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14/11/2010

Parlons de la France: Le Rève Français

Critique du premier chapître du programme de François Hollande:

"Le Rève Français

Il faut se méfer des rêves. Il peut arriver qu’ils tournent mal. Et nul ne peut bâtir un avenir en dormant. Mais la politique ne peut se résumer à un rappel des contraintes ou au culte scrupuleux du réalisme déifé. Il n’y a pas de victoire politique si elle n’est portée par un enthousiasme, une espérance, un dépassement. Et ce n’est pas nier le principe de responsabilité que de revenir à cette évidence : un pays comme la France n’avance que s’il est porté par une ambition consacrée dans un projet collectif.

C’est cette marche qu’il faut reprendre. Interrompue trop longtemps par des promesses de circonstances des renoncements à penser notre histoire, la course vers le progrès doit être relancée.

Pour proposer des perspectives auxquelles les Français puissent adhérer, faut-il au préala-
ble mesurer les défis qui nous attendent et les chocs qui nous frappent."
Commentaire: Oui Mr Hollande, les rèves peuvent mal tourner; et c'est bien ce qui me fait peur avec les idées utopistes de l'aile gauche de votre Parti. D'autre part, c'est dans l'action et dans le travail que se construit l'avanir; faire croire à un peuple devenu feignant qu'il pourra garder son niveau de vie en s'épargnant les sacrifices qui l'ont rendu possible, c'est une escroquerie intellectuelle, dont l'origine se cache au mieux dans une démagogie détestable, au pire dans une imbécilité qui fait peur.
Quant à l'enthousiasme et au dépassement dont vous parlez, où est-il dans le discours de cette gauche sans vision, dont le seul slogan semble être "les riches paieront" Pour ma part, homme de droite qui fut pourtant capable de mettre un bulletin Mitterrand dans l'urne en 1981, je suis affligé par le discours de l'extrème gauche. Si celui-ci pouvait se comprendre en 1981 après 23 ans de règne de la droite, il faut avoir la mémoire bien courte pour avoir oublié à quelle catastrophe la politique utopique et idéaliste du PS entre 1981 et 1983 conduisit la France. On ne fait pas de la politique avec de bons sentiments: une bonne politique, c'est de savoir tourner la barre du bateau France bien avant de heurter l'iceberg de la réalité économique. Gouverner c'est prévoir....
Quant à la course au progrès qui doit être relancée, vous avez mille fois raison!... Mais comment la faire en s'alliant avec des verts malthusiens qui veulent stopper toute marche en avant, tellement ils sont convaincus que avancer c'est reculer....Un peu de cohérence Mr Hollande, S'il Vous Plait!
Que dire des défis qui nous attendent? Pour avoir vécu 20 ans en Asie, je peux vous le dire le principal défi qui nous attend: ce sera de préserver nos acquis et notre niveau de vie sans faire l'effort nécessaire face à des peuples avides d'avenir et qui sont prêts à se retrousser les manches pour s'assurer un avenir radieux. Pourquoi ne le dites vous pas aux Français, Mr Hollande, vous le savez pourtant....
"LES TROIS DEFIS DE LA CRISE

Premier défi : la crise accélère les mutations. Celle que nous venons de traverser n’est pas mondiale, elle est occidentale. Née aux Etats-Unis à travers les excès du capitalisme financier, elle s’est diffusée à l’ensemble des pays développés, mais a laissé intacts les émergents : la Chine, l’Inde, le Brésil, et beaucoup de pays qui, il y a encore quelques années,étaient regardés avec condescendance comme en voie de développement. Bref le centre dumonde s’est décalé, et nous ne sommes plus en son cœur.

Le centre de la mondialisation s’est déplacé, et ce mouvement est irréversible. Dans 20ans, en 2030, les pays de l’OCDE ne représenteront que 40 % de la production mondiale,contre 60 % en 2000.

La crise est plus encore européenne qu’occidentale ; c’est notre continent qui affiche aujourd’hui la plus faible croissance, les investissements les plus timides et les défcitsles plus lourds.

