh50. Enfin le troisième moyen, l’autobus, a des caractéristiques beaucoup plus dispersées. Les voies réservées en particulier devant les feux de circulation leur permettent des vitesses allant jusqu’à 25kmh, mais les taux de couverture des charges varient de 7% pour les lignes dites petites à 54% pour une grande ligne.

Quelques premières conclusions.

Les statistiques de l’INSEE donnent une bonne référence pour discuter de la place de chacun des moyens de transport sur le département et vers Genève en particulier. Ce qu’elles disent : en moyenne les Français habitent à 26-30km du lieu de travail et leurs trajets sont de l’ordre de 35minutes. Ainsi les frontaliers qui habitent à l’intérieur de ces 30km ne devraient pas mettre plus de temps pour aller travailler.

On a vu que le train offrait une solution admissible selon ce critère aux habitants de Bellegarde. Le tramway ne peut pas être pris en considération vu sa vitesse de service pour ces frontaliers, sinon partiellement en fin de trajet. La même conclusion peut être tirée en ce qui concerne le trolleybus. La voiture individuelle, si la route n’est pas encombrée par les pendulaires, et l’autobus s’il peut éviter les goulots d’étranglement grâce aux voies réservées, seraient sous ces conditions des solutions intéressantes. Mais la réservation sur longue distance en zone rurale est difficilement concevable. Donc dans beaucoup de cas le train reste la seule solution. C’est pourquoi pour l’entrée sud de Genève le barreau sud(liaison entre la voie Saint-Julien-Bossey et la gare de La Praille) est indispensable, le CEVA pouvant apporter la solution pour l’est de la Savoie du nord. Le tram de Saint-Julien  pour le territoire au delà de Saint-Julien  n’a que très peu d’intérêt, ne pouvant être qu’une partie du trajet parmi un minimum de trois et donc de durée supérieure à l’heure, la solution BHNS (bus à haut niveau de service) aurait été une solution  suffisante et plus sage, vu son intérêt limité,permettant au barreau sud de gagner plusieurs années.

 

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Un tracé ferroviaire(en rouge) proposé pour relier la ligne SNCF du Salève à la gare de la Praille

 

On pourrait rêver que les projets envisagés dans les années 1920 soient tous réalisés et que la Haute-Savoie bénéficie d’un réseau complet de trains du type de celui des Grisons.  Il apporterait des solutions à beaucoup de problèmes pour les pendulaires vers Annecy et Genève, pour les accès aux stations de ski ….Son coût réduit, infrastructure et matériels roulants, par rapport à un réseau à voies  normales est un grand avantage.

André Duval
mars 2013

Je me suis permis, pour une meilleure compréhension et visualisation de ce que propose Andé Duval d'inclure 2 cartes qui illustrent ce qu'il en est du shunt d'etrembières, qui permet d'éviter l'arret en gare d'Annemasse pour aller vers la vallée de l'Arve, et aussi d'un tracé possible(approximatif) reliant la ligne SNCF St Julien-Annemasse à la gare de la Praille (avec connexion au CEVA).

Si la proposition d'André offre une bonne réponse aux problèmes de transport du territoire sud de Genève, elle me parait être entachée de 2 faiblesses.

Au jour d'aujourd'hui, le projet de tram vers St Julien semble être acté par Genève et la Confédération qui est prête à en prendre 40% à sa charge. Proposer cette nouvelle option risquerait à mon sens de menacer la probabilité de voir le tram se réaliser sans aucune garantie que ce projet ne soit approuvé, car on sait à quel point les genevois n'aiment pas voir leur campagne dénaturée.

D'autre part, s'il n'existait pas une voie directe Bellegarde - Genève, une telle proposition prendrait tout son sens, mais du fait qu'elle existe, je ne pense pas que les Genevois soient favorables, pour les mêmes raisons environnementales, à un nouveau tracé dans la campagne qui ne serait utile qu'aux frontaliers français.

Ce qui ne veut pas dire qu'une telle solution ne s'impose pas à la fin du XXIème Siècle, car évidemment elle a du sens. Selon la bonne règle du "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras", je considère que notre intéret à court terme est de soutenir le projet du tram. Quiand nous l'aurons, on pourra voir......

23/04/2013

Le mariage gay justifie t-il les manifestations qui parcourent la France?

J'ai été interpellé récemment par une lectrice de ce blog qui me demandait quelle était ma position par rapport au mariage gay, aussi appelé par la majorité "mariage pour tous" et dont la loi l'autorisant vient d'être votée aujoud'hui.

