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22/04/2010

il y a 150 ans, la Savoie devenait française

blason savoie.jpg

Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à Chambéry, pour célébrer les 150 ans du rattachement de la Savoie à la France.

 

Le 22 avril 1860, les Savoyards votaient à plus de 99% pour rejoindre la France après l'accord passé entre Napoléon III, empereur des Français, et Victor Emmanuel II roi de Piémont-Sardaigne lors du traité de Turin le 24 mars de la même année.

150 ans après, le résultat de ce plebiscite fait encore débat, du fait même de son score suspect; il est vrai que si, comme on le dit, les bulletins "NON" n'étaient pas présents dans de nombreux bureaux de vote, on comprend mieux l'ampleur de l'enthousiasme des pauvres ramoneurs savoyards à rejoindre le puissant voisin français dont ils parlaient déjà la langue.

On pourrait épîloguer longtemps sur la validité de ce scrutin, et bien malin qui pourrait dire qui a raison des sympathisants de la Ligue Savoisienne (voir leur communiqué) ou de l'Etat Français.

Ligue 100422.JPG

Pour faire contrepoids aux arguments de la Ligue Savoisienne, Je recommande d'ailleurs de visiter le site web consacré aux 150 ans de vie commune entre la Savoie et la France, site créé sous l'égide du Conseil Général, qui donne beaucoup d'informations et qui plaira certainement aux curieux et aux passionnés d'histoire sur ce que fut notre histoire depuis le partage de notre destinée commune.

150 ans communs.JPG

Il me parait de toute façon difficile de revenir en arrière. En revanche, ce qui me parait légitime est que les habitants de cette région se battent pour que les dispositions qui leur ont été accordées par le traité soient respectées, tout comme les Alsaciens ou les Bretons ont pu garder quelques particularités héritées de l'Histoire. Un traité doit être respecté, or il apparait que dans le cas qui nous interesse, c'est loin d'être le cas. C'est d'autant plus regrettable que cela aurait permis à notre territoire d'éviter la saignée des guerres, puisqu'un paragraphe du traité stipule qu'en cas de guerre, le nord de la savoie devait être neutralisé par les Suisses. Bien entendu cette clause ne fut jamais appliquée et c'est pourquoi on peut voir autant de noms au fronton de nos monuments aux morts. Sans compter les avantages fiscaux qui avaient été concédés à notre territoire, grace à l'installation d'une zone franche à la frontière du canton de Genève, qui peu à peu est tombée en désuétude, et ses avantages avec....

Un autre point que l'on peut déplorer est l'éradication par l'Etat Français de l'enseignement de l'Histoire de notre territoire. Nulle trace dans l'Education Nationale de ce que fut l'histoire de nos ancètres, donc la notre ... N'est-il pas regrettable que nos enfants ne sachent pour la plupart pas ce qu'était le Saint Empire Romain Germanique alors que le Duché de Savoie y fut rattaché pendant près de 1000 ans.

Si la France régicide s'est débarrassée de son roi, les savoyards peuvent eux regretter que c'est leur roi qui les a abandonnés, puisque c'estchateau chambery.jpg en fait à cela que concourt le traité de Turin. Rappelons qu'à l'origine, c'est Chambéry qui était la capitale des Ducs de Savoie; on peut d'ailleurs y voir les vestiges du palais des Ducs de Savoie. Mais en 1563 eut lieu le transfert de la capitale de Chambéry à Turin, ce transfert étant la conséquence de la réalisation par le Duché de Savoie de la vulnérabilité de sa capitale suite à l'occupation de Chambéry par François 1er; à partir de là , l'interet des dirigeants de la Savoie se porta plus du coté transalpin que vers l'Ouest des Alpes. Ce désinteret s'accrut avec l'obtention de la Sardaigne et culmina par le choix d'abandonner la Savoie cisalpine aux Français contre leur engagement à aider le Duc de Savoie, Roi de Piémont-Sardaigne, à vaincre les Autrichiens afin qu'il puisse fédérer l'Italie.

abbaye hautecombe.jpgD'autre vestiges subsistent de notre histoire savoisienne, comme l'Abbaye de Hautecombe, au bord du lac du Bourget: Du XIIe siècle au XVe siècle, elle fut la nécropole des Comtes de Savoie ainsi que des princes et princesses de cette dynastie. Au cours des siècles suivants, d'autres princes et princesses de Savoie, ainsi que de certains souverains de la dynastie (ducs de Savoie puis rois de Sardaigne) choisirent d'être enterrés dans l'abbaye d'Hautecombe à l'image du fondateur de celle-ci, Amédée III. Le dernier roi d'Italie, Humbert II de Savoie (1904-1983), est enterré à Hautecombe