Au sein de l’Union européenne, c’est paradoxalement la zone euro qui présente la fragilité la plus grande. Incapable de mettre rapidement en place les mécanismes de solidarité entre les Etats, hésitante à définir une gouvernance économique à la hauteur de la gestion d’une monnaie unique, pusillanime quant à la maitrise de la Finance.

Enfn, c’est dans le sud de l’Europe que les troubles, les difficultés, les vulnérabilités sont les plus grandes et que la spéculation sur les dettes souveraines peut à tout moment repartir sans cette fois s’arrêter sur la chaîne des Pyrénées."

Commentaire: Vous ne faites là que dire ce que je dis plus haut: ceux qui ont gardé l'envie et surtout le gout de l'effort, ceux la s'en sortent, les autres s'enfoncent, au premier rang desquels l'Europe. Et finalement, ce n'est bien que justice....

"Deuxième défi : la crise renforce les marchés. Les grandes déclarations, notamment celle du chef de l’Etat en 2008, les promesses de régulation sont restées lettres mortes. Les banques sauvées par les Etats mordent désormais la main qui les avait nourries. Les agences de notation, décriées pour leur aveuglement face à l’irruption des « subprimes », décident superbement du sort des dettes souveraines, déclassant certaines, menaçant d’autres, justifant ainsi des plans de rigueur de plus en plus douloureux, au risque de briser la reprise et de mettre en cause la solvabilité même des Etats.

Quant aux fameux « hedge funds », ces acteurs fnanciers délocalisés dans des paradis fiscaux, ou ces produits spéculatifs, loin d’avoir disparus, ils sont toujours là, et ont d’ailleurs été massivement utilisés dans la tourmente qui a frappé la zone euro.

Les choses ne sont pas redevenues comme avant, mais pires qu’avant. Le G20 a changé ses priorités. Il était prévu de renforcer la supervision financière ; il s’agit désormais de concentrer les délibérations des dirigeants de la planète sur l’ampleur de la consolidation budgétaire que chaque Etat doit engager dans un délai rapide.

C’est paradoxalement Barack Obama qui est le plus allant sur la supervision bancaire, sur le soutien de la croissance et de l’activité, quand les Européens, pourtant frappés davantage que les Etats-Unis, sont dans une espèce de surenchère dans l’austérité."

Mr Hollande, il ne suffit pas de dire qu'il est regrettable que le lion mange la gazelle pour sauver la gazelle. Proposez nous un plan d'action pour que ce que vous déplorez, et moi avec, sur l'ignominie des pouvoirs financiers mondiaux, puisse être combattu. Expliquez nous comment ce petit pays qu'est la France va imposer ses vues aux Américains, Chinois, voire Indiens et Brésiliens. Regardez la réalité en face Mr Hollande, les marges de manoeuvre de nos gouvernants sont faibles, et vous le savez bien. Qu'on le veuille ou non, l'époque où la France pouvait dicter sa loi au monde, cette époque est bien révolue, et il nous faut composer avec une planète qui ne partage pas notre point de vue.

"Troisième défi : la guérison prendra du temps. Pendant que les pays émergents, Chine,Inde, Brésil poursuivent à une folle allure (10 % de croissance), non plus un rattrapage, mais, dans nombre de secteurs, un dépassement de nos économies, c’est en Europe que l’effort de recherche s’est aujourd’hui réduit, que le vieillissement démographique conduit à un ralentissement de la consommation, et que les plans d’austérité se multiplient".

Pourquoi l'effort de recherche s'est-il réduit en Europe? Cela a-t il quelque chose à voir avec notre vision du monde et de l'avenir, ou bien faut -il l'expliquer par le système éducatif? Et dans les deux cas, Mr Hollande, ne venez pas exonérer la Gauche du mal qu'elle a pu créer dans ces deux domaines. Le système égalitariste ne fonctionne pas: dites le au lieu de nous faire croire au contraire!...

"LE DECLASSEMENT, MAL ETRE FRANCAIS
Le vieux modèle, celui de l’après guerre, ne fonctionne plus.
Voilà la vérité qu’il faut regarder en face.
Le mal-être de la France est à la fois économique, financier, social et moral.
Sur le plan économique, la France est depuis plusieurs années à un niveau de croissance
quasi nul.