Voila un sujet sensible, qui, quelle que soit la position prise, attirera à son auteur le désaveu de 50% de l'opinion, puisque c'est à peu près la ligne de partage dans le pays sur le projet de loi. Il n'y a donc rien a gagner à afficher son opinion sur un tel sujet, mais cela ne me géne pas pour exprimer ce que je ressens.

Je considère que comme la peine de mort en son temps, le mariage gay relève de la conviction personnelle et non pas d'une orientation politique gauche ou droite.

Pour ma part je n'y suis pas favorable, en tant que "mariage", car j'aurais préféré que l'on aménage le Pacs pour lui donner les mêmes droits qu'au mariage et ainsi  donner aux gays les mêmes droits qu'aux mariés hétérosexuels. Mais je n'y suis pas non plus hostile car il est en effet normal que tout un chacun bénéficie des mêmes droits, quelle que soit sa préférence sexuelle.
 
Quant à l'adoption, j'ai mes réserves car souvent l'enfer se cache dans les détails et je n'ai pas suffisamment étudié les détails de la loi pour avoir un jugement définitif. Il me semble cependant que l'on fasse trop de cas de ce que propose la loi, puisqu'un célibataire a droit à l'adoption. On ne voit donc pas pourquoi un couple d'homos ne le pourrait pas; il lui suffirait de se déclarer célibataire pour contourner la loi. Metttre fin à cette hypocrisie me parait donc tout à fait légitime. En revanche, remplacer les notions de pére et mère, qui s'appliquent dans 95% des cas,  par parent 1 et parent 2, pour 5% des cas seulement, me parait totalement grotesque.
 
Cependant, il est hors de question pour moi de participer à une quelconque manifestation contre cette loi, et ce pour une raison simple: j'aime la cohérence et la responsabilité personnelle. Mr Hollande avait mis cette mesure à son programme; la mesure No 31. Il l'applique, ça ne me choque pas, même si ça ne m'emballe pas, ni ne me gène d'ailleurs.
 
Ce sont les 2 millions d'électeurs qui ont voté blanc lors des Présidentielles de  2012 et permis la victoire de Mr Hollande face à Mr Sarkozy qui ont décidé. S'ils s'en mordent les doigts aujourd'hui, ça ne les disculpe pas pour autant de leur responsabilité!....
 
Qu'ils en assument donc les conséquences démocratiquement!
 
J'ai suffisamment pesté contre la dictature  de la rue quand la droite était au pouvoir pour la soutenir aujourd'hui. La différence c'est que la gauche n'y cède pas, et pour moi, c'est son droit démocratique: elle applique son programme, sur lequel elle a été élue. Il n'y a donc rien à dire la dessus.
 
Quand la droite reviendra au pouvoir, elle ferait bien de s'inspirer de cet exemple et de mener ses réformes à leur terme , quelle que soit l'attitude de la rue. C'est comme cela qu'on doit diriger un pays démocratique.

21:11 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage gay, frigide barjot | | | Digg! Digg | | |  Facebook

22/04/2013

La Main d'oeuvre française peut-elle encore lutter à armes égales?

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(Directeur Commercial)

Voila le courrier que je reçois sur ma boite mail ce matin, et ce n'est pas le seul de cet ordre. On peut comprendre que les ouvriers français se tournent vers les partis extremes qui dénoncent cette Europe, source d'appauvrissement pour les populations. Une fois de plus, nos amis politiciens ont joué aux apprentis sorciers en permettant la libre circulation entre les pays d'Europe aux niveaux de vie fort différents sans y mettre de garde-fou, créant ainsi une spirale négative qui tire tout le monde vers le bas.

13:09 Publié dans Economie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marché du travail | | | Digg! Digg | | |  Facebook

21/04/2013

Félicitations à Laurent Delahousse

 

Laurent-Delahousse.jpg

Je viens de regarder l'émission 13:15 le Dimanche, présentée sur France 2 par le talentueux Laurent Delahousse, et dont l'invité était Marine Le Pen.

La raison pour laquelle je tire mon chapeau au journaliste de FR2, c'est que c'est la première fois que je vois une interview intelligente de la Présidente du Front National. Pour une fois, on ne sentait pas de haine de la part du journaliste envers la jeune femme qui a pu s'exprimer sur le fond et aborder des sujets interessants, sans qu'on lui ressorte à chaque détour de phrase les dérapages de son père.

