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30/05/2010

Interview de Jacques FALDA, Organisateur de Guitare en Scène

 

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Dans 2 mois, jour pour jour, aura lieu la 4 ème édition du festival Guitare-en-Scène à Saint-Julien-en-Genevois. A cette occasion, j'ai eu envie d'en savoir plus sur ce festival qui enflamme notre ville, et j'ai décidé de demander à son créateur, Jacques Falda, de nous dévoiler les coulisses du festival, qui aura lieu cette année les 30, 31 juillet & 1er août au Stade des Burgondes. La billetterie est ouverte sur le site officiel du festival www.guitare-en-sene.com

 

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Bonjour Jacques, Guitare en Scène (GES) fête cette année sa 4 ème édition: Expliquez nous un peu ce qui vous a motivé à monter cet évènement.

C'est une réunion entre copains, en 2006, qui est l'élément fondateur de l'aventure Guitare en Scène; nous nous étions réunis à 200 potes pour jouer de la musique et de cette réunion s'était dégagé quelque chose de magique; nous avions redécouvert cet esprit de partage que seule la musique peut offrir; et de là a germé l'idée de reproduire l'événement en plus grand, en invitant des musiciens reconnus. Quand la mairie nous a proposé le site des Burgondes pour organiser l'événement, nous nous sommes alors vus dans l'obligation de revoir à la hausse nos ambitions afin d'être en ligne avec le lieu. Et de là est partie l'idée du festival, avec une organisation professionnelle, comme dans une entreprise, afin de garder en tête l'ambition folle et inavouée qui nous taraudait: "Faire de Guitare-en-Scène le festival de référence des plus grands guitaristes mondiaux"

 

Avant de parler de ce qui nous attend fin juillet, parlez nous un peu des 3 dernières éditions, et de ce que vous en avez retiré.

L'envie était là, mais nous n'avions à l'origine aucune idée de ce dans quoi nous nous lancions. En effet nous avons mis les pieds dans un univers qui a ses propres codes, qu'il nous a fallu apprendre et comprendre; l'envers du décor est définitivement beaucoup plus difficile que ce que nous envisagions au départ, et il a fallu apprendre vite et s'appuyer sur une grande organisation pour venir à bout des obstacles; obstacles dont la plupart du temps d'ailleurs, on n'est pas maître: une tournée d'artiste qui s'annule (comme cette année avec Buddy GUY, une météo in-habituellement hostile (le déluge de 2008), et j'en passe.... Ce que j'en ai retiré, avec toute l'équipe, c'est qu'il faut avant tout rester humbles, et que la réussite ou l'échec dépend souvent de facteurs que nous ne maitrisons pas; mais il est essentiel de faire preuve de persévérance et de travail, tout en gardant un moral à toute épreuve. Comme on dit, tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort, et cela s'est vérifié pour nous aussi; les difficultés et les épreuves permettant un resserrement autour d'un noyau dur et provoquant la dispersion et l'abandon des moins convaincus ou des moins passionnés.

 

 

Pourquoi un changement de dates cette année?

Quand nous nous sommes lancés, nous pensions qu'il serait difficile d'attirer des artistes dans un nouveau festival, sans aucune notoriété, au moment de la grande saison des festivals (juillet & aout); nous avons donc choisi la période de début septembre qui nous paraissait plus propice à faciliter la venue d'artistes à Saint-Julien. Avec l'expérience, nous nous sommes rendus  compte qu'au contraire, cette période devenait un handicap, en dehors de la période clé des grandes tournées d'artistes. De plus, nous avons constaté, à notre grand désespoir, qu'au niveau de la météo, nous mettions le festival en péril (plusieurs commentateurs nous avaient d'ailleurs déjà enterrés). C'est pourquoi, tout naturellement, nous avons décidé de reprogrammer le festival à une période plus propice à son rayonnement, et c'est ainsi que la date de fin juillet a été retenue.

 

Je sais que GES est l'un des rares, voire le seul partenaire, du Festival de Montreux: comment en êtes vous arrivé là?