Son déficit budgétaire atteint 140 milliards d’euros pour le seul budget de l’Etat ! Comment concrétiser ce chiffre ? En indiquant tout simplement qu’à partir du 1er août, les dépenses de l’Etat sont ifnancées à crédit. Jusqu’au mois de juillet, c’est le produit de l’impôt, et à partir du 1er août, c’est le produit de l’emprunt 

Le défcit de la sécurité sociale sera fin 2010 de l’ordre de 30 milliards d’euros. Chaque année, pour payer une partie des dépenses vieillesse, maladie, famille, la sécurité sociale est obligée d’emprunter, et donc de renvoyer sur les générations futures la charge de leurs propres dépenses de retraites et de maladie, mais aussi des nôtres.

Comment admettre ce transfert entre les générations ? La dette publique atteindra plusde 80 % du PIB en 2010, probablement 90 % à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Cela signife que les charges d’intérêts de la dette vont devenir à partir de 2013, le premier poste budgétaire de l’Etat, au même niveau que celui de l’Education nationale !

Voilà les conséquences de la politique menée depuis près de dix ans. Elle génère un malaise qui nuit à la confance, et donc à la consommation comme à l’investissement. Le mal être se retrouve sur le plan social avec la dilution des protections qui paraissaient les plus essentielles : le contrat de travail, la retraite, la sécurité sociale, même l’indemnisation chômage.

Le creusement des inégalités est réel, non pas tant entre les 10 % de la population la plus favorisée et les 10 % de la population les moins aisées. L’écart est de l’ordre de 1 à 4, ce qui représente un éventail plus resserré que dans beaucoup de pays industrialisés. Mais le problème n’est plus là : les inégalités se sont creusées entre les 1 % des plus riches de notre pays et les 99 % autres.

Et que dire du sentiment de déclassement des plus jeunes par rapport à la situation de leurs parents ? Dévalorisation du diplôme, diminution du salaire du premier emploi, difficultés de toute sorte dans l’accès au logement.

S’installer dans l’idée que finalement l’avenir sera plus sombre que le présent. Terrible fatalité qui voudrait qu’en défnitive la course pour le progrès se serait arrêtée, figée, immobilisée.

Signe du mal-être profond qui traverse le monde du travail, l’échec n’est même plus vécu comme une responsabilité sociale, « la faute au système », mais comme un drame personnel qui nourrit ce stress au travail et contribue à rendre la pression parfois insupportable.

Les classes populaires sont passées de la lutte des classes à la lutte contre le déclasse-
ment.

Dans ce contexte l’autre est perçu comme un concurrent dans l’entreprise, dans les quartiers, dans la société. L’entre soi, bien plus que le chacun pour soi, devient la règle. C’est le temps de la méfance, de la jalousie sociale, de la frustration collective.

Les insuffisances de la politique d’immigration ont accru cette peur du déclassement.
L’étranger devient une menace de plus, qu’il se situe ici, ou loin avec la menace des délocalisations.

L’importance du taux de chômage chez les immigrés et chez les Français issus de l’immigration accroit de deux manières le mal être Français. D’une part, il traduit les difficultés d’intégration dans notre société et, d’autre part, il crée une exclusion supplémentaire d’une large fraction des classes populaires."

Ce constat, je le partage entièrement: faut-il l'imputer au seul Nicolas Sarkozy ou plutôt mettre tous ensembles les politiques laches qui ont dirigé ce pays depuis 30 ans et qui n'ont jamais eu le courage de dire la vérité en face aux Français. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les classes populaires ont déserté votre camp pour se réfugier dans les bras du Front National, tant ils ont l'impression que les partis dits de gouvernement, UMP & PS réunis dans le même rejet, les prennnent pour des imbéciles, tout occupés qu'ils sont à préserver leurs privilèges de nantis plutôt que de faire les réformes dont le pays a besoin. Jamais Bonnet Blanc Blanc Bonnet n'a t-il eu aussi lieu d'être dans le discours des plus modestes, ce qui les a éloigné des urnes, et coupé de leurs élites.

