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10/05/2010

Compte rendu du Petit Déjeuner de la MED du 5 mai 2010

«Quelle est la réalité identitaire du

 projet d’agglomération franco-valdo-genevois ?»

 

Logo Projet Agglo.JPG

Tel était le thème du débat que nous offrait la MED ce mercredi 5 mai autour d'un café-croissants dans l'amphithéatre de la CCG à Archamps. Les 2 conférenciers étaient Guillaume MATHELIER, maire d'Ambilly et enseignant à HEG Genève, et Grégory TESNIER, journaliste économique et chargé de cours à HEG Genève.

Au cours de leur présentation, ils nous ont expliqué en quoi consistait l'identité, une question interessante et d'actualité au regard du grand débat sur l'identité nationale qui a tenu la France en émoi. Pour ma part, j'ai retenu que cette identité se forgeait dans un ensemble de traits d'appartenance qui pouvaient être aussi divers qu'une couleur, un monument, une langue, une histoire commune, des interets communs. J'ai aussi compris qu'il fallait distinguer les 2 aspects froid & chaud comme composantes de l'identité:

- le froid est la raison qui pousse un individu ou un groupe d'individus à s'attribuer une identité en fonction d'aspects objectifs (communauté d'interets économiques, histoire partagée...)
- le chaud quant à lui, est le domaine de la passion qui nous pousse à s'identifier à une entité sur la base de pulsions ou d'émotions: c'est par exemple la France Black-Blanc-Beur de 1998 au soir de la victoire lors de la Coupe du Monde de Foot.....

L'identité de chacun est diverse par le fait que plusieurs identités "secondaires" se combinent pour déterminer notre propre identité globale. J'ai aussi retenu que cette identité est dynamique et changeante: elle répond aux évènements, et évolue au fil de l'évolution des raisons objectives et de la transformation de nos émotions.

Logo Geneve.JPG

Se pose alors la question, thème de la conférence: y a-t-il une identité franco-valdo-genevoise? A cette question, nos deux conférenciers ont répondu tout de go, et sans ambages, par la négative. Le sentiment d'appartenance à une même communauté identitaire des 2 cotés de la frontière, pour le moment, n'existe pas; ceci se manifeste par l'ignorance respective de ce qui est important chez notre voisin (quel savoyard pourrait sans coup férir associer la couleur grenat au Servette de Genève, ou nommer spontanément un leader politique genevois? et inversement, combien de genevois savent que le club de foot ETG va jouer en Ligue 2 la saison prochaine, ou qui est le président de la Région Rhône-Alpes?)

drapeau savoie.gif

Se pose alors la question suivante: pourquoi n'y a t-il pas d'identité commune alors que tant de choses nous rapprochent, comme la lecture de l'histoire le démontre (voir l'article sur ce blog de l'histoire de notre territoire du genevois français). A ce sujet, on ne peut que louer l'initiative des deux communes de Veyrier et du Pas de l'Echelle qui pendant quinze jours se sont attachées à célébrer leur histoire commune et à rétablir le lien de leurs deux populations, séparées par une frontière récente instaurée par les soubresauts de l'histoire au XIXè Siècle.

A mon sens, s'il y a absence d'identité commune, c'est que l'histoire politique nous a séparés et a concourru à nous faire oublier notre identité commune. En effet la France, une fois la Savoie rattachée par le traité d'Annexion, n'a eu de cesse que de tout faire pour distendre les liens économiques et affectifs qui nous liaient à notre "capitale économique". L'exemple le plus criant de cette action étant la suppression unilatérale par l'Etat Français de la zone franche qui nous avait été pourtant octroyée par traité au moment du rattachement à la France en 1860. De plus, la France, comme elle l'a toujours fait au cours des siècles, a su éradiquer de notre mémoire notre histoire "savoyarde" et nous faire oublier les liens ancestraux qui nous liaient avec notre grande voisine; avec comme point d'orgue, en 1859, les nombreuses pétitions qui furent signées dans le Genevois et le Faucigny demandant leur rattachement au canton de Genève plutôt qu'à la France.(relire l'article du blog intitulé "le bonheur c'est simple comme une conférence de la Salèvienne").

