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07/04/2010

La Russie dans l'Union Européenne: pourquoi pas!

L'Europe est aujourd'hui divisée sur l'opportunité de faire rentrer la Turquie au sein de l'Union Européenne. Certains y sont favorables, bien que l'essentiel de ce pays soit en Asie, d'autres y sont opposés pour la même raison officielle et aussi parce que, sans vouloir l'avouer, ils craignent d'intégrer un grand pays musulman à une Europe de tradition chrétienne.

Ceci étant dit, je suis étonné qu'il n'y ait pas aujourd'hui en Europe un mouvement d'opinion en faveur de l'entrée de la Russie dans l'Union Européenne; il ne s'agirait ni plus ni moins, comme le disait en son temps le Général de Gaulle, de réaliser l'Europe de l'Atlantique à l'Oural.

C'est en imaginant cette option que l'on se rend compte de l'immense intéret que présenterait une telle adhésion:

Pour l'Europe tout d'abord:

UE.jpgEn s'adjoignant le territoire de la Russie, l'UE deviendrait, et de loin, le premier bloc mondial en terme géographique.
La Russie apporterait à l'Europe ses richesses naturelles qui rendraient l'Union complétement autonome pour nombre de produits, au premier rang desquels figurent le gaz et le pétrole.
La Russie, de race blanche et de culture et tradition chrétiennes s'assimilerait facilement dans l'Union et, en rejoignant l'UE, ne serait plus une menace pour l'Europe, mais bien plutôt, un atout.
Cet immense territoire sous-équipé représenterait un marché colossal pour les entreprises Européennes qui sont à l'étroit dans l'UE.
Tout comme l'Union Européenne a permis d'apporter la paix sur notre continent, l'intégration de la Russie au sein de l'UE permettrait probablement de repousser à jamais les dangers d'un conflit avec ce peuple de grande culture.

 

Pour la Russie:russie.jpg

En intégrant l'UE, la Russie obtiendrait l'accès aux océans et obtiendrait de facto la possibilité de faire partie d'un ensemble riche et peuplé.
Elle trouverait en Europe des capitaux et des technologies pour développer son industrie.
La Russie pourrait remédier au plus grand danger qui la guette: sa décroissance démographique.
Elle s'ancrerait dans une tradition démocratique que son peuple accueillerait avec ferveur.

 

On voit bien l'interet commun d'un tel projet qui nécessitera probablement des décades avant de voir le jour. C'est pourquoi, dans un premier temps, il serait judicieux de négocier un statut spécial et privilégié pour la Russie vis à vis de l'UE en attendant que l'évolution des esprits permette une adhésion pleine et entière de ce grand pays à la Communauté Européenne.

Ne révons pas, de nombreux obstacles nous attendent sur cette route:

En tout premier lieu, la crainte que suscite un tel rapprochement chez nos amis Américains qui verraient revenir l'Europe dans la cour des Grands, alors qu'ils se préparent à diriger le monde dans un duopole avec la Chine (ou un triumvirat si l'on inclut l'Inde). C'est bien pourquoi, ils nous poussent par tous les moyens à accueillir la Turquie au sein de l'Union, repoussant par là même le danger que l'Europe se tourne plutôt vers la patrie de Pouchkine. Il est temps pour les Européens de copmprendre que si l'Amérique est notre amie, nous n'avons pas pour autant les mêmes intérets. L'exemple récent du contrat des avions ravitailleurs montre à l'évidence que les Américains privilégient leurs propres intérets à ceux de leurs amis Européens, et c'est bien normal.

Il faudra aussi vaincre les réticences de nos amis d'Europe de l'Est, qui, récemment intégrés à l'UE pensent s'être mis à l'abri de leur grand voisin oriental. Il faut accepter que compte tenu de leur histoire au XXème Siècle, ils ne verront pas d'un oeil bienveillant l'arrimage de l'Europe à l'ogre Russe. Mais ceci ne me parait pas plus insurmontable que l'inimitié qui régnait entre Français et Allemands à l'issue de la 2ème guerre mondiale et que la vision de Grands Hommes d'Etat comme DE GAULLE et ADENAUER ont permis de surmonter.

On peut aussi compter sur l'hostilité de la Chine qui n'appréciera pas que cette Union Européenne élargie puisse lui faire de l'ombre.

tour eiffel.jpgEnfin, au sein même des 2 entités, on trouvera de nombreux opposants à cette vision d'avenir; Chez nous, l'opposition risque de rassembler dans un même camp les souverainistes et les Atlantistes. En Russie, les nostalgiques de la Grande Russie pourraient refuser de considérer les avantages de l'union, y voyant là une sorte de déchéance.sainte basile.jpg

Toutefois, quels que soient les obstacles qui ne manqueront pas d'apparaître, je suis convaincu que c'est dans cette direction que réside l'avenir de l'Europe; C'est par la paix et avec l'adhésion des peuples que se fera cette union qu'ont tenté par la force, et sans succès, Napoléon et Hitler en leur temps. C'est pourquoi il serait souhaitable que dans les deux entités, dès maintrenant, se constituent des courants d'opinion en faveur de cette solution historique et que le débat puisse s'ouvrir.