"MAL ETRE ET INSECURITE

Puis le malaise, à force de se diffuser dans toutes les strates de la société et à tous les domaines de la vie sociale, déclenche une crise morale, avec son cortège de transgressions multiples et l’irrespect des règles ; nous sommes dans le régime du contre exemple. Ainsi,des banquiers peuvent sans vergogne se révéler intraitables sur les incidents de paiement d’un particulier pour un découvert de quelques euros, mais être capables de perdre, fautede vigilance, 5 milliards d’euros en quelques jours du fait du comportement d’un « trader » !

De même, des patrons peuvent appeler leurs salariés à la modération salariale, alors qu’ils n’ont de cesse de s’octroyer des rémunérations qui dépassent l’entendement. Malheur au salarié s’il demande une augmentation, (ce serait le sort de l’entreprise qui serait en cause!) quand des bonus et des stock options peuvent se distribuer en toute impunité.

La crise morale est accrue par la montée de l’insécurité et de la délinquance.

La violence touche d’abord les plus faibles et affecte les métiers des services publics :policiers, enseignants, travailleurs sociaux, conducteurs de bus ou de trains, infirmiers,médecins, tous ceux qui se dévouent pour l’intérêt général se sentent mis en cause.

Face à la violence, Nicolas Sarkozy répond par une stigmatisation de certaines catégories de populations : les immigrés, en menaçant de déchéance de la nationalité française les étrangers naturalisés depuis moins de dix ans, en expulsant les Roms et en exposant ainsi la France aux critiques des Nations Unies, de la Commission européenne, du Parlement européen et de l’église catholique. Rien que cela !

Parallèlement, il réduit les moyens affectés à l’ordre public, en réduisant les effectifs policiers : les quartiers les plus sensibles sont les plus délaissés.

De manière plus générale, le comportement du Président de la République ajoute encore à cette crise morale : l’injustice dans les choix, l’incohérence des décisions, les promesses non réalisées, la concentration de tous les moyens de décision, cette volonté de nommer à tous les emplois civils, militaires, médiatiques.

Face à cette extravagance nous devons retrouver la mesure dans la manière de gouverner,de l’équilibre, un apaisement, le respect des institutions, le sens du dialogue. La France se gouverne avec passion et détermination, mais aussi avec raison."

Oui Mr Hollande, vous avez raison. C'est inacceptable que la Société Générale puisse se laisser délester de 5 Mards d'euros par Un Jérome KERVIEL! Mais de grace, ne laissez pas sous entendre que cela ne se serait pas produit avec un dirigeant socialiste à la tête du pays.... C'est de l'intox qui n'est pas digne d'un homme honnête. Que la société soit devenue folle, nous en convenons ensemble, mais la faute à qui?

 

Maintenant que Nicolas Sarkozy ne donne pas toujours lui même le bon exemple, je n'en disconviendrai pas; c'est d'ailleurs le plus gros reproche que je lui fais. A la guerre, les meilleurs chefs, les plus écoutés et ceux pour lesquels la troupe se dévoue le plus, sont ceux qui sont proches de leurs hommes et qui acceptent de partager leur quotidien plutot que de distiller leurs ordres depuis des chateaux à l'abri du feu. Mais cela ne remet pas en cause les bons fondements de sa politique.

"LA PENSEE SOCIAL-DEMOCRATE EN CRISE

La pensée de crise traduit souvent la crise de la pensée. Les libéraux sont devenus des régulateurs, les contempteurs du modèle français ses plus zélés adorateurs, les orthodoxes du marché parfait les promoteurs d’un Etat prodigue.

Ces conversions ne doivent pas faire illusion. C’est l’état d’urgence qui a suscité l’urgence de l’Etat. Quand le capitalisme financier n’a plus d’argent, rien de mieux que d’aller le chercher comme prêteur en dernier ressort. Il n’y a là aucun acte de contrition. Pas davantage la découverte de la sagesse ou l’accès à une ascèse précieuse. C’est le principe de nécessité qui a fait loi. Et si, en haut lieu, on affirme que rien ne sera plus comme avant, en fait tout change pour que rien ne change.