Or, il n'est pas mentir que dire que Genève s'est toujours méfié de la France et de son ambition hégémonique (rappelons que les troupes de la République ont envahi et annexé Genève de 1793 à 1813), poussant les Genevois à rejoindre la Confédération pour se protéger de ce voisin trop envahissant. Les liens se sont donc distendus au fur et à mesure que la Haute Savoie du Nord, oubliant ses racines, devenait de plus en plus française; jusqu'à créer une véritable incompréhension entre deux populations qui pendant des millénaires avaient eu une destinée commune.

Mais comme on le dit souvent, l'histoire ne se répète pas, elle bégaye; et c'est la raison pour laquelle, au sein d'une Europe pacifiée, la tentation du Genevois et du Faucigny haut-savoyard d'unir leur destinée à celle de la ville phare de notre bassin de vie renait. Dans le même temps, les Genevois, bien que farouchement accrochés à la Suisse, se rendent bien compte qu'ils ont souvent plus à partager avec leurs voisins "français" qu'avec leurs compatriotes Suisse-Allemands. D'où cette nouvelle tentative de rapprochement au sein du Projet d'Agglo.

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Cependant, si nous souhaitons que ce Projet vive et qu'il prospère, il me parait essentiel que nos élus locaux sachent organiser la "résistance" vis à vis des dirigeants de la nation française pour permettre à notre singularité d'éclore et de fleurir. Il n'est pas question pour nous de devenir Suisses, ni pour les Genevois de devenir Français; il suffit que nous prenions tous conscience, des 2 cotés de la frontière, que nous sommes avant tout des Genevois, compris au sens de la région transfrontalière qui entoure Genève, et dont les limites géographiques sont peu ou prou les mêmes que celles que le Projet d'Agglo recouvre.

Pour revenir au sujet de la conférence, c'est de symboles qu'a besoin l'identité pour se forger. A ce titre, je serais heureux que l'ETG puisse faire une belle carrière dans le championnat de France de Foot, et que, ayant son stade à Genève, l'équipe puisse susciter chez nos voisins Genevois un réel enthousiasme qui fédère un peu plus notre territoire vers un objectif et un rayonnement communs. De la même façon, je souhaite vivement le succès et le rayonnement du VITAM'PARC qui est pour moi la quintessence de ce nouveau départ: un projet suisse installé sur territoire français, portant un concept original et novateur, à travers une architecture remarquable et remarquée. Souhaitons qu'en son sein, nos deux populations puissent apprendre à mieux se (re)connaître et à fraterniser en s'amusant ensemble.

vue saleve.jpg

Alors vive le Projet d'Agglo et vive l'entente genevoise des 2 cotés de la frontière; et donnons le plus vite possible tort à nos deux conférenciers en leur prouvant que l'identité du projet d'Agglo existe et qu'avec le temps, elle sera de plus en plus vivace grace aux efforts conjoints de nos élus et à l'enthousiasme de la population.

Commentaires

J'adore votre billet, merci à vous pour ces idées et notez dans un premier temps que je suis entièrement d'accord. Bref, votre billet est sincèrement très bon, je bookmarke votre site. NB : C'est mon tout 1er commentaire ici et je reviendrai régulièrement sur votre blog !

Écrit par : Tennis boutique | 11/05/2010

Merci de votre commentaire; vous serez toujours le bienvenu et, si vous avez des suggestions pour rendre ce blog plus accueillant, n'hésitez pas!....

PB

Écrit par : Pierre | 11/05/2010

Merci pour votre article que je viens de découvrir par hasard.
Je reste à votre disposition.

Bien à vous

Guillaume MATHELIER
Maire d'Ambilly

Écrit par : MATHELIER Guillaume | 21/05/2010

J'espère que l'article était fidèle à votre exposé; pour ma part, j'ai trouvé cette conférence tres interessante.

Pierre Brunet

Écrit par : Pierre | 21/05/2010

Les commentaires sont fermés.