Voila enfin du bon journalisme ou l'interviewer, sans se coucher devant l'interviewé, respecte la parole de celui qui est invité pour exprimer sont point de vue, et sait poser des questions de bon niveau. J'ai tout particulièrement apprécié la question concernant la mine affichée par Jean-Marie Le Pen à l'annonce des résultats du premier tour de la Présidentielle 2002. C'ètait effectivement quelque chose qui méritait d'être compris et Marine Le Pen a eu le loisir de pouvoir expliquer qu'à ce moment là, le FN n'était probablement pas pret à gouverner, et que son Président réalisait la responsabilité qui lui incombait.

Bravo Mr Delahousse, et que votre exemple puisse inspirer vos collègues!...

18/04/2013

Des roses qui gagnent ça existe

Malheureusement ce n'est pas du gouvernement socialiste dans sa lutte contre le chômage, dont je parle! Cela aurait été une bonne nouvelle. Non, je veux bien entendu parler de la magnifique victoire de l'ETG face au PSG hier soir à Annecy. Comme quoi, il est toujours possible de renverser les pronostics; et il est réconfortant de voir qu'un David courageux et motivé puisse renverser un Goliath suffisant. un bon rappel aux élites parisiennes qui ont tendance à mépriser les petits provinciaux. J'ajouterai que hier soir, j'étais fier d'être savoyard, non pas seulement pour la victoire, mais je pense que le public annécien à donné à l'ensemble du pays (le match était télévisé) une formidable image de notre département et de sa population. Bravo l'ETG, et maintenant il faut aller jusqu'au Stade de France..... Et bien sur se maintenir en Ligue 1

21:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : football, etg.psg, annecy | | | Digg! Digg | | |  Facebook

17/04/2013

Le voyeurisme républicain est-il bon pour la France?

Voila, c'est fait! Désormais, nous pouvons établir le hit parade financier de nos ministres. Nous avons 3 Millions de chomeurs, mais ce n'est rien en contrepartie du plaisir que nous allons pouvoir tirer au café du commerce en glosant sur le patrimoine de ceux qui nous gouvernent. En tous cas du patrimoine déclaré et pas forcément réel (on l'a bien vu dans le cas de Jérome Cahuzac) d'autant plus que les oeuvres d'art en sont exclues. Quand on sait qu'un tableau de maître peut valoir plusieurs millions (ou dizaines de millions), c'est une astuce bien opportune pour un fils d'antiquaire qui se voit dispensé d'avoir à déclarer plusieurs millions supplémentaires probables. C'est vrai qu'un homme de gauche se doit d'être pauvre!.... Faute d'être crédible dans son rôle de défenseur des damnés de la terre.

Et cette dispense est d'autant plus opportune, tant il est vrai qu'en France pays de la jalousie et de l'envie, il est indispensable de pouvoir produire un certificat de pauvreté pour faire de la politique. Il est vrai que l'exemple vient d'en haut puisque notre président n'aime pas les riches.... En tous cas ceux qui se déclarent comme tels.....

Si on y réfléchit bien, c'est une vision bien curieuse du monde. Pour ce qui me concerme, j'aurai plutot tendance à faire plus confiance à quelqu'un de fortuné pour diriger les affaires publiques qu' à un pauvre. Et je vais m'en expliquer.

Aux USA, être riche est une preuve de valeur individuelle. Si quelqu'un est riche c'est qu'il a soit du talent, soit qu'il a beaucoup travaillé, soit les deux.... Il n'y a pas la même suspicion de malhonneteté envers lui que chez nous, où la richesse est suspecte!

N'est il pas plutôt inquietant de confier le ministère de l'Economie et des Finances à un quincagenaire qui déclare un patrimoine de seulement 200 000 €. Voila bien une preuve de son incapacité  à bien gérer ses propres affaires. Alors lui confier les cordons de notre bourse commune, cela me glace d'effroi.....

D'autre part, j'aurai plutot tendance à moins me méfier d'un nanti qui à priori serait moins tenté de mette les mains dans le pot de confiture qu'un desargenté dont les besoins ne sont pas satisfaits, et qui pense avoir  trouvé en politique le moyen de s'enrichir vite. D'ailleurs si Mr Cahuzac a fraudé le fisc, ce qui, dans sa position de ministre du budget, est une faute inexcusable, on ne peut lui reprocher d'avoir utilisé son poste pour s'enrichir.

