Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/10/2010

L'Occident parano!... La guerre avec la Chine est-elle inéluctable?

Voila le thème de l'excellente émission de Frédéric Tadei jeudi soir dernier, avec de nombreux invités français et chinois pour débattre de cette importante question.

Le seul fait de se la poser montre à quel point l'Occident doute de lui et comprend mal le nouvel univers qu'il a en face de lui. Parle t-on d'une menace indienne (même population que la Chine) ou d'une autre menace qui planerait sur nos frêles épaules d'Occidentaux tout bons et tout gentils? Non! l'ennemi déclaré par les médias et les pseudo intellectuels de ce pays, c'est la Chine. La même que nombre d'entre eux louaient autrefois, quand ces papys bobos étaient encore maoistes à la fin des années 60.

Que lui reproche t-on? De vouloir nous écraser à travers une guerre économique sans merci!... en attendant peut-être pire encore. Cela se matérialise aujourd'hui par un yuan (la monnaie chinoise) sous évalué qui favorise les exportations chinoises et qui encourage les délocalisations. En outre, ces méchants chinois ne veulent plus se laisser faire comme ils l'acceptaient dans le passé, d'où leur attitude inacceptable à Copenhague en décembre dernier: pas de doute, ils veulent la guerre!....

C'est bien mal connaître la Chine et les Chinois que de les caricaturer ainsi: C'est vrai, après un siècle d'humiliation, du Traité de Nankin en 1842 à 1949, année du triomphe de la révolution communiste, les Chinois ont décidé qu'ils ne se laisseraient plus jamais imposer leur destin par une puissance étrangère. Compte tenu de leur puissance, tant démographique qu'économique, on les comprend et on peut effectivement penser qu'ils y parviendront. Quant à les accuser de tous les maux, je ne saurais souscrire à ce "China Bashing" qui m'irrite et me révolte.

La faute à qui si ce peuple admirable a décidé de se remettre au travail après les nombreuses années d'errance communiste, et si, ce faisant, il souhaite assurer un meilleur avenir à ses enfants. C'est vrai que pour atteindre leur objectif, ils ont privilégié une économie tournée vers l'exportation (qui assure aujourd'hui environ 40% du PIB du pays): mais ils n'ont fait là que suivre l'exemple du Japon, de la Corée du Sud ou de Taiwan: une stratégie qui à chaque fois fut couronnée de succès et qui permit à chacune de ces nations de développer son niveau de vie et de rejoindre le club des pays développés. On voit bien que cette stratégie commence d'ailleurs à porter ses fruits puisque la Chine est désormais le premier marché mondial pour les voitures automobiles.

En menant cette stratégie d'export vers le monde développé, elle a aussi contribué à l'amélioration du pouvoir d'achat des classes populaires de ces pays en leur permettant de consommer des produits à bas prix: Dans le même temps, la Chine a accumulé un excèdent financier colossal qui lui a permis de financer le déficit abyssal des Etats Unis: elle détient en effet 836 Mards de Bons du Trésor Américain et si elle venait à arrêter d'acheter cette dette Américaine, nul ne sait ce qu'il adviendrait du système financier global, tant l'Amérique est dans l'incapacité non seulement de rembourser sa dette, mais aussi de faire face à ses nouveaux déficits annuels. En effet l'Occident, au premier rang duquel les Etats Unis, consomme plus qu'il ne peut payer: c'est la spirale infernale de l'endettement!....

En ce sens, la Chine tient l'Occident, mais inversement elle dépend aussi de la bonne santé de celui-ci: sinon qui lui achéterait les produits qu'elle a besoin de vendre pour employer sa population toujours plus nombreuse? La Chine fourmi a encore besoin de l'Occident cigale pour continuer à se développer; elle en est consciente mais, en même temps, elle ne saurait tolérer que la cigale vienne lui donner des leçons de conduite.

On ne saurait passer sous silence une caractéristique du peuple chinois: sa fierté de ce qu'il a accompli depuis 30 ans et qu'il souhaite faire reconnaître; c'est sa façon à lui, pacifique, de montrer sa puissance au monde. C'est bien à travers ce prisme qu'il faut comprendre la munifiscence que les Chinois ont voulu mettre dans l'organisation des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. Malheureusement pour eux, de la même façon que Fouché a payé pour avoir trop exposé sa richesse lorsqu'il reçut Louis XIV, la Chine paie pour le faste de ses jeux; La splendeur de ceux-ci a mis l'Occident mal à l'aise, jaloux d'une telle réussite et craintif de ce que cela peut cacher. Celui qui dout de lui est méfiant de l'autre!... L'observateur averti comparera cependant ces Jeux de prestige, sans connotation militaire, avec ce qu'avait pu faire l'Allemagne en 1936, voire l'URSS en 1980.

En Asie, l'obtention des J.O est vécu comme un signe de maturité pour une société: Cela s'est concrétisé au Japon dans les années 70 après les Jeux de Tokyo en 1964, puis en Corée dans les années 90-200 après les Jeux de Séoul en 1988; c'est maintenant au tour de la Chine de s'ouvrir au monde et de rejoindre le concert des grandes nations. Les années 2010 et plus encore les décades après 2020, verront la Chine rayonner; mais pas nécessaireement de façon agressive.

Je suis en effet convaincu que de la même façon que les Américains sont tournés en priorité vers eux même, les Chinois se préoccupent avant tout de ce qui se passe dans leur propre pays; les Chinois s'interessent avant tout aux Chinois: leur souci premier est d'assurer leur développement économique, qui permettra en retour un enrichissement de leur population. Et pour atteindre leur but, ils pensent à juste raison n'avoir à recevoir de leçons de personne....

Ce n'est que si l'Occident se mélait d'empêcher ce louable objectif que la Chine pourrait devenir belliqueuse, convaincue qu'elle est de ne plus jamais se laisser dicter sa loi par une puissance étrangère, quitte à sortir les griffes pour se faire respecter. A nous donc de savoir ne pas provoquer l'Empire du Milieu, mais au contraire lui faire une place à notre table.

En final, plutôt que de s'inquiéter de ce que la Chine pourrait nous faire de mal, réjouissons nous, comme Shan Sa, écrivain d'ethnie chinoise mais française de coeur et de nationalité de pouvoir accueillir ce grand peuple au sein des leaders du monde; nous avons beaucoup à apprendre de leur sagesse et de leur ingéniosité; je prends d'ailleurs le pari qu'avant 2025, le centre de la mode mondiale se sera déplacé de Paris à Shanghai, nouvelle capitale mondiale et centre d'attraction du monde entier.

Commentaires

Super article. Très intéressant

Écrit par : recrutementmaroc | 09/10/2010

Les commentaires sont fermés.