Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

27/05/2010

Retraite sur les retraites

Le gouvernement présente sa réforme des retraites, et bien entendu une partie de la France (toujours la même d'ailleurs) est dans la rue. Ce qui me choque dans cette affaire, ce n'est pas qu'on nous oblige à travailler plus longtemps, c'est malheureusement une évidence économique liée à l'allongement de la durée de la vie, mais surtout au nouveau rapport démographique entre les actifs et les retraités; non, ce qui me choque, c'est qu'une fois de plus, on ne respecte pas l'équité indispensable à l'acceptation d'une réforme douloureuse.

Comment le gouvernement peut-il justifier que les salariés d'EDF et de la SNCF qui figurent, on le sait, au rang des plus privilégiés, soient exonérés des efforts que l'on demande aux autres français? au nom de leur capacité de nuisance, qui leur permet de bloquer le pays quand leurs privilèges sont menacés? Mettons les pieds dans le plat et clamons le haut et fort: cela ne peut plus durer; et ne nous étonnons pas qu'une partie toujours plus grande de la droite populaire, écoeurée par la lacheté de ces gouvernements de centre droit ou gauche, se jettent dans les bras de l'extremisme. A force de chercher à prolonger un système en décrépitude, en évitant de prendre les mesures justes qui s'imposent et qui, bien expliquées, pourraient avoir le soutien de l'opinion, on préfère appliquer la politique de l'autruche en se disant: ce qui est pris n'est plus à prendre: C'est comme cela que l'on prépare des lendemains qui déchantent et que l'on fait le lit du chaos.

La majorité silencieuse a de la patience, mais attention quand elle se réveillera. (souvenons nous de la grande manifestation gaulliste de la fin mai 1968 qui mit fin aux troubles de mai 68 en une seule journée, une fois que le chef eut assumé qu'il était le chef). Il est temps que les ouvriers et employés du privé se réveillent et comprennent ce qui se manigance derrière leur dos.

Le pays est de plus en plus gouverné par la haute fonction publique qui protège ses interets, et ceux de ses congénères, en exigeant toujours plus de la communauté nationale pour subvenir aux déficits que son égoisme ne cesse d'alimenter. Et comment les politiques peuvent-ils donner l'exemple quand on lit le livre qui sort actuellement sur les privilèges des sénateurs et de leur cour. Mais bien sûr, tout s'explique quand on rappelle que l'essentiel de la classe politique est aujourd'hui issue de la fonction publique: elle ne va quand même pas scier la branche de l'arbre sur laquelle elle est assise!...

Il est temps que la droite assume ses choix, non pas de défendre le grand capital, mais bien plutôt de mettre de l'ordre dans cette immense pateaugeoire où chaque corporation n'a de souci que son bien à elle, au mépris total de l'interet général. Mr Sarkozy, quoiqu'en dise la gauche, ce sont les classes populaires qui vont ont élu: alors cessez de les trahir, sinon l'extrémisme prendra pied durablement dans ce pays.

Et n'ayons pas peur de dénoncer la mascarade de démagogie que prône le PS, ou en tout cas une partie de son appareil. Je ne peux que féliciter Mrss Strauss Kahn ou Valls pour leur sens de la responsabilité. Mais que dire des Hamon, Montebourg et consorts..... Enfin, réfléchissons: qui souhaiterait l'allongement du temps de travail si l'on pouvait s'en passer? Mais quand on ne peut pas faire autrement, il faut trouver des solutions!.....sinon nous sommes, et j'assume mon vocabulaire, des salopards vis à vis de nos enfants, à qui non seulement nouis laisserons une planète polluée mais encore des états en quasi faillite.

Alors bien sûr, il y en a surement d'autres pistes, et cela mériterait débat: mais pour que débat il y ait, il faut cesser d'appliquer cette règle d'une débilité profonde qui consiste à mettre les gens dans la rue, pour peser sur le dialogue, au seul profit de corporatismes qui font fi de l'interet général. D'autre part, il y a urgence, et j'ai bien peur que certains cyniques ne souhaitent utiliser ce prétexte que pour différer la mise en place d'une réforme qu'ils ne souhaitent pas se voir appliquer mais qu'ils appelleront de leurs voeux, une fois de l'autre coté de la barrière: il suffit de voir le pourcentage écrasant de retraités qui sont favorables à la réforme; évidemment puiqu'ainsi ils confortent leur avantage acquis (ils sont déjà en retraite)

Je regrette pour ma part que le gouvernement ne profite pas de cette réforme (en attendant la prochaine, puisque celle-ci ne va pas au fond des choses) pour instiller plus de flexibilité dans l'organisation de la retraite. Ainsi, pourquoi ne pas permettre à des gens qui à 60 ans, se sentant fatigués, de prendre leur retraite moyennant une décote tres forte sur la pension qu'il toucheront: Ainsi, pourquoi empêcher quelqu'un de physiquement au bout du rouleau de profiter des 3 ou 4 ans qui lui restent à vivre: celui-ci préférera cette option quitte à sacrifier son revenu. Nous ne sommes pas tous égaux devant la mort: laissons chacun décider pour lui même.

D'autre part, pourquoi ne pas aménager le départ en retraite sur une période de 4 ans en réduisant chaque année le temps de travail de 25%, et en imposant au futur retraité une formation des jeunes au sein de l'entreprise en contrepartie d'une baisse des cotisations sociales sur son salaire. Cela éviterait le choc brutal et souvent catastrophique d'un arrêt total de l'activité professionnelle du jour au lendemain, et en même temps permettrait de favoriser la transmission du savoir entre ceux qui partent et ceux qui sont appelés à leur succèder.

Il existe de nombreuses pistes, mais il faut laisser place à l'initiative individuelle, syndicale ou de l'entreprise pour imaginer des solutions originales et adaptées (prenons l'exemple sur le travail à mi-temps des femmes qui se négocie souvent au cas par cas dans les PME); cessons de vouloir toujours tout régler au niveau centralisé et bureaucratique de l'Etat selon le sacro-saint principe d'uniformité jacobine.

19:12 Publié dans Economie, Politique Française, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : retraites, fonctionnaires, manifestations, syndicats | | | Digg! Digg | | |  Facebook

Commentaires

excellente analyse qu'il faudrait entendre sur les ondes !!!

Écrit par : eric bertier | 28/05/2010

Interessant billet qui parait a completer .....Si sur le fond je rejoint votre analyse il me parait aussi important de completer : Par une mutualisation des differentes caisses de retraites existantes en France ...qui permetraient un economie de 2 milliard d 'euros en frais de gestion

2)Le débat sur les retraites n'est utile que si on donne du boulot a tous autrement cela n'a aucun sens ..;car virer les plus de 50 ans et les jeunes qui arrivent sur le marché sans experience

Écrit par : fournier | 28/05/2010

Les commentaires sont fermés.