 

 

Commentaires

Bonjour,
Ce que vous mettez en avant dans votre blog est un peu notre leitmotiv (le Collectif France Russie), en effet nous sommes convaincus et persuadés que la RUSSIE doit être notre futur partenaire privilégié, les avancées depuis notamment le dernier séminaire intergouvernemental de Novembre dernier à Rambouillet, sont patentes. Le seul problème constaté aujourd'hui c'est que l'UE semble bouder cette politique de la main tendue du Kremlin (il y a de nombreux lobbies anti russes au sein des institutions bruxelloises), malgré cela trois pays européens semblent avoir pour objectif de ne pas tenir compte des tiédeurs affichées de l'UE, l'Allemagne tout d'abord qui a une longueur d'avance en terme de relations avec Moscou puis vient l'Italie, Berlusconi, ami intime de VVPOUTINE a su mettre son pays dans une position de partenaire privilégié puis notre pays. L'arrivée de N SARKOZY dont l'atlantisme militant avait refroidi les ardeurs des défenseurs moscovites de relations franco russes, il semblerait que l'affaiblissement majeur des Etats-Unis ait fait réfléchir l'entourage du président français, il vaut mieux s'allier à un gagnant qu'à un looser ... Il faut, comme vous le soulignez que ce soit l'UE dans son ensemble qui adhère à cette potentielle entrée, il est vrai aussi qu'il vaut mieux pour nous tous, privilégier l'entrée de la RUSSIE plutôt que celle de la TURQUIE. Comme on dit : "Il n'y a pas photo !!"

Écrit par : CollectifFR | 08/04/2010

Je vous remercie de votre commentaire argumenté.

Il est évident que l'entrée de la Turquie est pronée par les Etats Unis pour éviter justement que l'UE ne se tourne vers la Russie. S'ils réussissaient dans leur manoeuvre, cela ne ferait qu'affaiblir l'Europe à Long Terme.

Il faut faire connaitre notre point de vue qui finira par s'imposer, tant il est de bon sens et est dans l'interet de l'Europe.

PB

Écrit par : Pierre | 08/04/2010

Avec la Russie viendrait l'Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan... Sans compter qu'arrive la Serbie, la Croatie, la Bosnie, la Macédoine, le Montenegro et il faudra bien intégrer l'Albanie... Cela nous fera un joli marché mais pas vraiment une politique commune.

A dire vrai, vu le pataquès dû à l'arrivée des douze derniers états, je suis assez partisan de ce grand marché à condition comme l'a suggéré il y a longtemps mon ami Fabius :-) que l'on fasse une Europe à deux ou trois vitesses

Certains pays avanceraient vers une confédération alors que les autres garderaient le niveau d'intégration actuel et pourraient rejoindre le premier cercle plus tard.
On repartirait d’un noyau dur.
Les 6 pays fondateurs
Les 13 pays de l’Euro
Vote des pays du noyau dur pour la mise en commun de morceaux de souveraineté (vocations à définr*) en créant un gouvernement européen élu au suffrage universel pour mettre en œuvre ces vocations.
Les pays qui votent "oui" poursuivent le jeu, les autres renoncent et restent dans le marché unique à vingt-sept (trente, quarante...). Pas de rattrapage avant une période à définir.
Les pays qui ont voté « oui » élaborent l'accord pour mettre en place les détails de l’exécutif (législatif et judciare) censé définir et mettre en place la politique commune.

Ceci est une partie de la conclusion de mon café citoyen de novembre 2008 à l'Arande. Prochain café (et sans doute dernier) le 10 mai sur le théme de l'Amérique du sud (un autre marché commun)

Écrit par : Joël | 20/04/2010

Avec la Russie viendrait l'Ukraine, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan... Sans compter qu'arrive la Serbie, la Croatie, la Bosnie, la Macédoine, le Montenegro et il faudra bien intégrer l'Albanie... Cela nous fera un joli marché mais pas vraiment une politique commune.

A dire vrai, vu le pataquès dû à l'arrivée des douze derniers états, je suis assez partisan de ce grand marché à condition comme l'a suggéré il y a longtemps mon ami Fabius :-) que l'on fasse une Europe à deux ou même trois vitesses

Certains pays avanceraient vers une confédération alors que les autres garderaient le niveau d'intégration actuel et pourraient rejoindre le premier cercle plus tard.
On repartirait d’un noyau dur : les 6 pays fondateurs ou
les 13 pays de l’Euro.

Vote des pays du noyau dur pour la mise en commun de morceaux de souveraineté (vocations à définr*) en créant un gouvernement européen élu au suffrage universel pour mettre en œuvre ces vocations.

Les pays qui votent "oui" poursuivent le jeu, les autres renoncent et restent dans le marché unique à vingt-sept (trente, quarante...). Pas de rattrapage avant une période à définir.

Les pays qui ont voté « oui » élaborent l'accord pour mettre en place les détails de l’exécutif (législatif et judiciaire) censé définir et mettre en place la politique commune.

Ceci est une partie de la conclusion de mon café citoyen de novembre 2008 à l'Arande. Prochain café (et sans doute dernier) le 10 mai sur le thème de l'Amérique du sud (un autre marché commun)

Écrit par : Joël | 20/04/2010

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