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09/03/2013

La vie à St Julien vue par Le Figaro

Voici un article paru dans Le Figaro du 6 mars 2003. Un témoignage interessant qui dévoile comment un journaliste "parisien" voit notre ville. Même si tout n'est pas rose dans ce qu'elle décrit, on ne peut s'empécher de penser que de tels articles concourrent à convaincre encore plus de jeunes français à venir tenter leur chance dans notre territoire. Ce qui ne va pas aider à apaiser la pression immobilière ni à résoudre les problèmes de circulation qui nous pourissent la vie.

La Suisse, paradis de l’emploi des jeunes frontaliers

Plus de 50.000 jeunes Français traversent la frontière pour profiter des hauts salaires suisses tout en s’acquittant de loyers plus modérés en France. Témoignages.

 

Ils font l’aller-retour tous les jours, sans regarder en arrière. Sophie habite en Haute-Savoie à Saint-Julien-en-Genevois mais travaille à Genève .Pour parcourir les 8 kilomètres qui séparent les deux villes, elle met parfois une heure voire deux à cause des embouteillages. Tous les matins, une armée de pare-chocs français se rue vers la Suisse .Chaque année, ils sont toujours plus nombreux à construire leur vie professionnelle au-delà de la frontière. Fin 2012, la moitié des 264.000 étrangers travaillant en Suisse est française. Parmi eux, 50.200 jeunes de 20 à 29 ans.

Trajets quotidiens pour salaire de rêve

Depuis le balcon de leur appartement à Saint-Julien, Sophie et son compagnon ont vue sur Genève. Travaillant à seulement quelques kilomètres l’un de l’autre, leurs salaires font le grand écart. Si tous les deux sont ostéopathes, Sophie gagne 5500 euros nets par mois quand son ami n’en touche que 2000 en France. Situation qu’elle qualifie de «complètement incohérente, hallucinante». Lassé, son copain a voulu se faire lui aussi sa place au soleil: il a été embauché en Suisse et commence la semaine prochaine.

A Saint-Julien, un tiers des habitants s’exporte au pays du chocolat et trouve ça «bizarre de travailler en France». Bonnes paies d’un côté et loyers moins chers de l’autre, le pouvoir d’achat n’en est que meilleur. Les jeunes ont vu leurs parents à l’oeuvre durant des années et suivent le mouvement une fois sur le marché de l’emploi. «Une fois le diplôme en poche, on cherche directement en Suisse», confie Matthias. Chaque jour, cet ingénieur en aménagement du territoire prend sa voiture puis deux trains pour arriver au travail. Un trajet largement rentabilisé: à poste et horaires équivalents, il empoche 1500 euros de plus que dans l’Hexagone. Si bien qu’il a déjà acheté son propre appartement en France à seulement 26 ans. «Je rembourse 850 euros mensuels, détaille-t-il. Avec un salaire français, je n’aurais jamais pu être propriétaire si vite».

L’assurance santé, «spéciale frontalier», ne leur coûte qu’une centaine d’euros par mois. Pour le moment. En 2014, le régime pourrait changer et la couverture maladie s’élever à 8% de leurs revenus dorés, ce qui reviendrait à 440 euros mensuels pour Sophie. La jeune femme a déjà étudié le problème. «Au pire, on se fait domicilier en Suisse. Le coup de l’installation fictive, c’est très simple». Tranquille.

«Les Suisses ne veulent pas se salir les mains»

Mais de l’autre côté de la frontière, les Français n’ont pas la cote. Même s’il ne s’élève qu’à 5%, le taux de chômage genevois est le plus mauvais du pays. «Les Suisses pensent qu’on ne fait que leur voler leurs emplois et boucher leurs routes, raconte Matthias. On est leurs immigrés: les responsables de tous les maux».

Aucun scrupule pour ces jeunes Français qui estiment être de la main d’oeuvre bon marché et volontaire. «Les Français font les boulots que les Suisses ne veulent pas faire comme secrétaire ou caissier» continue Matthias. Il y a quelques années, Sophie était serveuse dans un bar suisse, payée 17 euros de l’heure. près de deux fois le Smic horaire français. «Ici, c’est très mal payé! atteste pourtant Sophie. Personne ne voudrait le faire». Son employeur actuel est venu recruter jusque dans son école à Lyon .Il voulait des jeunes prêts à travailler soirs et weekends, pas comme les jeunes Suisses «trop attachés à leur confort».

Même son de cloche chez Frédéric* ,un ancien employé du Golf Club de Genève, qui dénonce même une stratification des postes par nationnalité. «Les locaux ne veulent pas se salir les mains. Ils occupent les hauts postes, les Français ont les intermédiaires: serveurs, barmans, maîtres hôteliers. Et dans l’ombre, à la plonge ou au ménage, ce sont les Portugais, les Espagnols. Sur les chantiers, les Albanais et Kosovars». Il faut tenir la pression: en Suisse, une «incompatibilité d’humeur» avec le patron peut valoir un licenciement .Mais tout justifie un tel salaire, qui leur permet de construire ensuite des villas de rêve dans leur pays natal. «C’est simple: tous ceux qui veulent être proprio vont en Suisse», conclut Frédéric.

Effet boomerang: les Suisses s’installent en France

L’opportunisme marche dans les deux sens. Les Français bénéficient des salaires opulents et les Suisses de la France à prix cassés. «Sur les parkings des supermarchés et centres commerciaux, il y a plein de plaques d’immitriculation suisses», a observé Matthias. En plus des courses alimentaires, certains viennent carrément s’installer en France ,où les loyers sont 30 à 40% inférieurs qu’à Genève d’après Matthias.

Résultat, la pression immobilière traverse elle aussi la frontière. Saint-Julien a beau être une ville dortoir sans un seul bar, Sophie et son copain paient 850 euros par mois pour 35 mètres carrés. Ils n’envisagent pourtant pas de s’installer en Suisse, où «il n’y a rien en dessous de 1600 euros». Elle se demande juste «comment font les jeunes Français qui habitent et travaillent ici». Frédéric pourrait lui répondre aisèment: il vit toujours chez ses parents .

Lucille QUILLET

Cet article n'est pas loin de la réalité que nous vivons au quotidien. Je ne peux cependant m'empécher de penser que la façon dont la journaliste dépeint notre ville, "ville dortoir sans un seul bar" donne du crédit à mon intervention en Conseil Municipal où j'avais osé dire que st Julien était une ville morte. Ce qui m'avait valu des cris d'orfraie de la part des adjoints de la culture et de la vie locale, m'interpellant que je n'avais pas le droit de dire une chose pareille. Je n'ai jamais sous estimé les efforts faits par la Municipalité, et surtout les Associations, pour dynamiser la ville, mais à l'évidence, il faudra en faire plus, ou différemment pour éviter de voir notre ville traitée ainsi. Comme quoi il serait temps que les élus de la majorité voient les choses comme elles sont vécues par les habitants et non pas en fonction de leurs propres perceptions.

17:50 Publié dans Genevois Savoyard, Saint-Julien, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vivre à st julien, paradis frontalier | | | Digg! Digg | | |  Facebook

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