Au départ, il y a mon amitié avec  Xavier Oberson, l'une des chevilles ouvrières du Festival de Montreux. Ce que je crois ils ont apprécié dans notre entreprise, outre son aspect "couillu", et la reconnaissance de notre passion, portée par un grand sens du professionalisme, c'est avant tout notre volonté de vouloir faire une manifestation de qualité, pas forcément grand public, privilégiant la qualité du spectacle plutôt que le nombre de spectateurs. C'est ainsi qu'en 2009, après nous avoir supervisé de loin pendant 2 ans, ils ont accepté tout à fait officiellement de devenir les partenaires de GES. Nous leur en sommes très reconnaissants, car ce partenariat nous donné beaucoup de crédibilité dans les milieux de la musique et nous a ouvert des portes pour avoir accès aux artistes de grand renom.

Et l'ami André Manoukian, comment l'avez vous interessé à votre projet?

andre manoukian.jpgLà aussi, c'est une histoire d'amitié. Etant souvent à Chamonix où je pratique le ski extrême, j'ai eu l'occasion de rencontrer André Manoukian, que je ne connaissais pas et dont j'ignorais le renom artistique et médiatique. En apprenant à nous connaître, nous avons alors découvert cette passion commune de la musique et j'ai tout naturellement invité Dédé à venir découvrir à la fois Saint-Julien et le festival. Sans fausse modestie, je crois pouvoir dire qu'il a été bluffé par ce qu'il a vu, et tout naturellement, il nous a gentiment aidé à le faire mieux connaître. J'ajouterai qu'André a lui aussi attrapé le virus, puisqu'il a décidé de se lancer dans une aventure semblable à la mienne;  il a en effet concrétisé un rêve qu'il avait depuis longtemps, et il a mis sur pied un festival de jazz qui marie musique et montagne, et qui se tiendra fin juillet à Chamonix.

Parlons de l'édition 2010: je crois savoir que c'est Paul Personne (en personne si je peux me permettre :) ) qui en est le parrain: en quoi cela consiste t-il?

Paul Personne.jpgGES reste un festival jeune, et nous avons besoin, pour l'installer et le faire briller, de la reconnaissance et de la crédibilité indispensable qui nous permettra de proposer un plateau d'artistes toujours plus qualitatif. Paul, qui est un homme charmant et qui jouit d'une image irréprochable dans les milieux de la musique, a accepté d'être le parrain de l'édition 2010. Ce parrainage crédibilise le festival et nous honore; il est en quelque sorte le gage d'un spectacle de qualité; Paul a promis d'être là pendant les 3 jours que dure le festival, et nul doute que sa présence créera un bon écho parmi tous les amoureux de la guitare en France et au delà.

Quel est le programme de cette année? Qu'est ce qui vous a guidé vers ce choix?

Nous souhaitions revenir à l'écclectisme des deux premières années, car la guitare, ce n'est pas qu'un seul type de musique. Nous avons donc conçu la programmation, en cherchant à mettre la guitare au premier plan de la scène, mais dans des atmosphères différentes. C'est ainsi qu'après une première soirée Blues-Funky tendance Blues portée par Marcus Miller, la soirée du samedi sera consacrée au rock métal, voire Heavy Metal avec en tête d'affiche le groupe MOTOR HEAD, et que le festival cloturera sur une note Jazz-Bossa le dimanche, avec deux artistes de grand talent que sont Aldi Meola (à la tête d'un band de 7 musiciens) et Gilberto Gil.

 

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En dehors des têtes d'affiche, que nous réservent les Tremplins?

Comme chaque année, nous souhaitons donner leur chance à des groupes régionaux ou à de futurs talents encore méconnus; c'est ainsi que les épreuves de sélection ont lieu en ce moment, pour une finale qui se tiendra le 23 juillet sur la scène de la Cour 1603. Le vainqueur sera invité à jouer au cours du festival, au coté de quelques groupes talentueux que nous souhaitons mettre en avant sur une scène régionale dont nous avons souhaité relever le profil cette année.

Je crois savoir que la Municipalité vous a confié l'organisation des "Musicales" un programme d'animation musicale de la ville pour faire le lien entre les 2 festivals: 1 Brind'Zik ( 15-16 juillet) et Guitare en Scène (30-31 juillet & 1er août): comment cela va t-il se passer?