Les socialistes sont interpellés par ce choc historique. Ils peuvent se flatter d’avoir été les premiers à mettre en garde le monde contre les risques liés à la libéralisation des marchés, au retrait de l’Etat, aux privatisations et aux déréglementations. Mais ils sont regardés comme les ayant tolérés, quand ils ne les ont pas accompagnés. Ils ont été clairvoyants. Ils apparaissent complices.

Aussi, la défaite des sociaux-démocrates et des socialistes aux élections européennes de juin 2009 n’est-elle pas si paradoxale qu’il y paraît. Je rappelle que dans 16 des 27 payseuropéens, la social-démocratie a subi des défaites, notamment en Allemagne, en Suède, au Royaume-Uni, en Italie et en France, là où précisément les modèles étaient les plus divers : social-démocrate, travailliste, démocrate et socialiste.

Je vois trois raisons dans cette crise de la social-démocratie :
1/ – Une rigidité conceptuelle.

Qu’elle soit moderne ou traditionnelle, elle reste figée sur un modèle qui est celui né dans l’après-guerre sous forme de droits, de garanties, de prestations… Et la mondialisation,qu’elle a acceptée courageusement, l’a mise en permanence sur la défensive, faute d’avoir su l’organiser et la dominer. Aussi, donne-t-elle toujours l’impression de s’excuser. Soit d’être trop peureuse face à la mutation économique. Soit d’être trop poreuse face à la prétention des marchés… Bref, elle donne le sentiment d’être toujours en retard par rapport à l’accélération du monde, alors que ses principes n’ont rien perdu de leur actualité.

2/- Une incapacité à formuler une doctrine commune

Au-delà des spécifcités nationales, le socialisme peine à s’identifer à des références, des exemples, voire un modèle. Les sociaux-démocrates, qui avaient été les premiers à concevoir les politiques de développement durable au milieu des années quatre-vingt-dix, ont manqué de volonté pour les traduire, aussi bien dans leur pensée que dans leurs actes. Et n’en ont pas fait un renouvellement de leur doctrine.

3/- L’effacement du projet européen.

L’Europe n’était pas une idée des socialistes. Mais, les socialistes l’avaient investie d’une mission presque mystique : unir les peuples autour de valeurs communes et conférer à leur union une force, capable de porter des politiques communautaires conjuguant production et protection. L’élargissement, conjugué à la mondialisation, ont ramené cette ambition à un marché dans un espace démocratique. C’est déjà beaucoup, mais ce n’est plus le projet fédérateur que les socialistes avaient porté. D’où le désenchantement des catégories populaires, qui se manifeste à leur encontre à l’occasion des consultations électorales.

Les droites peuvent vivre sans l’idéal européen. Elles ont obtenu de l’Europe ce qu’elles voulaient, y compris le droit au chauvinisme. Les gauches, en revanche, se retrouvent à porter des objectifs pour l’Europe, que, désormais, sa taille, son organisation et son budget n’autorisent plus. D’où l’urgence de relancer, sur des bases différentes, le projet européen.

Ainsi, la crise a donné à la droite une avance momentanée. Son avantage réside dans sa plasticité. Elle n’est sévère qu’à l’égard des plus faibles. Elle s’autorise donc tout : le crédit, les défcits, et même le laxisme. Pour elle, l’Etat n’est pas un maître, mais un valet.