Cela rend donc caduque et sans objet cette obligation de déclarer son patrimoine, puisque ce qui n'est pas acceptable, c'est l'enrichissement malhonnête au cours d'un mandat en utilisant les facilités que ce mandat confère à son détenteur. Mais pour calmer la colère du peuple, à quoi nos gouvernants ne sont-ils pas prêts en leur offrant toutes sortes de grigris démagogiques. C'est vrai qu'en guise de République irréprochable, on est servi! A force de donner des leçons de morale à tour de bras, c'est assez coquasse que le boomerang revienne en pleine figure de notre gauche bien pensante et donneuse de leçons....

Qui viendrait mettre en doute la motivation de faire du bien d'un Bill Gates , qui fut longtemps l'homme le plus riche du monde, quand il crée une fondation humanitaire pour redonner à la socièté un peu de ce qu'elle lui a apporté. Bien sûr, il y aura toujours des bonnes ames qui trouveront que ce qu'il fait est tout à fait normal et que probablement il n'en fait pas assez. Ce sont les mêmes qui ne trouveront rien à redire à la rapacité dont témoigne une famille de pauvres qui voie une occasion de s'enrichir à bon compte quand l'un de leur membre a le malheur de décéder lors d'une émission de télé réalité plutot que tout seul sur son vélo. Une telle occasion de se faire de l'argent rapidement, ça ne se laisse pas passer, d'autant plus qu'il y a surement quelques bons avocats derrière eux pour les conseiller et toucher le jackpot, à partager évidemment.

Désolé, mais pour moi, le sens de l'honneur est le même, que l'on soit riche ou pauvre!.... et malheureusement, dans notre société moderne si apre au gain, il se perd: tant l'argent corrompt tout.

Le problème, ce n'est pas le patrimoine de nos élus, c'est bien plutot leur capacité à bien gérer le pays et à privilégier l'intéret général, au risque de prendre des mesures impopulaires. Mais quand l'enrichissement, ou  se dorer sous les ors de la République le plus longtemps possible , est la motivation principale pour entrer en politique, on peut être sur que ce n'est pas l'interet général qui guidera les actions de nos élus. Si l'on veut faire partie de la "classe politique", il ne faut surtout pas faire de vagues et prier pour que ça dure le plus longtemps possible.

A Singapour, pays de 3 Millions d'habitants  modèle de gestion étatique, et l'un des pays les moins corrompus au monde, le Premier Ministre gagne 20 fois plus que notre président. Pourquoi ce peuple intelligent a t-il pris une telle décision? Tout simplement, parce qu'ils veulent le meilleur pour les diriger, et qu'ils sont prêts à payer pour cela, en toute transparence! Ils ne veulent pas se contenter d'un politicien de seconde zone qui accepte de gagner moins  que n'importe quel cadre supérieur parisien.

C'est pourquoi en France , on triche! Les salaires sont faibles, mais les avantages en nature sont immenses. Quelle hypocrisie! Et tout cela parce que la suspicion et la méfiance que temoignent les francais envers ceux qui ont le courage de prendre des risques et de s'exposer, que ce soit dans le privé ou dans la conduite des affaires publiques, ne toléreraient pas la vérité.

En France, on n'est pas prêt à payer les talents a leur juste valeur ( a l'exception des footballeurs bien sur). Parallèlement ce climat de suspicion et d'envie fait que l' on ne peut non plus croire et accepter que quelqu'un fasse quelque chose pour le bien commun, sans y chercher son interet. "S'il fait cela, c'est qu'il y a des raisons", voila l'antienne que le bon peuple de France décrète depuis son canapé.  Je suppose d'ailleurs que nombre de mes lecteurs doivent se demander quelles sont mes motivations secrètes pour écrire ce blog. Il doit bien y en avoir pour que j'y consacre plusieurs heures de mon temps hebdomadaire......

Pauvre France!.... Cet état d'esprit te détruit. Les meilleurs d'entre nous s'en vont chercher fortune ailleurs, et créer les emplois générés par leur talent, leur courage ou leur labeur, dans d'autres pays plus accueillants pour les entrepreneurs.  Ou alors ils appliquent le fameux adage "pour vivre heureux, vivons cachés". Ce n'est pas comme ca que l'on va encourager les politiques courageux ou les entrepreneurs à s'exposer. Et au final, les victimes de ce manque d'initiatives, ce sont tous les français....

19:13 Publié dans Politique Française | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : déclaration de patrimoine des élus, voyeurisme | | | Digg! Digg | | |  Facebook