Cela n'était pas prévu à l'origine, mais nous avons souhaité montrer notre attachement à Saint-Julien en acceptant de prendre la responsabilité de l'animation de la deuxième quinzaine de juillet en organisant une dizaine d'évènements dans la ville et dont le point d'orgue sera bien sur la finale des tremplins le 23 juillet. Nous avons souhaité y associer d'autres associations de la ville, comme l'Ecole de Musique, pour faire de cette quinzaine le festival OFF de Guitare en Scène, et mettre la musique à l'honneur dans notre cité frontalière.

L'argent étant le nerf de la guerre, quels sont vos soutiens?

Dès l'origine, ce sont les soutiens privés qui ont permis à GES d'exister. Je rappelle d'ailleurs que GES est une association à but non lucratif et que le but n'est pas de gagner de l'argent. Aujourd'hui encore, et malgré un budget de 600 000 € (dont 30% provient de la billetterie), 75 à 85% du support financier est d'origine privée. Il faut noter cependant que le Conseil Général, réalisant l'intérêt que notre département peut tirer de cette manifestation, a décidé de nous soutenir, tout comme la municipalité de Saint-Julien qui partage ses subventions entre nous et 1Brind'Zik.

Vous parlez de nombreux supports privés, du Conseil Général et de la ville de Saint-Julien; êtes vous satisfait du soutien que vous apporte la Municipalité? En quoi pourrait-elle faire mieux?

La Municipalité nous donne ce qu'elle estime être juste, et l'on prend ce qu'on nous donne. Je regrette cependant, en tant que Saint-Juliennois de naissance et de coeur que la ville ne rebondisse pas plus sur l'évènement, et qu'elle n'ait pas mieux su intégrer le festival au sein d'un projet de ville. Ce serait certainement bon pour Saint-Julien puisqu' à l'occasion du festival, on accueille la radio et la télé Suisse Romande (RSR & TSR) ainsi que des médias régionaux et nationaux comme TV8 Mont-Blanc, FR3, France Inter ou d'autres.....

Pour conclure et avant de vous quitter, j'ai une question plus personnelle: que pensez vous de mon idée, développée plus haut sur ce blog, de créer un musée de la guitare et une scène permanente pour les groupes du canton sur le site de la Ferme David? Seriez-vous prêt à vous y associer pour en faciliter la réussite?

Cela rejoint ce que je viens  de vous dire; un tel projet, permettant une synergie constante pendant l'année, entre la vie culturelle et économique de la ville avec le festival GES ne peut à mon sens qu'être bénéfique pour les deux parties; GES bénéficiera de la présence de ce musée en s'établissant comme son fer de lance, et la ville trouvera une exposition médiatique et touristique accrue grâce à la combinaison de ces deux évènements centrés sur la guitare; j'y suis donc très favorable. Quant à la seconde partie de votre question, il n'est pas question pour GES de se lancer dans la gestion fonctionnelle quotidienne du musée, cela relève des compétences de la ville. En revanche, nous serions tout à fait prêts à apporter notre expertise et nos contacts, sous la forme d'un accord de consultants auprès du musée, pour aider celui-ci dans sa programmation, lui permettre de s'enrichir de pièces de collection, et l'assister dans l'organisation d'expositions temporaires; en résumé, nous lui ferions profiter de notre expérience pour l'aider à se faire connaitre et à obtenir un rayonnement national ou plus.

Dernière question: Comment voyez vous l'avenir?

Guitare-en-Scène, c'est avant tout l'histoire d'un groupe de passionnés de musique et de guitare en particulier, qui se sont réunis autour d'un projet commun. Ce que nous souhaitons, c'est que des jeunes, qui partagent notre passion, nous rejoignent, permettant au festival de s'ouvrir vers de  nouveaux horizons et des artistes plus connus de la jeune génération. Nous serions ravis de pouvoir un jour passer le témoin, nous réservant plutôt un rôle de gardien du temple et d'être les garants de ce que nous avons voulu faire dès le début: Créer un festival qui soit un moment de communion entre des hommes et des femmes qui partagent une même passion.

Merci Jacques, et bonne chance pour les 30, 31 juillet & 1er âoût, en espérant que comme sur ce blog, il y ait ces jours là du Soleil sur Saint-Julien


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