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26/11/2010

Petit Déjeuner de la MED : les frontières - Territoires de fracture, territoires de couture ...

Ce matin, se tenait dans les locaux de la CCG à Archamps, une conférence-débat organisée par la Maison de l'Economie, sur le thème des problèmes rencontrés par les régions frontalières françaises, avec comme orateur, le député-maire de Divonne, Mr Etienne Blanc.

Lors de sa présentation, par ailleurs excellente, Mr Etienne Blanc a indiqué ce matin une statistique qui a retenu toute mon attention et qui devrait tous nous faire réfléchir.

Etienne Blanc.jpg

Chaque jour plus de 330 000 français frontaliers traversent la frontière pour aller travailler dans le pays limitrophe, que ce soit en Suisse, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Italie, ou encore au Luxembourg. Ce chiffre est à comparer aux 10 000 étrangers qui traversent la frontière en sens inverse pour venir travailler en France. Le plus grave étant que le solde migratoire est négatif à pratiquement chacune de nos frontières. Un tel phénomène ne peut laisser indifférent nos gouvernants: il est bien la preuve évidente de l'appauvrissement de la France et de la perte de compétitivité de notre économie face à nos concurrents Européens.

Tableau migratoire.JPG

On dit même que le Président, visitant la zone frontalière avec le Luxembourg d'Esch-sur-Alzette s'est emporté devant le décallage offert par le paysage: des bureaux et des usines du coté luxembourgeois, et des vaches dans les prés du coté français, comme on peut le deviner sur la photo satellite ci-dessous avec la ville rurale française de Russange en bas faisant face à la ville d'Esch en haut à droite.

Russange.JPGtechnoport.jpg

Technoport d'Esch sur Alzette

 

D'où la mise en place d'une commission présidée par Etienne Blanc, travaillant de concert avec le secrétaire d'Etat Pierre Lellouche, sur les raisons d'une telle disparité.

Extraits du Figaro sur le sujet:

"Une mission parlementaire préconise des "zones économiques à statut spécial" le long des frontières de la France, pour rééquilibrer l'emploi et l'investissement côté français dans ces régions, a indiqué le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche. "Une des idées principales de ce rapport", a-t-il déclaré à quelques journalistes, est d'"imaginer, là où il y un intérêt économique évident le long des frontières, des zones à statut spécial, aussi bien au niveau du droit social que du droit fiscal", afin de "créer de la richesse et de l'emploi".

Le ministre, qui s'est vu remettre le rapport mercredi, a cité les cas de la zone de Bâle-Mulhouse, aux frontières de la Suisse, de la France et de l'Allemagne, et de la frontière luxembourgeoise.  "Nous avons assisté en dix ans à un triplement du nombre de nos frontaliers. Tous les jours, 330.000 frontaliers français traversent nos frontières pour aller travailler de l'autre côté, contre seulement 10.000 dans l'autre sens. Ca en dit long sur la compétitivité de nos territoires", a remarqué M. Lellouche.

Cette mission parlementaire sur la politique transfrontalière avait été confiée par le Premier ministre François Fillon à trois parlementaires de la majorité, Etienne Blanc, député de l'Ain, Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin et Marie-Thérèse Sanchez Schmid, députée européenne.  La mission parlementaire s'est rendue sur toutes les frontières de la France, pour examiner les problèmes concrets des frontaliers et des entreprises, en raison notamment des différences de compétitivité et de régime fiscal."

En cliquant ici on pourra lire la synthèse des recommandations de la commission qui tiennent en 19 propositions.

Prenant la parole lors de cette conférence débat, j'ai rappelé à Mr Blanc, (ce qui n'était pas nécessaire puisque ce monsieur a une très grande connaissance de l'histoire de notre territoire) que notre région  avait une spécificité bien particulière, qui la distinguait des autres zones frontalières françaises. La spécificité de notre territoire a en effet déjà été reconnue dans l'histoire avec la création des 2 zones franches du Pays de Gex et de Savoie en 1815 & 1816. (voir l'article consacré à ces zones franches sur ce même blog). Je lui ai donc suggèré de réactiver ces zones franches, en leur conférant une spécificité non plus seulement douanière mais économique, sociale et fiscale.

Ayant dans un premier temps écarté l'idée en prétextant que cela ne faisait que repousser le problème plus loin géographiquement, il m'a semblé dans un second temps, lors d'une discussion en aparté, moins catégorique dans son refus. Il est cependant clair qu'avec un état aussi centralisé que le nôtre, ce n'est pas demain que la France apportera des solutions concrètes et efficaces à ce réel problème de compétitivité.

Quoiqu'il en soit, je suis en plein accord avec Etienne Blanc sur le fait que la solution doit être trouvée ensemble, au sein d'une équipe de France, sans tenir compte des divergences d'opinion politique de ceux qui la composent (n'est ce pas Mr Borrel, présent ce matin dans la salle), pour défendre au mieux nos interets et éviter que nos régions frontalières ne soient que des dortoirs, pour les salariés des entreprises basées de l'autre coté de la frontière.

Merci à Mr Blanc de ce brillant exposé et merci à la MED pour l'organisation de ce petit déjeuner, fort interessant, et qui a connu un grand succès d'audience, ce matin à Archamps.

 

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