Elle mise sur l’individualisme, l’esprit de jouissance, le cynisme. Triste calcul. Non dénué d’effets !"
Oui, Mr Hollande, la social démocratie est en crise, mais pas pour les raisons que vous invoquez: elle est en crise car elle a trahi son idéal. Au lieu de défendre les méritants, les travailleurs, vous n'avez fait que défendre les feignants, vous avez détruit la valeur travail, et vous avez préché un égalitarisme de façade qui en réalité ne fait que maintenir l'ordre social tel qu'il est, empéchant ceux qui en ont la volonté et l'énergie d'améliorer leur sort. C'est votre politique qui a encouragé 70% de jeunes français à souhaiter devenir fonctionnaires. Le fameux ascenseur social est en panne: vous l'avez déréglé par votre discours idéologique qui tel un vent de sable a grippé les rouages de la belle mécanique que le Général DE GAULLE nous avait léguée. Vous avez fait de notre pays un pays de conservateurs accrochés à leurs petits privilèges mesquins où l'individualisme et l'égoisme ont tout submergé. Vous ne représentez plus le vent du large, seulement les manches de lustrine.... A force de privilégier les fonctionnaires, vous avez rompu le lien avec les couches vraiment populaires de ce pays qui s'estiment mieux représentées par un Jean-Marie LEPEN que par un Laurent FABIUS ou un Dominque STRAUSS KAHN.
"LA GAUCHE DOIT GAGNER LA BATAILLE IDEOLOGIQUE
Aussi, la question fondamentale posée à la gauche est celle de son identité. Il n’y a pas de conquête politique durable, si elle n’est pas précédée d’une victoire dans la bataille des idées.
Le renouvellement indispensable de la gauche passe par la fidélité à son propre récit. Le socialisme se confond avec l’accomplissement des valeurs de la République. Il ouvre deux perspectives fondamentales : le progrès et l’égalité. C’est-à-dire la capacité à faire avancer d’un même pas l’humanité et le droit égal donné à chacun de réussir sa vie.
Etre de gauche c’est croire en l’égalité fondamentale entre tous les êtres humains, quelle que soit leur origine, leur couleur, leur sexe ou leur statut social.

Il nous faut retrouver cette ambition, qui nous permet de reprendre le récit national, ce quej’appelle « le Rêve Français », celui qui débute avec la Révolution Française, qui se prolonge avec la République, le Front populaire, la Résistance et mai 1981"

Pour se renouveler, encore faudrait-il que les divers courants du PS soient d'accord sur la destination finale. Il est une chose de discuter de la meilleure route à prendre pour atteindre la Guadeloupe au départ de la Route du Rhum. Mais si certains des concurrents ambitionnent d'arriver à New York ou à Valparaiso, je doute que la discussion sur le meilleur tracé puisse porter ses fruits. Commencez par vous mettre d'accord sur ce que vous voulez faire de la France avant de nous convaincre que votre courant est celui qui y conduira le mieux.

Et en passant, cessez de faire croire que vous avez le monopole du coeur et que vous seuls avez le souci des plus faibles; il y a à droite beaucoup de gens comme moi qui souhaitent sincèrement améliorer le sort des plus défavorisés; ceux qui n'ont aucune protection sociale et dont le faible pouvoir de nuisance ne leur permet pas de se faire entendre, au contraire des fonctionnaires, des employés de la SNCF ou d'EDF. En revanche, et c'est là ce qui nous oppose, nous divergeons souvent sur le meilleur moyen d'y parvenir.

"RENOUER AVEC LE REVE FRANCAIS
Qu’est ce que le « le Rêve français » ?

C’est l’idée d’abord du progrès. Pas seulement la croissance, mais le progrès humain, la qualité de la vie, l’idée simple que demain sera meilleur qu’aujourd’hui ; c’est aussi le progrès écologique ou le progrès culturel, tout autant qu’économique.

C’est l’égalité, pas seulement la justice sociale, mais aussi l’équité intergénérationnelle. C’est l’accomplissement personnel ; c’est bien plus que l’égalité des chances, c’est la chance de l’égalité, l’égalité des capacités, l’égalité des conditions pour réussir sa vie, l’égalité entre les territoires.
C’est l’égalité entre les femmes et les hommes.

Voilà ce qu’est le « Rêve français ». C’est une double confance : dans l’avenir personnel, national, européen, mondial, et dans la démocratie qui doit être plus forte que les marchés, l’argent et les religions.

