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13/04/2012

Les jeux sont faits : François Hollande sera le 7ème président de la Vème République

Si le sondage publié par BFM TV hier soir est juste, qui donne Nicolas Sarkozy en baisse de 3% et passant derrière François Hollande au premier tour, cela signifie la fin du suspense: François Hollande sera élu président de la République.

En effet, depuis quelque semaines, le candidat président bénéficiait d'une dynamique positive qui avait permis de voir les courbes d'intention de vote se croiser en sa faveur. Dans les analyses statistiques, une telle tendance favorable permet tous les espoirs. Or le retournement de tendance, aussi près du 1er tour montre que le Président ne pourra plus refaire son retard et qu'au deuxième tour, victime de sa grande impopularité, il risque de subir une déroute avec plus de 10 points d'écart, ce qui serait une gifle magistrale pour son ego.

Cette déroute annoncée était palpable dans le ton de Nicolas Sarkozy dans son intervention hier soir, qui a montré des signes de lassitude, et dont l'attitude faisait penser à celle d'un perdant.

Quel dommage pour cet homme si brillant que d'avoir gaché les cartes maitresses que son élection de 2007 lui avait données; il ne peut s'en prendre qu'à lui-même, car je le répète une fois de plus: c'est plus le rejet de sa personne que celui de sa politique qui est à l'oeuvre.

Préparons nous donc à l'arrivée du socialiste caméléon qui va bien devoir trancher, entre un courant de centre gauche et une extrême gauche revigorée par le succes de Jean-Luc Mélenchon: Pour reprendre l'expression d'Eva Joly,  écartelé entre la gauche molle et la gauche folle, il va désormais lui falloir choisir sa voie. Et de toutes façons décevoir, car tous les gens censés savent bien qu'il ne pourra pas délivrer ce qu'il a promis. Si Mitterrand avait déjà dû revenir dès 1983 sur ses promesses de 1981, c'est que la réalité économique n'est pas tendre avec les réveurs. Elle est même de plus en plus impitoyable dans un monde mondialisé, où le destin de chaque nation dépend de celui de ses partenaires. La spéculation s'attaque immédiatement au maillon faible! Or la France est en passe de devenir le maillon faible de l'Europe, incapable de se réformer, et continuant sur le chemin de l'endettement massif.

Dans cette course à la survie, la France une fois de plus, va se mettre un boulet au pied, avec un projet irréaliste et utopique, ce qui ne va pas arranger nos affaires. Alors, bien sur, on ne paiera pas les pots cassés tout de suite, mais les graines du déclin qui avaient été plantées en 1981, puis ré-ensemencées en 1997, ces graines vont enfin pouvoir produire l'ivraie de la pauvreté qui va empoisonner la vie de nos enfants et désepérer un peu plus notre jeunesse.

Il suffit de regarder toutes les courbes économiques pour constater qu'après la grande oeuvre de remise en ordre de De Gaulle et Pompidou entre 1958 et les années 70, le grand déclin de notre pays commence en 1981. François Hollande ne fera qu'accentuer ce déclin, comme Lionel Jospin l'avait fait avant lui. Le seul problème, c'est qu'en 1981, la France était un pays riche qui avait beaucoup de charbon dans sa chaudière, alors que désormais cette même chaudière économique est exsangue, avec des dettes abyssales qui empêchent notre pays d'investir pour l'avenir. Pire encore, la population Française est complètement déconnectée de la réalité, et ayant abandonné la valeur Travail, elle ne veut plus que récolter au lieu de semer. La Génération des soixante-huitard en est arrivée à dévorer les graines de l'avenir pour prolonger un peu plus le maintien de son niveau de vie, trouvant sa justification dans cette horrible mentalité qui consiste à penser "après moi le déluge".

Eh bien, je crains fort que le déluge ne soit pour plus tôt qu'on ne le pense et qu'il n'est pas loin le temps où le bon peuple de France, se débattant dans des difficultés dont il n'imagine même pas l'ampleur, regrettera l'énergie de son président Bonapartiste honni qui avait pourtant su lui faire traverser cette crise sans trop de dommages. Eh oui, on pourrait bien voir fleurir assez vite des slogans "Sarko reviens"

Il n'est pas étonnant que la jeunesse vote massivement en faveur de Marine Le Pen: elle a compris les jours sombres qui l'attendent, et elle a peur!... mais je le lui dis à cette jeunesse : l'extremisme n'est pas la solution. Ce qu'il faut c'est supporter les hommes politiques raisonnables qui manifestent du courage pour savoir résister aux lobbies et qui, imperméables à l'écume des temps, sauront trouver la vague et prendre les bonnes décisions qui porteront leurs fruits dans 5 à 10 ans. Parmi ceux-ci, je mise sur François Fillon et Laurent Wauquiez.

Dans cette élection, c'est à mon avis François Bayrou qui représentait le meilleur espoir de voir une telle politique mise en place. Mais au vu de l'évolution des sondages en sa faveur, je ne peux m'empécher de constater avec dépit que ce discours de courage ne passe plus la rampe dans cette société de consommation où l'égoisme et la primauté de la jouissance immédiate ont tout balayé. Churchill n'aurait plus sa place en 2012, en tous cas, pas en France!.....

Commentaires

Alors, Pierre, on baisse les bras !
Je crois que tu prêtes beaucoup trop de pouvoir au président et je pense surtout que ton analyse du déclin est fausse. Le déclin n'est pas celui de la France mais celui de de tous les pays dit industrialisés. Ce déclin est dû à deux phénomènes, la montée des pays émergents et la croyance trop répandue qu'en laissant le marché réguler toute chose la richesse sera au rendez-vous. A ceci s'ajoute le fait inexorable que la mécanisation demande de moins en moins de main d'oeuvre pour produire le même nombre d'objets.

Sur ce dernier point, on ne peut pas grand chose mais les deux phénomènes mentionnés (marché et pays émergents) vont dans le même sens, il n'y a donc plus de frein à l'accroissement des inégalités et à la fuite en avant vers les monopoles en tous genres sans parler de la destruction des ressources de la planète, le réchauffement climatique et autres joyeusetés.

Il se peut qu'une nouvelle approche de l'économie permette de remettre un peu d'ordre. La France ne retrouvera sans doute pas sa place mais elle pourrait renforcer un domaine où elle est déjà assez bonne : une certaine qualité des rapports sociaux. On pourrait aussi corriger la tendance accentuée par la droite qui consiste à augmenter les inégalités au départ, à l'école.

Écrit par : Joël | 15/04/2012

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