 

Pour être honnête, de nombreux efforts furent consentis par la France dans les premières années du rattachement pour s'attirer les bonnes graces des Savoyards avec l'édification de routes et de batiments publics. Peut-être que si l'Empereur et l'Impératrice Eugénie, qui avait une affection certaine pour notre région, avaient régné plus longtemps, les choses eurent été différenttes, mais, bien vite, après 1870,  les dirigeants de la République Française cessèrent de s'interesser à cette nouvelle province.

Il n'est bien sûr pas question pour la Savoie de quitter la France, mais il me parait souhaitable et légitime que nous puissions vivre au sein de la République avec la connaissance et la fierté de notre histoire singulière; nous n'avons pas à en rougir, bien au contraire. Il est nécessaire que nos enfants connaissent les liens privilégiés qui nous unissent à nos cousins piémontais de l'autre coté des Alpes, et que Paris et Rome reconnaissent cette relation fraternelle, et ne s'opposent pas aux projets communs issus de cette relation particulière.

Enfin, on peut se demander si la création d'une entité Savoie, au sein de la région Rhône-Alpes, serait un premier pas vers une reconnaissance de notre singularité: cela mérite débat. En tout cas, la formation d'une telle entité, prenant en compte les réalités de  l'Histoire, devrait alors remettre au premier plan la relation privilégiée avec Genève, qui pourrait en quelque sorte jouer le rôle de notre "capitale internationale".  Un exemple tout simple de ce que j'avance serait que notre région obtienne l'autorisation pour le club de football ETG de jouer ses matches à Genève, sans que cela ne soulève d'opposition hostile dans les cercles parisiens.

 

Commentaires

Dans votre votre article,
Peu de choses sont vraies .

Quand a votre phrase:
"Il n'est bien sur pas question pour la SAVOIE de quitter la france"
Ceci n'engage que vous .
Des Centaines de gens oeuvrent au quotidien pour justement au contraire de ce que vous oser avancer:QUITTER la francedans un délai court!
.Elle n'a aucunes légitimité en SAVOIE,ni aucuns titres de possession sur elle.
C'est de l'Abus de pouvoirs,de la Colonisation,de la Spoliation,du mépris...

Vous dites :"Il me parait difficile de revenir en arrière "
Mais qui donc vous parle de revenir en arrière (si ce n'est peut ètre la france qui est rétrograde?)!

L'avenir de la SAVOIE sera la Souveraineté au sein d'une EUROPE fédérale naissante.
Votre état/Nation de france a vécu,Iln'est pas question de continuer ainsi avec ce dernier.
Laissons le Paquebot"France "couler tranquillement,et occupons nous plutot de l'avenir de la Goélette "SAVOIE".
La france,c'est du passé,regardons devant nous et pas derrière!

Vous parlez de :"LEmpereur NapolléonIII"
Mais il est établi depuis cette mascarade de l'Annexion en SAVOIE et en EUROPE( sauf en france curieusement),
que c'est un dictateur autant que le serait un Hitler ou un Millochévitch,

Écrit par : ERIC | 23/04/2010

cher Eric,

J'aurais aimé que vous documentiez votre critique sur l'inexactitude de mes propos, d'autant plus qu'ayant écrit cet article sous la supervision d'un sympathisant de la Ligue, il n'a nullement corroboré ce que vous avancez et n'a pas mis en évidence la moindre contre-vérité dans ce que j'avance.

Quant à moi, je respecte votre avis, même si j'aurais souhaité qu'il soit un peu plus nuancé et même si je ne vous suis pas sur l'esprit dans lequel vous l'assénez à vos lecteurs.

Ce blog est un lieu d'information, pour que chacun puisse se faire son propre avis sur les sujets traités; les commentaires y sont les bienvenus quand ils éclairent l'article sous un angle nouveau ou qu'ils apportent des compléments d'information.

Libre à vous de penser ce qu'il vous plait, mais ce n'est pas en déversant un antagonisme criard que cela profitera à votre cause, ni que cela fera avancer la goélette Savoie plus vite; et soyez assuré, cher Eric, que sa bonne fortune m'interesse tout autant que vous.

Pierre
Un amoureux de la Savoie.

Écrit par : Pierre | 23/04/2010

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