On parle souvent du rêve américain, mais, écoutant Barack Obama, au lendemain de son élection, évoquer ce moment historique pour les Etats-Unis d’avoir pour la première fois unprésident noir, chacun pensait qu’il allait être le Président de la rupture. Nicolas Sarkozy avait bien prétendu lui aussi faire la rupture par rapport à un gouvernement dans lequel il siégeait….Mais en réalité, que nous confie Barack Obama ? Il dit : moi, je suis le Président qui poursuit la belle histoire de l’Amérique, qui s’inscrit dans le rêve américain, qui permet qu’un jeune noir devienne le Président des Etats-Unis.

Le « Rêve français » est différent du rêve américain. Il est l’accomplissement de la promesse républicaine autour de l’école, de la réussite, de la laïcité, de la confiance dans la science, dans la connaissance, le savoir et le respect.

Le « Rêve français », c’est aussi la dignité humaine et la promesse républicaine qui permet à tous les citoyens d’être à égalité de devoirs et de droits.

Le « Rêve français », c’est la double fermeté : celle qui s’exerce quand la sécurité des personnes ou des biens est menacée, celle qui veille au respect des principes républicains d’égalité et de dignité humaine.

Le « Rêve français », c’est l’affirmation de valeurs universelles qui vont bien au-delà des frontières, et qui font que la Nation n’est pas limitée, n’est pas un espace, mais est, comme le voulaient les révolutionnaires, ouverte à tous ceux qui partagent cette belle ambition.

Le « Rêve français » n’est pas une nostalgie, mais un moteur pour avancer.
Le contrat de l’après crise que je propose se situe dans ce récit."
Où en sommes nous du rève français qui s'est fondé par l'assassinat sanguinaire d'un roi et d'une reine? Sommes nous plus en avance que l'Espagne, l'Angleterre ou les pays nordiques qui n'ont pas eu, eux, à souffrir de cette abomination que fut la Révolution Française et dont la Révolution Islamique en Iran me parait être la digne héritière!
Il n'y a que les Français pour croire encore à l'universalité des valeurs de la France et à être convaincus que nous sommes la lumière, ou le phare du monde. Regardons nous tels que nous sommes: un pays qui sombre tant sur le plan économique, social et moral. Où est passé le sens de l'honneur qui guidait les actions de nos ainés, quand tout ne se résume aujourd'hui qu'à une soif inextingible d'argent et de passe droits. Que sont devenues la solidarité et la fraternité dont nous nous faisons les chantres? Nous avons abandonné nos banlieues laissant les plus faibles de nos concitoyens à la merci de caïds qui les humilient et font régner leur loi à eux et non celle de la République.
Quant à la différence entre le Rève américain et le Rève français, il commence au lendemain des élections, quand le peuple ayant rendu son verdict, le Président Démocrate (ou Républicain) devient le président de Tous les Américains, et est respecté en tant que tel. Voila une différence fondamentale avec notre pays où même De Gaulle en son temps fut pourfendu à longueur de temps par la Gauche bien pensante qui aujourd'hui l'élève au rang d'icone.
"LA DEMOCRATIE DE LA REUSSITE

Ce contrat doit fixer l’objectif : la démocratie de la réussite, c’est-à-dire la possibilité pour chacune et chacun d’accomplir son destin, tout en contribuant au succès de son pays, et donc de réconcilier la promotion individuelle, que nous cherchons pour nous et pour nos enfants, avec le redressement de la Nation, c’est-à-dire le vivre ensemble.

Ce contrat doit s’appuyer sur des priorités.
Je propose aux Français de concentrer nos efforts sur cinq grands défis :


• la jeunesse,
• la redistribution,
• la compétitivité,
• l’écologie,
• la gouvernance européenne et mondiale."

Acceptons en l'augure et voyons dans le détail ce que François Hollande nous propose sur les 5 points qu'il évoque. Cela fera l'objet d'articles à venir.

Voila ce que j'avais à dire sur le premier châpitre du programme de François Hollande, qui une fois encore, a le mérite de faire des propositions, et ne se contente pas de critiquer. Saluons le pour cela.

10:00 Publié dans Politique Française | Lien permanent | Commentaires (0) | | | Digg! Digg | | |  Facebook

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